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L'ovocyte en Métaphase I : Schéma, Morphologie et Importance dans la Reproduction

Introduction

L'ovocyte, cellule reproductrice féminine, subit un processus complexe de maturation appelé ovogenèse. Ce processus comprend différentes étapes, dont la métaphase I de la méiose, un stade crucial pour la formation d'un ovule fécondable. Cet article explore en détail les aspects morphologiques de l'ovocyte en métaphase I, son rôle dans la reproduction et les mécanismes cellulaires impliqués.

L'ovogenèse : De l'ovogonie à l'ovocyte primaire

L'ovogenèse débute par une période d'activité mitotique intense des ovogonies, assurant le renouvellement des ovocytes. L'ovogonie, de petite taille (quelques microns de diamètre), entre ensuite dans une phase d'accroissement considérable, atteignant en moyenne 1,2 millimètre. Cette cellule devient alors un ovocyte primaire ovarien, bloqué en diplotène de la prophase de la première division de méiose.

La Reprise de la Méiose et la Métaphase I

Le stimulus hormonal de la maturation déclenche la reprise de la première division de méiose, qui se termine par l'expulsion du premier globule polaire. Parallèlement, l'ovocyte secondaire ainsi formé est ovulé puis pondu et reste bloqué à son tour au stade de la métaphase de la deuxième division de méiose. C'est la fécondation qui déclenche la reprise et la fin de la méiose de l'ovocyte secondaire avec l'émission du deuxième globule polaire. L'ovotide haploïde est alors un stade fugace puisque la fécondation rétablie dans l'heure qui suit la diploïdie de l'espèce à la faveur de la fusion des pronuclei mâle et femelle.

Schéma de la Métaphase I

En métaphase I, les chromosomes homologues s'alignent sur la plaque équatoriale du fuseau de division. Le fuseau migre, selon son grand axe, vers la zone du cortex cellulaire la plus proche. Cette étape est essentielle pour une division asymétrique en taille après l'anaphase I, qui répartit les chromosomes homologues entre le gros ovocyte et le premier petit globule polaire.

Importance de la Position du Fuseau

La position du fuseau de division dans la cellule détermine l’endroit où la cellule mère se divise, et constitue donc un élément essentiel de contrôle de la géométrie ainsi que du devenir des cellules filles. Lors de la mitose, les microtubules astraux qui relient les pôles du fuseau de division au cortex cellulaire sont nucléés par les centrosomes et permettent le positionnement du fuseau au sein de la cellule.

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Absence de Centrosomes et Rôle de l'Actine

Les ovocytes des mammifères sont dépourvus de centrosomes canoniques. Lors de la méiose, le positionnement du fuseau ne dépend pas des microtubules astraux, qui sont absents des pôles des fuseaux méiotiques, mais uniquement de l’actine organisée en deux réseaux distincts. Au niveau de la cage d’actine, le moteur moléculaire myosine II exerce des forces de traction sur le cortex ovocytaire, permettant le mouvement du fuseau.

La Tension Corticale et son Impact sur la Méiose

Contrairement à celui des cellules mitotiques, le cortex de l’ovocyte devient « mou » à l’entrée en méiose I. Ce changement de propriétés mécaniques du cortex amplifie un déséquilibre initial des forces exercées par la myosine II au niveau de la cage d’actine, les forces étant probablement plus fortes au pôle du fuseau le plus proche du cortex en raison d’une légère asymétrie initiale dans la position du fuseau. Le déplacement du fuseau est amplifié vers le cortex le plus proche par une déformation progressive du cortex, rendue possible par la baisse de la tension corticale. Ainsi, la géométrie de la division dépend d’une fenêtre étroite de tension corticale, contrôlée par la localisation au cortex de la myosine II, elle-même contrôlée par la nucléation d’actine à cet emplacement.

Conséquences des Défauts de Tension Corticale

En effet, les ovocytes et embryons présentant un cortex cellulaire trop dur ou trop mou ne se développent pas après le stade blastocyste. Les ovocytes dont la tension corticale est trop basse représentent le cas le plus fréquent dans une population naturelle d’ovocytes murins et humains. Une analyse approfondie du comportement des chromosomes au cours de la méiose I a montré qu’ils « explorent » plus d’espace dans ces ovocytes « extra-mous », ce qui pourrait indiquer un défaut de capture des chromosomes homologues par les microtubules du fuseau. Une mesure indirecte de la tension entre les chromosomes homologues attachés par leurs kinétochores au fuseau de microtubules indique que les chromosomes sont moins sous tension.

Rôle de la Myosine II dans la Capture des Chromosomes

La myosine II étant chassée précocement du cortex cellulaire dans les ovocytes extra-mous, son accumulation ectopique dans le cytoplasme pourrait gêner la capture des chromosomes par les microtubules. L’alignement des chromosomes est donc sévèrement altéré dans les ovocytes présentant une tension corticale trop basse, du fait d’une anomalie de répartition de la myosine II : celle-ci se dissocie précocement du cortex cellulaire, induisant une forte diminution de la tension corticale, et sa concentration globale augmente dans le cytoplasme. Sa fixation aux chromosomes pourrait créer un encombrement stérique local, empêchant la capture des chromosomes et conduisant à des défauts d’alignement et de ségrégation des chromosomes.

Implications pour la Procréation Médicalement Assistée

Ainsi, certains de ces ovocytes « naturellement mous » pourraient également présenter des défauts chromosomiques entravant leur développement futur après la fécondation, et contribuant au taux d’aneuploïdie élevé observé dans les gamètes femelles. Les mesures des propriétés mécaniques du cortex cellulaire pourraient donc servir à évaluer, par une technique non invasive, le potentiel développemental des ovocytes dans le cadre de la procréation médicalement assistée.

Lire aussi: Importance de l'Ovocyte 2 dans la Fécondation

L'ovocyte : Un Système Modèle pour l'Étude du Cycle Cellulaire

L’ovocyte est un système modèle qui a permis l’analyse du déclenchement de la phase M du cycle cellulaire. L'injection du cytoplasme prélevé dans un ovocyte II maturé (bloqué en métaphase II) dans un ovocyte I, induit l'entrée en méiose de ce dernier. Cette expérience montre qu’une substance contenue dans le cytoplasme de l’ovocyte bloqué en métaphase II peut induire la maturation. Ce facteur a été appelé MPF (Maturation Promoting Factor). On s’aperçut par la suite que le MPF n’est pas seulement le déclencheur de la méiose ovocytaire, mais qu’il déclenche aussi l’entrée en mitose (phase M) des cellules somatiques.

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