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Le Devenir des Bébés Avortés : Statut, Mémoire et Espérance

L'avortement, acte lourd de conséquences, soulève des questions profondes sur le statut des fœtus et leur devenir. Cet article explore les différentes facettes de cette réalité complexe, allant des considérations spirituelles aux aspects juridiques et sociaux, en passant par les expériences émotionnelles des familles concernées.

L'Âme des Enfants Morts Avant la Naissance

La question du devenir de l'âme des enfants décédés avant la naissance, notamment suite à un avortement, est une source d'interrogation et d'inquiétude. Pour ceux qui croient en Dieu, la vie n'est pas détruite par la mort, mais transformée. L'Église catholique, par exemple, affirme que l'âme de toute personne humaine est immortelle et qu'à la mort, elle rencontre Dieu, tout en attendant d'être réunie à son corps glorifié.

L'enfant avorté, innocent de cette faute, est confié à la miséricorde divine, à l'instar des autres enfants morts sans baptême. L'Église invite ceux qui ressentent le besoin de se confier suite à un avortement à chercher du soutien et à se tourner vers la miséricorde de Dieu avec confiance. La relation avec les défunts, gardée dans le Christ ressuscité, s'exprime de manière privilégiée dans la prière.

L'Évolution du Statut Juridique et Social du Fœtus Mort

Le statut du fœtus mort a connu d'importantes transformations au fil des décennies. Autrefois considéré comme un simple "déchet anatomique", il est progressivement devenu un "être spécifique", bénéficiant d'une reconnaissance juridique et sociale accrue.

Du "Déchet Anatomique" à l'"Enfant Sans Vie"

Jusqu'au XIXe siècle, dans l'Occident chrétien, les fœtus morts étaient souvent considérés comme dangereux et exclus des rituels funéraires normaux. Ils étaient parfois jetés dans des fosses ou des dépotoirs, bien que les couples préfèrent les enterrer dans l'espace domestique.

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Avec la sécularisation de la société et la médicalisation de l'accouchement, le fœtus a perdu son statut d'être surnaturel pour devenir un élément pré-humain, manipulable par le corps médical. Les couples ont alors perdu la possibilité d'enterrer le fœtus mort dans l'espace domestique, celui-ci étant incinéré avec les autres déchets hospitaliers ou conservé comme pièce de collection anatomique.

À partir des années 1980, un bouleversement brutal des représentations et des pratiques a conduit à la recherche d'un statut intermédiaire pour le fœtus mort. Dans un monde sécularisé, il n'est plus question de revenir aux limbes, et l'Église rappelle que la personne est constituée dès la conception. Un sentiment de dépossession de soi, résultant de la main mise de l’institution médicale sur la naissance et la mort, génère un questionnement croissant sur ces questions. En outre, face au sentiment de perte de repères qu’engendre la disparition des anciens rites - indéniable à l’échelle de l’histoire - certains professionnels du soin (sages-femmes, psychologues) et du funéraire, dénoncent le « déficit symbolique » dont souffriraient les sociétés. Ils créent alors de nouveaux rites en se référant à l’éthique et transforment les usages professionnels.

La loi du 8 janvier 1993 a marqué une étape importante en reconnaissant l'"acte d'enfant sans vie" pour les enfants décédés avant la naissance, à condition qu'un certificat médical atteste de la naissance vivante et viable. Depuis les années 1990, le statut juridique du fœtus mort et les lois autour du traitement de son corps se sont profondément transformés et n’ont eu de cesse de se consolider dans le sens d’une « personnalisation ».

L'Élargissement du Statut d'"Enfant Sans Vie"

Depuis les années 1990, les seuils qui inscrivent le fœtus dans l’une ou l’autre de ces catégories, celle de « déchet anatomique », de « pièce anatomique » et de « personne décédée » mais aussi plus importante « d’enfant sans vie », ont été progressivement redéfinis.

Le statut juridique « d’enfant sans vie » n’a cessé de s’élargir à des pertes de plus en plus précoces réduisant ainsi celui du « déchet ». D’abord restreinte aux fœtus décédés in utero au-delà de 28 SA, la catégorie des « enfants sans vie » est étendue en 2001 à 22 SA et franchit en 2008 le seuil des 22 SA. Désormais, si l’acte d’enfant sans vie ne dépend plus d’un seuil, il est toutefois soumis à la délivrance d’un certificat médical d’accouchement impliquant le recueil d’un corps formé et sexué.

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En perdant peu à peu son statut de « déchet », le fœtus de plus de 14 SA n’est plus considéré comme un « reste », un « fragment ». Ce changement s’est opéré notamment sous l’influence des techniques de visualisation comme l’échographie (Boltanski 2004), qui ont entre autres pour effet, de dissocier le fœtus de la femme. N’étant plus pensé comme une simple partie de la mère, il est nommé,…

Les Pratiques Funéraires et la Mémoire du Fœtus Mort

Les transformations du statut juridique et social du fœtus mort ont entraîné une requalification sociale et professionnelle de son cadavre. Les parents endeuillés créent désormais des "restes" matériels et mémoriels pour donner une existence à cet être.

Depuis le décret de mars 2008, il est possible d'inscrire un fœtus sous son prénom au registre de l'état civil et sur le livret de famille, quelle que soit la durée de la gestation. Si les parents le désirent, ils peuvent reprendre le corps du bébé après l'autopsie, organiser des obsèques et une cérémonie religieuse suivant leur croyance. Sinon, il est incinéré et ses cendres sont dispersées dans un "carré des anges" dans certains cimetières.

Les Conséquences Psychologiques et Émotionnelles de l'Avortement

L'avortement peut avoir des conséquences psychologiques et émotionnelles importantes, tant pour la mère que pour les autres membres de la famille.

L'Impact sur la Mère et la Famille

L’Église Catholique invite les mamans qui ont eu recours à l’avortement à se tourner vers la miséricorde de Dieu avec confiance. Mère de Miséricorde organise des sessions, d’une durée de cinq jours, s’adressant à tous, femmes, hommes, couples ayant perdu un enfant avant la naissance (avortement, IMG, fausse couche etc.).

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Même si l’avortement reste un secret, un « non-dit », les enfants d’une même fratrie ne sont pas indemnes de ce qui se passe ou s’est passé pour leur mère. Ils ont en commun d’avoir vécu dans le même ventre leur vie prénatale, portés par la même mère. La grossesse qui s’est interrompue marque un manque dans l’histoire obstétricale de la femme et, par conséquent, un vide également dans la famille construite ou en devenir. Si l’avortement a lieu lors d’une première grossesse, l’enfant de la grossesse suivante peut souffrir d’une absence en sentant qu’il n’est pas l’aîné ; il peut sentir, dans sa vie prénatale, que quelque chose s’est passé dans ce ventre avant lui. L’enfant qui n’a pas été avorté devient un « survivant ». Il peut ressentir la précarité de sa vie, comme une « survie » par rapport à son frère ou sa sœur avorté(e). L’intuition des enfants ou leur souffrance ne s’expriment pas forcément aisément par des mots, parfois plus facilement par le dessin.

Les Enfants Nés Après un Avortement

Naître après qu'une mère ait subi un avortement peut avoir un impact profond et souvent méconnu sur l'enfant qui suit. Bien qu'invisible et non verbalisé, ce contexte particulier peut imprégner l'inconscient de l'enfant de sentiments de vulnérabilité et de peurs liées à la survie et à la sécurité. Les individus nés dans ces circonstances peuvent porter en eux un sentiment d'insécurité existentielle, se traduisant par une peur persistante d'être en danger.

Face à ces défis complexes, Valérie Grumelin, psychanalyste spécialisée en thérapies cognitives et comportementales, suggère son approche thérapeutique novatrice : le Rebirth intra-utérin ou Orius. Sa méthode vise à replacer l'individu dans le contexte de sa gestation, lui offrant l'opportunité de revivre sa naissance mais cette fois-ci, dans un cadre déconditionné et exempt de traumas, tout en intégrant les éléments positifs de son existence actuelle.

Rumeurs et Réalités : L'Utilisation de Cellules Fœtales dans l'Industrie Alimentaire

Une rumeur persistante sur les réseaux sociaux affirme que des cellules de fœtus avortés seraient utilisées dans l'industrie alimentaire, notamment par des marques comme Nestlé et PepsiCo. Cette rumeur, alimentée par des associations anti-IVG, est basée sur des interprétations erronées de recherches scientifiques.

En réalité, la société de biotechnologie Senomyx a utilisé des cellules du type HEK-293T, issues d'une lignée de cellules fœtales provenant d'un fœtus avorté dans les années 1970, pour étudier les récepteurs du goût. Ces cellules sont régulièrement utilisées à des fins de recherche scientifique et pharmacologique, notamment dans les tests d'élaboration de vaccins contre le Covid-19.

Cependant, il n'existe aucune preuve que des cellules humaines soient utilisées dans l'industrie alimentaire. Les exhausteurs de goût utilisés dans les produits sont ceux autorisés par la réglementation européenne concernant les additifs, et ils sont indiqués dans la liste des ingrédients.

La vidéo présentée comme preuve du commerce de fœtus est en réalité un montage réalisé par une organisation anti-avortement. Dans la vidéo d'origine, une responsable du Planning familial américain détaille le processus de prélèvement des tissus, après accord du don par les parents, pour des cellules destinées à la recherche.

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