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Comprendre et Gérer les Coliques chez le Cheval : Un Guide Complet

La colique est un terme qui suscite l'inquiétude chez de nombreux propriétaires de chevaux. En effet, elle représente la première cause de mortalité équine. Cet article vise à démystifier ce syndrome, en abordant ses causes, ses symptômes, son déroulement, les options de traitement chirurgical et les mesures préventives.

Qu'est-ce que la colique équine ?

Contrairement à une idée répandue, la colique n'est pas une maladie en soi, mais plutôt un syndrome. Elle regroupe un ensemble de symptômes liés à des douleurs abdominales, généralement d'origine digestive. Dans 96 à 97% des cas, la douleur provient de l'estomac ou de l'intestin. Les chevaux sont particulièrement sensibles au niveau digestif en raison des nombreuses terminaisons nerveuses présentes dans leur intestin.

Causes des coliques

Les causes des coliques sont variées et peuvent être liées à des dysfonctionnements intestinaux, des torsions ou des déplacements d'un segment de l'intestin, des inflammations ou des ulcères. Dans 90% des cas, le parasitisme est en cause. D'autres facteurs peuvent également contribuer, tels que :

  • Alimentation inadaptée : changements brusques de régime, mauvaise qualité du foin, excès de concentrés.
  • Problèmes de dentition.
  • Consommation de paille.
  • Mauvaise qualité de l'eau.
  • Ingestion de sable.
  • Stress : changements d'environnement, transport.
  • Agitation excessive.
  • Présence de lipomes (tumeurs du tissu adipeux) chez les chevaux obèses.
  • Colique gazeuse : provoquée par l’absence ou la faiblesse des contractions intestinales. Les gaz et les bactéries n’évoluent donc pas dans le tube digestif et s’accumulent au niveau de l’intestin, qui se distend.

Types de coliques

On distingue principalement trois types de coliques :

  • Colique spasmodique : due à une contraction excessive de l'intestin.
  • Colique d'obstruction : liée à un bouchon dans le système digestif, souvent au niveau du colon, empêchant le transit normal.
  • Colique gazeuse : provoquée par une accumulation de gaz dans l'intestin en raison d'une absence ou d'une faiblesse des contractions intestinales.
  • Colique chirurgicale : liée à une torsion ou un déplacement d'un segment de l'intestin, nécessitant une intervention chirurgicale d'urgence.

Symptômes de la colique

Les symptômes de la colique peuvent varier en fonction de la cause et de la sensibilité du cheval à la douleur. Il est rare qu’un cheval présente l’intégralité de ces symptômes. Parmi les signes les plus courants, on observe :

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  • Perte d'appétit.
  • Regard vers les flancs.
  • Grattage du sol.
  • Cheval qui se couche ou se jette au sol.
  • Position de "chien assis".
  • Transpiration excessive.
  • État de dépression.
  • Rythme cardiaque supérieur à 60 battements par minute (chez un cheval adulte).
  • Changements dans la quantité et l'apparence du fumier.

Diagnostic et prise en charge

Face à des signes de colique, il est crucial d'agir rapidement et d'appeler un vétérinaire. C'est la seule personne qualifiée pour évaluer la gravité de la situation et déterminer le traitement approprié.

Premiers réflexes

  • Retirer la nourriture : si le cheval est au pré, le rentrer à l'intérieur afin qu'il ne mange plus d'herbe.
  • Ne pas trop faire marcher le cheval : afin de ne pas l'épuiser.
  • Éviter de pratiquer des actes médicaux non maîtrisés : comme l'examen rectal, qui doit être réalisé par un vétérinaire.
  • Prendre le pouls : il est habituellement compris entre 28 et 48 battements par minute (60 à 120 pour les poulains).

Traitement médical

Dans la majorité des cas, la colique se traite avec des médicaments. Le vétérinaire peut administrer des antalgiques ou des sédatifs pour soulager la douleur, ainsi que des laxatifs pour faciliter le transit intestinal. Des perfusions intraveineuses peuvent être nécessaires pour corriger la déshydratation et ramollir le contenu intestinal.

Traitement chirurgical

Dans moins de 10% des cas de colique, une intervention chirurgicale est nécessaire. Cela concerne principalement les coliques liées à une torsion ou un déplacement d'un segment de l'intestin.

Déroulement de l'opération

Les chirurgies de colique sont des interventions longues (entre 2 et 5 heures) qui requièrent une grande technicité du chirurgien et un personnel important (environ 4 personnes : un chirurgien et son assistant, un anesthésiste et un infirmier). Elle se déroule en plusieurs étapes :

  1. Anesthésie générale : à l’exception des cas d’urgence, l’anesthésie générale est toujours réalisée à jeun. Elle se déroule en trois étapes :
    • Examen pré-anesthésique (analyse de sang, auscultation cardiaque et respiratoire et ECG) complet.
    • Le cheval est tranquilisé puis anesthésié dans le box d’induction.
    • L’intubation trachéale est réalisée, puis le relais gazeux (02 + Isoflurane) est assuré par l’appareil d’anesthésie (respirateur). Un monitoring du cheval est réalisé en continu par un ECG, une capnographe, un oxymètre et une pression artérielle invasive.
  2. Préparation chirurgicale : le cheval est placé en décubitus dorsal (sur le dos). Une préparation aseptique de l’abdomen et la mise en place des champs opératoires.
  3. Incision : le chirurgien pratique une incision longitudinale au niveau de la "ligne blanche" (sous le ventre) pour accéder à la cavité abdominale.
  4. Exploration : cela permet de palper et d'extérioriser une grande partie des organes abdominaux.
  5. Intervention : le chirurgien peut être amené à pratiquer différentes opérations, allant de la remise en place d'une portion d'intestin déplacée à la vidange voire au retrait intégral d'une portion intestinale.

Suivi post-opératoire

  • Une fois bien réveillés, les chevaux sont conduits à leur box et restent en soins intensifs en moyenne 2 à 5 jours. Ils sont placés sous perfusions, reçoivent des médicaments antibiotiques et anti-inflammatoires et des examens cliniques rapprochés sont effectués.
  • À l'issue de cette étape "décisive", le cheval est gardé sous surveillance pendant en moyenne 5 jours supplémentaires.
  • Lorsque le cheval est jugé apte à rentrer chez lui, un compte-rendu complet stipule les instructions à suivre par la suite. Le propriétaire dispose de tous les conseils nécessaires à une bonne gestion postopératoire : médicaments, activité, alimentation, soins…etc.
  • La convalescence suite à une chirurgie de colique peut paraitre longue. La cicatrisation complète de la plaie abdominale prend plusieurs mois et donc que pendant cette période les chevaux ne peuvent être mis en liberté ou travaillés.

Complications possibles

Comme toutes chirurgies, les coliques peuvent présenter des complications immédiates ou différées. La plus fréquente est l’iléus de l’intestin grêle (lorsque le transit ne reprend pas). Lorsque le transit ne reprend pas et que le cheval se dégrade, il vaut mieux envisager une euthanasie pour raison humanitaire.

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Objectif du chirurgien

L’objectif d’un bon chirurgien de colique est d’avoir un cheval vivant et en bonne santé 1 an après la chirurgie.

Coût des traitements

Le traitement d’une colique peut s’avérer conséquent : il faudra compter entre 100€ et 300€ pour un traitement médical en étant soigné aux écuries, entre 500€ et 800€ pour une surveillance en clinique, et entre 3000€ et 5000€ pour effectuer une opération chirurgicale.

Prévention des coliques

Bien qu'il soit impossible de maîtriser totalement tous les facteurs favorisant les coliques, l'observance de certaines règles d'hygiène alimentaire et de management peut aider à limiter leur incidence.

  • Alimentation :
    • Distribuer la ration en plusieurs repas, à heures fixes.
    • Comprendre une quantité suffisante de fourrage de bonne qualité (foin à volonté).
    • Les concentrés ne doivent pas excéder 50% de la ration et doivent être répartis en plusieurs petits repas.
    • Éviter les changements brusques d'alimentation.
  • Eau :
    • S'assurer que le cheval dispose d'eau en quantité illimitée, propre et à une température agréable (tiède en hiver et fraîche en été).
  • Parasitisme :
    • Vermifuger régulièrement les chevaux.
  • Soins dentaires :
    • Vérifier l'état des dents de façon régulière.
  • Gestion du stress :
    • Éviter les stress au cheval (changements d'environnement, transport).
  • Exercice :
    • Faire travailler régulièrement le cheval plutôt que d'alterner les gros efforts suivis de longues périodes de repos.
  • Espace :
    • Un cheval a besoin d'espace.

Coliques liées au transport

Le transport est un moment particulièrement stressant pour le cheval. De ce fait, l'animal va avoir tendance à être sujet à certains problèmes de santé si le transport ne respecte pas certaines conditions.

  • Blessures: Le risque de blessure est accentué lors de voyage en groupe avec de fortes densités ou lorsque les chevaux ne se connaissent pas, d’où la recommandation de faire voyager les chevaux en stalle individuelle. Une manière de minimiser les risques est d’équiper les chevaux de protections de transport adaptées au niveau des membres, de la queue mais aussi de la nuque pour les grands chevaux pouvant se cogner la tête lors de secousse du véhicule.
  • Déshydratation et perturbation de la flore intestinale: Avec le stress du transport, le cheval peut perdre son appétit. De plus l’eau est très rarement disponible à volonté durant le voyage, ce qui pourrait causer une déshydratation en cas de trop longue période sans être abreuvé.
    • Il est fortement recommandé de faire une pause et de proposer à boire au cheval ou encore de mouiller le foin si celui-ci refuse de s’abreuver.
    • Apporter des fibres longues comme du foin avant et lors du voyage, afin que l’estomac ne reste pas vide. Les concentrés sont à éviter.
  • Problèmes respiratoires: Le moyen de transport étant un espace clos, la qualité de l’air peut fortement diminuer et l’humidité est augmentée. Les taux de poussières, spores fongiques et actinomycètes peuvent augmenter, pouvant alors obstruer les voies pulmonaires.
    • Il est donc préférable d’utiliser du copeau et non de la paille pour la litière lors des transports. Il est conseillé également d’utiliser du foin le moins poussiéreux possible dans le véhicule.
    • Durant le voyage, il faut veiller à optimiser les conditions d’ambiance, à savoir contrôler la température du véhicule et vérifier les systèmes d’aération.
  • Maladies contagieuses: Lors du transport, la proximité des chevaux et le confinement va augmenter les risques de transmission de maladie contagieuse.
    • La première chose à éviter est de transporter des chevaux malades ou en incubation de maladie. Dans le doute, effectuer un examen général du cheval et s’il y a le moindre doute, consulter le vétérinaire avant de procéder au transport.

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