La bronchiolite est une infection respiratoire aiguë qui touche principalement les nourrissons et les jeunes enfants de moins de deux ans, en particulier ceux de moins de six mois. Cette maladie, souvent provoquée par le virus respiratoire syncytial (VRS), est très contagieuse et se manifeste généralement pendant la saison hivernale, de novembre à février, avec un pic en décembre. Chaque année en France, environ 30 % des nourrissons sont touchés par la bronchiolite, ce qui en fait une préoccupation majeure de santé publique.
Bien que la bronchiolite guérisse naturellement dans la plupart des cas en 8 à 10 jours, elle peut entraîner des complications graves chez certains nourrissons, nécessitant une hospitalisation. Heureusement, des avancées significatives ont été réalisées dans la prévention et le traitement de cette maladie, offrant de nouvelles options pour protéger les nourrissons contre les formes graves de bronchiolite.
Comprendre la bronchiolite
La bronchiolite est une infection des petites bronches, les voies respiratoires inférieures des poumons. Elle est généralement causée par le virus respiratoire syncytial (VRS), responsable de 50 à 80 % des cas. Le VRS provoque une inflammation des parois des bronches et une augmentation des sécrétions, entraînant une obstruction des voies respiratoires.
La bronchiolite se transmet facilement par la salive, la toux et les éternuements. Le virus peut également survivre sur les mains et les objets, tels que les jouets et les tétines, ce qui facilite sa propagation. Les parents, les frères et sœurs et les proches peuvent être porteurs du virus sans présenter de symptômes, contribuant ainsi à la transmission de la maladie.
Les symptômes de la bronchiolite comprennent généralement un rhume, une toux, des difficultés à manger et à dormir. Dans les cas plus graves, les nourrissons peuvent présenter des difficultés à boire et à respirer, nécessitant une hospitalisation.
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Nouvelles stratégies de prévention
Face à la prévalence et aux risques associés à la bronchiolite, plusieurs stratégies de prévention ont été développées pour protéger les nourrissons.
Immunisation passive avec le Nirsevimab (Beyfortus®)
Depuis 2023, un traitement préventif est proposé aux nourrissons de moins d'un an, y compris aux nouveau-nés, pour les aider à passer leur première saison à risque de bronchiolite. Ce traitement consiste en l'administration d'un anticorps monoclonal, le Nirsevimab (Beyfortus®), capable de neutraliser le VRS, le principal virus responsable de la bronchiolite. Il ne s'agit pas d'un vaccin, mais d'une injection d'anticorps qui offre une immunité passive immédiate contre le VRS.
L'injection de Nirsevimab est proposée dès la maternité, dans les premiers jours de vie, pour les nouveau-nés qui vont naître à partir du 1er septembre 2025. Pour les nourrissons nés entre février et août 2025, l'injection peut être pratiquée par le médecin traitant (pédiatre ou généraliste), la sage-femme ou dans un centre de Protection Maternelle et Infantile (PMI).
L'efficacité du Nirsevimab a été démontrée dans le cadre d'études de grande ampleur et en vie réelle. Les données de la saison 2023-2024 ont montré que le Nirsevimab diminue de 80 % les hospitalisations et les formes graves de bronchiolite. Bien qu'il ne fasse pas disparaître le virus VRS ni la bronchiolite, il limite fortement ses conséquences les plus graves.
Le Nirsevimab est pris en charge par la sécurité sociale et les mutuelles, ce qui le rend accessible à la plupart des familles.
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Vaccination maternelle avec le vaccin Abrysvo®
Depuis septembre 2024, une nouvelle stratégie de prévention est disponible : la vaccination des femmes enceintes avec le vaccin Abrysvo®. Ce vaccin permet aux mères de développer des anticorps contre le VRS et de les transmettre à leur bébé via le placenta, offrant ainsi une protection dès la naissance et jusqu'à l'âge de 6 mois.
Le vaccin Abrysvo® est recommandé durant le 8ᵉ mois de grossesse et est administré en une seule injection. Il est disponible en ville et à l'hôpital et est pris en charge par la sécurité sociale. La Haute Autorité de Santé (HAS) ainsi que les médecins pédiatres, obstétriciens et les sages-femmes recommandent le vaccin au dernier trimestre de grossesse.
Lorsque la femme enceinte a pu bénéficier du vaccin anti-VRS, on considère que son bébé est protégé et il n'y a pas besoin de lui administrer le Nirsevimab.
Cette option de vaccination offre une alternative sans injection directe pour le bébé, ce qui peut être une solution préventive complémentaire pour les parents qui souhaitent éviter l'injection d'un traitement préventif directement au nourrisson.
Traitement de la bronchiolite
Bien que la prévention soit essentielle, il est important de savoir comment traiter la bronchiolite si elle survient. Dans la majorité des cas (95 %), la bronchiolite ne nécessite pas une hospitalisation et peut être prise en charge par un médecin de ville.
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Le traitement de la bronchiolite vise principalement à soulager les symptômes et à assurer le confort du nourrisson. Il comprend généralement les mesures suivantes :
- Lavage du nez avec du sérum physiologique : Cette étape est essentielle pour dégager les voies respiratoires et faciliter la respiration.
- Fractionnement des repas : Il est important de proposer des repas plus petits et plus fréquents pour éviter la déshydratation et faciliter l'alimentation.
- Kinésithérapie respiratoire : Dans certains cas, la kinésithérapie respiratoire peut être recommandée pour aider l'enfant à expulser les sécrétions bronchiques par la bouche. Cependant, elle n'est pas systématique et doit être prescrite par un médecin.
- Apport supplémentaire d'oxygène : Dans les cas les plus graves, une hospitalisation peut être nécessaire pour fournir un apport supplémentaire d'oxygène.
- Médicament contre la fièvre : Un médicament contre la fièvre peut être prescrit si la température du nourrisson est trop élevée.
Il est important de noter qu'il ne peut pas y avoir d'automédication en cas de bronchiolite chez un nourrisson, sauf pour soulager la fièvre. Les antitussifs et les fluidifiants bronchiques sont contre-indiqués.
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