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Comprendre la perte de poids chez le nourrisson : Causes, surveillance et quand s'inquiéter

La perte de poids chez les nouveau-nés et les bébés est une source d'inquiétude pour de nombreux parents. Il est tout à fait normal pour les nouveau-nés de perdre du poids dans les premiers jours suivant la naissance. En moyenne, les bébés peuvent perdre jusqu’à 10 % de leur poids de naissance. Cet article vise à démystifier ce phénomène, à identifier les causes potentielles et à fournir des indications claires sur le moment où il est nécessaire de consulter un professionnel de la santé.

Perte de poids post-naissance : un phénomène physiologique

Il est normal que les nouveau-nés perdent un peu de poids au cours de leurs premiers jours de vie, cela s’explique notamment par la perte de liquides et de méconium (les premières selles de bébé). Cette perte, surveillée en pédiatrie, s’explique par l’élimination du méconium et du surplus de liquide accumulé pendant la grossesse. Généralement, le bébé perd jusqu’à 10 % de son poids initial avant de le reprendre grâce aux tétées ou au biberon.

Facteurs contribuant à la perte de poids initiale

  • Élimination du méconium : Dans les 24 heures suivant la naissance, le nouveau-né peut perdre fréquemment du poids, du fait qu’il va expulser le méconium.
  • Perte de liquides : Les bébés nés par césarienne mettent plus de temps à retrouver leur poids parce qu’ils ont souvent un poids plus élevé à la naissance. En effet, en raison des solutés administrés à la mère lors de l’accouchement, les bébés nés par césarienne accumulent plus de liquides et en perdent donc davantage par la suite.
  • Transition du lait maternel : Les mères produisent du colostrum les premiers jours, qui est riche en nutriments mais produit en petites quantités.

Surveillance du poids : indicateurs et courbes de croissance

Afin de surveiller que tout va bien, l’enfant est pesé chaque mois lors de son rendez-vous chez le pédiatre. On peut également louer une balance les premiers mois de vie. Mais si tout se passe bien, que l’enfant grossit bien, une pesée mensuelle suffit largement. Cela ne doit pas devenir une source d’anxiété.

Importance de la courbe de croissance

La prise de poids doit ensuite être régulière, selon une courbe de croissance propre à chaque enfant et que l’on peut suivre sur son carnet de santé. Certains enfants mangent plus que d’autres, grossissent plus que d’autres. Mais c’est la courbe de poids qui est importante. Elle doit montrer une prise de poids régulière, harmonieuse depuis le début, sans cassure. Cela devient pathologique lorsque l’enfant se met à ne plus grossir et à ne plus grandir.

Particularités liées à la naissance par césarienne

Un bébé peut perdre jusqu’à 10 % de son poids initial dans les jours qui suivent l’accouchement, surtout après un accouchement ou une césarienne.

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Causes potentielles d'une perte de poids préoccupante

Les causes d’une prise de poids insuffisante peuvent être nombreuses et varient en fonction de l’âge de l’enfant.

Difficultés d'allaitement

Chez un enfant qui vient de naître et jusqu’à un mois de vie, l’allaitement peut être en cause si le bébé ne grossit pas. Il arrive en effet que les apports du lait maternel soient insuffisants. Il est alors toujours utile de prendre rendez-vous avec une conseillère en lactation pour tenter de relancer la lactation et identifier, par exemple, un problème de prise au sein.

Problèmes d'alimentation

Un enfant qui ne grossit pas alors qu’il mange bien, voire beaucoup, cela signifie que quelque chose ne va pas. Et il arrive que l’alimentation soit en cause. Souvent, les parents pensent bien faire, mais reproduisent plusieurs erreurs concernant la nutrition de l’enfant. Le plus important est que l’alimentation de notre enfant soit diversifiée. Lorsque l’enfant est nourri au biberon, il est plus étonnant qu’il ne prenne pas de poids.

Troubles digestifs et intolérances

Parfois le bébé ne grossit pas parce qu’il vomit beaucoup et donc rejette le lait. Cela peut être lié à une intolérance aux protéines de lait de vache, mais aucune prise de sang ou examen biologique ne permet de le confirmer.

Infections

Outre le type d’alimentation ou un problème digestif, il arrive qu’un bébé ne grossisse pas suffisamment parce qu’il souffre d’une infection, et ce, à n’importe quel âge. Il faut alors impérativement en parler au médecin pour en déterminer l’origine. Chez le tout petit bébé, on va rechercher une infection urinaire en réalisant un ECBU. En revanche, lorsque l’enfant entre en collectivité, ce sont très souvent les infections ORL à répétition qui empêchent le bébé de grandir correctement.

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Retard de croissance

On emploie le terme retard de croissance pour désigner un bébé né à terme, mais qui est petit en taille et léger en poids. Il s’agit d’une définition médicale et non d’une cassure de poids. La cause est obstétricale et souvent liée à une mauvaise vascularisation pendant la grossesse, développe la spécialiste. Certains bébés récupèrent très bien, alors que d’autres ont plus de mal.

Quand faut-il s'inquiéter ? Signes d'alerte

Si bébé perd du poids de façon significative, il est important de consulter.

Perte de poids excessive

On va être plus inquiets si le bébé perd plus de 10 % de son poids de naissance (poids initial). Si cette perte est supérieure à 10 % du poids de naissance et que l’alimentation ne sait pas bien mise en route (allaitement ou alimentation artificielle), on gardera sous surveillance quelques jours de plus la maman et son nouveau-né (au-delà de J + 3/4).

Signes de déshydratation

Parmi les symptômes d’alerte, la déshydratation est le plus important : un bébé qui a peu de couches mouillées, une bouche sèche, une transpiration réduite ou un état de fatigue inhabituel doit faire l’objet d’un examen clinique rapide. En général, cela arrive quand le bébé régurgite beaucoup ou qu’il s’alimente difficilement. Dans ce cas, il faut consulter un médecin.

Anomalies des selles

Par ailleurs, surveillez attentivement les selles de votre bébé : une modification notable dans leur couleur, leur fréquence ou leur consistance peut aussi être un signe qui doit vous faire consulter.

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Facteurs influençant la prise de poids

Chaque enfant est différent. Sa prise de poids peut dépendre de différents facteurs.

  • L’hérédité : Deux parents grands font généralement un géant, il en est de même pour le poids.
  • L'allaitement de bébé : Sein ou biberon n’ont pas la même influence sur le poids. On dit souvent que les bébés nourris au biberon prennent du poids plus rapidement. Et pour autant plein de mamans ont un lait maternel très riche…encore une fois chacun est différent.
  • Son attrait plus ou moins développé pour la nourriture : Certains sont des gloutons qui mangent vite et goulument, d’autre ont un appétit d’oiseau et préfère manger des petites quantités en plusieurs fois.

Le rôle de l'environnement et des pratiques de soins

Un environnement rassurant et bienveillant est trop facilement déstabilisé par un interventionnisme excessif et par le don de compléments qui en résulte trop souvent. Comme la grossesse et l’accouchement, l’alimentation du nouveau-né est, en Occident, tombée dans le domaine médical. Le processus naturel que représente l’allaitement (maternel) semble devenu moins spontané pour les femmes, sans doute pour des raisons sociologiques et culturelles.

Impact des interventions médicales

D’autre part, si les substituts du lait maternel peuvent être d’un secours appréciable en certaines circonstances, leur utilisation élargie trouble la mère qui a choisi d’allaiter en semant le doute sur sa compétence à nourrir son bébé. Les contrôles répétés de la glycémie et l’incitation à “faire téter“ son enfant, en provoquant si besoin des réveils intempestifs, ont tôt fait d’éroder sa sérénité. Celle-ci est pourtant indispensable en cette période cruciale pour l’établissement du lien et la mise en place de l’allaitement.

Prise en compte des particularités individuelles

Pourtant, l’observation nous montre qu’à poids égal, les nouveau-nés ne rencontrent pas tous les mêmes difficultés. Leur tolérance au jeûne relatif des premières heures dépend d’abord de leurs réserves énergétiques dont le poids, pris isolément, est un reflet imparfait, comme plus tard dans la vie.

Importance de l'observation clinique

L’observation visuelle nous dit si un bébé est rond, dodu, potelé, trapu, ou au contraire sec, mince, long, pour reprendre les termes les plus courants, certes teintés de subjectivité mais validés par l’expérience des soignant(e)s. La mesure du périmètre brachial et son rapport au périmètre céphalique semblent être les critères les plus intéressants, mais il existe peu d’études sur ce sujet, ce qui montre bien le manque d’intérêt des pédiatres, plus habitués à des protocoles hospitaliers conventionnels.

Impact des pratiques de puériculture

Par ailleurs, les pratiques de puériculture peuvent majorer les pertes hydriques et caloriques, notamment le bain quotidien quand il est cause d’agitation, de pleurs excessifs ou d’hypothermie. Lors d’une naissance par césarienne, une installation incorrecte en peau-à-peau peut aussi être source de refroidissement par la climatisation du bloc opératoire.

L'allaitement maternel : un processus naturel à soutenir

Pourtant, l’observation nous montre qu’à poids égal, les nouveau-nés ne rencontrent pas tous les mêmes difficultés. Leur tolérance au jeûne relatif des premières heures dépend d’abord de leurs réserves énergétiques dont le poids, pris isolément, est un reflet imparfait, comme plus tard dans la vie.

Perturbation de la confiance maternelle

Enfin, il est courant d’observer que la préoccupation des médecins pour les chiffres exerce une pression psychologique sur les soignant(e)s qui la répercutent aux mères, portant ainsi préjudice à la confiance nécessaire pour allaiter. Cet effet est renforcé par la réduction du séjour en maternité à moins de trois jours, ce qui laisse trop peu de temps pour que l’allaitement soit établi sereinement.

Courbes de poids spécifiques pour les bébés allaités

La surveillance du poids des nouveau-nés exclusivement allaités doit donc se référer à des courbes spécifiques. D’après un grand nombre d’études, la perte de poids moyenne d’un nouveau-né allaité serait de 6 à 8 % et atteint son maximum avant H72.

Facteurs influençant la perte de poids chez les bébés allaités

Une perte de poids plus importante après une naissance par césarienne ou quand la mère a été perfusée pendant l’accouchement. Tout porte à croire que la charge liquidienne, reçue rapidement par la mère, diffuse en partie au nouveau-né : un aspect œdématié et une diurèse plus importante sont alors observés pendant les premières 24 heures.

Importance d'une approche individualisée et bienveillante

Une perte de poids excessive chez un enfant allaité exprime clairement des difficultés d’allaitement qui n’ont pas été repérées, ni prises en charge à temps. Cela expliquerait la perte de poids plus importante chez les enfants premiers-nés en raison du manque d’expérience maternelle. La qualité de l’accompagnement repose sur l’apprentissage de critères d’observation cliniques, méconnus ou négligés au profit de la courbe de poids, dont la tenue demande moins de temps et d’engagement.

Limites de la surveillance de la glycémie capillaire

La surveillance de la glycémie capillaire a connu ces dernières décennies une diffusion excessive dans beaucoup de maternités. D’utilité reconnue pour la surveillance des enfants à risque, notamment prématurés ou hypotrophes, ce geste trop simple a été étendu à des situations qui ne le justifient pas, comme un jeûne prolongé chez un nouveau-né eutrophe, à terme ou proche du terme.

Alternatives énergétiques chez le nouveau-né

Dans cette situation, il a été montré que la glycémie peut descendre sans dommage au-dessous des seuils habituels d’intervention. En effet, leur cerveau est capable d’utiliser des carburants alternatifs pendant les trois premiers jours : d’une part, les lactates libérés par le muscle utérin pendant le travail et, d’autre part, les corps cétoniques abondamment produits par le catabolisme des graisses, réserve énergétique constituée par le fœtus en fin de grossesse.

Risques liés à l'apport de compléments

En sensibilisant au lait de vache, elle peut être le point de départ d’une allergie qui perturbera la première année de vie chez 2 à 7 % des nourrissons : c’est l’une des plus fréquentes allergies alimentaires de l’enfant, avec une forte responsabilité dans les accidents mortels. De plus, il est maintenant établique la modification durable du microbiote qu’elle occasionne implique sa responsabilité dans les maladies allergiques et dans l’asthme de l’enfance, ainsi que dans la fréquence des infections des deux premières années de la vie.

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