Les goélands, oiseaux marins emblématiques, font partie intégrante du paysage côtier français. Cependant, leur présence, notamment celle des jeunes, suscite parfois des interrogations et des inquiétudes. Cet article a pour but d'éclaircir les situations potentiellement dangereuses impliquant les jeunes goélands et de fournir des conseils sur la manière d'agir de manière appropriée.
Goélands juvéniles au sol : une situation normale ?
La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) de l'Ile Grande, dans les Côtes d'Armor, insiste sur un point crucial : il est fréquent de trouver de jeunes goélands au sol, particulièrement durant la période de reproduction. Romain Morinière, spécialiste de la LPO, explique que les poussins goélands quittent le nid à l'âge de quelques jours et explorent les environs pendant 5 à 6 semaines, le temps d'acquérir leur indépendance et de pouvoir voler.
Durant cette phase d'émancipation, les parents continuent de s'occuper de leur progéniture, les nourrissant et les protégeant, même s'ils ne sont pas constamment à leurs côtés. Il est donc tout à fait normal d'observer de jeunes goélands au sol durant cette période. De plus, pour les goélands nichant en ville, il arrive souvent que les jeunes tombent des nids situés sur les toits et se retrouvent dans les jardins, sur les terrasses, les trottoirs ou dans les rues.
Quand faut-il s'inquiéter ? Identifier les signes de détresse
Face à un jeune goéland au sol, il est essentiel de déterminer s'il est réellement en détresse avant d'intervenir. Voici les situations où une intervention peut être nécessaire :
- Blessure : Vérifiez si l'oiseau présente des traces de sang, un mauvais maintien d'une aile ou d'une patte.
- Danger immédiat : Si le jeune se trouve sur une route très passante ou dans un endroit dangereux, il est impératif d'agir.
Dans ces cas, il est recommandé de contacter le centre de soins à la faune sauvage le plus proche. Pour la Station LPO de l'Ile Grande, le numéro de téléphone est le 02-96-91-91-40.
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Que faire si le goéland n'est pas en danger ?
Si le jeune goéland ne présente pas de blessure et ne se trouve pas dans un lieu dangereux, la meilleure attitude est de le laisser sur place. Ses parents veillent sur lui et continuent de le nourrir. Ils sont très protecteurs et interviendront si un danger, comme un chat ou un chien, menace l'oisillon.
Si le jeune se trouve dans un lieu potentiellement dangereux, vous pouvez le déplacer dans un endroit plus abrité, dans un rayon maximum de 30 à 40 mètres autour du lieu où vous l'avez trouvé. Attention, les parents goélands sont très protecteurs et peuvent adopter un comportement dissuasif envers les personnes qui s'approchent trop près de leur progéniture. Ces démonstrations de force se limitent généralement à de l'esbroufe, mais il est possible de recevoir un coup de bec sur la tête.
Les conséquences d'une intervention non nécessaire
Ramasser un jeune goéland qui n'est pas en détresse peut avoir des conséquences néfastes. Si le poussin disparaît du secteur du nid, ses parents vont le chercher pendant quelques heures, mais rarement plus longtemps. De plus, l'afflux de goélands juvéniles dans les centres de soins pose problème, car ils occupent de la place dans les volières et monopolisent les ressources.
Romain Morinière souligne qu'une fois qu'ils sont au centre, il faut les nourrir et s'occuper d'eux jusqu'à ce qu'ils soient indépendants et capables de voler, ce qui peut prendre plusieurs semaines. Cela représente une charge de travail importante pour les membres de la LPO, alors que les petits auraient pu s'en sortir avec leurs parents.
La cohabitation avec les goélands : comment éviter les problèmes ?
La présence croissante des goélands dans les villes, attirés par une ressource alimentaire abondante (déchets de pêche, décharges à ciel ouvert, ordures ménagères), peut entraîner des problèmes de cohabitation. Pour limiter ces désagréments, il est essentiel de modifier nos comportements.
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- Ne pas nourrir les goélands : Leur offrir de la nourriture facile (pain, frites, restes de sandwichs) perturbe leur régime naturel et les rend dépendants de l'homme.
- Gérer correctement les déchets : Bien fermer les sacs-poubelles, utiliser des conteneurs sécurisés, ramasser ses déchets et ne rien laisser traîner sur les plages.
- Protéger les habitations : Retirer des toits et terrasses, entre novembre et février, les éléments pouvant servir à la construction des nids (bouts de bois, végétation, plastiques).
Les goélands : des communicateurs précoces
Une étude menée par des scientifiques espagnols a révélé que les oisillons peuvent communiquer avec leurs congénères, notamment pour les alerter d'un danger, avant même l'éclosion de leur œuf. Les embryons de goélands modifient leur position à l'intérieur de l'œuf lorsqu'ils sont exposés à des cris d'alarme émis par des adultes, ce qui a pour effet de faire vibrer l'œuf.
Ces vibrations transmettent l'information aux autres embryons, qui modifient leur comportement en conséquence. Par exemple, ils peuvent présenter une éclosion plus tardive et être davantage à l'affût du danger après l'éclosion. Cette découverte souligne l'importance des interactions sociales précoces chez les goélands et leur capacité à s'adapter à leur environnement.
Les mesures de régulation : stérilisation des œufs et dispositifs dissuasifs
Face à la prolifération des goélands dans certaines zones urbaines, certaines villes ont mis en place des mesures de régulation. La stérilisation des œufs, qui consiste à remplacer les œufs fécondés par des œufs factices ou à les traiter pour qu'ils ne puissent éclore, est une méthode couramment utilisée. Cependant, son efficacité est parfois remise en question.
D'autres solutions consistent à installer des dispositifs dissuasifs sur les toits, les rebords de fenêtres ou les cheminées, là où les goélands aiment nicher. Les pics métalliques empêchent les oiseaux de se poser, les filets bloquent l'accès à certaines zones, et les effaroucheurs sonores diffusent des sons prédateurs ou perturbants pour les éloigner. Ces initiatives permettent de limiter l'expansion des colonies sans porter atteinte à l'animal.
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