Léonard de Vinci, peintre, sculpteur, architecte, musicien, écrivain, mathématicien et inventeur, reste une figure légendaire. Kenneth Clark, directeur de la National Gallery et historien de l’art, soulignait que «la figure de Léonard était déjà une légende depuis sa jeunesse». Né à Anchiano, près de Vinci, en Toscane, en 1452, Léonard était le fils de Ser Piero et de Caterina. Cet article propose une analyse iconographique détaillée de son œuvre la plus célèbre, la Mona Lisa, en explorant les différents aspects qui contribuent à son statut d'icône mondiale.
Les Débuts Artistiques de Léonard de Vinci
L’une des premières collaborations artistiques de Léonard fut avec Verrocchio dans Le Baptême du Christ. L’ange peint par Léonard révèle déjà l’impétuosité de son style. Peu après, il peint L’Annonciation, conservée à la Galerie des Offices. Vers 1474, il réalise le portrait de Ginevra de’ Benci, exposé à la National Gallery of Art de Washington, où l’on perçoit les jeux d’ombres et de lumières caractéristiques de Léonard. En 1476, il peint La Vierge à l’œillet, exposée à l’Alte Pinakothek de Munich, où l’on retrouve des éléments constants dans son œuvre : cheveux bouclés, vêtements, fleurs, couleurs, et cette main gauche typique de ses tableaux. Son chef-d’œuvre de cette période est La Vierge aux Rochers, peinte pour la Confrérie de l’Immaculée Conception et conservée à la National Gallery.
En 1482, Léonard part pour Milan, selon Anonimo Gaddiano. Son style naturaliste s’y affirme. Depuis l’abandon des portraits de profil, il accorde une importance particulière au dynamisme de ses représentations. Le naturalisme excessif dans la représentation des traits du visage de Cecilia Gallerani et de l’hermine témoigne de l’évolution de ses connaissances scientifiques. L’utilisation de la lumière concentrée pour faire ressortir la figure est un autre élément déterminant de cette période.
À Milan, Léonard commence à écrire ses carnets de notes, où il consigne ses découvertes artistiques et scientifiques. De cette époque datent également L’Annonciation du Louvre, Saint Jérôme à la Pinacothèque du Vatican, et l’Adoration des mages à la Galerie des Offices. Bien que ce dernier tableau soit inachevé, on y retrouve la complexité particulière de ses œuvres, où les gestes et les regards des personnages jouent un rôle fondamental. Dès 1485, il travaille pour Ludovic Sforza, qui devient son protecteur. Léonard dirige les bals costumés et les spectacles publics, et étudie les projets d’ingénierie et d’architecture.
En 1499, les Français capturent Ludovic Sforza. Léonard quitte Milan pour Mantoue, où il réalise l’esquisse du portrait d’Isabelle d’Este, conservée au Louvre. En 1500, il est de retour à Florence, et entre au service de César Borgia comme « architecte et ingénieur général ». Il peint La Vierge, l’Enfant Jésus et Sainte Anne, exposée au Louvre, et une esquisse sur le même thème, The Burlington House Cartoon, à la National Gallery. Son œuvre la plus célèbre de cette époque est la Mona Lisa, également connue sous le nom de La Joconde. La demande la plus importante de sa deuxième étape florentine est la Bataille d’Anghiari, dont plusieurs dessins préparatoires ont été conservés. Il a également peint Léda et le Cygne, qui a été livré en France et ensuite perdu de vue.
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En 1504, il est convoqué par le gouverneur de Milan, Charles d´Amboise. Des problèmes avec ses frères l’obligent à retourner à Florence en 1507, jusqu’à ce qu’il décide de revenir à Milan l’année suivante. Il y vit jusqu’en 1513, travaillant pour Charles d´Amboise, en essayant de reproduire le prestige artistique qu’il avait eu sous le mandat de Ludovic le More. Dans ce contexte, il réalise son dernier tableau, Saint Jean-Baptiste, conservé au Musée du Louvre.
La mort de Julien de Médicis lui permet d’accepter l’invitation du roi de France, François Ier, pour être nommé « premier peintre, premier ingénieur et premier architecte du roi ». À partir de là, il ne voyagera plus.
La Philosophie Artistique de Léonard de Vinci
Léonard considérait l’art comme une recherche scientifique de la nature, un instrument de connaissance. Pour lui, imiter la nature à travers la peinture représentait un processus cognitif qui s’achevait avec l’accomplissement de ses connaissances dans l’œuvre d’art. Ses cahiers de notes et ses œuvres constituent le meilleur moyen d’approfondir sa personnalité et son style artistique.
Léonard a été le premier à définir le concept de la perspective chromatique. Il utilisait les couleurs pour refléter la profondeur et les éléments qui composent une œuvre. Son génie réside dans l’utilisation de la couleur combinée à la perspective géométrique, linéaire et atmosphérique. Ceci permet de créer de la profondeur dans ses tableaux en utilisant des figures de différentes tailles qui vont changer de forme par l’effet de la distance. Léonard ne considérait pas l’art comme une imitation, mais cherchait toujours à découvrir des formes nouvelles afin de saisir la réalité.
Il avait une passion pour l’anatomie : «si l’homme était la mesure de toutes les choses, l’homme physiquement parfait devrait être logiquement la mesure de la beauté». Il était également obnubilé par l’expression dramatique des compositions, soucieux de la représentation des gestes corrects capables de refléter fidèlement la réalité. En ce qui concerne la couleur, il n’a jamais employé les couleurs du Quattrocento, mais a utilisé ses fameux clairs-obscurs, qui évolueront dans sa peinture. Les jeux d’ombres et de lumières élaborent ses compositions.
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Les Mystères Entourant Léonard de Vinci
La personnalité polyédrique de Léonard a suscité une grande curiosité :
- L’écriture cryptique.
- Croyance agnostique. On a spéculé sur son appartenance à certaines sociétés comme la franc-maçonnerie.
- Homosexualité. Cet aspect de sa vie privée se base sur une plainte anonyme pour sodomie en 1476, qui s’est soldée par une simple réprimande. On pense que cette plainte n’était qu’un moyen de nuire à l’artiste.
- Facette d’inventeur. C’est une preuve supplémentaire de son immense génie.
La Joconde : Description et Contexte Historique
La Joconde, de dimensions H. : 77 cm ; L., est le portrait le plus célèbre au monde. On admet généralement qu’il s’agit de Lisa, épouse de Francesco del Giocondo. Francesco del Giocondo commande le portrait de sa jeune épouse à Léonard, qui réside alors à Florence, probablement entre 1503 et 1506. Cependant, il ne l’a certainement jamais eu en sa possession. En effet, Léonard, invité à la cour de François Ier en 1517, l’emporte sans doute avec lui en France où il meurt deux ans plus tard au Clos Lucé, à Amboise. Le tableau est vraisemblablement acheté par François Ier lui-même, qui admire « le sourire quasi divin » de la dame.
Le tableau représente la jeune femme de trois quarts, assise dans une loggia ouverte sur un paysage. Elle regarde le spectateur et sourit. L’avant-bras gauche appuyé sur l’accoudoir d’un fauteuil, les mains posées l’une sur l’autre, elle domine l’ensemble de la composition. Sa silhouette s’inscrit dans une forme pyramidale qui affermit la stabilité de la figure. Avec son regard pénétrant et son léger sourire, Mona Lisa semble défier le spectateur et s’en amuser. Léonard a su capter une expression fugace passée sur le visage de la jeune femme. Il représente avec précision les muscles de son visage et tous leurs mouvements, notamment aux contours des yeux et aux commissures des lèvres. Il invente ainsi un nouvel effet, le sfumato, qui lui permet de mieux inscrire la figure dans l’espace. C’est principalement grâce à cet effet, caractéristique de la peinture de Léonard, que la Joconde apparaît si présente au spectateur. Elle est là toute proche et nous observe comme derrière une fenêtre.
Le vaste paysage montre de lointaines vallées et des pitons rocheux perdus dans la brume. Sa profondeur est obtenue grâce à une perspective atmosphérique qui consiste à créer différents plans en modulant progressivement les tonalités. On passe ainsi d’un brun verdâtre à un vert bleuté pour finalement rejoindre le ciel. Au plan le plus rapproché, des signes de civilisation apparaissent : sur la droite, un pont enjambe une rivière, sur la gauche, un sentier serpente.
L'Iconisation de la Joconde
Monna Lisa nous observe et nous sourit, mais son regard s’efface derrière l’icône qu’elle est devenue. Elle fascine. Chacun y projette ses propres fantasmes. Les artistes, de toutes les périodes, n’ont cessé de s’en inspirer, de Raphaël à Corot, de Marcel Duchamp à Jean-Michel Basquiat. La perspective atmosphérique consiste à créer l’illusion de la profondeur par l’utilisation de dégradés de tons ou de couleurs qui s’estompent avec la distance. Elle joue sur les effets de contraste entre les plans du tableau.
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Thierry Gallier propose une explication au secret du sourire de Mona Lisa en coupant verticalement en deux le tableau et en disséquant les dissymétries. Il établit un parallèle entre le mythe d’Isis et Osiris et des détails quasi microscopiques du tableau. Le tableau contiendrait l’iconographie du récit mythique : assassinat d’Osiris, quête de ce dernier par Isis, deuil de la veuve, qui fait ensuite renaître à la vie son époux, fécondation d’Isis et naissance d’Horus.
La Mona Lisa de Léonard de Vinci est un des tableaux les plus célèbres du monde. Ce portrait représenterait Lisa del Giocondo (née Gherardini), épouse du marchand florentin Francesco di Bartolomeo del Giocondo.
Les Enquêtes et Analyses Scientifiques
La rétrospective qu’a consacrée le musée du Louvre à Léonard de Vinci (24 octobre 2019 - 24 février 2020) ne pouvait être qu’exceptionnelle. Léonard de Vinci inaugure un nouveau type d’enquête, une analyse déjà scientifique de la morphologie humaine.
La Cène de Léonard de Vinci est l’une des œuvres les plus reproduites au monde, mais ce que nous regardons aujourd’hui n’est que le fantôme de l’original. Peinte entre 1495 et 1498 sur le mur du réfectoire de Santa Maria delle Grazie à Milan, l’œuvre a commencé à se détériorer du vivant même de Léonard. La cause ? Une erreur technique fondamentale. Au lieu d’utiliser la technique traditionnelle de la fresque (peinture sur enduit frais), qui aurait exigé une exécution rapide, Léonard a opté pour une technique expérimentale de tempera sur un enduit sec pour pouvoir prendre son temps. Comment savoir alors à quoi ressemblait vraiment l’œuvre ? C’est ici que l’enquête scientifique et historique entre en jeu, se transformant en une véritable archéologie visuelle. Comme le montre l’analyse scientifique des œuvres d’art, les technologies modernes permettent de « voir » sous les couches de peinture. La copie de La Cène réalisée par Marco d’Oggiono en 1506, aujourd’hui conservée au château d’Écouen en France, est devenue une pièce maîtresse pour les restaurateurs. Parce qu’elle a été peinte sur toile et non sur un mur, elle a bien mieux conservé les couleurs et les détails originaux que la fresque de Milan. Ainsi, admirer La Cène aujourd’hui, c’est accepter de regarder une ruine magnifique, dont la compréhension ne peut se faire qu’en assemblant les pièces du puzzle : l’original dégradé, les copies d’époque et les analyses scientifiques modernes.
Le Sfumato et les Techniques de Léonard de Vinci
La douceur, la légèreté, le velouté de l’image sont issus d’une technique appelée sfumato, que Léonard de Vinci maîtrisait parfaitement. Cela signifie "enfumé", "vaporeux". Les lignes et les contours disparaissent et semblent se fondre les uns dans les autres grâce à la superposition raffinée de plusieurs couches de peinture. Glacis superposés. La radiographie elle aussi se révélait impuissante, tant elle était elle-même brouillée : les radios des Vinci sont fantomatiques.
Avec le concours du Synchrotron européen de Grenoble, et de Bruno Mottin, spécialiste du laboratoire au Louvre, Laurence de Viguerie et Philippe Walter ont mis au point une méthode de modélisation, fondée sur la «spectrométrie de fluorescence des rayons X», permettant de calculer l’épaisseur de couches infimes de peinture et la composition des pigments. La demi-douzaine de Léonard au musée du Louvre a été analysée, les jours de fermeture, directement dans les salles. Les chercheurs se sont attachés aux visages, dont le réalisme, la finesse de traits et le dégradé des couleurs témoignent d’une exceptionnelle maîtrise technique. Qui n’avaient jamais pu faire l’objet de prélèvements.
L’analyse a révélé que Vinci avait déposé à la surface de sa peinture une superposition de glacis lui permettant d’ombrer subtilement sa composition. Pour Philippe Walter, c’est par ce moyen que Léonard pouvait obtenir à la fois une représentation hyperréaliste de la nature et ses fameux effets vaporeux. Il faudrait plutôt parler de films, dont chacun fait 1, 2 ou 3 microns. Léonard pouvait ainsi déposer sur sa peinture jusqu’à trente microcouches, le tout inférieur à une quarantaine de microns, l’épaisseur d’un demi-cheveu. Résine et huile. Il n’aurait pas été le seul, ni même le premier, à user de cette superposition de glacis, inventée par les peintres flamands avant d’être introduite en Italie. Il avait cependant su jouer de pigments noirs comme l’oxyde de manganèse pour obtenir son effet «fumé». Auquel il a ajouté, pour certains visages, un soupçon de cuivre pouvant donner un reflet bleuté. Il a aussi retranscrit cette méthode avec la nouvelle technique de l’huile, en utilisant un liant probablement composé d’un mélange de résine et d’huile. L’addition des glacis, et la forte présence de manganèse ou de cuivre, apparaît clairement dans les trois chefs-d’œuvre du Louvre, Monna Lisa, Saint Jean Baptiste, et la Vierge à l’enfant avec sainte Anne.
L'Interprétation du Sourire de la Joconde
D'après Daniel Arasse, "c'est Léonard qui a inventé l'idée de faire un portait avec un sourire. Il n'y a pas de portrait souriant avant La Joconde (…)". Il l'explique simplement par l'anecdote historique d'un mari comblé par son épouse qui a lui a donné deux enfants mâles : "tout ce qu'on a élaboré autour du sourire de la Joconde s'effondre devant l'analyse historique" (p. "Mais ce n'est pas ce qui fait que ce sourire est fascinant. Je crois que la raison est plus profonde, et il m'a fallu du temps pour percevoir ce que j'en percevais. En fait, ce qui me fascine, c'est ce qui lie profondément la figure au paysage de l'arrière-plan. Si vous regardez bien ce dernier, vous vous rendrez compte qu'il est incohérent, c'est-à-dire que dans la partie droite, du point de vue du spectateur, vous avez des montagnes très hautes, et tout en haut un lac, plat comme un miroir, qui donne une ligne d'horizon très élevée. Dans la partie gauche, au contraire, le paysage est beaucoup plus bas, et il n'y a pas de moyen de concevoir le passage entre les deux parties. En réalité, il y a un hiatus, caché, transformé par la figure elle-même et par le sourire de La Joconde. C'est du côté du paysage le plus haut que sourit la Joconde. La bouche se relève très légèrement de ce côté-là, et la transition impossible entre les deux parties du paysage se fait dans la figure, par le sourire de la figure." (Daniel Arasse, p.
"Vous me direz, et alors ? Eh bien, je crois qu'à ce moment-là il faut avoir lu les textes de Léonard, se rappeler qu'il était un grand admirateur d'Ovide et de ses Métamorphoses, et que pour Léonard comme pour Ovide - c'est un thème classique et courant -, la beauté est éphémère. Il y a de fameuses phrases d'Hélène chez Ovide à ce sujet : «Aujourd'hui, je suis belle mais que serai-je dans quelque temps ?». C'est ce thème-là que traite Léonard avec une densité cosmologique assez extraordinaire, car La Joconde c'est la grâce, la grâce d'un sourire. Or, le sourire est éphémère, ça ne dure qu'un instant. Et c'est ce sourire de la grâce qui fait l'union du chaos du paysage qui est derrière, c'est-à-dire que du chaos on passe à la grâce, et de la grâce on repassera au chaos. Il s'agit donc d'une méditation sur une double temporalité, et nous sommes là au coeur du problème du portrait, puisque le portrait est inévitablement une méditation sur le temps qui passe. […] On passe donc, avec ce sourire éphémère de La Joconde, du temps immémorial du chaos au temps fugitif et présent de la grâce, mais on reviendra à ce temps sans fin du chaos et de l'absence de forme." (Daniel Arasse, p.
"Restait ce pont dont je ne comprenais pas la présence jusqu'au moment où j'ai lu Carlo Pedretti, le grand spécialiste de Léonard de Vinci, capable d'écrire comme lui de la main gauche et à l'envers. C'est un homme admirable qui a passé toute sa vie avec Léonard de Vinci. À propos de cette interrogation sur la présence du pont, il dit une chose très simple à laquelle je n'avais pas pensé, à savoir que c'est le symbole du temps qui passe ; s'il y a pont, il y a une rivière, qui est le symbole banal par excellence du temps qui passe. C'est un indice donné au spectateur que l'étrangeté du rapport entre ce paysage chaotique et cette grâce souriante est le temps qui passe. Le thème du tableau c'est le temps. C'est aussi pour cette raison que la figure tourne sur elle-même, car un mouvement se fait dans le temps… Et l'analyse peut repartir à ce moment-là. Le tableau est fascinant parce que sa densité et sa sobriété font qu'il n'arrête pas de renvoyer la réflexion et le regard au regard…" (Daniel Arasse, p.
La Joconde et l'Idéal de la Renaissance et de l'Humanisme
Silvano Vincenti, président du Comité national pour la valorisation des biens historiques, a assuré que Salai, un jeune assistant de Léonard de Vinci, fut le modèle du célèbre portrait de Mona Lisa. Salai, de son vrai nom Gian Giacomo Caprotti, entré au service de l’artiste à 16 ans et resté 25 ans à ses côtés, aurait été sa muse et son modèle pour plusieurs tableaux. Selon M. Vincenti, il y a de fortes similitudes entre les traits des visages des protagonistes du Saint Jean Baptiste et L’Ange incarné avec le nez et la bouche de Mona Lisa. Le chercheur a dit que son équipe s’était fondée sur l’analyse de reproductions numériques de haute qualité.
Mais les affirmations de M. Vincenti sont contestées par le Louvre, propriétaire de la Joconde. Le musée rappelle que "le tableau a été soumis à toutes les analyses de laboratoire possibles en 2004 et en 2009. Aucune inscription (lettre ou chiffre) n'a été décelée lors de ces examens". Le musée a en outre indiqué "ne pas avoir eu communication de pièces démontrant ces nouvelles hypothèses".
Vincenti prétend avoir enfin percé le mystère de l’identité de la femme au sourire énigmatique. Et si deux visages se cachaient derrière l’ovale gracieux au mystérieux sourire ? Et si La Joconde était aussi un homme ? La défense de ces deux thèses audacieuses est le combat de l’historien de l’art Silvano Vincenti depuis 2011: «Nous sommes en présence de deux modèles. Le premier modèle était Lisa Gherardini, dite Mona Lisa ou la Joconde. Le second modèle était… Salaï, c’est ce petit garçon loqueteux d’une dizaine d’années que Léonard de Vinci rencontre par hasard dans les rues de Milan. Léonard de Vinci s’attache vite à celui qu’il surnomme affectueusement «petit diable». Il le forme et en fait un de ses disciples. En grandissant, son protégé affiche une troublante beauté androgyne, qui va inspirer le peintre. Très proche de son maître, l’assistant va rester vingt-cinq ans à ses côtés. En 2011, un premier constat conduit Vincenti et son équipe à penser que Salai a servi de modèle à La Joconde. Si cette thèse laisse sceptique le conservateur du musée parisien, elle séduit divers chercheurs. Non visibles à l’œil nu, deux minuscules lettres seraient inscrites dans les yeux de la Joconde: un L pour Léonard et un S pour Salaï…
De nouvelles «preuves» s’ajoutent donc maintenant selon Vincenti. «Nous avons percé le mystère de l’identité de La Joconde grâce au passage à l’infrarouge de sa première couche, détaille-t-il. Sur cette première couche, elle ne sourit pas et n’est pas joyeuse. Nous avons superposé tous les détails des peintures de Léonard de Vinci dans lesquels il a pris pour modèle Salai. Peinte à partir des années 1500 et peaufinée jusqu’à la fin de la vie de son auteur, La Joconde est une œuvre de maturité. Léonard a une cinquantaine d’années et y met tout son génie et sa conviction. Pour Vincenti, elle est l’expression de la perfection humaine, d’un idéal de beauté néoplatonicien. Soit une Joconde «homme et femme dans un même corps.
Description et Analyse de l'Œuvre
La Joconde est le portrait d’une jeune femme, sur fond d’un paysage montagneux aux horizons lointains et brumeux. La femme porte une robe et, sur la tête un voile noir transparent. On remarque que totalement épilée, conformément à la mode de l’époque, elle ne présente ni cils, ni sourcils. Elle est assise sur un fauteuil dont on aperçoit le dossier à droite du tableau. Ses mains sont croisées, posées sur un bras du fauteuil. Elle se trouve probablement dans une loggia : un balcon. À l’arrière plan se trouve un paysage montagneux dans lequel se détachent un chemin sinueux et une rivière qu’enjambe un pont de pierre. La source de lumière provient essentiellement de la gauche du tableau.
Léonard de Vinci réalise ce chef d’œuvre entre 1503 et 1506. Il s’agit d’un portrait en buste d’une jeune femme qui s’appelait Mona Lisa Del Giocondo (jeune épouse d’un riche marchand de la ville de Florence en Italie). Lisa aura trois enfants et il semble que le portrait de Léonard De Vinci ait été entamé après la naissance du dernier. Le sourire et la position des mains de Lisa obéissent aux règles de bienséance recommandées aux femmes lorsqu’elle se trouve en société. Il semble que le voile noir qui recouvre ses cheveux évoque son statut d’épouse bien que d’autres hypothèses aient laissé penser qu’il s’agissait soit d’un voile de deuil, soit celui d’une naissance.
Cette peinture à l’huile sur panneau de bois de peuplier de 77 x 53 cm est exposée au musée du Louvre à Paris. Le 21 aout 1911, déjà installé au Louvre, la toile fut kidnappée !!! Un certain Vincenzo Peruggia avait pris le tableau sous le bras de bon matin et était sorti du musée. La nouvelle du vol prit de court le monde entier ! Dès lors, il fut reproduit inlassablement dans la presse, et fut l’objet de toutes les manipulations : caricatures, détournements et citations par les artistes, les photographes, les publicitaires, etc.
Elle constitue en effet l’aboutissement des recherches du XVe siècle sur la représentation du portrait. À l’époque romantique, les artistes ont été fascinés par l’énigme de la Joconde.
Légende, Mythe et Énigme de Mona Lisa
Les yeux, le sourire sont souvent le sujet d’un nombre incalculable d’interprétations : on dit que les yeux suivraient le spectateur. Peu importe l’endroit où vous vous trouvez dans la pièce, on a l’impression qu’elle nous regarde, qu’elle nous suit des yeux.
Le doux visage de Mona Lisa est énigmatique et calme. Son célèbre sourire est étrange, mélancolique, et indéchiffrable, préservant jusqu’au bout le mystère du personnage. Ce sourire est remarquable puisque il est l’un des premiers dans l’histoire de la peinture. Mais est-ce vraiment un sourire?
L’énigme du personnage est accentuée par l’atmosphère brumeuse du paysage. L’illusion pourrait être le maître mot de ce tableau. Le paysage est une magnifique perspective atmosphérique (sfumato): c’est-à-dire qu’au fur et à mesure que le paysage semble s’éloigner, il s’évapore dans des nuances de bleu. Ce qui donne un effet de profondeur voire un aspect presque fantastique à ce tableau.
Le peintre de nous ne dévoile pas tout ; il fait appel à notre imagination. On dit de La Joconde qu’il ne lui manque que la parole !
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