La naissance d’un enfant est un événement d’une grande importance dans la tradition islamique, perçu comme un don précieux d’Allah. Dès les premiers instants de la vie de l’enfant, il est essentiel de marquer cet événement par des invocations et des pratiques religieuses, afin de le placer sous la protection et la bénédiction divines. Cet article explore les pratiques et les avis concernant l'utilisation du miel pour les nourrissons dans le contexte de l'Islam, en tenant compte des enseignements religieux, des pratiques culturelles et des considérations de santé.
Invocations et pratiques islamiques à la naissance
Plusieurs pratiques et invocations sont recommandées dans l'Islam pour accueillir un nouveau-né.
- L'Adhân et l'Iqâma : Il est recommandé de prononcer l’Adhân (appel à la prière) à l’oreille droite du nouveau-né et l’iqâma (second appel à la prière) à son oreille gauche. Le Prophète Mohammed (Que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) a recommandé cette pratique, cela permet à l’enfant d’entendre la grandeur d’Allah dès ses premiers instants de vie. Ainsi, le nom d’Allah est la première chose à pénétrer les oreilles de l’enfant.
- Les Invocations (Duʿā’) : L’invocation est une façon de demander à Allah Sa bénédiction et Sa protection pour l’enfant. Le Prophète Mohammed (Que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) a recommandé d’invoquer Allah pour la santé, la sécurité et la guidance de l’enfant tout au long de sa vie. Il est recommandé aux parents et à leurs proches de faire une invocation spécifique pour que le nouveau-né grandisse dans la foi, la santé et la sagesse. Il est également courant de réciter des invocations pour protéger l’enfant contre le mauvais œil et les influences néfastes.
- Le Tahnik : Le Tahnik est une pratique sunnah recommandée par le Prophète (Que la prière et le salut d’Allah soient sur lui). Elle consiste à frotter doucement un peu de datte ou de miel (les dattes sont plus conformes à la Sunnah) dans la bouche de l’enfant. Le Prophète Mohammed (Que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) le faisait pour les nouveau-nés, la science contemporaine a prouvé l’effet bénéfique de cette pratique. Cela signifie mâcher une datte, dans la bouche d’une personne en bonne santé, non malade, puis la placer dans la bouche du nouveau-né et frotter son palais avec. Cela se fait en mettant un morceau de datte mâchée sur un doigt propre, en introduisant le doigt dans la bouche du bébé, puis en le déplaçant doucement de droite à gauche afin que toute la bouche en bénéficie.
- L'Aqiqah : L'Aqiqah est le sacrifice d'un animal en signe de gratitude envers Allah pour la naissance d'un enfant. La viande est ensuite partagée entre la famille, les amis et les nécessiteux.
- Le Choix du prénom : Choisir un prénom avec une signification noble est un moment crucial. En Islam, il est recommandé de donner à l'enfant un prénom avec une noble signification.
- La Circoncision : Pour les garçons, la circoncision est une pratique sunnah fortement recommandée en Islam.
Le miel dans la médecine prophétique
Le miel est un aliment mentionné dans le Coran et les Hadiths, soulignant son importance et ses propriétés curatives dans les enseignements islamiques. Dans la Sourate An-Nahl (16:69), Allah décrit le miel comme un produit miraculeux des abeilles : « De leurs ventres sort une boisson aux couleurs variées, dans laquelle il y a une guérison pour les gens. » Ce verset met en avant le miel comme un remède naturel aux bienfaits médicinaux, servant de signe pour ceux qui méditent sur la création. Dans la Sourate Muhammad (47:15), le miel est également présenté comme l’une des rivières du Paradis, symbolisant la pureté et la douceur. Ce verset peint une image vivante du Paradis avec des rivières d’eau, de lait, de vin, et de miel, signifiant les bénédictions réservées aux justes. Dans les Hadiths, le miel est reconnu comme une source de guérison. Le Prophète Muhammad (que la paix soit sur lui) a dit : « La guérison est dans trois choses : une boisson de miel, la saignée par ventouses, et la cautérisation par le feu, mais j’interdis à mes fidèles d’utiliser la cautérisation.
Le miel, avec sa teinte dorée et sa douceur apaisante, est reconnu depuis des millénaires comme un superaliment et une source médicinale puissante. Le Prophète Muhammad (que la paix soit sur lui) a souvent vanté les vertus du miel. Un hadith bien connu déclare : « Faites usage de deux remèdes : le miel et le Coran. » [Tirmidhi].
Ibn Mâjah - 3450 a rapporté que le miel a de nombreux avantages, il évacue les débris des veines, des intestins et autres. Il dissipe les humidités par ingestion ou application (externe), il est aussi utile aux vieillards, aux personnes flegmatiques et à l’humeur froide et humide. Si on y met de la viande fraîche, il conserve sa fraîcheur durant trois mois, de même, les citrouilles, les concombres, les courges et les aubergines. Il conserve de nombreux fruits pendant six mois. Si on en barbouille le corps et les cheveux du pouilleux, les poux et les lentes seront tués. Le lécher à jeun, dissipe le flegme et nettoie les parois de l’estomac, en évacue les excédents, le réchauffe modérément et dissipe son occlusion. En plus de cela, il est sûr et peu nuisible. C’est un aliment, un remède, une boisson, un sucre, un baume, une réjouissance, et on ne nous a rien créé de meilleur, de semblable ou de proche. Les anciens n’avaient recours qu’à lui, et aucun des livres des anciens ne mentionne le sucre, et ils ne le connaissaient pas, car c’est une chose récente.
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Les Bienfaits du miel
Le miel est un booster d’énergie naturel, riche en glucides, principalement en fructose et en glucose, qui sont d’excellentes sources d’énergie. Il contient de nombreuses vitamines, minéraux et antioxydants qui contribuent à ses propriétés bénéfiques pour la santé, notamment la vitamine C, le calcium et le fer. Le miel foncé possède généralement une teneur en minéraux plus élevée que le miel clair.
- Supprime la toux chez les enfants : Pour les enfants de plus d’un an, le miel peut agir comme un antitussif naturel et sûr. Certaines études montrent qu’il est même plus efficace que certains médicaments contre la toux.
- Aide à la cicatrisation des plaies : Appliqué localement, le miel est efficace pour traiter les plaies, les brûlures et les ulcères cutanés.
- Propriétés antibactériennes : Le miel possède des propriétés antibactériennes et antifongiques. Ces propriétés sont plus efficaces lorsque le miel est dilué avec de l’eau. Les abeilles sont connues pour laver leurs jeunes avec du miel dilué lorsqu’elles tombent malades.
- Favorise la santé cardiaque : Les composés phénoliques du miel sont liés à une réduction du risque de maladies cardiaques.
- Apaise les irritations de la gorge : Le miel est un remède maison ancien pour la toux et le mal de gorge.
Miel et nourrissons : Précautions importantes
Bien que le miel soit valorisé pour ses bienfaits, il est impératif de noter qu'il ne doit pas être donné aux nourrissons de moins de 12 mois. Le miel peut contenir des spores de la bactérie Clostridium botulinum, qui peuvent provoquer le botulisme infantile, une maladie rare mais grave. Le système digestif des nourrissons n'est pas suffisamment développé pour neutraliser ces spores, contrairement à celui des enfants plus âgés et des adultes.
Le botulisme infantile : Un risque réel
Le botulisme infantile affecte les nourrissons de moins d'un an. Les symptômes incluent la constipation, la léthargie, la difficulté à s'alimenter et une faiblesse musculaire générale. Dans les cas graves, il peut entraîner une paralysie et des difficultés respiratoires nécessitant une hospitalisation.
Alternatives sûres pour le Tahnik
Étant donné le risque de botulisme infantile, l'utilisation de dattes pour le Tahnik est une alternative plus sûre et plus conforme à la Sunnah. Les dattes sont également riches en nutriments et faciles à mâcher pour une application douce sur le palais du nouveau-né.
Allaitement maternel en Islam
L'allaitement maternel occupe une place importante dans la tradition islamique. Le Coran mentionne l'allaitement comme un droit de l'enfant, et les mères musulmanes sont souvent encouragées à allaiter leurs bébés pendant deux ans, suivant les enseignements coraniques.
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Importance de l'allaitement
La plupart des musulmans considèrent l'allaitement comme un droit que Dieu (Allah) a octroyé à l'enfant, selon les lois de la Sharia (Loi Islamique). Suivant les enseignements du Coran, les mères musulmanes ont souvent pour mais d'allaiter leurs bébés jusqu'à l'âge de deux ans. Prenant en compte le fait qu'une année Islamique est composée de mois lunaires, cette période est équivalente à 22 jours avant le deuxième anniversaire de l'enfant. Lorsque les mères musulmanes rencontrent des difficultés pendant l'allaitement, elles peuvent se sentir déçues, effrayées et coupables de ne pouvoir atteindre leur but de deux ans d'allaitement. Rassurer les mères qu'elles ont fait de leur mieux est essentiel et peut aider à mettre les choses en perspective.
Diversité des pratiques culturelles
Il existe d'énormes variations quant à la limite d'âge supérieur, selon le courant islamique que la famille choisit de suivre. Les avis des exégètes musulmans fluctuent généralement entre deux et sept ans. Ceci signifie que toute mère qui préfère une approche du sevrage plutôt naturelle à la possibilité de le faire. Certaines cultures désapprouvent l'allaitement long. Les méthodes de sevrage sont largement influencées par les pratiques culturelles des familles musulmanes, car le Coran ne mentionne aucune façon de sevrer.
Les familles Bengales célèbrent l'introduction de solides à l'âge de six mois en offrant six grains de riz au bébé. Dans certaines tribus africaines musulmanes, telles les tribus haoussa, les bébés sont supposés boire de l'eau ainsi que du lait maternel dès la naissance. Les mères vont même jusqu'à tirer leur colostrum avant d'allaiter leur bébé. Certaines cultures en Inde et au Pakistan partageaient aussi cette croyance par le passé. Il existe un vaste éventail de pratiques au sein du même groupe tribal. De plus, l'allaitement pendant la grossesse peut sembler étrange, voire inacceptable dans certaines cultures.
Le rôle du père et de la famille
Dans l'Islam, le père joue un rôle important dans la relation d'allaitement. De nombreuses responsabilités du père sont mentionnées dans le Coran. Bien que le rôle du père soit clair, ce dernier ne semble pas aussi impliqué dans beaucoup de cultures. Au lieu de cela, des membres de la famille élargie fournissent la mère et l'enfant, recourant même parfois aux services d'une domestique pendant les premiers jours.
Le recours aux nourrices était pratique courante en Arabie pré-Islamique et du temps du Prophète Mohammed. Si la mère est incapable d'allaiter, elle peut se mettre d'accord avec le père pour laisser une nourrice allaiter l'enfant. Ceci démontre la préférence de l’Islam pour le lait humain plutôt que le lait animal. Cet aspect de la culture islamique n'existe plus dans la plupart des pays occidentaux. Ainsi, de nombreuses mères musulmanes dans le monde occidental, qui ont des difficultés avec l'allaitement, ont souvent recours au lait artificiel sans considérer l'option de la nourrice.
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Les enfants qui ont été régulièrement allaités par la même femme, trois à cinq fois ou plus, sont considérés comme « frères et/ou sœurs de lait », et ont donc l'interdiction de se marier. Des parents musulmans qui adoptent un enfant peuvent faire de leur mieux afin de pouvoir l'allaiter. Ceci est motivé par le fait que selon la charia islamique, allaiter un enfant âgé de moins de deux ans, entre trois et cinq fois ou plus, lui confère les mêmes droits que ceux d'un enfant biologique. Ceci est d'autant plus important pour une mère musulmane qui porte le hidjab (voile), car elle ne doit pas se couvrir devant son fils lorsque celui-ci atteint la puberté.
Allaitement et Ramadan
Le Ramadan est un mois dans le calendrier islamique où les musulmans jeûnent de l'aube jusqu'au coucher du soleil. Toutefois, les personnes ayant des raisons valables sont dispensées du jeûne jusqu'à la cessation de la raison en question. Lorsque le Ramadan est pendant l'été, les journées de jeûne sont très longues et de nombreuses mères s'inquiètent de ne pouvoir allier jeûne et allaitement. Certaines cultures qui interprètent le Hadith décident très généralement de ne point jeûner pendant l'allaitement. Dans d'autres cas, particulièrement dans les cultures arabes, les mères ont tendance à manquer le jeûne seulement dans des cas de souffrance réalisée. Elles continuent de jeûner pendant l'allaitement à moins qu'elles constatent un effet négatif sur elles-mêmes ou leurs bébés. Elles devront « rattraper » les jours manqués lorsqu'elles en seront capables. Certaines mères avec des grossesses rapprochées préfèrent attraper une fois que tous leurs enfants sont sevrés. Si une mère se sent capable de jeûner, il est important qu'elle s'hydrate adéquatement en buvant beaucoup d'eau entre l'Iftar (fin du jeûne au coucher du soleil) et le Sahour (début du jeûne à l'aube).
Pudeur et allaitement
Pour la mère allaitante, la question de la pudeur est un aspect important dans les cultures musulmanes. Les mères musulmanes peuvent se demander comment allaiter devant un tiers sans exposer leur peau ou leur sein. Des membres de leur famille ou de leurs époux peuvent les presser de se couvrir. Avoir une grande famille et des visites fréquentes les premiers jours peuvent perturber l'allaitement, car la mise au sein et le positionnement peuvent nécessiter beaucoup d'attention. Il est pratiquement impossible d'aller sans montrer un peu de peau. Une fois que l'allaitement se passe bien, il devient plus facile de se couvrir. Il peut être difficile d'allaiter « discrètement » lorsque le bébé refuse totalement d'être couvert. La présence d'hommes pose un autre problème. De nombreuses mères se sentent mal à l'aise à l'idée d'allaiter en présence d'hommes (et d'hommes mahram) dans la même pièce, même si l'on ne peut rien voir de l'extérieur.
Pratiques culturelles et alimentaires
Certaines cultures recommandent la consommation de nigelle, également appelée cumin noir (Nigella sativa) et communément connue sous le nom de la « graine bénie ». Cette plante revêt une très grande importance dans la communauté musulmane car elle est considérée comme possédant des vertus médicinales capables de guérir un grand nombre de maladies. De nombreux musulmans consomment cette graine dans le cadre d'une alimentation saine. Il est à noter que la nigelle est déconseillée pendant la grossesse.
Les dattes sont un autre aliment que les mères musulmanes peuvent être encouragées à consommer pendant l'accouchement et la période du post-partum. Les dattes ont une grande teneur en sucre pour donner cette impulsion d'énergie nécessaire après un accouchement épuisant. En outre, les données contiennent plusieurs vitamines et minéraux tels que le fer ainsi que les fibres.
Dans la culture égyptienne, pour augmenter leur production de lait les mères consomment du « moughat », un mélange spécial de graines de fenugrec moulues, de noix revenus dans du beurre et de sucre. Les mères sont également encouragées à consommer des bouillons et des soupes après la naissance. Dans quelques sociétés africaines, on frotte les seins avec certaines herbes pour augmenter le lait. Dans certaines régions, les mères ont un régime spécial pendant 40 jours. Bien que la nourriture pimentée soit restreinte, une tribu africaine encourage particulièrement sa consommation par la mère parturiente, croyant que le piment favorise la production du lait. Encore une fois, d'énormes différences existent entre ces multitudes de cultures. Les mères au Bangladesh voient leur consommation d'eau limitée car on croit que l'eau les fait ballonner, au contraire des cultures voisines où les mères sont encouragées à boire beaucoup d'eau. Il existe une très grande variété dans les pratiques culturelles et islamiques des mères musulmanes.
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