Cet article explore l'histoire fascinante des poupées Madeleine Bébé Limoges, en commençant par l'origine du nom "Jeanjean" et en retraçant les antécédents de la famille Jeanjean, intimement liés à la création de ces poupées emblématiques. Nous verrons comment les circonstances particulières de la naissance de Simon Jeanjean ont influencé son parcours et son attachement à ses racines lorraines. Enfin, nous aborderons l'iconographie des poupées Madeleine, notamment à travers les illustrations de Walt Disney et d'autres artistes.
L'étrange nom de Jeanjean : une histoire lorraine
Le nom Jeanjean, aussi drôle qu'il puisse paraître, est un patronyme lorrain dont l'origine remonte au début du XIXe siècle. D'après Albert Dauzat, auteur de Les noms de famille de France, Jeanjean est un dérivé du prénom Jean, redoublé, à l'instar de Jeannot ou Jeantou. Ce type de redoublement, sans déformation, témoigne d'une cristallisation récente du nom. Bien que l'Hérault soit le département où le nom Jeanjean est le plus répandu, la Moselle reste un berceau important de cette famille, y compris pendant la période où l'Alsace-Lorraine était allemande.
Simon Jeanjean, figure centrale de notre récit, a grandi en Lorraine allemande. Selon la légende familiale, il quitta sa région natale pour Paris afin d'échapper à la conscription allemande. Paradoxalement, les trois tantes de Simon, qui l'élevèrent comme les fées marraines de La Belle au Bois Dormant, préféraient se faire appeler simplement "Jean". Unies et inséparables, elles avaient même une carte de visite commune portant la mention "Mesdemoiselles Jean".
Bien que ses tantes aient eu du mal à assumer leur nom de famille, Simon Jeanjean resta fidèle à ses origines et perpétua le nom Jeanjean. On le voit d'ailleurs sur des documents officiels, où il est désigné comme "Simon Jeanjean". Ses filles, Monique et Geneviève, furent également connues sous le nom de "les Jeanjean", sans complexe. Pendant la Résistance, le père de Monique et Geneviève utilisa même le pseudonyme de "Jean-Jean", un nom glorieux qui fut reconnu par Georges Bidault, au nom du CNR.
Les Jeanjean : une famille messine aux racines profondes
L'ancêtre le plus lointain dont nous ayons trace est Simon-Pierre Jeanjean, le grand-père paternel de Simon. Né à Metz en 1821, il était menuisier (ou meunier, selon les sources) et avait épousé Marie Moujon, une fleuriste messine. Grâce à un récit familial rédigé par Simon Jeanjean lui-même, nous pouvons remonter encore plus loin dans l'histoire des Moujon, jusqu'à la Révolution française et aux campagnes napoléoniennes.
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Ce récit, intitulé "Les quelques lignes ci-dessous", relate l'histoire de l'arrière-grand-père Moujon, économe d'un couvent de femmes à Metz pendant la Révolution. Lorsque les couvents furent mis sous séquestre, l'abbesse demanda à Moujon de prendre en charge sa nièce, Lucie Salsbury, une jeune Anglaise qui ne pouvait pas retourner dans son pays. Moujon accepta et Lucie fut accueillie comme une fille au sein de la famille.
L'histoire prend une tournure romanesque lorsque Joseph, l'aîné des enfants Moujon, s'attache à Lucie. De cette union naît un enfant, peu de temps après leur mariage à l'église Sainte-Ségolène en 1796. Joseph est ensuite enrôlé dans l'armée de Napoléon, et Lucie le suit dans ses campagnes, déguisée en cantinière ou en ouvrière. Elle reste à Metz lors de la campagne de Russie, où Joseph disparaît. Après de longs mois d'attente, Lucie retrouve Joseph, revenu de la guerre dans un état de délabrement physique.
Cette histoire familiale, transmise de génération en génération, témoigne de l'attachement des Jeanjean à leurs racines lorraines et à leur passé. Elle révèle également un esprit d'ouverture et de solidarité, incarné par l'accueil de Lucie Salsbury au sein de la famille Moujon.
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