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Libido et capacité de fécondation : Comprendre les différences essentielles

L'andropause, souvent reléguée au second plan, est fréquemment comparée à la ménopause chez les femmes. Ce phénomène, qui affecte la qualité de vie et entraîne des troubles de l'érection et de la libido, suscite l'inquiétude des hommes qui en sont victimes. Cet article vise à clarifier les différences entre la libido et la capacité de fécondation, en tenant compte de l'andropause et des facteurs hormonaux qui les influencent.

Andropause : Un aperçu

Par « andropause », le langage courant désigne la période de la vie d’un homme pendant laquelle sa sécrétion d’hormones masculines diminue lentement. En termes médicaux, on parle de « déficit androgénique lié à l’âge ». Concrètement, il s’agit d’une baisse progressive du taux de testostérone. Selon l’Association française d’urologie (AFU), les hommes perdent chaque année 1 % de leur testostérone à partir de l’âge de 30 ans. Ce pourcentage croît avec l’âge, notamment après 60 ans. Or, lorsque le niveau de l’hormone est trop bas, divers symptômes apparaissent : problèmes d’érection, baisse de la libido et du désir sexuel, troubles de l’humeur, du sommeil ou de l’appétit, fatigue… Le patient peut également se plaindre d’une perte de muscles ou de poids, ainsi que de bouffées de chaleur. Physiologiquement, ces signes sont une conséquence directe de la baisse du taux de testostérone. Ces symptômes peuvent par ailleurs varier d’un individu à l’autre. Si l’andropause peut concerner des individus à des âges différents, les statistiques identifient un début de symptomatologie entre 50 et 65 ans, bien qu’elle puisse débuter à partir de 45 ans. À noter que ce phénomène ne concerne pas tous les hommes. Selon une étude réalisée par plusieurs chercheurs dans la région de Boston, aux États-Unis, la proportion d’hommes de plus de 70 ans touchés par le déficit androgénique lié à l’âge est de 10 à 20 %.

Andropause vs Ménopause : Comparaison

Certains symptômes et l’âge auquel ils débutent partagent en effet des similarités avec la ménopause. Cependant, l’andropause présente quelques différences avec l’arrêt du cycle ovarien chez les femmes. À ce titre, le Dr Userovici insiste sur son installation progressive : « Comparée à la ménopause, l’andropause est moins brutale. L’autre grande différence réside en la capacité à procréer pour les deux sexes. En effet, si la ménopause empêche la grossesse, compte tenu de la réduction de la production d’hormones sexuelles (œstrogènes), l’andropause n’entraîne pas d’arrêt complet de la fertilité : « Elle agit sur la fonction exocrine, et donc sur la testostérone. En outre, l’andropause ne touche qu’une minorité d’hommes, contrairement à la ménopause qui, elle, est inéluctable chez la femme. Partant de ces constats, on peut donc affirmer que c’est à tort que l’on surnomme l’andropause « ménopause masculine » !

Diagnostic et Traitement de l'Andropause

Le diagnostic de l’andropause est posé lorsque les symptômes évoqués et le bilan biologique - incluant un taux de testostérone abaissé - concordent. « Il est recommandé de confirmer la baisse de la testostérone par un second dosage, car l’hormone est sujette à des fluctuations naturelles », précise le Dr Userovici. À la différence de la ménopause, dont les solutions de traitement concernent avant tout les symptômes périménopausiques (pour s’arrêter ensuite), l’andropause bénéficie d’un traitement hormonal substitutif longue durée accessible à tous les hommes. Le praticien précise néanmoins que « ce traitement n’est pas anodin » et qu’il est « essentiel de faire un bilan complet afin d’écarter les possibles contre-indications. Avant de supplémenter en testostérone, on doit penser à procéder à un dépistage du cancer de la prostate, vérifier que le terrain cardiovasculaire n’est pas trop sévère ou non contrôlé et que le système hépatique se porte bien. » Le traitement nécessite également une surveillance stricte et régulière. Si un traitement existe, il demeure cependant possible de s’en passer et de s’accommoder des symptômes en adaptant son mode de vie. Le choix dépend de l’intensité de la gêne au quotidien. S’il n’est physiologiquement pas envisageable d’empêcher une baisse d’hormones, une bonne hygiène de vie permet de limiter le retentissement des symptômes. « Il est recommandé de diminuer, voire d’arrêter le tabac, de pratiquer une activité physique importante, d’avoir une alimentation équilibrée et de faire contrôler son diabète et son hypertension », explique le Dr Userovici. Les hommes âgés, avec une obésité ou des comorbidités chroniques (diabète, hypertension artérielle), demeurent des populations plus à risque.

Troubles Érectiles et Andropause

Les troubles érectiles sont généralement source d’inquiétude pour les hommes. Identifiés comme un symptôme récurrent de l’andropause, ils demeurent l’une des premières causes de consultation des urologues. Contrairement à la ménopause, qui bénéficie depuis quelques années d’une meilleure couverture médiatique, en lien notamment avec la rudesse potentielle de ses symptômes, l’andropause est souvent passée sous silence. Mickaël Userovici le confirme : « Beaucoup de patients ignorent encore ce qu’est l’andropause. C’est le cas d’une grande partie de la population. » Il identifie deux raisons à cela : « À une époque, c’était tabou de s’intéresser à la santé des hommes. Je pense qu’aujourd’hui, les choses sont en train de changer. L’urologue considère par ailleurs que les avancées médicales et les traitements efficaces existant pour contrer les symptômes permettent également de normaliser ce passage propre à la gent masculine. Une tendance propre à l’air du temps, bien en phase avec le mouvement de libération de la parole actuel, auquel les hommes, sur certains aspects, peuvent s’identifier tout autant que les femmes.

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Cycle Menstruel Féminin et Fertilité

Pour mieux comprendre les différences entre libido et capacité de fécondation, il est essentiel de comprendre le cycle menstruel féminin et son influence sur la fertilité.

Les Hormones du Cycle Menstruel

Les hormones du cycle menstruel se distinguent en 2 catégories : les hormones sexuelles et les hormones messagères.

Les hormones sexuelles :

  • Les œstrogènes : Elles jouent un rôle important dans le développement de la femme et dans sa capacité de reproduction. Elles sont connues pour booster le cerveau et la mémoire, prévenir des maladies cardio-vasculaires, agir comme antidépresseur.
  • La progestérone : Sa mission est simple : protéger une éventuelle grossesse. Elle s’assure que rien ne viendra perturber la nidation, si fécondation il y a.
  • La testostérone : Eh oui, les femmes aussi produisent de la testostérone - l’hormone dite masculine. Elle est d’ailleurs indispensable à la création des œstrogènes. Elle booste aussi l’énergie et la libido, améliore la mémoire, diminue la masse grasse et favorise le sommeil.

Les hormones messagères :

  • La FSH : Elle lance le signal du redémarrage du cycle. Elle stimule la croissance des follicules qui entrent dans la compétition pour savoir lequel aura le droit d’ovuler.
  • La LH : Le pic de LH (décharge soudaine et massive de LH) déclenche l’ovulation, qui a lieu entre 36 et 48 heures après le pic.

Comment Agissent les Hormones du Cycle Menstruel ?

  • La phase folliculaire : L’hypothalamus envoie un message à l’hypophyse. Il lui donne le feu vert pour relancer le cycle menstruel. Ravie de sa nouvelle mission, l’hypophyse se met à fabriquer de la LH et de la FSH (les deux hormones messagères). Le signal est donné, la phase folliculaire peut démarrer. Une course effrénée débute alors parmi les follicules. Qui parviendra à maturer le plus vite ? Qui sera l’élu pour accéder à l’ovulation tant convoitée ? C’est l’agitation générale, chacun y met toute son énergie. Et pendant que les follicules grossissent, ils produisent des œstrogènes.
  • L’ovulation : Dans les 36 à 48 heures suivant le pic de LH, c’est l’ovulation. L’ovocyte est expulsé du follicule, libéré de l’ovaire, et entame sa descente dans la trompe ovarienne.
  • La phase lutéale : L’ovulation est terminée, la phase lutéale peut démarrer. La FSH et la LH ont fait leur travail, elles se retirent. Place au corps jaune (le follicule qui a libéré l’ovocyte) et à son super-pouvoir : la fabrication de la progestérone. C’est elle qui facilite l’éventuelle nidification de l’œuf (s’il y a eu fécondation), en faisant augmenter l’épaisseur et la vascularisation de l’endomètre, rien que ça. Elle empêche également toute nouvelle ovulation.
  • Les règles : Et là, c’est la chute ! Un effondrement hormonal bouleversant ! L’ovule n’a pas été fécondé, le corps jaune s’atrophie, les taux hormonaux déclinent. La production de testostérone augmente légèrement, redonnant le petit coup de pouce nécessaire à la fabrication des œstrogènes (tu te souviens ?), la FSH redémarre, une nouvelle cohorte de follicules est recrutée, et c’est reparti pour un tour.

Fertilité : Mythes et Réalités

Tomber enceinte pendant les jours considérés comme « fertiles » pour la femme n’est pas aussi évident qu’on pourrait le croire. Il est important de comprendre qu’il n’existe pas de méthodes contraceptives naturelles et que l’on ne peut pas se fier à la période fertile et non fertile. Ce dernier, en effet, n’est pas facilement prévisible, même chez ces femmes très chanceuses qui ont un cycle parfaitement régulier. Pour être plus précis, chaque femme vit chaque mois une période fertile qui dure de 5 à 6 jours et il est impossible de prévoir avec certitude à quel moment le pic ovulatoire se produira, correspondant au meilleur moment pour tomber enceinte. Ironiquement, même pendant ce pic ovulatoire, il n’est pas garanti d’obtenir le résultat espéré. À ce moment particulier, il y a une très grande capacité de survie du spermatozoïde à l’intérieur de l’utérus féminin. De nombreuses femmes, en particulier les plus jeunes avec moins d’expérience, ne savent pas qu’il est possible de tomber enceinte même pendant les jours non fertiles, voire pendant la période menstruelle. Cela les conduit à ne pas utiliser de contraceptifs et donc à risquer une grossesse non désirée.

Jours Fertiles et Ovulation

En moyenne, un cycle menstruel chez une femme en bonne santé et absolument régulier dure de 28 à 30 jours, même si, selon différents facteurs externes et internes à l’individu, on peut avoir des cycles plus longs allant jusqu’à 30 jours ou des cycles plus courts, de 20 ou 25 jours. Pendant cette phase délicate, le corps de la femme produit des hormones qui aident à la maturation rapide de l’un des ovules présents dans l’ovaire. Si la fécondation n’a pas lieu, le corps expulse le sang que nous appelons précisément « menstruation », marquant ainsi le début d’un nouveau cycle menstruel.

Les jours fertiles sont ceux où les hormones de la femme rendent la grossesse plus facile. La fertilité est une question de survie des spermatozoïdes qui, pendant les heures d’ovulation, peuvent survivre jusqu’à 72 heures à l’intérieur du corps de la femme. Pendant cette période où la fenêtre de fertilité est à son maximum, des symptômes précis apparaissent, appelés en termes médicaux « symptômes ovulatoires ». Des changements d’humeur et des variations des sécrétions vaginales peuvent survenir. À ce stade, la glaire cervicale devient blanche, abondante et visqueuse. Cela signifie que pendant les jours d’ovulation, la femme pourrait ressentir une légère augmentation de la température corporelle, qui diminue progressivement avec l’arrivée des règles.

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Enceinte Hors Ovulation : Possible ?

Même si la phase ovulatoire est effectivement la meilleure pour tenter de concevoir, il ne faut pas exclure la possibilité de tomber enceinte en dehors de cette étape du cycle. C’est ainsi que se succèdent ce que nous appelons communément les jours fertiles, et il arrive souvent que la femme ne s’en rende pas compte. Cela signifie que chez certains individus, le changement hormonal ne passe pas inaperçu et provoque des problèmes physiques et psychologiques qui affectent les activités quotidiennes. En bref, une femme n’est pas une horloge suisse, même si les menstruations arrivent ponctuellement chaque mois.

L’une des questions les plus fréquentes posées par les femmes à leur gynécologue est la possibilité de tomber enceinte en l’absence d’ovulation. La grossesse naturelle n’a lieu que lorsque l’ovule est fécondé par le spermatozoïde. Par conséquent, si l’ovulation ne se produit pas, le processus ne peut pas commencer, tout comme avec la pilule contraceptive. Dans le cas contraire, pour les femmes qui souhaitent avoir un enfant, il est recommandé, à la lumière de ce qui a été dit, de ne pas considérer l’ovulation comme le seul moment pour avoir des rapports sexuels. En plus de créer une grande pression sur les deux partenaires, mettant ainsi le couple dans un état de stress aigu, il n’y a pas de preuve scientifique confirmant qu’on ne peut pas tomber enceinte en dehors de l’ovulation. En fait, des études et des expériences de vie affirment le contraire.

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