Loading...

Les déformations crâniennes positionnelles du nourrisson : causes et traitements

La plagiocéphalie, plus connue sous l’appellation de syndrome de la tête plate du nouveau-né, fait partie des déformations du crâne chez les nourrissons. Face au phénomène croissant de plagiocéphalie, de nombreuses idées reçues circulent, notamment sur les forums et les réseaux sociaux. Cet article vise à fournir une information claire et structurée sur les déformations crâniennes positionnelles, leurs causes, leurs traitements et les moyens de prévention.

Introduction aux déformations crâniennes

Jusqu’à l’âge de 12 mois environ, les os du crâne du bébé demeurent minces et souples. Ils sont encore mal ossifiés et sont séparés les uns des autres par des sutures et des fontanelles (espaces membraneux entre les os du crâne des bébés). Si certaines pressions s’exercent de manière répétée ou prolongée sur la tête du nourrisson, celle-ci peut se déformer.

Depuis la généralisation du couchage sur le dos, instaurée pour limiter les morts subites du nourrisson, la fréquence de la plagiocéphalie est en augmentation. Pourtant, selon les spécialistes, ce mode de couchage n’expliquerait pas directement la déformation du crâne des bébés. Les autorités de santé insistent sur l’importance de coucher les nourrissons sur le dos et à plat, pour prévenir la mort subite du nourrisson. Le couchage sur le ventre ou sur le côté est totalement à proscrire, sauf avis médical contraire.

Types de déformations crâniennes positionnelles

Il existe 3 types principaux de déformations crâniennes positionnelles:

  • La plagiocéphalie : La plus fréquente des déformations crâniennes des nourrissons (85% des cas). La plagiocéphalie positionnelle se caractérise par un aplatissement unilatéral de l’arrière de la tête, le plus souvent sur le côté droit. En cas de plagiocéphalie sévère, on peut observer une avancée frontale, une asymétrie des oreilles, voire une asymétrie faciale. La sévérité de la déformation est mesurée en millimètres et/ou en pourcentage. La tête des bébés prend la forme d’un « parallélogramme ». A noter, que la présence d’un torticolis ou d’une rotation préférentielle de la tête du bébé d’un côté provoque très souvent une plagiocéphalie.

    Lire aussi: Pourquoi chanter des berceuses à votre bébé ?

    • Légère : Aplatissement d’un côté de l’arrière du crâne (région occipito-parietal) - Asymétrie de 0 à 6 mm
    • Modérée : Aplatissement majoré de l’arrière du crâne d’un côté (région occipito-pariétal) - Avancé de l’oreille du côté de l’aplatissement - Asymétrie de 6 à 12 mm
    • Sévère : Aplatissement important de l’arrière du crâne d’un côté (région occipito-pariétal) - Bosse frontal du côté de l’aplatissement - Avancé de l’oreille du côté de l’aplatissement - Asymétrie supérieur à 12 mm
  • La brachycéphalie : Cette déformation positionnelle est caractérisée par un plat arrière très prononcé qui cause un effacement de la nuque, le crâne est alors plus large que profond. La sévérité de la déformation est mesurée en pourcentage. La Brachycéphalie positionnelle se caractérise par un aplatissement de l’ensemble de l’arrière du crâne. Plus fréquente chez les bébés « costaux » ou moins tonique. On remarque, chez ces enfants, une perte de l’arrondi de la partie postérieur du crâne, un élargissement du haut de la tête et un front avancé. La tête des bébés est décrite en forme de « pain de sucre ».

    • Légère : Aplatissement de l’ensemble de l’arrière du crâne - Indice crânien : de 85 à 90%
    • Modérée : Aplatissement majoré de l’ensemble de l’arrière du crâne - Élargissement des bosses pariétales - Indice crânien : de 90 à 95%
    • Sévère : Aplatissement important de l’ensemble de l’arrière du crâne - Élargissement majoré des bosses pariétales - Élargissement et avancé du front - Indice crânien : supérieur à 95%
  • La dolichocéphalie : D’autres déformations crâniennes sont répertoriées, mais avec une fréquence plus faible. Par exemple, la dolichocéphalie se caractérise par un crâne plus long et plus étroit. La dolichocéphalie positionnelle est une déformation crânienne peu fréquente. Elle est principalement présente chez les bébés prématurés et ceux ayant été « en position de siège » au cours de la grossesse. Le crâne de l’enfant est allongé et plus étroit.

Certains enfants peuvent présenter des déformations plus complexes, qui correspond à la combinaison de 2 déformations crâniennes : Plagiocéphalie + Brachycéphalie / Plagiocéphalie + dolichocéphalie

Causes des déformations crâniennes

Les déformations crâniennes du bébé continuent de faire l’objet de nombreuses recherches médicales. Les causes qui ont été admises par la communauté scientifique peuvent apparaitre dans différentes circonstances : Avant, Pendant et Après l’accouchement. Il est primordial en premier lieu, de déterminer les causes. En en discutant avec votre médecin traitant, celui-ci pourrait vous conseiller de consulter un ostéopathe pour avoir des conseils. Il est de toute façon possible de consulter directement un ostéopathe car l’intervention précoce diminue la durée du traitement et prévient l’apparition des asymétries posturales et les conséquences sur le développement moteur du bébé.

  • Pendant la grossesse : Mauvaise position du bébé (siège, transverse, engagé trop tôt) - Manque de liquide amniotique - Manque place dans l’utérus - Grossesse multiple - Manque de vitamine D de la maman - Alitement de la maman - Engagement précoce du bébé Peuvent créer des pressions prolongées sur le crâne du bébé et provoquer des déformations.
  • L’accouchement : Travail trop long - Maman avec un bassin étroit - Mauvaise présentation du bébé - Passage difficile du bébé - Aide instrumental (forceps, ventouse, cuillère) - Prématurité - Péridurale ? - Déclenchement par ocytocine trop fortement dosée ? Ces contraintes de l’accouchement peuvent causer des asymétries du crâne du bébé.
  • Les premières semaines de la vie de bébé : Manque de mobilité globale du bébé - Torticolis - Existence d’une rotation préférentielle de la tête du bébé - Position prolongée sur le dos - Contact prolongé de la tête sur une surface dure (transat, siège bébé, cosy, siège-auto) - Trop peu de temps d’éveil sur le ventre - Manque de portage - Bébé nourri toujours du même côté Ces circonstances provoquent progressivement des déformations de la tête du bébé.

Selon le consensus actuel, ces déformations sont entraînées majoritairement par une position couchée sur le dos prolongée, ou par l’absence de changement de positionnement de l’enfant.

Lire aussi: Traitements de l'acné du nourrisson

Facteurs de risque

Certains facteurs de risques augmentent la probabilité de développer des déformations du crâne chez le Nourrisson, ils concernent en priorité :

  • les premiers-nés
  • les garçons (souvent moins actif avec une tête plus lourde)
  • les prématurés
  • le manque de mobilité globale du bébé
  • la présence d’un Torticolis
  • un enfant qui passe beaucoup de temps sur le dos
  • le manque de stimulation du bébé par les parents
  • une alimentation exclusive au biberon (la tête de l’enfant reposant toujours du même côté dans les bras de l’adulte)

En effet, un chiffre est à retenir : chaque heure par jour passée dans un dispositif d’installation contraignant multiplie par 2 le risque de développer une déformation du crâne. Or, on arrive rapidement à plus d’une heure : 20min en voiture, 15min de transat après chaque biberon… Impératif : ne laissez jamais dormir un nourrisson dans un transat, balancelle, doumou, ou même Cosy ! Transférez le dans un lit ou dans une poussette à plat !Bien entendu, l’utilisation de matériel de puériculture n’est pas interdit.

Diagnostic

L’examen clinique est habituellement suffisant pour poser le diagnostic de DCP. Un nourrisson, habituellement, tourne la tête des 2 cotés alternativement, un bras tendu et l’autre replié (position dite Posture Asymétrique du Cou ou PTAC). En cas de rotation majoritairement d’un coté (plus de 75% du temps), il n’y a plus d’alternance de croissance : le crâne ne grandit que d’un côté. La plagiocéphalie n’est donc pas un aplatissement d’un coté du crâne, mais une asymétrie de croissance : cette notion est essentielle à retenir, car cela signifie que si on amène le nourrisson à tourner la tête de l’autre coté, le coté “plat” de son crâne va pouvoir grandir à son tour !La plagiocéphalie est donc la conséquence de l’absence de mobilité. La principale cause (80% des cas) de rotation préférentielle est une asymétrie posturo-motrice, dont l’origine n’est pas toujours possible à déterminer. Il s’agit généralement d’une habitude liées aux contraintes pendant la grossesse : le foetus, dans le dernier trimestre, manque de place, ne peut pas tourner la tête, et garde donc toujours la même position. Il commence à faire des expériences (il tète sa main, entend davantage d’un coté, “voit” plus d’un coté…), il découvre donc bien un coté, mais pas l’autre. Après la naissance, la fatigue est telle (il doit soudainement respirer, digérer, s’alimenter, réguler sa chaleur, traiter énormément de stimulations, lutter contre la pesanteur) qu’il n’est pas en mesure de découvrir le 2e coté : il reste de son coté préférentiel.

La plagiocéphalie touche le plus souvent l’arrière de la tête ou le côté droit. Elle est plus fréquente chez les garçons. Cette déformation crânienne est généralement détectée à partir de 6 semaines de vie, avec un pic de fréquence vers 4 mois. La plagiocéphalie n’a aucun rapport avec le développement du cerveau de l’enfant. En revanche, elle affecte l’apparence du nourrisson et peut modifier le développement de sa tête et de son visage.

Il faut différencier les déformations positionnelles du crâne et la craniosténose. La craniosténose est rare (1/2500 enfants). Elle est dû à la fermeture prématurée d’une ou de plusieurs sutures crâniennes. En fonction de la ou des sutures affectées, la forme de la tête des bébés est très variable. Seuls les examens d’imageries complémentaires poseront le diagnostic. Si il s’agit d’un aplatissement de la partie arrière (droite ou gauche) de la boîte crânienne, il s’agit d’une plagiocéphalie.

Lire aussi: Tout savoir sur l'anémie du nourrisson

Traitements

Les nourrissons présentant une plagiocéphalie doivent être pris en charge dès que la déformation est détectée. La plagiocéphalie peut être traitée en même temps que le torticolis, lorsqu’il est présent.

Concernant la prise en charge des plagiocéphalies, le rapport affirme « en complément de ces conseils, il est préconisé de consulter un médecin qui pourra prescrire des soins de kinésithérapie au plus tôt dans le cas où l’enfant a des difficultés à bouger son cou (torticolis). En revanche, actuellement, les données scientifiques ne permettent pas de recommander l’ostéopathie. La prise en charge ostéopathique, souvent priseée en première intention par les parents, n’a pas montré son efficacité. Elle peut être envisagée en complément de la prise en charge kinésithérapique, dans certains cas.

Kinésithérapie

Force est de constater que la Kinésithérapie est largement mentionnée, et que son rôle est primordial dans la Prise en charge de la Plagiocéphalie. La prise en charge kinésithérapique, qui doit être poursuive à domicile, s’effectue en 3 temps :

  • S’assurer que l’enfant peut effectuer des rotations de tête complète
  • Libérer la motricité de l’enfant
  • Stimuler la motricité de l’enfant pour en rétablir la symétrie

L’objectif de cette rééducation est d’amener l’enfant à tourner par lui même la tête du coté non exploré, à automatiser ces rotations, de manière à les réaliser au début selon les stimulations qu’un tiers (parent, thérapeute, assistante maternelle) lui propose, puis en éveil spontanément. Lorsque ces rotations seront réalisés fréquemment et spontanément, sans stimulation spécifique, quand le bébé se sera suffisamment “entrainé”, il les réalisera également dans son sommeil : les appuis sur son crâne seront inversés, le coté qui n’a pas grandi sera alors libre de grandir à son tour. La temporalité est variable d’un bébé à l’autre, et selon la continuité à domicile.

  1. Il s’agit de vérifier les longueurs musculaires : le nourrisson parvient il à tourner la tête aussi loin d’un coté que de l’autre par lui même, lorsqu’il explore son environnement ?En l’aidant, en douceur, avec une main sous sa tête, son menton dépasse-t-elle son épaule de chaque coté ? Manifeste-t-il un inconfort d’un coté ?Cela va donner une indication sur les moyens à mettre en oeuvre : une asymétrie sans rétraction musculaire va se traiter uniquement avec des séances de stimulations sensorimotrices et une continuité à domicile.En cas de rétraction de longueur, une posture nocturne avec appareillage sur mesure (matelas cervico-céphalique) peut être envisagée.

  2. Pour que l’enfant bouge, il faut qu’il puisse bouger ! Demandez-vous toujours, en regardant votre nourrisson : “si il voulait bouger, le pourrait-il ?”. Souvent utilisé comme “anti-reflux” après un biberon, son efficacité n’a jamais été prouvé ! Vous pouvez tout à fait mettre votre nourrisson au sol juste après le biberon.Si il régurgite sans montrer de signe d’inconfort, c’est un reflux naturel du nourrisson, davantage pénible pour les parents, qui nettoient, que pour le nourrisson.Si il est inconfortable, ce n’est pas le transat qui va résoudre le problème du Reflux Gastro-Oesophagien ! Parlez en plutôt à votre médecin pour mettre en place un traitement adapté.Vous ne voulez pas le mettre immédiatement au sol ? C’est un siège auto, il doit rester DANS la voiture ! Inutile, à retirer d’urgence. Un nourrisson a besoin d’être installé au sol, sur un tapis ferme et confortable.Un tapis d’éveil (mou, type couette) peut-être utilisé, mais ne permet pas au nourrisson de prendre des appuis au sol pour bouger.

  3. Bébé est désormais bien installé au sol, libre de bouger. Mais il ne va pas soudainement tourner la tête du coté qu’il a négligé depuis plusieurs semaines, voire mois ; il va falloir l’aider !Il est important de se souvenir que le développement du nourrisson est sensorimoteur, c’est à dire que sa motricité se développe en réponse aux stimulations sensorielles de son environnement.Nous allons donc chercher à surprendre bébé, en lui proposant des expériences sensorielles du côté le moins utilisé :

    • visuelles : attention, la vision est le seul sens immature à la naissance, il se développe progressivement jusqu’à 12 mois. Plus le nourrisson est jeune, plus il voit flou, en noir et blanc, et proche.
    • auditives : les nourrissons sont passionnés par les bruits ; hochet, maracas, clochettes, tambourin, baton de pluie, livre sensoriel qui “crépite”…tactile : hochet en plastique bien sur, mais pas seulement ! Du bois, du métal (petite cuillère, clochettes), des tissus variés, des textures “gluantes“, du coton mouillé, un sachet de compresse…
    • odorat : une écharpe de maman, un t-shirt de papa… ou l’inverse !
    • goût : n’empêchez pas le nourrisson de porter les jouets à la bouche (en restant en toute sécurité bien sur : pas de petit morceau) ! Cela fait partie des explorations nécessaires.
    • vibrations : les enfants sont sensibles à cette sensation. Certains anneaux de dentition sont intéressants.

La seule stimulation que nous n’utiliserons pas : les écrans !Ils sont au contraire délétères : ils empêchent le bon développement du système visuel, favorisant l’apparition de troubles visuo-spatiaux. Il est indispensable que la tenue de bébé soit assez souple pour pouvoir bouger : pas de vêtement trop serrés ou trop petits : le confort passe avant la mode ! L’idéal est de le mettre en body, à condition que la pièce soit assez chauffée. Assis dans votre canapé, ou votre lit, les jambes repliées, installez votre bébé face à vous. Il sera probablement curieux de vous regarder, ce qui amènera déjà sa tête dans l’axe. Au sol, bébé allongé sur le dos, vous pouvez vous mettre face à lui. Prévoyez ici aussi des jouets à lui faire écouter, regarder, sentir, toucher doucement en lui frottant sur le bras, la main, la joue. Sur le ventre, bébé travaille son tonus, en se redressant, ce qui est essentiel pour son développement moteur, et lui permettra de bouger davantage de manière générale, ce qui nous intéresse dans le cadre de la plagiocéphalie.Mais cette position peut être fatigante à son âge ! Il faut donc faire diversion et l’encourager. Aidez bébé à se tourner du dos vers le ventre en repliant l’une de ses jambes (Voir Vidéo), puis gardez une main sous son thorax, ce qui réduira les contraintes sur ses épaules, qui sont fragiles (supportez vous longtemps de rester sur le ventre, à la plage par exemple ?) : c’est le redressement de sa tête et de son dos qui nous intéresse, et non le renforcement de ses épaules.Placez un miroir face à lui, cela l’intéressera s’il parvient à redresser suffisamment la tête, un livre sensoriel sous les mains et/ou un bâton de pluie peuvent également l’occuper. Et encouragez-le !S’il pleure, retournez sur le dos ; le ventre ne doit pas être une mauvaise expérience !Combien de temps jouer avec bébé ? Le temps qu’il veut bien ! 5min, 10, 20, 30… Il vous dira quand il en a assez !

Orthèse crânienne (casque)

Ses mérites sont vendues par certaines sociétés, et de nombreux parents le voit comme la solution miracle, pourtant l’orthèse crânienne n’est que le moyen de dernier recours. Elle ne doit jamais être envisagé en première intention, mais seulement comme un moyen de rééducation, en complément de la prise en charge sensorimotrice. Plusieurs conditions à remplir pour poser une indication de casque : le nourrisson doit être âgé de 6 à 6,5 mois au moment de la livraison de l’orthèse : ce qui signifie une consultation puis prise de mesure entre 5 et 6 mois. Au delà de 7,5 mois, une mise en place d’orthèse est inefficace.les mesures crâniennes doivent atteindre des scores précis : ODD > 16mm ; IC > 95-97% ; association des 2 critères atténués mais tout de même sévères.Le nourrisson ne doit pas présenter d’hypotonie ou de syndrome associé.Une exception est à noter : dans le cas où, pour différentes raison, la prise en charge rééducative débute tardivement (5 mois ou après), et si la déformation est sévère, il peut être nécessaire de décider dès le début de la rééducation de mettre en place une orthèse, afin de ne pas “dépasser” l’âge limite. Parlez en avec votre kinésithérapeute !Une orthèse crânienne correctement fabriquée est très efficace, et permet une nette amélioration orthopédique. En aucun cas elle n’agira sur le développement moteur : elle vient donc en complément de la prise en charge motrice.ATTENTION : certaines sociétés font un véritable commerce de ces orthèses, en promettant des résultats miraculeux aux parents, pour des sommes astronomiques !Une orthèse coûte environ 650€, le prix variant d’une région à l’autre.

Ostéopathie

Le traitement des plagiocéphalie se fait par la prise en charge chez l’ostéopathe. L’ostéopathe travaille par des techniques tissulaires pour diminuer les contraintes osseuses crâniennes et diminuer les tensions crâniennes. Les ostéopathes qui ont fait une formation post graduat de pédiatrie sont qualifiés pour traiter les déformations crâniennes du nourrisson.

Le CNOMK souhaite mettre en garde les parents contre l’ostéopathie crânienne qui, faute d’efficacité éprouvée, est susceptible d’induire un retard de soin et une perte de chance pour les nourrissons malgré les discours propagés par ses tenants et par nombre de médias. Or, comme le signale Mme Pascale Mathieu dans une interview donnée au Figaro Santé 1 : « Les discours en faveur de ces pratiques touchent des jeunes parents qui veulent le meilleur pour leur bébé. Or, les conclusions du rapport sur l’ostéopathie crânienne du CORTECS (Collectif de recherche transdisciplinaire esprit critique et sciences) remis au CNOMK en janvier 2016 sont claires et ne laissent place ni au doute, ni à la demie mesure : « les thérapies du champ de l’ostéopathie crânienne sont à ce jour dépourvues de fondement scientifique » et « rien n’encourage aujourd’hui à la mise en place de ces thérapies dans le cadre d’une prise en charge raisonnée de patients. En outre, comme le stipule l’avis du conseil national de l’Ordre du 24 mars 2016 relatif à l’ostéopathie crânienne : “Le kinésithérapeute qui pratique l’ostéopathie doit veiller en toutes circonstances à respecter ses obligations déontologiques, et ne peut proposer à ses patients un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. Dès lors il apparaît contraire aux règles déontologiques qui s’imposent à tous les kinésithérapeutes, de proposer des actes d’ostéopathie crânienne.

Traitement du torticolis associé

La plagiocéphalie peut être fréquemment associée à un torticolis congénital. Pour détecter un tel phénomène, il est capital de surveiller si l’enfant ne regarde que dans une seule direction. À savoir ! Chez tous les nourrissons, il est recommandé dès la naissance de les inciter à regarder dans les deux directions le plus souvent possible. Si ces simples gestes ne suffisent pas, il est conseillé de consulter un médecin pour dépister un éventuel torticolis congénital. Le torticolis congénital s’installe lorsque l’un des muscles du cou (le muscle sterno-cléido-mastoïdien) est plus petit d’un côté que de l’autre. La tête tourne alors uniquement du côté où le muscle est le plus court.

Prévention

Il est possible de prévenir la survenue des DCP en préservant la mobilité libre et spontanée du nourrisson, tout en respectant les recommandations de prévention de la MIN. De même, il faut favoriser les libres mouvements de l’enfant, par exemple en le plaçant sur un tapis d’éveil posé au sol (motricité libre). Il est conseillé par ailleurs de le mettre en position ventrale plusieurs fois par jour, et de le changer de position régulièrement au cours de la journée.

Recommandations importantes

  • Le couchage à plat sur le dos strict pour le sommeil est recommandé pour prévenir la mort inattendue du nourrisson (MIN).
  • Le principal facteur de risque de la MIN est le couchage en position ventrale.
  • Le principal facteur de risque des déformations crâniennes positionnelles (DCP) est la limitation de la motricité libre et spontanée du nourrisson par défaut de mobilité propre ou par contrainte environnementale externe.

Conseils pratiques

  • Lorsque votre bébé est éveillé, il faut le mettre sur le ventre et jouer avec lui.
  • Pour le sommeil, installer un sur matelas pour ramollir le contact avec le parc ou le berceau sans utiliser de matelas a mémoire de forme qui sont trop mous en général. Lorsque l’enfant se retourne seul, on peut ne plus utiliser le sur matelas car l’enfant peut dormir sur le ventre (société canadienne des pédiatres).
  • Pour les déplacements : il faudrait utiliser le moins possible le siège auto, ou en tous les cas en dehors des déplacements en voiture.
  • Il peut être conseillé de placer des coussins sous le matelas pour créer un certain devers et favoriser le mouvement de la tête du coté opposé à la déformation.

tags: #les #déformations #crâniennes #positionnelles #du #nourrisson

Articles populaires:

Share: