Introduction
Le Bono, charmante commune située au confluent des rivières d'Auray et du Bono, au nord-ouest du Golfe du Morbihan, possède une riche histoire intimement liée à la mer. Si son nom pourrait provenir du gallo "bon" (marécage) ou du breton "Er Benew" (la limite), son essor économique et démographique au XIXe siècle est indissociable de la pêche et, surtout, de l'ostréiculture. Cet article explore l'histoire de l'ostréiculture au Bono, son apogée, son déclin face aux épizooties, et sa transformation en un port de plaisance tout en conservant les vestiges de son passé ostréicole.
L'Essor de l'Ostréiculture au XIXe Siècle
Au XIXe siècle, Le Bono connaît un essor économique grâce à la pêche et l'ostréiculture. Inspirés par les travaux du naturaliste Victor Coste sur la reproduction et le captage des huîtres, des pionniers bonovistes se lancent, à partir de 1862, dans la collecte de naissain (larves d' huîtres) et leur élevage. C'est à partir de 1887 que les ostréiculteurs du Bono entreprennent des travaux considérables. Ils aménagent des terre-pleins qui sculptent les berges de la rivière, construisent des bassins de pierres à marée basse pour protéger les huîtres des intempéries, et édifient des cabanes de chantier pour abriter matériel et ouvriers.
Nombreuses sont les familles du Bono qui possèdent leur propre chantier ostréicole. Les femmes, les enfants en âge d'aider et les retraités y sont les plus actifs, les hommes étant souvent employés à la pêche ou dans la marine marchande.
L'Âge d'Or de l'Huître Plate (1930-1973)
L'activité ostréicole du Bono connaît son apogée entre 1930 et 1973. Le bras de mer du Sal devient l’un des berceaux de l’huitre plate en Bretagne. Les huîtres partent le jour même sur les forbans à destination des parcs d'élevages. L'ostréiculture supplante alors l'activité de la pêche, déjà en déclin.
Le Déclin et la Transition vers l'Huître Creuse
À partir de 1974, deux épizooties déciment les populations d'huîtres plates. Les ostréiculteurs du Bono se tournent alors vers l'élevage d'huîtres creuses d'origine japonaise, Crassostrea gigas.
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Le Patrimoine Ostréicole: Vestiges et Reconversions
Bien que l'élevage de l'huître plate ait considérablement diminué, les vestiges de cette époque glorieuse sont encore visibles au Bono. Les terre-pleins, les cabanes et les bassins témoignent de l'intense activité ostréicole d'antan. Aujourd'hui, ces témoins de cette activité marine, pilier de la Culture Morbihannaise, attendent qu’on leur donne une seconde vie.
Les Terre-Pleins
Les terre-pleins, construits sur l’estran, le long du trait de côte, offrent un espace de travail au plus près de la ressource et permettent de faciliter les échanges entre le domaine maritime et le domaine terrestre. Essentiels à l’ostréiculteur, les terre-pleins transforment et rythment le paysage littoral. La superficie du terre-plein est adaptée à son usage. Toujours utilisés aujourd’hui par les professionnels ostréicoles, les terre-pleins permettaient autrefois de préparer les collecteurs de naissains, d’entreposer les tuiles chaulées, de laver, de détroquer les huîtres (le détroquage consiste à décoller le naissain des collecteurs), d’entreposer du matériel, etc. Jusqu’à l’apparition de nouveaux matériaux, le béton notamment, le terre-plein est constitué d’un muret réalisé en pierre sèche qui permet de soutenir un remblai constitué de différents matériaux : terre, pierre, vase, bois, etc. Le muret est établi de manière à ne pas être submergé lors des grandes marées. Une cale, un escalier ou une rampe d’accès, à l’origine construits en pierre, peuvent être associés au terre-plein pour faciliter le lien terre-mer, l’accostage et le débarquement.
Les Cabanes Ostréicoles
Sur les terre-pleins ou, à proximité, sur le domaine terrestre ont été édifiés des bâtis qui permettent de travailler à l’abri des intempéries et de stocker du matériel mais aussi, parfois, de loger un gardien ou le concessionnaire du chantier ostréicole. Les cabanes, ateliers et lieux de stockage présentent une diversité de formes architecturales et de matériaux qui correspondent à des usages ainsi qu’à des époques de construction différents. Les bâtiments les plus anciens encore visibles aujourd'hui se trouvent essentiellement le long de la rivière du Bono. Les premières cabanes ostréicoles sont construites en bois avec un toit en tôle ondulée. Le nombre de tôle commandé indiquait la taille de la cabane. Ces cabanes en bois étaient enduites de coaltar, un sous-produit de la distillation de la houille, qui leur donnait une couleur noire. Cependant, sur le territoire d'étude, la plupart des ateliers ostréicoles inventoriés sont en parpaing enduit avec une toiture double pente et une couverture en tôle ondulée ou en fibro-ciment. La toiture présente généralement deux cheminées. Les bâtis sont de volume moyen. L’accès de service est généralement situé sur l’un des pignons. Les murs gouttereaux sont rythmés par une série d’ouvertures horizontales. Certains ateliers ostréicoles se distinguent par la singularité de leur architecture et/ou des matériaux employés. C’est notamment le cas des ateliers ostréicoles construits en pierre avec une couverture en ardoise.
Les Bassins
A proximité du terre-plein et des parcs, on observe très souvent un bassin ou réservoir sur l’estran, qui permet de protéger les collecteurs d’huîtres pendant l’hiver et de stocker les huîtres dans l’attente de leur expédition ou de leur détroquage. Ces bassins sont construits, à l’origine, en pierre sèche puis dans la seconde moitié du XXe siècle en béton. Ils sont de plan rectangulaire ou carré et présente un système de vannage. Les bassins insubmersibles, qui apparaissent dans la seconde moitié du XXe siècle, construits en béton sur le domaine terrestre, permettent notamment d’isoler les huîtres de pollutions potentielles dans le milieu marin.
Reconversion des Chantiers Ostréicoles
Certains chantiers ostréicoles ont été reconvertis en habitations, dépendances, commerces d'activités nautiques ou associations de restauration de bateaux traditionnels.
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Le Bono Aujourd'hui: Port de Plaisance et Tourisme
Aujourd'hui, Le Bono est devenu un port de plaisance. Du Vieux Pont suspendu, restauré à l'identique, le point de vue sur les bateaux de plaisance et les maisons de pêcheurs est remarquable. Celui offert par le pont Joseph-LeBrix l'est tout autant.
Le port du Bono s'est reconverti en port de plaisance contenant 49 places d'échouage et sur la rivière 360 mouillages dont 23 réservés aux bateaux de passage. Le port permet également par l'intermédiaire de la navette "l'Etoile du golfe" de relier Auray et Port Navalo.
Charmant et paisible, le port du Bono, situé sur Le Sal, attire touristes et personnalités. Sa construction est relativement récente. La jetée a été réalisée en 1882, le terre-plein près du lavoir en 1902 et les quais en 1916.
Le Marché du Bono
Tous les samedis sur le marché du Bono, les clients se pressent devant l'étal d'Anita Le Port, ostréicultrice à Baden. Sur l'étal d'Anita, ostréicultrice à Baden, les huîtres creuses se vendent comme des petits pains et les commandes s'accumulent. Les clients font la queue tranquillement. Pour les Bonovistes, c'est majoritairement les huîtres creuses qui partent. D'une belle couleur bleutée, ardoisée, l'huître plate est très prisée au moment des fêtes. « Comparée à l'huître creuse, elle est meilleure, plus goûtée », souligne un fidèle client. « Mais aussi plus chère », réplique un autre. Alain Le Port produit 15 tonnes d'huîtres creuses. La production d'huîtres plates est infime. « Les huîtres plates sont produites à l'ancienne, à plat sur le sable. Naturellement. Pas de tuiles comme autrefois. En juin et juillet, les naissains s'accrochent directement sur des coquilles d'huîtres », explique Anita Le Port. Mais son élevage est difficile, notamment sur l'estran. Il y a une forte mortalité à 18 mois. D'où la difficulté d'augmenter la production.
Autres Activités et Curiosités au Bono
- Le Forban: Le forban est l'appellation des bateaux utilisés par les marins du Bono au XIXè jusqu'au milieu du XXè. Le nom forban est aussi celui donné par les habitants des communes voisines aux marins du Bono, du fait de leur vie de pêcheur un peu originale.
- Le Moulin de Pont-Sal: Le moulin à marée de Pont- Sal, est un imposant bâtiment construit en 1853 qui ne contenait pas moins de 8 paires de meules en pierre. Aujourd’hui le site est privé et le moulin ne se visite pas.
- La Chapelle Notre Dame de Becquerel: La chapelle Notre Dame de Becquerel date du XVIè mais a été reconstruite au XVIè. Sa charpente est décorée de têtes de crocodiles et sur les sablières du XIIIè, XIVè vous pouvez observer différentes scènes ainsi que des animaux finement sculptés. Le bâtiment a été construit sur une source, probablement lieu de culte antique à qui on prêtait à cette eau une vertu curative contre les maux de bouche, une fontaine existe toujours située derrière la chapelle. La chapelle, l'enclos et le fontaine sont classés à l'inventaire des monuments historiques depuis 1925.
- Le Pont Suspendu et le Pont Joseph le Brix: Ce magnifique pont enjambe la rivière du Bono. En 1835, la construction d'un pont est décidée au cours du conseil municipal d'Auray. Celui-ci fut achevée en 1840. Il a failli disparaître au début du XXè mais les opposants à sa destruction ont eu gain de cause. Le pont Joseph le Brix fut érigée en 1969 pour remplacer le pont suspendu qui ne convenait plus au trafic routier devenu plus dense. Le pont porte le nom du célèbre aviateur originaire de la commune de Baden. Il mesure 320 mètres de long et s'élève à 26 mètres au-dessus de la rivière du Bono.
La Route de l'Huître dans le Morbihan: Un Itinéraire Gourmand
Le Bono est une étape possible sur la Route de l'Huître dans le Morbihan. Voici quelques autres suggestions d'étapes:
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- Arzon: Découvrez l’histoire de la Presqu’île de Rhuys à travers les différents styles architecturaux.
- Saint Gildas de Rhuys: Visitez le marché hebdomadaire et le Port Aux Moines.
- Sarzeau: Découvrez l'ostréiculture à Bréhuidic.
- Le Tour-du-Parc: Pencadénic, la capitale régionale de l’huître, offre des conditions idéales pour l’élevage d’une huître subtilement iodée.
- Pénerf: Les premiers parcs ostréicoles apparaissent en 1858. De nos jours la rivière de Pénerf est devenu un haut lieu de l'ostréiculture et une étape importante de la Route de l'Huître.
- Saint-Armel: Découvrez les champs maritimes entretenus avec soin par les ostréiculteurs.
- Séné: Promenade dans la réserve du Marais de Séné.
- La Belle d’Ilur: Visite exceptionnelle d'un parc ostréicole.
- Vannes: Visite guidée et dégustation avec Yvonnick Jégat.
- Arradon: Visite et dégustation possible sur réservation au chantier le Berrigaud.
- Larmor-Baden: Pause gustative Chez Lucien avec vue imprenable sur le Golfe du Morbihan.
- Baden: Accueil et visite du chantier ostréicole de Loïc Bouedo et Jérôme Ravet.
- Crach: Visite des Huîtres Henry produites en Baie de Quiberon.
- Saint-Philibert: Dégustation à la Perle de Quehan-Maison Quintin.
- Carnac (Anse du Pô): Visite des chantiers ostréicoles Tibidy et Les Huîtres Cochennec.
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