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Le Zoroastrisme : Au-delà du Berceau, une Religion Millénaire en Mutation

Grâce à Nietzsche, le nom de Zarathoustra résonne familièrement, mais qui était-il réellement ? Divinité, prophète ou personnage historique ? Et qu’en est-il de la religion qui porte son nom, une des plus anciennes au monde ? Cet article explore les origines, les pratiques et l’évolution du zoroastrisme, une foi spirituelle riche et complexe.

Un Héritage Ancien et Toujours Vivant

La religion à laquelle Zarathoustra a donné naissance est l’une des plus anciennes du monde. Elle est encore pratiquée de nos jours, surtout en Iran et en Inde. En perdurant dans les marges malgré l’essor des monothéismes abrahamiques, le zoroastrisme permet à certaines minorités de se singulariser spirituellement. Le message de Zarathoustra est souvent interprété comme encourageant la liberté de choix en opposition à un certain dogmatisme religieux. Cela explique la force de séduction du zoroastrisme et l’intérêt qu’il suscite chez les curieux et les chercheurs.

Longtemps considérée comme une religion païenne, le zoroastrisme s'est développé en Iran au cours du VIIe siècle avant J-C. Cette religion est l'un des premiers monothéismes et, pour la première fois dans l'Histoire humaine, promet à tous les hommes l'immortalité de l'âme sous réserve du jugement dernier. Les anciens Perses ont reçu leur religion d'un prophète du nom de Zoroastre ou Zarathoustra. Zarathoustra eut une révélation du dieu Ahura-Mazda, ou Ormuzd, d'où sortit le livre saint de l'Avesta. Dans ce livre, le prophète décrit la lutte entre le royaume de la Lumière et celui des Ténèbres (Ahriman). Ahura-Mazda engendre Mithra, dieu du soleil, de la lune et des étoiles. Le feu est le fils d'Ahura-Mazda. Le mazdéisme donne une place prépondérante aux mages, ou prêtres, chargés d'interpréter les révélations de Zarathoustra. Il introduit dans la société perse des prescriptions morales rigoureuses : vérité, honnêteté.

Yazd : Épicentre du Zoroastrisme

Si l'on parle du berceau du zoroastrisme, on pense de suite à Yazd. C'est aux portes du désert que l'oasis de Yazd, l'une des plus vieilles cités au monde, représente l'épicentre du zoroastrisme, cette religion païenne qui s'est développée en Iran au cours du 7e siècle avant J-C. Construite entre les déserts de Dasht-é Lut et Dasht-é Kevir, Yazd est une vaste oasis entourée de chaînes de montagnes. Elle est perchée à plus de 1 200 mètres d'altitude et dispose d'un climat particulier, tourné vers les extrêmes, avec des hivers très froids et des étés souvent torrides.

Les origines de la cité de Yazd et de sa région remontent à si loin que l'âge de la ville fait encore aujourd'hui débat. Nous retiendrons le fruit des recherches de l'UNESCO qui la considère comme l'une des plus anciennes cités au monde après Ur. Le Zoroastrisme succéda à l'adoration des déesses de l'Antiquité au 7e siècle avant J-C et ne cessa de se développer jusqu'à être adopté en tant que religion officielle au 3e siècle par les rois sassanides. Située Au cœur de l'Iran sur les anciennes routes caravanières, Yazd fut pendant de nombreux siècles l'un des plus importants carrefours commerciaux de tapis et de soie de la région. Sur les 30 000 Iraniens qui pratiquent encore aujourd'hui le zoroastrisme, 4000 vivent à Yazd. Cette religion est présente un peu partout dans la région, aussi bien à travers le Temple du Feu qui lui est consacré que dans les villages environnants.

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Découvrir Yazd et ses environs

Bon nombre de voyageurs qui viennent visiter Yazd lors de leur circuit en Iran ne se contentent pas d'arpenter les vieilles ruelles de la cité mais profitent de la situation géographique exceptionnelle de la ville pour découvrir la région. Yazd est entourée de désert où de superbes collines de sable vieilles de plus de 2000 ans viennent ponctuer les paysages. On y trouve une faune et une flore incroyablement variées dont le guépard iranien, la gazelle, l'outarde ou encore le zèbre iranien.

Durant votre découverte de la province de Yazd, ne manquez pas d'admirer les fameuses Tours du Silence, au sommet desquelles les corps des défunts étaient exposés par les prêtres avant d'être dévorés par les vautours. Le zoroastrisme est une religion monothéiste qui sacralise le feu et les autres éléments. Du livre sacré, l'Avesta, il ne subsiste aujourd'hui que quelques textes épars tirés des 21 livres qui le constituaient au départ. La langue, proche du sanscrit, n'est malheureusement plus parlée par les locaux.

L'Architecture Unique de Yazd

C'est une véritable architecture du désert que l'on découvre lors d'une visite de Yazd. Les maisons traditionnelles en pisé sont dominées par des tours en briques et des toits plats qui permettent de garder l'intérieur au frais. Elles ne montent pas très haut mais s'enfoncent souvent de 2 à 4 étages, toujours dans l'objectif de fuir les grosses chaleurs. N'oublions pas que Yazd est avant tout une ville du désert, et que l'eau y est une denrée précieuse. Les maisons sont alimentées par des qanâts, de vastes canaux souterrains entretenus par l'homme qui vont capter l'eau des montagnes et approvisionner les bâtiments de la ville.

Principaux sites à visiter à Yazd

  • La vieille ville : Un labyrinthe de maisons en pisé et de rues étroites, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
  • Le musée de l’eau : Pour comprendre le système ingénieux des qanats.
  • Les badgirs (tours du vent) : Éléments traditionnels de l’architecture persane, servant à créer une ventilation naturelle.
  • Le Temple du Feu (Ateshkadeh) : Un lieu sacré où un brasier ne doit jamais s’éteindre.
  • Les Tours du Silence (Dakhmeh) : Utilisées pour la pratique funéraire zoroastrienne.
  • Le Jardin de Dolat Abad : Un exemple classique des jardins persans traditionnels.
  • La Mosquée du Vendredi (Masjid-e Jomeh) : Une structure religieuse impressionnante avec un minbar en bois sculpté.
  • Le Désert de Lut : Un paysage désertique unique avec des dunes de sable et des formations rocheuses.
  • Le Village de Meybod : Avec un château millénaire en argile et des moulins à vent traditionnels.
  • Le Caravansérail Zein-o-Din : Un caravansérail bien préservé dans le désert.
  • Le Village de Chak Chak : Un lieu de pèlerinage important pour les zoroastriens.

Conseils pratiques pour visiter Yazd

  • Meilleure période : Printemps (mars à mai) et automne (septembre à novembre).
  • Durée : Une à deux journées suffisent pour profiter de l’ambiance.
  • Tenue vestimentaire : Les femmes doivent porter un voile qui couvre les cheveux et un manteau long.

Rites et Croyances Zoroastriennes

Le zoroastrisme repose sur quelques grands principes - le bien et le mal, la résurrection et l’au-delà. Il s’articule autour de trois piliers : Humata, Hukhta, Hvarshta -« bonnes pensées, bonnes paroles, bonnes actions ».

Le Monothéisme Zoroastrien : Ahura Mazda

Alors du coup pourquoi le Zoroastrisme et lui un hénothéisme? La raison, je pense, c'est qu'une multitude de dieux et divinités existent. Seulement selon Zarathoustra seul un devrait être vénéré, Ahura Mazda. Pourtant ces dieux restent proches des croyants vu qu'ils donnent leur nom aux mois du calendrier. D'ailleurs les souverains achéménides n'ont jamais cessé de vouer un culte à Mithra, ce qui ainsi rapproche même plus le Zoroastrisme du polythéisme! De même des divinités mauvaises existent, on y croit et elles ne doivent pas être vénérées. De mêmes des principes existent, comme la bonne parole, la gentillesse, l'intégrité. Ce sont des valeurs mais aussi des divinités.

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Pourquoi rapprocher le Zoroastrisme du monothéisme et le casant dans une case un peu bâtarde que l'on nomme hénothéisme? Et bien parce que là où le Zoroastrisme tranche avec les autres polythéistes c'est parce que c'est surtout une religion dogmatique et non pas ritualiste. Il faut y croire, avoir un bon comportement, des valeurs, une morale. En gros suivre un dogme! L'immense majorité des polythéismes à ma connaissance et dans les croyances occidentales nécessitent une bonne pratique du culte et des rituels. De même le Zoroastrisme se base sur un livre saint, l'Avesta. C'est une première parmi les Polythéismes.

Les Tours du Silence et les Rites Funéraires

Les Tours du Silence, connues sous le nom de « Dakhmeh » en persan, sont l’un des sites les plus énigmatiques et historiques de Yazd. Ces tours ont une histoire fascinante qui remonte à des siècles et sont étroitement associées à l’ancienne religion zoroastrienne.

Les Tours du Silence étaient traditionnellement utilisées pour la pratique funéraire des zoroastriens. Selon leurs croyances, les morts étaient considérés comme impurs, et l’enterrement de leurs corps dans la terre ou la crémation était interdit, de peur de polluer la nature. À la place, les corps étaient déposés au sommet des Tours du Silence pour être exposés aux éléments naturels, aux oiseaux charognards et au soleil. Au fil du temps, les ossements se desséchaient et étaient ensuite placés dans une fosse commune au pied des tours.

Ces structures sont généralement construites sur des collines, offrant ainsi une vue panoramique sur le paysage environnant. Leur architecture est simple, avec des murs en pisé et des dômes caractéristiques. Les Tours du Silence sont devenus des témoins silencieux de l’histoire de Yazd et du zoroastrisme. Elles témoignent d’une époque révolue et offrent un aperçu de l’ancienne pratique religieuse de cette communauté. Les visiteurs peuvent explorer ces tours, en apprendre davantage sur l’histoire zoroastrienne et profiter de la sérénité de l’endroit.

Le Feu Sacré

Avant la conquête arabe au VIIème siècle, le zoroastrisme était la religion officielle de l’Empire perse. 30 000 Iraniens pratiquent encore cette religion ; à Yazd, ils sont 4000. Le temple du Feu (Ateshkadeh) est un monument où, derrière une vitre, un brasier ne doit jamais s’éteindre.

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L'Avesta : Le Livre Sacré

Du livre sacré, l'Avesta, il ne subsiste aujourd'hui que quelques textes épars tirés des 21 livres qui le constituaient au départ. La langue, proche du sanscrit, n'est malheureusement plus parlée par les locaux. Principal texte sacré, l’Avesta contient cinq Gathas composés de dix-sept chapitres, des hymnes révélés par Ahura Mazda à Zarathoustra. Les plus anciens passages sont en vieil avestique, une langue qui aurait été parlée en Asie centrale à l’âge du bronze, il y a environ 3 500 ans. Il inclut aussi le Vendidad, qui est, pour l’essentiel, un précis de lois sociales et ecclésiastiques. Il serait l’un des vingt et un Livres du corpus zoroastrien d’origine. C’est le seul qui nous soit parvenu intact après les pillages de l’Empire perse orchestrés en 330 av. J.-C. par Alexandre le Grand - appelé « Alexandre le Maudit » dans ces régions.

Influence sur les Autres Religions

La croyance zoroastrienne en un être suprême, ainsi qu’en l’opposition du bien et du mal, a profondément influencé les religions abrahamiques -le judaïsme, le christianisme et l’islam. Cyrus le Grand, fondateur de l’Empire perse des Achéménides, a libéré les juifs en captivité à Babylone en 539 av. J.-C. et les a ramenés à Jérusalem, où ils ont reconstruit leur temple. Leur contact avec le zoroastrisme en Babylonie et en Perse a contribué, selon de nombreux universitaires, à consolider certains fondements de la foi juive, notamment l’existence d’un au-delà et du Jugement dernier. Les Grecs anciens, eux, ont remarqué la sagesse des mages zoroastriens, ce qui a inspiré l’épisode des Rois mages dans le Nouveau Testament. Et les chercheurs soulignent les similitudes, chez les zoroastriens et les musulmans, des cinq prières quotidiennes et des ablutions rituelles qui accompagnent chacune d’elles.

Les enseignements de Zarathoustra ont, en un sens, fourni un cadre aux religions abrahamiques, explique Jamsheed Choksy, professeur au département d’études sur l’Eurasie centrale à l’université d’Indiana, à Bloomington, aux États-Unis. « Cela commence par la discussion sur le bien et le mal, et sur le rôle des êtres humains, c’est-à-dire le fait qu’on ne se contente pas de traverser la vie. Puis, à l’autre bout, il y a la récompense, selon laquelle justice sera faite; le mal sera vaincu. »

Zoroastriens Aujourd'hui : Défis et Adaptations

Les derniers representants de cette religion sont les guèbres en Iran et les parsis en Inde.

La Diaspora Zoroastrienne

Depuis un siècle, le zoroastrisme a voyagé loin de son berceau, jusque dans des villes comme Los Angeles, Mexico et Stockholm: de nouvelles communautés progressistes s’y sont formées, pour qui toute personne suivant les préceptes de l’ancien prophète Zarathoustra peut être considérée comme zoroastrienne.

Les premières communautés zoroastriennes sont apparues en Amérique du Nord dans les années 1950 après l’indépendance de l’Inde et sa partition avec le Pakistan, mais elles ont connu une croissance exponentielle dans les années 1970 et 1980, quand des Iraniens ont fui la révolution islamique de 1979 et la guerre avec l’Irak, mais aussi en raison de la migration économique des zoroastriens d’Asie du Sud. Aujourd’hui, la communauté est stable et ne décline pas face au poids des restrictions ethno-religieuses, constate le professeur Jamsheed Choksy. Les familles sont plus jeunes et les mariages mixtes plus courants. « La dynamique est celle d’une jeune communauté qui entrevoit des perspectives d’avenir », ajoute-t-il.

La Fédération des associations zoroastriennes d’Amérique du Nord (Fezana) a été créée en 1987 et regroupe une vingtaine d’organisations zoroastriennes implantées au Canada et aux États-Unis. Celui-ci fait partie des nombreuses communautés zoroastriennes qui se développent en ligne, à l’image de la Bozorg Bazgasht Organization (« l’organisation du Grand Retour »), basée en Norvège, dont l’objectif est d’aider à la conversion de zoroastriens dans le monde entier.

Aujourd’hui, plus de 25 000 adeptes de cette religion vivent en Amérique du Nord. Il est difficile d’avoir une estimation plus précise ou de savoir à quel rythme se développe la communauté. » Quant aux zoroastriens récemment arrivés d’Inde, ainsi qu’aux descendants de deuxième et troisième générations, ils évitent parfois de se faire connaître de leurs communautés locales en raison du poids de l’orthodoxie parsie, poursuit Arzan Sam Wadia : « Ils nous disent : “J’ai épousé une hindoue ou un Américain, je ne serai pas admis.” Je leur réponds : “Tout le monde a sa place ici.” Même ceux qui ne pratiquent pas le zoroastrisme peuvent entrer dans notre temple du feu et prier. Nous n’appliquons Nous n’appliquons pas les mêmes normes et règles qu’en Inde. »

Défis Démographiques et Transmission de la Foi

En République islamique d’Iran, dont le territoire formait jadis le cœur de l’Empire perse, les tenants de ce culte ont été persécutés et contraints de pratiquer un grand nombre de leurs rites dans la clandestinité. À l’âge d’or du zoroastrisme, on comptait des millions de fidèles ; ils ne seraient plus aujourd’hui que 15 000 à 25 000 dans le pays. En Inde, les parsis s’élèvent à environ 50 000, rassemblés principalement autour de Mumbai (Bombay) et dans l’État du Gujarat ; le Pakistan voisin dénombre moins d’un millier d’entre eux.

Les pratiquants les plus orthodoxes considèrent que seuls les enfants de parents zoroastriens peuvent être d’authentiques parsis, et ils voient d’un mauvais oeil ceux qui dérogent à l’endogamie. Ces restrictions, associées à une natalité en baisse, ont abouti à un déclin rapide de la communauté parsie.

Ramiyar Karanjia dirige un séminaire parsi dans le quartier verdoyant de Dadar, au cœur de Mumbai, où les fils de mobeds reçoivent, outre des cours de mathématiques et de géographie, un enseignement rigoureux en littérature et rites religieux. Lui-même a été élève de ce pensionnat, il y a cinquante ans : c’est là qu’il a mémorisé les textes sacrés et suivi les strictes cérémonies de purification exigées des futurs mobeds, parmi lesquelles un isolement de vingt-cinq jours dans un temple du feu, où les garçons prépubères avaient interdiction de toucher qui ou quoi que ce soit, et de manger entre le lever et le coucher du soleil.

Lancée en 2013 avec le soutien de l’État indien, l’initiative Jiyo Parsi promeut la natalité au moyen d’incitations financières, d’un accompagnement, de traitements contre l’infertilité et de publicités. Certains voient avec un humour fataliste l’avenir de leur communauté. « Vous connaissez le film Quatre mariages et un enterrement ?, m’a ainsi demandé un journaliste parsi. Chez nous, c’est “Quatre enterrements et un mariage”. »

Rohinton Nariman, mobed et ancien juge à la Cour suprême de l’Inde, concède que le préjugé contre l’exogamie mènera les parsis à leur perte. « L’Amérique du Nord est le seul endroit aujourd’hui qui accepte les conjoints et les enfants, souligne-t-il. Et je suis certain que le zoroastrisme prospérera là-bas. »

Adaptations et Modernisation

Arman Ariane, dont les parents étaient musulmans non pratiquants, se qualifie de zoroastrien par choix. Il se retrouve dans l’importance qu’accorde le zoroastrisme au libre arbitre et à la responsabilité individuelle. Aux yeux des disciples progressistes comme lui, le zoroastrisme est ouvert à tous, et dépourvu des restrictions et rituels qui lui ont été imposés par une littérature plus tardive. La foi repose avant tout sur les Gathas, ces hymnes qui reflètent les entretiens entre le prophète Zarathoustra et l’Être suprême, Ahura Mazda, et qui ne sont assortis d’aucun commandement. La prière zoroastrienne consiste surtout en une série de méditations sur ce que chacun devrait faire.

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