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Le Berceau de l'Amérique Latine : Une Histoire Complexe et Fascinante

L'histoire de l'Amérique latine est riche et complexe, marquée par des civilisations anciennes, des migrations, des échanges culturels et des bouleversements historiques. Cet article explore les origines du peuplement de ce vaste continent, les civilisations précolombiennes qui y ont prospéré, et l'impact de la colonisation européenne.

Les Premiers Peuplements des Amériques

Le peuplement des Amériques est un sujet de débat scientifique de longue date. La discussion principale concerne la date, le chemin et les moyens empruntés par les premiers hommes pour conquérir les Amériques. La majorité des scientifiques penche pour une arrivée par voie terrestre, tandis qu'une minorité évoque une colonisation par voie maritime.

Jusqu’à la fin des années 90, la théorie dominante était que les hommes avaient commencé la colonisation des Amériques à la fin de la dernière période glaciaire, il y a 13 000 ans. Ces groupes humains (« Clovis culture »), qui étaient de bons chasseurs, avaient suivi des troupeaux de la Sibérie à l’Alaska sur une langue de terre gelée à travers le détroit de Béring, puis progressivement s’étaient propagés vers le Sud.

Une autre théorie émerge depuis les années 2000. Les premiers colonisateurs du continent américain seraient venus en bateau (ou en radeau) en suivant de près la côte du détroit de Béring. Ils auraient pu se nourrir le temps du voyage en pêchant et en capturant éventuellement des proies lors de brefs accostages quand la côte le permettait. Pour l’instant aucun vestige d’embarcation n’a été retrouvé qui permettrait d’étayer cette théorie.

Trouvant des ressemblances entre la culture Clovis (américaine) et le Solutréen (européen), des scientifiques ont émis l’hypothèse d’une traversée de l’Atlantique en bateau. La similitude de certains caractères sur des fossiles d’Amérique du Sud et les aborigènes australiens a permis d’imaginer qu’une traversée de l’océan Pacifique pouvait être à l’origine de la colonisation.

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Dans les 2 cas, pour préparer ce type de voyage, il faut estimer la quantité d’eau et de nourriture (non périssable) qui permette de tenir toute la traversée. Comment des hommes qui partaient dans l’inconnu ont-ils pu savoir ce qui les attendait ? Toutes ces théories ne sont pour l’instant pas suffisamment étayées pour que l’une d’elles puisse être acceptée par l’ensemble des chercheurs. Les deux premières qui utilisent le détroit de Béring sont toutefois les plus souvent reprises.Certains scientifiques penchent pour une colonisation du continent américain en plusieurs grandes vagues et à plusieurs époques.

En 1926, près de la ville de Folsom, un cow-boy découvre des ossements de bisons fossilisés depuis 10 000 ans. Au milieu des restes sont fichées des pointes de flèches en silex. Celles-ci attestent donc d’une présence humaine à cette époque. En 1932 toujours au Nouveau Mexique on découvre des ossements de mammouths accompagnés de pointes de silex sur le site dit de « Clovis« . Artefact Bluefish Cave - traces de décharnement sur os de mâchoire de cheval.

Une étude publiée en 2008 (dans la revue Plos genetics) par l’Université du Michigan s’est attachée à mesurer la diversité génétique du peuple américain actuel. Les chercheurs ont tout d’abord identifié 29 populations indigènes (ou natives) reparties au nord, au sud et au centre du continent américain. Sur les 422 individus testés ils ont identifié et comparé pas moins de 751 marqueurs génétiques. Cette base de données a été comparée à une étude génétique des populations de la Sibérie actuelle.

Premier constat : les Américains et les Sibériens partagent des caractères génétiques propres indiquant une origine commune. Deuxième constat : plus on s’éloigne du détroit de Béring plus la diversité génétique diminue. Les scientifiques concluent donc que la colonisation du continent américain a démarré au nord du continent, par le détroit de Béring. Ils confirment, par là-même, les premières hypothèses de colonisation par le détroit de Béring, terrestre ou maritime…

En 2015 une équipe internationale de chercheurs a comparé les génomes de 31 individus actuels d’origine américaine, sibérienne, et océanienne avec les génomes de 23 individus anciens retrouvés sur le continent américain (sur une période de 6 000 ans). L’objectif était d’établir la chronologie de l’arrivée et de la propagation des populations amérindiennes sur le continent américain. D’après les chercheurs les premiers Américains sont arrivés il y 23 000 ans, au plus, en une seule vague. Ces migrants ont investi l’Amérique du Nord. Il y a 13 000 ans la population d’origine s’est séparée en deux et l’une des deux s’est aventurée en Amérique du sud.

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Découvertes Archéologiques Clés

Plusieurs découvertes archéologiques ont contribué à façonner notre compréhension du peuplement des Amériques.

  • Luzia: Le squelette de Luzia a été découvert sur le site de Lapa Vermelha au Brésil en 1995. Il était enfoui sous 12 mètres de terre. Les restes fossiles de cette femme de 20 à 25 ans sont assez complets ce qui a permis de déduire qu’elle mesurait un peu plus d’un mètre cinquante. La reconstitution de son crâne lui attribue une certaine ressemblance avec les Mélanésiens, les Aborigènes australiens ou même les Africains : un crâne étroit et ovaloïde, une face prognathe… La encore c’est une interprétation vivement contestée.
  • Homme de Kennewick: Découvert le 28 juillet 1996 au nord-ouest des Etats-Unis, près de la rivière Columbia.
  • Fossiles humains du Yucatan: Avec le développement de la plongée sous-marine, les explorations dans les grottes submergées près de Tulum à Quintana Roo ont permis de découvrir des ossements anthropologiques en associations avec des restes de faunes éteintes, des outils lithiques et des foyers datant de la transition du Pléistocène tardif au début de l’Holocène.
  • Autres découvertes: 2010 : Publication d’une étude sur Inuk, un homme de - 4000 ans dont on a pu reconstituer l’ADN grâce à une simple touffe de cheveux ! 2011 : Les restes calcinés d’un enfant de trois ans ont été retrouvé en Alaska et datés de 11 500 ans. 2015 : Une étude génétique semble démontrer que le continent américain a été colonisé avec une seule vague de migration il y a 23 000 ans. 2021 : Datation d’empreintes de pas il y 21 000 ans au Nouveau Mexique. 2023 : Les flux migratoires dans les détroit de Bering à double sens. 2023 : Les données climatologiques montrent de nouvelles voies pour les migrations humaines. 2023 : Des os percés de paresseux géant, preuve de la présence humaine il y a 27 000 ans.

Les Civilisations Précolombiennes : Un Héritage Riche et Diversifié

Partir sur les traces des civilisations précolombiennes en Amérique latine invite à traverser plus de trois millénaires d’histoire : depuis l’épanouissement des Olmèques puis des Mayas au IIe millénaire av. J.-C., jusqu’au déclin des dernières cultures peu après le débarquement européen de 1492. Au total, une quinzaine de grandes civilisations ont prospéré et coexisté en Amérique latine (comprenant la Mésoamérique et l’Amérique andine) au cours de la période.

Mésoamérique : Berceau de Civilisations Sophistiquées

On appelle Mésoamérique l’aire culturelle qui s’étend de l’actuel nord du Mexique au Costa Rica, en incluant le Belize, le Guatemala, l’ouest du Honduras, le Salvador et le versant pacifique du Nicaragua. C’est la région des Olmèques, des Zapotèques, des Toltèques, des Tarasques, des Aztèques, ainsi que des Mayas, à la longévité inégalée.

  • Les Mayas : Le Mexique regorge de vestiges à découvrir, notamment de spectaculaires cités mayas ou d’autres aux origines plus floues, à l’instar de Teotihuacán. Dans le Yucatán, Chichén Itzá, qui fut l’un des grands centres politiques, économiques et religieux de l’empire maya, est aujourd’hui considérée comme l’une des sept merveilles du monde moderne. La pyramide de Kukulcan, dont l’architecture répond au calendrier solaire, est l’un de ses joyaux. Tout près, les pyramides de Cobá valent elles aussi le détour. En bord de mer, le site de Tulum offre de splendides perspectives, veillées par le fameux et monumental Castillo del mar. Entre Merida et Campeche, la cité d’Uxmal séduit par son ampleur et ses caractéristiques architecturales singulières. La région du Chiapas abrite elle aussi de nombreux vestiges préhispaniques. Le plus fameux est sans doute la cité de Palenque, qui demeure encore en grande partie enfouie dans la jungle. À Bonampak, on découvre de grandes fresques murales recelant les secrets de la culture maya. À Yaxchilán, on se sent dans la peau d’un explorateur en admirant les monuments de pierre couverts de mousse et de feuillage. Toniná, Chinkultic, Izapa, Tenam Puente, Iglesia Vieja ou Lagartero offrent elles aussi leur lot d’émotions historiques et de paysages spectaculaires.
  • Autres sites en Mésoamérique : Au Honduras, non loin de la frontière guatémaltèque, Copán est l’un des sites majeurs de la civilisation maya. Au Guatemala, Tak’alik Ab’aj est un petit parc archéologique, mais aussi un site historique qui revêt une importance majeure, puisqu’il témoigne de la transition entre la civilisation olmèque et l’émergence de la culture maya ancienne. À l’autre bout du pays, en pleine jungle, Tikal ancienne capitale d’un royaume maya concurrent de Teotihuacán, rivalise aujourd’hui encore de grandeur avec le célèbre site mexicain. Plus au nord, au Belize, on peut découvrir Cerros, l’une des plus anciennes cités mayas, bâtie autour de 300 av.

Amérique Andine : Des Sociétés Complexes et Ingénieuses

L’Amérique andine englobe la Colombie, l’Équateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili, le Venezuela et l’Argentine. Au Ier millénaire av. J.-C., ces régions abritaient déjà des dizaines de millions de personnes, dont des groupes sédentaires comme les Chichbas, la culture de Chavín, la civilisation de Paracas ou encore les Nazcas. Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour voir naître la civilisation inca.

  • Le Pérou : Un Concentré d'Histoire Précolombienne Le Pérou est le pays andin le plus riche en vestiges précolombiens. Nombre d’entre eux se concentrent dans la Vallée sacrée des Incas, destination incontournable de tout voyage culturel dans le pays. Avant d’y pénétrer, on se doit bien sûr de visiter Cuzco, ancienne capitale de l’empire inca, perchée à 3400 mètres d’altitude. Les murailles millénaires se faufilent aujourd’hui entre les constructions plus modernes. Au fil des spectaculaires paysages de la vallée, les sites incas se succèdent : Moray et ses terrasses agricoles circulaires ; Ollantaytambo, village encore habité qui a conservé son plan historique ; ou encore Huchu’y Qosqo, accessible après un splendide trek. On atteint, enfin, le Machu Picchu, cité antique aussi légendaire que mystérieuse, où se pressent aujourd’hui les touristes.
  • Autres sites au Pérou : On ne retrouve pas seulement la trace des Incas au Pérou. Près de la capitale, le site de Pachacamac regroupe des ruines de différentes civilisations, depuis celle des Limas (200-600 apr. J.-C.) jusqu’aux Incas. Bien plus anciens, les géoglyphes de Nazca, tracés dans la terre par le peuple du même nom, remontent pour certains à 500 ans avant notre ère. Leur signification, encore inconnue, fait l’objet de toutes sortes d’interprétations et rumeurs. La ville sacrée de Caral-Supe, de son côté, nous transporte autour de 2600 ans av. J.-C., ce qui fait d’elle la plus ancienne cité du continent. Caral, ville perdue en plein désert dans la région de Lima, est considérée comme la ville la plus ancienne, non seulement du Pérou, mais aussi de tout le continent américain.Inscrite au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO, la construction de la ville remonte à environ 2 600 ans av. J.-C. Envie de découvrir une des plus vieilles villes du monde ? La ville sacrée de Caral, nommée d’après la ville la plus proche, est située en pleine vallée du Supe. Elle est considérée comme le berceau de la civilisation des Amériques. La ville compte en tout 32 édifices (dont 6 pyramides) avec des fonctions différentes selon les bâtiments (cérémonielle, résidentielle, religieuse, et de production). La cité sacrée de Caral-Supe est certes la plus grande, mais pas l’unique cité de la vallée. Grâce aux vestiges qui ont été retrouvés à Caral, on peut affirmer que la ville est le premier exemple d'organisation sociale, politique et économique de tout le continent américain. C’est également l’exemple le plus abouti d’architecture et d’urbanisme des anciennes civilisations péruviennes. Plusieurs artefacts ont aussi été trouvés dans la ville, dont le célèbre « quipu », qui permettaient de conserver des informations (recensements, paiements, messages) aux moyens de cordelettes nouées. Celui retrouvé à Caral serait d’ailleurs le plus ancien de tout le Pérou.
  • Autres civilisations andines : Ailleurs dans les Andes, on découvre les traces d’autres civilisations encore. Au nord du Pérou, la forteresse de Kuelap fut construite par les Chachapoyas autour de 500 av. J.-C., soit 650 ans avant le Machu Picchu. C’est au terme de plusieurs jours de trek dans la jungle, et après avoir gravi 1200 marches, que l’on découvre sa centaine de terrasses cérémonielles en pierre, fermement arrimées aux montagnes. Au sud du pays, le mystère des centaines de pierres sculptées rassemblées dans le parc archéologique de San Agustín demeure entier. Elles auraient été façonnées entre les Ier et VIIIe siècle par une civilisation qui demeure inconnue. On retrouve la trace des Incas en Équateur, notamment à Ingapirca, ancien complexe religieux fortifié où étaient auparavant présents les Cañaris. Niché dans un écrin de verdure, le Temple du soleil d’Ingapirca est le vestige précolombien le mieux conservé du pays. Pour terminer en beauté cette échappée archéologique, nous vous proposons de partir à la découverte des ruines incas de la Isla del Sol, île bolivienne située sur le lac Titicaca.

L'Importance du Cacao dans les Civilisations Précolombiennes

Originaire du bassin amazonien en Équateur, le cacaoyer s’est rapidement propagé le long de la côte pacifique de l’Amérique du Sud au cours du IIe millénaire avant J.-C., puis en Amérique centrale et au Mexique. C’est ainsi que les Olmèques, les Mayas et les Mexicas commencèrent à cultiver le cacao bien avant l’arrivée des Européens. Dès 1500 av. J.-C., des traces de sa consommation ont été retrouvées sur le site archéologique de Puerto Escondido, au Honduras.

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De leur côté, les Mayas considéraient le cacao comme un cadeau divin : ils le mélangeaient à de l’eau, du piment et des épices, et en réservaient la consommation à la noblesse et aux guerriers. Le cacao était si précieux que ses graines faisaient office de monnaie : un lapin pouvait valoir dix fèves, tandis qu’une Quauchtli (couverture) se négociait entre 60 et 100 fèves.

L'Impact de la Colonisation Européenne

Après l’arrivée des colons, les fèves de cacao ainsi que le savoir de leur préparation furent introduits en Espagne en 1528. Toutefois, le xocolatl ne conquit pas immédiatement les palais européens. Les moines espagnols, en expérimentant avec des ingrédients locaux, y ajoutèrent du miel et de la canne à sucre, adaptant ainsi la boisson aux goûts européens.

Durant la période coloniale, les plantations de cacao prospérèrent dans les régions au climat tropical et aux sols fertiles. Ce fruit devint ainsi l’un des premiers produits agricoles à être exportés.

L’arrivée des espagnols amène avec elle une épidémie dévastatrice chez les indigènes, de laquelle succombent l’Inca Huayna Cápac ainsi que son fils, alors désigné comme successeur. Les deux fils restants s’engagent dans une lutte fratricide pour le trône. Le premier, Huáscar, fils légitime, prend la succession et devient Inca à Cusco. Le second, Atahualpa se fait proclamer Inca à Quito et réussit à faire emprisonner son frère. Il le fera par la suite exécuter.

Lors de la rencontre entre le conquistador espagnol Francisco Pizzaro et Atahualpa, ce dernier aura un geste malheureux. Il jette à terre une bible qui lui est tendue, ce qui servira de prétexte à sa capture et à l’attaque espagnole. L’Inca, en échange de sa libération, propose à Pizzaro une rançon colossale : l’équivalent en or et en argent du volume de la pièce dans laquelle il est détenu. Bien que la rançon soit rapidement et intégralement versée, Atahualpa est condamné et exécuté en 1533.

En 1533 donc, les conquistadors et les populations asservies par les Incas sont alors un même bloc devant les portes de Cusco, à 3320m d’altitude, alors capitale religieuse, économique et politique de l’Empire. Reçus avec tous les honneurs, les rebelles n’en n’ont que faire et c’est alors le grand pillage espagnol qui débute… digne de celui de Constantinople par les Chrétiens d’Occident au 13e siècle.

La guerre contre les indiens ne s’achèvent qu’en 1572, date à laquelle Túpac Amaru, descendant de Atahualpa, est capturé puis étranglé comme son ancêtre 40 ans auparavant. C’est la fin de l’Empire Inca. La raison évoquée de la Conquista espagnole était subordonnée a l’évangélisation des indiens.

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