Introduction
La bernache du Canada (Branta canadensis), originaire d'Amérique du Nord, est une espèce d'oie qui a été introduite en Europe à partir du XVIIe siècle. Connue pour sa longévité, son potentiel de reproduction élevé et sa grande capacité d'adaptation, elle a réussi à établir des populations férales qui, dans certains cas, sont devenues envahissantes. Cet article explore en détail la reproduction de cette espèce, en abordant son habitat, son comportement, son régime alimentaire, son processus de reproduction, ainsi que les mesures de régulation mises en place pour contrôler sa population.
Biologie et Écologie de la Bernache du Canada
Habitat et Mœurs
La bernache du Canada affectionne particulièrement les zones humides. Son habitat naturel comprend les zones herbeuses, les paysages variés et la toundra arctique. En France, les populations nicheuses se concentrent principalement dans le nord du pays et sont généralement sédentaires. C'est un oiseau grégaire, ce qui signifie qu'il vit en groupe.
Régime Alimentaire
L'alimentation de la bernache du Canada est principalement composée d'une grande variété d'herbes, de plantes aquatiques, de laîches, de graines de céréales et de graminées, ainsi que de baies. Elle se nourrit également de plantes aquatiques dont elle consomme les parties vertes, les racines, les tiges, les feuilles et les fruits. Elle se nourrit aussi à terre en « broutant » l’herbe, du trèfle et d’autres espèces de plantes, mais elle consomme aussi des céréales (blé et maïs), ainsi que des algues. Elle peut aussi à l’occasion capturer quelques insectes, des mollusques, des crustacés et des petits poissons. Elle se nourrit surtout en broutant dans les herbages, tandis que dans l’eau, elle trempe la tête sous la surface ou bascule son corps vers l’avant pour atteindre la nourriture.
Le Processus de Reproduction de la Bernache du Canada
Nidification et Ponte
La bernache du Canada niche sur le sol, généralement à proximité de l'eau. La femelle dépose entre 4 et 8 œufs blancs dans un nid qu'elle construit à partir de matériaux végétaux tels que des rameaux de bois, de l'herbe, des tiges et de la mousse, et tapissé de duvet. La femelle choisit le site du nid, souvent sur un sol sec et surélevé mais près de l’eau, permettant la surveillance des alentours. Mais il arrive que le site soit tout à fait différent, comme les corniches rocheuses, les arbres ou les structures artificielles. Elle construit une légère dépression, un bol fait avec des rameaux de bois, de l’herbe, des tiges et de la mousse, et tapissé de duvet.
Incubation et Éclosion
L'incubation dure environ 23 à 30 jours et est assurée par la femelle, tandis que le mâle défend le territoire. Elle quitte le nid plusieurs fois par jour, mais avant de partir, elle recouvre les œufs avec le duvet qui tapisse le nid pour les rendre invisibles sur le sol. Le mâle l’accompagne partout tandis qu’elle se nourrit, se baigne ou lisse ses plumes. Cette espèce ne produit qu'une seule couvée par an.
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Développement des Poussins
A la naissance, les poussins ont du duvet brun olive sur le dessus et jaune en dessous, et une rayure en travers de l’œil. Ils sont nidifuges et après une nuit passée au nid, ils quittent le site avec les adultes. Ils gagnent alors une zone adaptée à leurs besoins où ils vont trouver de la nourriture, un couvert végétal et un dortoir pour la nuit. Ils s’envolent au bout de 7 à 9 semaines après l’éclosion, parfois plus tard chez les races plus grandes. Ils peuvent aussi rejoindre une crèche où quelques adultes les surveillent. Après quelques semaines, les adultes entament la mue postnuptiale. Ils sont incapables de voler pendant 5-6 semaines. Ils échappent aux prédateurs en s’élançant dans l’eau ou sous l’eau.
Particularités de l'Accouplement et du Comportement Social
La Bernache du Canada est principalement monogame et les couples sont unis pour la vie, mais si l’un des deux partenaires disparaît, il sera remplacé. Les deux membres du couple restent ensemble toute l’année. Les parades nuptiales commencent sur les aires d’hivernage et continuent pendant la migration de retour vers le nord. La formation du couple est souvent initiée par un jeune mâle qui poursuit une femelle. Le mâle vole aussi au-dessus d’elle, la pince avec son bec ou la frappe avec ses ailes. La cérémonie du triomphe est une étape importante dans les parades. Le mâle crie fortement tandis qu’il s’approche de la femelle choisie (souvent après une bagarre entre mâles dont il est sorti victorieux). Son bec est grand ouvert et tenu près du sol et le cou est étiré tandis qu’il ondule lentement. Si la femelle l’accepte, elle peut alors se joindre à lui et ils paradent ensemble. Le couple est formé lorsque la femelle suit le mâle en vol. Ces parades sont également utilisées au cours de la défense du territoire, ou contre un prédateur qui menace le ou la partenaire ou les jeunes. L’accouplement a lieu habituellement dans l’eau, après quelques parades pendant lesquelles les deux oies sont face à face, plongeant la tête et le cou dans l’eau et les relevant aussitôt. Une fois accouplés, ils relèvent le corps et la poitrine, tendent la tête vers le ciel et ouvrent largement les ailes tout en se faisant face et en criant.
Régulation des Populations de Bernaches du Canada
Mesures Légales et Administratives
En France, les dates d'ouverture et de fermeture de la chasse à la bernache du Canada sont identiques à celles des autres oies. Cependant, la destruction à tir est autorisée entre la date de clôture spécifique de la chasse et le 31 mars, sur autorisation individuelle du préfet. Le tir doit s'effectuer à poste fixe matérialisé, et le tir dans les nids est interdit. Le piégeage est également interdit, sauf dérogation prévue par le code de l'environnement.
Méthodes de Régulation
Plusieurs méthodes sont utilisées pour réguler les populations de bernaches du Canada, notamment :
- Le tir sélectif : Cibler les adultes et les subadultes pour limiter la reproduction.
- La stérilisation des œufs : Empêcher l'éclosion des œufs sur les sites majeurs de reproduction et les zones protégées.
- La capture au filet : Capturer un grand nombre d'individus rapidement, notamment dans les lieux ouverts au public.
- Les battues administratives : Organiser des battues dans les zones de forte concentration d'oiseaux.
Stratégie Globale de Régulation
Pour avoir un impact efficace sur cette espèce exotique envahissante, il est nécessaire d'adopter une approche stratégique globale, portant à la fois sur la maîtrise de la dispersion des populations et sur l'éradication des noyaux reproducteurs. L'emploi de plusieurs méthodes combinées, adaptées en fonction de la situation du site d'intervention, est essentiel pour la réussite d'un plan de lutte contre la bernache du Canada en France.
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Impacts et Dégâts Causés par la Bernache du Canada
Impacts Écologiques
Les bernaches du Canada peuvent coloniser des habitats au détriment d'autres espèces et polluer les eaux et les espaces verts via leurs déjections, qui peuvent être vectrices de maladies.
Impacts Agricoles
La consommation des bernaches du Canada s'alimentant quotidiennement sur les champs de céréales (orge, blé) ou de colza constitue un véritable pillage de la future récolte. Lorsqu'elles stationnent en grandes bandes sur les prairies, elles réduisent la production fourragère en s'alimentant et en piétinant les plantes.
Description Physique de la Bernache du Canada
La Bernache du Canada est une oie de grande taille avec la tête et le long cou noirs, et une tache blanche très évidente sur chaque joue qui s’étend jusque sous le menton, formant une sorte de jugulaire. Les parties supérieures sont largement brunes, avec des plumes aux liserés clairs formant des barres indistinctes. Le bas du dos, le croupion et la queue sont noirs et contrastent avec le V blanc à la base de la queue. Sur le dessus des ailes, les rémiges sont plus foncées. Les parties inférieures sont plus claires, avec la poitrine blanchâtre et les flancs jaunâtres. Le bas de l’abdomen et les couvertures sous-caudales sont blancs. Le dessous des ailes est brun foncé. Le bec, les pattes et les doigts palmés sont noirs. Les yeux sont brun foncé. Le juvénile ressemble à l’adulte mais il est plus terne dans l’ensemble, avec la tête et le cou brunâtres et une teinte brunâtre pâle sur les taches claires des joues.
Sous-espèces de la Bernache du Canada
La Bernache du Canada a sept sous-espèces qui diffèrent surtout par la taille, les proportions et la coloration du plumage. Les races du sud sont plus grandes et ont un grand bec, tandis que les races du nord sont plus petites, avec le bec plus court, mais les ailes sont plus longues (ce qui est normal puisque ces oies sont migratrices).
B.c. ocidentalis: se reproduit dans le delta du fleuve Copper dans le Golfe d’Alaska et dans la Baie du Prince William dans le sud de l’Alaska. Elle hiverne sur les côtes depuis la Colombie Britannique et vers le sud jusqu’en Oregon. Cette race est la plus foncée et pèse 3300 grammes.
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B.c. fulva: se trouve sur les côtes du sud de l’Alaska et dans l’ouest de la Colombie Britannique. Elle est la plus grande des oies au plumage sombre.
B.c. parvipes: se reproduit dans le centre de l’Alaska et vers l’est à travers le continent Canadien jusqu’au nord-ouest de la Baie d’Hudson. Elle hiverne dans le centre-sud des Etats Unis. Cette race est plus petite mais elle a le corps allongé avec le cou plus court, un bec de taille moyenne et la tête arrondie.
B.c. moffitti: se reproduit dans le sud-ouest et le sud du Canada. Elle hiverne dans le nord-ouest des Etats Unis, vers le sud jusqu’au nord-ouest du Mexique.
B.c. maxima: était auparavant dans les Grandes Plaines, et elle a été réintroduite dans les routes de migration du Mississippi. Cette race est la plus grande et la plus claire. Elle pèse 5030 grammes.
B.c. interior: se reproduit dans le centre et l’est du Canada et dans le nord-est des Etats Unis. Elle hiverne dans l’est des Etats Unis. Cette race est le plus grand des taxons concernés avec un long cou et un long bec.
B.c. canadensis: se reproduit dans le sud-est du Canada et dans le nord-est des Etats Unis. Elle hiverne dans l’est des Etats Unis. La Bernache du Canada a été introduite en Grande Bretagne, dans le nord-ouest et le centre de l’Europe (canadensis) et en Nouvelle-Zélande (maxima).
Répartition Géographique
La Bernache du Canada est une espèce Nord-Américaine qui se reproduit depuis la toundra arctique jusqu’aux régions qui vont du Grand Bassin dans le Nevada au nord de la Floride à l’est des Etats Unis. L’espèce est présente toute l’année dans le sud des aires de reproduction. Cependant, les populations nicheuses des zones les plus au nord migrent pour passer l’hiver entre la Californie et la Caroline du Sud, et même dans le nord du Mexique. La Bernache du Canada a été introduite en Europe, et ces populations ne migrent pas, sauf celles qui se reproduisent dans le nord de la distribution. Mais il faut aussi noter que cette espèce est naturellement présente sur la Péninsule du Kamtchatka dans l’est de la Sibérie, ainsi que dans l’est de la Chine. Elle a également été introduite en Nouvelle-Zélande en 1905 en tant que gibier.
Vocalisations
La Bernache du Canada émet un « honk-a-honk » profond et musical (grandes races) tandis que les oies plus petites produisent un caquetage haut-perché et rapide. Le cri de contact entre les membres du couple et dans les groupes familiaux est un grognement tranquille « urr, ur-eit ». Au cours de la défense territoriale, du nid ou des poussins, les deux adultes produisent des sifflements sonores tout en étirant le cou vers l’avant avec le bec grand ouvert. Environ 13 sons différents ont été identifiés.
Prédateurs
Les œufs et les jeunes sont la proie de certains prédateurs comme le coyote, le renard arctique, le raton laveur, le renard roux, les grands goélands, le Grand Corbeau, la Corneille d’Amérique, la Corneille noire (en Europe), l’Aigle royal, le Pygargue à tête blanche et les ours.
Statut de Conservation
La Bernache du Canada n’est cependant pas globalement menacée actuellement. La population nord-américaine était évaluée en 2015 à 4,2 millions/5,6 millions d’individus. En Grande Bretagne, il y avait 174 000 individus en 2002. Une estimation récente en Nouvelle-Zélande donne entre 35 000 et 40 000 individus. La Bernache du Canada est actuellement considérée comme non menacée.
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