Introduction
Kyan Khojandi, né le 29 août 1982 à Reims, est un artiste aux multiples talents : humoriste, acteur, scénariste, producteur, animateur et réalisateur français. Son parcours, marqué par des influences familiales fortes et des expériences personnelles riches, a façonné son identité artistique et son regard sur le monde. Cet article explore son enfance, ses inspirations, et les moments clés qui ont contribué à son succès.
Origines et Enfance Rémoise
Kyan Khojandi est d'origine iranienne par son père, Aziz, qui a fui la Révolution iranienne dans les années 1980 pour s'installer en France, à Reims. Sa mère, Marie-Jo, est une juriste picarde d'origine italienne et allemande. Kyan grandit à Reims, où son enfance est bercée par la musique et les notes d'alto, appris au Conservatoire de musique de Reims dès l'âge de six ans. L'apprentissage de la musique classique lui apporte beaucoup, dont sa capacité à se concentrer et à gérer l’échec. Sa motivation est sans limites puisque imperturbable.
Un Père en Exil et les Difficultés d'Intégration
Invité d'« En Aparté », sur Canal +, Kyan Khojandi s'est ouvert sur son enfance et la difficile intégration de son père, Aziz, dans la France des années 1980. « J'ai grandi avec un homme qui était en dépression pendant quinze ans, toute la journée sur le canapé. » Le sentiment de solitude de celui qui avait été géologue en Iran se trouvait aggravé par le racisme. « Il était considéré comme un étranger (…). On était avant Touche pas à mon pote (slogan et mouvement lancés par SOS Racisme en 1985, NDLR). C'était quelque chose de très dur. C'est quelqu'un qui a été rejeté aussi par les membres de ma famille installés en France. Le pays n'a pas été une vraie terre d'accueil pour lui. » Ses parents s'étaient rencontrés, confiait l'humoriste à Paris Match en 2017, en Allemagne. « Il s'occupait de nous le matin, il venait me chercher à l'école le soir. Ma mère faisait tout pour tenir le foyer », reprend Kyan Khojandi. Son père retourne, quinze ans après son arrivée, en Iran. Il y trouve tout changé, ce qui le pousse à « avancer », à cesser de vivre dans ses souvenirs.
Ce contexte familial difficile a profondément marqué Kyan Khojandi. Il a grandi avec l'image d'un père en souffrance, mais aussi avec un homme capable de raconter des histoires et de faire rire ses enfants. « Il faisait toujours des blagues. Il racontait toujours des histoires. (…) La base, elle vient de là », a-t-il affirmé avec fierté. La violente répression qui se déroule actuellement en Iran ne doit pas le laisser indifférent.
Les Premiers Pas dans le Droit et la Révélation Théâtrale
Après un bac ES, Kyan Khojandi entame quatre années d'études de droit, obtenant une maîtrise. En parallèle, il monte ses premiers podcasts et tombe sur une interview de Franck Dubosc qui le fascine. Il comprend qu’il veut écrire des blagues, mais comment s’y prendre ? Comment commencer ? Le point de départ du Kyan comique, c’est le Cours Simon à Paris. Il abandonne le droit en 2003 pour se livrer corps et âme au théâtre. Le jour de sa rentrée à la capitale, il a une révélation : « c’est pour ça que je veux me lever tous les matins ». Une fois qu’il a acquis la théorie, il s’adonne à la pratique en s’inscrivant à toutes les scènes ouvertes de Paris. C’est à cette époque qu’il rencontre Bruno Muschio, alias Navo, l’ami avec lequel il écrit la série Bref.
Lire aussi: Nike pour enfants : que disent les clients Zalando ?
"Bref": Un Succès Fulgurant et une Nouvelle Ère
L’idée est simple, faire une série entre potes qui comporte toutes leurs meilleures vannes, le tout en mode « rapid speech » pour la musicalité ! À la sortie du premier épisode et à leur plus grande surprise, les deux auteurs sont contactés par Canal+ qui signe pour quarante épisodes qui seront diffusés dans l’émission Le Grand Journal. Le succès est immédiat, le public est conquis et en redemande ! Le visage de Kyan, personnage principal de la série est désormais connu du grand-public.
La mini-série "Bref", diffusée sur Canal+ de 2011 à 2012, propulse Kyan Khojandi sur le devant de la scène. Le format court, le rythme effréné et l'humour décalé de la série séduisent un large public. Kyan devient "le mec de Bref", un rôle qui le marque durablement. Avant Bref, il était au RSA. Le succès a été fulgurant. J’avais un peu lâché prise à un moment donné. Il n’y avait plus que “Bref” à tenter. C’était vraiment un cri du cœur. J’étais au RSA le jeudi et le mardi suivant dans les locaux de la direction des programmes de Canal+ avec des gens emballés qui m’ont dit : “C’est génial! On fait d’autres épisodes.”
Il a écrit à la Caf pour les remercier. J’ai envoyé une lettre en disant:“Vous avez sauvé ma dignité et ma vie. Vous m’avez empêché de tomber dans une précarité ultime.” Je ne sais pas si quelqu’un l’a lue. C’est fondamental pour moi. C’est la chance de la France d’avoir ce système d’accompagnement dans les pires moments. Ça m’a beaucoup aidé. Quand je commençais à avoir de l’argent, la Caf m’a fait un versement en même temps.
En 2021, l'idée d'une nouvelle saison dans un format nouveau, avec des épisodes d’une trentaine de minutes, est venue dans la foulée du spectacle Une bonne soirée (2019), où Kyan Khojandi et son coauteur Bruno Muschio expérimentaient une narration au long cours.
Diversification Artistique: Cinéma, Scène et Écriture
La machine est lancée, il est contacté par des réalisateurs et joue dans quelques long-métrages. On le retrouve entre autres dans les films de Cédric Klapisch, Albert Dupontel, Alain Chabat ou encore Lisa Azuelos. En même temps qu’il travaille son jeu d’acteur, il continue à écrire et à jouer son one-man-show sur scène. Ces multiples projets attirent la reconnaissance de pointures en matière d’humour, telles que Florence Foresti qui l’invite même sur scène à Bercy. Il s’exprime : « Quand Foresti t’invite à Bercy, c’est une belle manière de dire bienvenue dans le métier ».
Lire aussi: Indications de l'amoxicilline infantile
Kyan Khojandi balaye la gêne et nous fait rire de tout, sans tabou. Il parle de son nouveau spectacle Une Bonne Soirée : « Je trouve ça cool qu’on puisse dire : Le spectacle de Kyan ?
"Bref.2": Une Suite Attendue et Mûre
Treize ans après l'arrêt de "Bref" sur Canal+, Kyan Khojandi revient avec une deuxième saison, "Bref.2", diffusée sur Disney+. Cette nouvelle saison, écrite avec son complice Bruno Muschio, aborde des thèmes plus matures et personnels, comme le deuil, la santé mentale et les relations amoureuses.
Kyan Khojandi n’a pas beaucoup plus de cheveux, mais il a désormais la quarantaine apaisée. Ce vendredi 14 février, l’humoriste revient sur le petit écran à l’occasion du retour évènement de Bref., dont la deuxième saison, tournée dans le plus grand secret, a été mise en ligne sur Disney+, treize ans après son arrêt sur Canal+. 82 épisodes plus tard, plusieurs changements de taille ont été opérés. La plateforme de diffusion, d’abord. Son format, ensuite. Finie la short-com : les six nouveaux épisodes durent 30 minutes, mais gardent la même voix off à mille à l’heure qui - cette fois-ci - la met en veilleuse de temps en temps pour laisser l’histoire se raconter d’elle-même. « L’histoire, c’est le plus important », nous avertit son créateur, que nous avons rencontré en amont de la sortie de la série comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article.
Écrite avec son compère de toujours Bruno Muschio (dit Navo), cette deuxième saison baptisée bref.2 cueille notre héros à la sortie d’une douloureuse et inattendue (du moins, selon lui) rupture amoureuse. Une de plus, oui. Aïe.
Kyan Khojandi nous détaille le mécanisme intérieur : « Parler de quelque chose entame un processus de digestion. C’est comme si on avait un truc dans le bide, et qu’on le régurgitait pour le mâcher, parce qu’on n’arrivait pas à le digérer. Cette fois, on le mâche en parlant. Et bizarrement, on arrive à le ravaler derrière. » Hum. « L’image est un peu dégueulasse, admet-il. Ça fait un peu vache qui bouffe de l’herbe, mais le fond était sympa à la base. » L’humoriste délaisse les blagues métaphoriques un instant pour reprendre son sérieux : « J’ai vu mon père trop garder les choses pour lui. Ça ne lui a pas réussi. » Le deuil, la santé mentale, le rapport aux autres… Comme le sujet sensible de la bataille contre le cancer de son père disparu ou des traumatismes de l’enfance, bref.2 aborde avec intelligence (et des effets spéciaux) des thèmes sombres, parfois même dramatiques. Ils sont la plupart du temps hérités de sa propre expérience, ou celle de son ami Navo, qu’ils ont mis plus de dix ans à récolter.
Lire aussi: Idées déco chambre enfant
Le Sport comme Source d'Équilibre et d'Inspiration
Dans son spectacle "Pulsions", Kyan Khojandi évoque la manière dont il s'est mis au running. Il décrit cette activité comme une "pulsion de vie", une manière d'expulser ses peurs et de trouver un équilibre. « J'ai vu mon père très malade. Un soir, alors que je revenais d'une visite à l'hôpital, je me suis mis à courir. J'avais besoin d'expulser un truc et mon corps a dit "vas-y, cours !" J'ai ressenti une sorte de lâcher prise, de bien-être et de force incroyables. C'était un acte désespéré. »
Le sport lui apporte un mental, une capacité à vivre avec ses peurs. « C'est comme si avant je vivais dans une bourrasque de vent sans rien. Maintenant j'ai un ciré, des bottes. Je suis paré. Et je pense que c'est cela qu'on devrait apprendre : l'effort. »
Il considère le sport comme une source d'inspiration humoristique, car il génère des émotions fortes et des situations comiques. « Nos émotions sont liées à des drogues. Et quand on voit le genre d'émotions que le sport peut apporter, la joie d'un mec quand son équipe gagne, on se dit qu'il se prend à ce moment-là un shoot d'adrénaline, de dopamine. Il y a un terrain, un angle comique. »
Inspirations et Intemporalité
Parmi les références de bref.2, Khojandi cite les classiques du théâtre français Feydeau, Guitry, Courteline, Labiche, The Office version américaine, la sitcom Malcolm, mais aussi, de façon plus surprenante, Fleabag, l’introspection drôle et néanmoins terrassante de l’Anglaise Phoebe Waller-Bridge. “Je l’ai vue et revue plusieurs fois. Cette drôlerie et cette tristesse qui se mélangent, j’adhère énormément. Ce sont deux émotions pas si lointaines, on touche au lâcher-prise.”
Kyan Khojandi aspire à l'intemporalité dans son travail. « Jamais on n’utilisera des termes liés à une époque, un moment, parce qu’on veut que notre travail vieillisse. Même dans nos spectacles, on emploie des mots comme respirer, boire, être, avoir grandi, avoir une enfance, car tout le monde a été un enfant. Ce qu’on vise, c’est vraiment l’intemporel. »
tags: #kyan #khojandi #enfance