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J'en ai marre, je veux accoucher : Comprendre et agir

À l'approche du terme de la grossesse, l'impatience grandit. La fatigue, les désagréments physiques et l'envie de rencontrer enfin son bébé peuvent pousser certaines femmes à chercher des moyens d'accélérer le processus. Cet article explore les raisons de cette impatience, les méthodes naturelles pour favoriser le déclenchement du travail, et les interventions médicales possibles, tout en soulignant l'importance d'une information complète et d'un consentement éclairé.

Pourquoi cette envie d'accoucher plus vite ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce désir d'accoucher rapidement :

  • Fatigue physique et émotionnelle : Les derniers jours de grossesse sont souvent synonymes de fatigue intense, de troubles du sommeil, de douleurs dorsales et de brûlures d'estomac.
  • Impatience : L'attente devient difficile à supporter, surtout lorsque la date prévue du terme est dépassée.
  • Pression sociale : Les questions incessantes de l'entourage sur l'arrivée du bébé peuvent accentuer le sentiment d'impatience.
  • Craintes : Certaines femmes redoutent un déclenchement artificiel ou une césarienne programmée et souhaitent favoriser un accouchement naturel.

Astuces naturelles pour favoriser le déclenchement du travail

Bien qu'il n'existe pas de méthode miracle garantie à 100 %, certaines astuces naturelles peuvent aider à stimuler le travail :

  1. Bouger et marcher : L'activité physique favorise la descente et l'engagement du bébé dans le bassin, stimulant ainsi les contractions. Marcher, faire du shopping ou jardiner sont d'excellents moyens de rester active.
  2. Rapports sexuels : Les prostaglandines contenues dans le sperme favoriseraient la maturation du col de l'utérus, tandis que l'ocytocine, hormone libérée lors de l'orgasme, entraînerait des contractions.
  3. Stimulation mammaire : La stimulation des seins augmente le niveau d'ocytocine, stimulant ainsi les contractions. Masser les seins, rouler le mamelon entre les doigts ou utiliser un tire-lait peuvent être efficaces.
  4. Aliments réputés pour favoriser le travail : Certains aliments, comme l'ananas (riche en bromélaïne) ou les dattes, sont réputés pour stimuler l'ouverture du col de l'utérus. Cependant, il est important de les consommer avec modération.
  5. Homéopathie et phytothérapie : Certaines souches homéopathiques (Actaea racemosa, Caulophyllum) et les feuilles de framboisier sont utilisées pour favoriser la dilatation du col et régulariser les contractions.
  6. Ostéopathie et ballon de grossesse : L'ostéopathie peut aider à relâcher les tensions et les blocages qui agissent sur le périnée et l'utérus. L'utilisation d'un ballon de grossesse pour mobiliser le bassin est également un bon moyen d'accélérer l'ouverture du col.
  7. Acupuncture : L'acupuncture consiste à stimuler des points très précis afin de traiter un problème physique et/ou psychique. Il existe plusieurs points d’acupuncture qui permettent de travailler sur le déclenchement de l’accouchement, l’ouverture du col et l’efficacité des contractions.

Il est important de noter que ces méthodes ne sont pas scientifiquement prouvées et qu'il est essentiel de consulter un professionnel de santé avant de les essayer.

Déclenchement artificiel du travail : quand et comment ?

Dans certains cas, un déclenchement artificiel du travail peut être nécessaire pour des raisons médicales maternelles ou fœtales. Les indications les plus fréquentes sont :

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  • Dépassement de terme : En France, la Haute Autorité de santé recommande de déclencher le travail lorsque le terme est dépassé de six jours. La réalisation d’une échographie du premier trimestre à 11 - 13 semaines d’aménorrhée (SA) permet une détermination précise du terme à partir de la mesure de la longueur crânio-caudale du fœtus. Il est possible de réaliser un déclenchement à partir de 41 SA + 0 jour, à condition que le col soit favorable, et d’en avoir informé la femme enceinte et obtenu son accord.
  • Rupture prématurée de la poche des eaux : Si la rupture de la poche des eaux ne déclenche pas spontanément le travail, un déclenchement peut être envisagé pour prévenir les infections.
  • Pathologies maternelles : Diabète insulinodépendant, hypertension artérielle, pré-éclampsie. La conduite à tenir en cas de diabète insulinodépendant relève d’une décision pluridisciplinaire au cas par cas.
  • Retard de croissance intra-utérin (RCIU) : On ne dispose pas de suffisamment de données permettant de formuler une appréciation sur les avantages ou les risques du déclenchement artificiel du travail, en cas de retard de croissance intra-utérin à terme.
  • Grossesse gémellaire : Dans les grossesses gémellaires, la mortalité périnatale est augmentée après 39 SA.
  • Antécédent d’accouchement rapide : Un antécédent d’accouchement rapide (< 2 heures) peut être une indication de déclenchement du travail à partir de 39 SA si le col est favorable.

Les méthodes de déclenchement artificiel comprennent :

  • Décollement des membranes : Cette technique consiste à séparer délicatement la poche des eaux de la paroi utérine pour libérer des prostaglandines et favoriser le déclenchement des contractions.
  • Prostaglandines : L'administration intravaginale d'un gel de prostaglandines permet de ramollir et d'ouvrir le col de l'utérus. L’utilisation des prostaglandines E2 est préférable à l’utilisation de l’ocytocine pour le déclenchement du travail quand le col est immature. Le misoprostol (prostaglandine E1) et la mifépristone n’ont pas d’Autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le déclenchement artificiel du travail.
  • Ocytocine : La perfusion intraveineuse d'ocytocine permet de stimuler les contractions utérines. La dose maximum recommandée d’ocytocine est de 20 milli-unités par minute. Chez les grandes multipares (≥ 5 accouchements antérieurs), le déclenchement du travail par l’ocytocine peut être associé à une augmentation du risque de rupture utérine.
  • Rupture artificielle de la poche des eaux : Cette technique consiste à percer la poche des eaux pour déclencher les contractions.

Il est important de souligner que le déclenchement artificiel du travail n'est pas sans risques et qu'il doit être réalisé dans un cadre médical approprié, avec un monitorage fœtal continu. En cas de déclenchement par les prostaglandines E2 en application vaginale, un monitorage fœtal continu doit être réalisé pendant au moins 2 heures. Un déclenchement artificiel du travail, pour une indication maternelle oufœtale, peut s’avérer nécessaire chez une femme ayant un utérus cicatriciel. Le déclenchement artificiel du travail reste une option raisonnable, mais le risque potentiel de rupture utérine qui y est associé doit être discuté avec la patiente.

Information et consentement : un droit fondamental

Quel que soit le motif du déclenchement, il est essentiel que la femme enceinte reçoive une information claire et complète sur les principes, les avantages et les inconvénients de la procédure. Elle doit également donner son consentement éclairé avant tout acte médical. La présente fiche a pour but d’accompagner les informations qui vous ont été apportées oralement par le médecin ou la sage-femme en ce qui concerne les principes, les avantages et les inconvénients du déclenchement. Si vous avez demandé un déclenchement de convenance, vous pouvez changer d’avis tant que le déclenchement n’est pas commencé.

Une étude a montré que les femmes ayant reçu une information adéquate sur le déclenchement ont vécu leur accouchement de manière plus positive que celles qui n'avaient pas été informées.

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