La procréation médicalement assistée (PMA) est un domaine en constante évolution, tant sur le plan technique que juridique et éthique. Cet article explore différentes facettes de la PMA, allant des aspects liés au don de gamètes et à la loi, aux témoignages poignants de couples confrontés à des difficultés, en passant par les innovations technologiques comme l'intelligence artificielle et les perspectives futuristes de la FIV dans l'espace.
Don de Gamètes : Anonymat, Choix et Place du Donneur
La loi PMA pour toutes (ou révision de la loi de bioéthique) a modifié le type de don de gamètes. A partir du 1er avril 2025, les dons attribués seront tous semi-anonymes. Cela veut dire, que l'enfant une fois devenu adulte, pourra accéder aux données identifiantes de son donneur : état civil, autres informations personnelles : lettre qui explique le don, photo…
Avant cette loi, des pratiques alternatives existaient, comme en Belgique et en Espagne où les dons sont anonymes, ou au Danemark où des IAD (insémination artificielle avec donneur) étaient réalisées avec livraison de paillettes chez un gynécologue privé. Cette dernière pratique ne peut se faire en clinique PMA, uniquement chez un gynécologue privé.
Une petite faille juridique existe : en cas de grosse contestation avec ton conjoint, il pourra prouver que l'enfant n'est pas le sien, que ça n'a pas été fait dans une clinique officielle et donc, après une très longue et difficile bataille juridique, peut-être qu'il pourrait en sortir gagnant et ne plus être père de l'enfant.
Certains remettent en question la politique du CECOS (Centres d'Etude et de Conservation des Œufs et du Sperme humains) concernant la génétique et la conservation du même patrimoine pour toute la fratrie. Ils soulignent l'hypocrisie du système, où en cas de FIV avec plusieurs embryons cryoconservés, il est possible d'avoir plusieurs enfants du même donneur.
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Pour un don de gamètes, tu dois faire une succession de choix : anonyme ou non, en France ou à l'étranger, banque de la clinique ou en ligne… Alors pourquoi ne pas pouvoir rester sur le même donneur ?
Le donneur a forcément une place dans la famille, car sans lui les enfants n'existeraient pas. C'est grâce à son cadeau que vous deviendrez parent et que vous formerez une famille. Évidemment, chacun doit rester à sa place : vous êtes les parents, le donneur n'est qu'un coup de pouce. Il ne viendra pas tous les midis manger le poulet rôti, ne participera pas aux études des enfants… mais avoir le même donneur permettra à une fratrie d'avoir le même niveau de réponse à toutes les questions qu'ils ne posent et de ne pas créer d'injustice.
Parcours PMA : Espoirs, Doutes et Dangers
Sophie, 26 ans, et Thomas, 28 ans, originaires respectivement de Lens et de Béthune, ont eu recours à la PMA pour devenir parents. Après une ponction ovarienne, Sophie est passée à deux doigts de la mort. Fin du mois de janvier 2024, Sophie commence la stimulation ovarienne. Une ponction a lieu le vendredi 9 février. La spirale de l’horreur commence alors. Dans la nuit qui suit, Sophie commence à ressentir de vives douleurs au ventre. Le samedi matin, Thomas appelle la gynécologue, qui revoit le traitement qu’elle lui a prescrit. Malgré cela, l’état de Sophie empire d’heure en heure. De grosses rougeurs apparaissent sur son ventre. Dimanche, au petit matin, Sophie, pliée en deux, ne peut plus marcher. Vers 6 h 30, le couple arrive aux urgences du CH Lens. À 16 heures, elle intègre le service réanimation. Le foie, les reins, le cœur sont touchés. « Tous les organes commençaient à fatiguer… », soupire-t-elle. En fin d’après-midi Sophie est intubée et placée dans le coma.
Le lundi, Sophie subit une première opération. Le ventre de Sophie est ouvert sur 25 cm. Les médecins trouvent du sang, du pus. Le poids de sa compagne est passé de 68 à 98 kg. Son état tend à se stabiliser au fil des heures et des jours. Mais la nécrose a fait son apparition. Sophie a été amputée des deux jambes mais également de six phalanges de ses mains.
Le 21 février, la veille d’être transférée à l’hôpital Roger-Salengro de Lille, Sophie doit de nouveau être opérée en urgence. Trois jours après son arrivée à l’hôpital Roger-Salengro, la jeune femme est amputée des deux jambes. Toujours dans le coma, elle ne s’en rend pas compte. Pour ses mains, les médecins font tout pour donner une chance aux tissus de se reformer. Elle sera finalement amputée de six phalanges, le 14 mars, un pouce étant reconstitué. À son réveil, elle découvre progressivement son état. Un suivi psychologique est mis en place.
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Admise au centre de rééducation de Oignies, elle regagne son domicile le soir depuis quelques jours. En un mois, Sophie stupéfie son entourage et les spécialistes en sachant marcher avec ses prothèses. Elle aspire à « retrouver une vie où je travaille. Mais je n’ai pas encore récupéré la force, la sensibilité des mains… » Si elle témoigne, aujourd’hui, c’est « pour éviter à d’autres femmes de passer par là… » Et comprendre comment tout cela a pu lui arriver. Quant à leur rêve de fonder une famille… « On avait le projet d’avoir un enfant, dit simplement Thomas.
Ce témoignage poignant met en lumière les risques potentiels associés à la PMA et la nécessité d'une information claire et complète pour les couples qui s'engagent dans ce parcours.
Expériences et Témoignages : Entre Espoir et Déni
Plusieurs témoignages mettent en lumière les difficultés rencontrées par des femmes durant leur parcours de PMA. Certaines ont subi des remarques désobligeantes sur leur poids ou ont été confrontées à des professionnels de santé peu empathiques. D'autres ont vécu des examens douloureux et traumatisants.
Ces expériences soulignent l'importance d'un accompagnement psychologique et d'une prise en charge respectueuse et bienveillante tout au long du parcours de PMA.
Fécondation In Vitro (FIV) : Une Technique en Évolution
Bien que la technique soit éprouvée depuis des décennies, la fécondation in vitro (FIV) reste un processus artisanal où les résultats varient fortement d’un centre de PMA à l’autre. Ils dépendent pour beaucoup de l’œil exercé de l’embryologiste qui sélectionne un spermatozoïde et de son habileté manuelle à l’introduire dans un ovocyte.
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La FIV consiste à mettre en contact des gamètes femelles, les ovocytes, et des gamètes mâles, les spermatozoïdes, dans un milieu artificiel en laboratoire en dehors de l’oviducte de la jument.
Lors de la fécondation in vitro, les gamètes femelles, les ovocytes et les gamètes mâles, les spermatozoïdes, sont mis en contact dans un milieu favorisant leur interaction (milieu de culture commercial additionné d’hormones, de sérum, de sucres et/ou d’albumine). Puis ce milieu est placé dans un incubateur permettant un environnement adapté à la culture cellulaire : 5% de CO2 dans l’air, 38,5°C, 100% d’humidité.
Après quelques heures de co-incubation avec les spermatozoïdes, les ovocytes sont fécondés. Les embryons obtenus peuvent être transférés immédiatement dans l’oviducte d’une jument receveuse par chirurgie ou cultivés in vitro dans un milieu adapté au développement des embryons pendant quelques jours puis transférés dans l’utérus d’une jument receveuse.
Pour être fécondés, les ovocytes doivent être matures. En effet, l’ovaire de juments porte de nombreux petits follicules qui contiennent chacun un ovocyte immature. Au cours du cycle, un follicule va poursuivre sa croissance jusqu’au stade préovulatoire puis ovuler. Lors de l’ovulation du follicule préovulatoire, l’ovocyte mature est libéré dans l’oviducte où il pourra être fécondé. Pour réaliser une FIV, il faut donc avoir des ovocytes matures.
Pour cela, deux alternatives sont envisageables :
- Les ovocytes matures peuvent être collectés dans des follicules préovulatoires juste avant l’ovulation, par ponction folliculaire sous contrôle échographique.
- Les ovocytes matures peuvent être obtenus après collecte d’ovocytes immatures dans les petits follicules par ponction folliculaire sous contrôle échographique puis maturation in vitro. La maturation in vitro est réalisée par culture des ovocytes immatures dans un milieu artificiel (milieu de culture commercial additionné d’hormones, de sérum et/ou de facteurs de croissance) dans un incubateur permettant un environnement adapté à la culture cellulaire (5% de CO2 dans l’air, 38,5°C, 100% d’humidité).
Pour féconder un ovocyte, les spermatozoïdes doivent être capacités. En effet, lors d’une saillie ou d’une insémination artificielle, les spermatozoïdes remontent le tractus génital femelle (utérus et oviducte) et subissent de nombreuses modifications qui leur permettent d’acquérir leur pouvoir fécondant. Ces modifications sont appelées capacitation. Pour réaliser une fécondation in vitro, il faut donc avoir des spermatozoïdes capacités. Le sperme collecté sur un étalon à l’aide d’un vagin artificiel n’est pas capacité, il doit donc subir un traitement de capacitation in vitro. La technique de fécondation in vitro permet la production d’embryons in vitro et présente deux avantages principaux.
D’abord, les embryons étant cultivés in vitro, ils peuvent être sortis de leur boite de culture et utilisés à n’importe quel stade de développement. Il est donc possible d’utiliser de jeunes embryons de petit diamètre, qui ont un meilleur taux de survie après congélation par les techniques classiques que les embryons collectés in vivo dans l’utérus à partir de 6,5 jours post-ovulation.
Ensuite, la production d’embryons in vitro permet de produire plusieurs embryons par cycle en collectant plusieurs ovocytes immatures par ponction folliculaire. Les ovocytes sont soumis à une maturation et fécondation in vitro, puis les embryons produits sont cultivés in vitro, congelés et/ou transférés dans une femelle receveuse.
En raison de ces avantages, la technique de FIV offre plusieurs applications pratiques.
Applications de la FIV
- Faire reproduire des animaux de haute valeur génétique ayant une mauvaise fertilité: Lorsque les reproducteurs ont une grande valeur génétique mais sont peu ou pas fertiles, la production d’un embryon nécessite des techniques de procréation assistée, et notamment la fécondation in vitro.
- Mieux gérer la carrière sportive des reproducteurs: La gestion raisonnée de la carrière sportive du cheval laisse parfois peu ou pas de temps pour la reproduction.
- Sauvegarder des espèces menacées et maintenir la biodiversité: La plupart des équidés sauvages sont actuellement menacés de disparition.
- Tester la qualité des gamètes: La FIV est un excellent outil pour tester la qualité des gamètes.
- Produire des embryons pour la recherche appliquée: La FIV permet de fournir les embryons nécessaires pour la recherche appliquée.
Historique de la FIV
Dans l’espèce équine, les premiers travaux publiés concernant la FIV datent de 1989, au Colorado, dans l’équipe d’A. McKinnon et E. Squires. La première gestation après fécondation in vitro a été obtenue en 1990 en France dans le laboratoire d’E. Palmer, M. Magistrini, J. Bézard et G. Duchamp. Le premier poulain est né en 1991.
Depuis 2011, l'équipe de l'INRA de Nouzilly développe une technique de FIV qui permet d’atteindre 64% d’ovocytes fécondés en moyenne.
L'Intelligence Artificielle au Service de la FIV
Plusieurs scientifiques spécialistes de la fertilité et médecins de renom estiment qu’un nouveau jour se lèvera pour la FIV grâce aux avancées de l’intelligence artificielle. De récents développements dans le domaine de l'IA visent à rendre les procédures plus efficaces et plus accessibles aux patients. Les médecins pensent notamment au développement d’une technologie qui permet de détecter le sperme, d’évaluer les embryons et de les surveiller.
Une équipe du centre de fertilité de l’université Columbia s’attend à ce que le premier bébé né par une FIV assistée par l’IA aux États-Unis voie bientôt le jour. La patiente est tombée enceinte en mars 2025 après quinze essais de FIV infructueux.
Applications de l'IA dans la FIV
- Sélection du sperme: L’IA peut identifier le sperme en meilleure santé, en distinguant les spermatozoïdes vivants, mobiles et à la structure intacte.
- Évaluation des embryons: Un système d’IA entraîné avec des données de plus de 115 000 embryons peut les évaluer presque aussi bien qu’un humain.
- Tests génétiques: Un algorithme d’IA est capable de déterminer si un embryon a un nombre normal de chromosomes, avec une précision de 70 %.
- Surveillance des embryons: Les systèmes d’IA sont conçus pour surveiller les embryons au cours de leur développement et pour confirmer leur identité à chaque étape.
Défis et Questions Éthiques
Malgré les promesses de l'IA, des questions éthiques se posent concernant la sécurité des données, les biais algorithmiques et l’équité. Beaucoup d’algorithmes d'outils d'intelligence artificielle sont difficiles à interpréter, à la fois par les médecins et les patients. Ils fonctionnent essentiellement comme des « boîtes noires » à cause de leur manque de transparence.
De plus, les systèmes d’IA étant entraînés par des bases de données énormes et souvent sensibles, il existe un risque de vol ou de mauvais usage de ces données.
La FIV dans l'Espace : Science-Fiction ou Réalité de Demain ?
Une start-up néerlandaise, SpaceBorn United, se prépare à envoyer le matériel nécessaire pour réaliser une fécondation in vitro (FIV) de façon totalement autonome dans l’espace. Pour le moment, il n’est question que de fécondation animale.
Ces recherches ont un intérêt pour conquérir un jour d’autres planètes, comme Mars, ou envisager des séjours de plusieurs années sur une base lunaire. La question commence à se poser avec le tourisme spatial.
Les scientifiques sont formels : c’est une très mauvaise idée de concevoir un enfant dans l'espace. Les méfaits de l’absence de gravité et des radiations sur un astronaute parfaitement entraîné sont déjà connus. Ils pourraient être dévastateurs pour le développement d’un embryon.
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