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Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) : Déroulement et Suivi Post-Intervention

L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est un droit pour toute femme enceinte qui ne souhaite pas poursuivre sa grossesse. En France, la loi encadre strictement cette pratique, garantissant l'accès à une IVG dans des conditions de sécurité et de respect du choix de la femme. Cet article détaille les étapes à suivre après 4 semaines de grossesse, les différentes méthodes d'IVG, leur déroulement, le suivi médical et psychologique, ainsi que les aspects financiers et les ressources disponibles.

Les Méthodes d'IVG

Il existe deux principales méthodes d'IVG :

  • IVG médicamenteuse : Elle consiste en la prise de deux médicaments qui interrompent la grossesse et provoquent l'expulsion de l'œuf. Elle peut être réalisée en cabinet de ville, en centre de santé sexuelle, en centre de santé ou en établissement de santé, jusqu'à 7 semaines de grossesse (9 semaines d'aménorrhée).
  • IVG instrumentale (chirurgicale) : Elle est pratiquée obligatoirement en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisé en gynécologie obstétrique ou chirurgie). Elle consiste en une aspiration de l'œuf après dilatation du col de l'utérus. Elle peut être pratiquée jusqu'à 14 semaines de grossesse (16 semaines d'aménorrhée).

Le choix de la méthode dépend du terme de la grossesse, du choix de la femme et de l'avis du médecin ou de la sage-femme.

Déroulement de l'IVG Médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse se déroule en plusieurs étapes :

  1. Consultation d'information : La femme rencontre un médecin ou une sage-femme pour exprimer sa demande d'avortement. Elle reçoit des informations sur les différentes méthodes d'IVG, les lieux de réalisation, les effets indésirables possibles et un guide sur l'IVG. Un entretien psycho-social est proposé, obligatoire pour les mineures.
  2. Recueil du consentement : La femme remet son consentement écrit au médecin ou à la sage-femme. Si elle est majeure et ne souhaite pas d'entretien psycho-social, elle peut réaliser les temps d'information et de recueil du consentement lors d'une seule consultation.
  3. Prise des médicaments :
    • Mifépristone : Ce premier médicament bloque l'action de la progestérone, l'hormone nécessaire au maintien de la grossesse, favorise les contractions de l'utérus et l'ouverture du col utérin. Il est pris par voie orale en présence du médecin ou de la sage-femme, ou seul à domicile. Des saignements peuvent survenir après cette prise, mais cela ne signifie pas que la grossesse est arrêtée.
    • Misoprostol : Ce second médicament augmente les contractions et provoque l'expulsion de la grossesse. Il est pris 24 à 48 heures après la mifépristone, soit en consultation, soit à domicile. Des saignements et des crampes abdominales sont attendus après la prise du misoprostol. Il est important de ne pas rester seule si l'IVG a lieu à domicile. Des antalgiques sont prescrits pour gérer la douleur.
  4. Visite de contrôle : Une visite de contrôle est obligatoire entre le 14e et le 21e jour après l'IVG médicamenteuse. Elle permet de s'assurer que la grossesse a bien été interrompue, qu'il n'y a pas de complications et de discuter d'une contraception si nécessaire.

Déroulement de l'IVG Instrumentale (Chirurgicale)

L'IVG instrumentale se déroule en établissement de santé :

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  1. Consultation d'information et recueil du consentement : Comme pour l'IVG médicamenteuse, la femme rencontre un professionnel de santé pour obtenir des informations et donner son consentement.
  2. Intervention : L'intervention consiste en une aspiration de l'œuf, précédée d'une dilatation du col de l'utérus. L'ouverture du col utérin peut être facilitée par l'administration d'un médicament. L'intervention peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale, selon le choix de la femme et l'avis du professionnel de santé. L'hospitalisation dure généralement quelques heures, et l'intervention elle-même dure une dizaine de minutes.
  3. Visite de contrôle : Une consultation de suivi est nécessaire après l'intervention, pour vérifier que la grossesse est effectivement interrompue et qu'aucune complication n'a eu lieu.

Suivi Post-IVG

Après une IVG, qu'elle soit médicamenteuse ou instrumentale, un suivi médical et psychologique est important :

  • Visite de contrôle : Elle est obligatoire pour vérifier l'absence de complications et s'assurer que la grossesse est bien interrompue.
  • Contraception : La reprise de la fertilité est immédiate après une IVG. Il est donc important de discuter d'une contraception adaptée avec le médecin ou la sage-femme.
  • Soutien psycho-social : Une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l'IVG pour permettre à la femme de parler de sa situation si elle en ressent le besoin. Des associations comme Agapa et le service d'écoute SOS Bébé offrent un espace pour exprimer questions, doutes et émotions.

Aspects Financiers

Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Il n'y a aucune avance de frais et aucun dépassement d’honoraire possible. Pour les femmes résidant en France en situation irrégulière et non admises à l'aide médicale de l'État (AME), il existe une prise en charge des soins urgents (dont fait partie l’IVG) à l'hôpital (hospitalisation ou consultation en établissement de santé).

Le coût d'une IVG instrumentale est remboursé par l'Assurance maladie à 100 % sur la base d'un tarif forfaitaire compris entre 579,06 € et 830,06 € en fonction de l'établissement de santé, du type d'anesthésie et de la durée de l'hospitalisation. Le coût d'une IVG médicamenteuse en établissement de santé est remboursé à 100 % sur la base d'un tarif forfaitaire fixé à 353,64 €. Le coût d'une IVG médicamenteuse de ville est également remboursé à 100 %, avec des tarifs fixés par arrêté à chaque étape.

Complications Possibles et Effets Indésirables

Bien que l'IVG soit une procédure sûre, certaines complications peuvent survenir :

  • Hémorragie : C'est le risque principal de l'IVG médicamenteuse.
  • Infection : Elle peut survenir si la grossesse n'a pas été totalement expulsée.
  • Douleurs persistantes : Elles peuvent nécessiter une consultation médicale.
  • Échec de l'IVG : Dans ce cas, une IVG instrumentale est nécessaire.
  • Grossesse extra-utérine (GEU) : C'est une contre-indication à l'IVG médicamenteuse.

Les effets indésirables courants de l'IVG médicamenteuse incluent des douleurs, de la fièvre, des vomissements, des diarrhées, des maux de tête, des vertiges, des malaises, des frissons et des bouffées de chaleur.

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Ressources et Soutien

De nombreuses ressources sont disponibles pour les femmes qui envisagent une IVG :

  • Médecins généralistes, gynécologues, sages-femmes : Ils peuvent informer, conseiller et orienter les femmes.
  • Centres de santé sexuelle (anciennement centres de planification et d'éducation familiale) : Ils offrent des consultations, des informations et un accompagnement.
  • Établissements de santé (hôpitaux, cliniques) : Ils pratiquent les IVG instrumentales et médicamenteuses.
  • Associations : Des associations comme Agapa et le service d'écoute SOS Bébé proposent un soutien psychologique et un accompagnement.
  • Sites internet : Le site ivg.gouv.fr offre des informations complètes et fiables sur l'IVG.
  • Numéros de téléphone : Des numéros d'écoute et d'information sont disponibles pour répondre aux questions et orienter les femmes.

L'Importance de l'Information et du Choix Éclairé

L'accès à l'IVG est un droit fondamental pour les femmes. Il est essentiel que chaque femme puisse prendre une décision éclairée, en étant correctement informée sur les différentes méthodes, leur déroulement, les risques et les bénéfices. Les professionnels de santé ont un rôle crucial à jouer dans cet accompagnement, en offrant une écoute attentive, des informations claires et un soutien adapté à chaque situation.

IVG et Santé Mentale : Démêler les Idées Reçues

Contrairement à certaines idées reçues, avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraîne pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité. De même, les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant et elles ne seront pas forcément traumatisées. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.

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