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Argentine : Batailles idéologiques autour de l'avortement et implications géopolitiques

Introduction

La question de l'avortement en Argentine est un sujet de débat passionné, reflétant des tensions entre les droits de l'homme, les valeurs traditionnelles et les considérations politiques. Cet article se penche sur les complexités de ce débat, en explorant les pressions internationales pour la libéralisation de l'avortement, les réactions des forces politiques argentines et les implications géopolitiques de ces enjeux.

Pressions Internationales pour la Libéralisation de l'Avortement

Le comité des droits de l'homme de l'ONU a récemment exhorté l'Argentine à revoir sa législation sur l'avortement, arguant que celui-ci est « souvent difficile d'accès ». L'ONU souhaiterait que de nouvelles exceptions soient introduites dans le régime d'interdiction générale. Bien qu'aucun traité de l'ONU ne stipule explicitement un droit d'accès à l'avortement, diverses agences et entités onusiennes agissent depuis longtemps comme si tel était le cas.

Cette pression fait partie d'une opération d'intimidation visant à faire accepter l'idée que la possibilité de supprimer un enfant à naître est un « droit de l'homme » universellement applicable. Des femmes pro-avortement ont déployé une affiche en faveur du « Guide technique pour les soins apportés aux avortements non punissables », inspiré notamment par l’OMS.

La Législation Argentine et ses Défis d'Application

L'Argentine a déjà fait des progrès en matière de « culture de mort », avec une nouvelle loi adoptée il y a quelques années qui affirme le droit des femmes d'« interrompre leur grossesse » dans toutes les circonstances prévues par la loi, y compris en cas de viol, sans qu'il soit nécessaire d'apporter la preuve de celui-ci. Mais cette dépénalisation ne suffit pas au comité des droits de l'homme de l'ONU qui juge l'application de la loi inégale à travers le pays, faute notamment des protocoles médicaux prévus par la loi, et parce que de nombreux travailleurs de santé invoquent leur droit à l'objection de conscience.

L'affaire de « Belén », une jeune femme condamnée à huit ans de prison pour avoir assassiné son bébé dans les toilettes d'un hôpital public, a été exploitée par les pro-avortement. La réalité de l'affaire est dramatique : « Belén », 27 ans, a donné le jour à un enfant vivant d’environ 30 semaines aux toilettes de l’hôpital, le cordon ombilical a été coupé, puis elle a tiré la chasse d’eau et le bébé est mort asphyxié, coincé dans la cuvette. Le comité des droits de l'homme a réclamé la « libération immédiate » de la jeune femme.

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L'actuel ministre des affaires étrangères d'Argentine, Susan Malcorra, a fait dire par son cabinet que « la justice doit être plus claire, avoir une plus grande conscience » sur le thème de l'avortement pour en faciliter l'accès lorsqu'il est dépénalisé, tout en reconnaissant qu'il y a des opinions très diverses à son sujet.

Javier Milei et la Remise en Question de l'Avortement

Javier Milei, vainqueur des primaires à droite en Argentine, ne plaît pas à la presse de gauche en Occident, ni à la presse sous contrôle du Kremlin en Russie. Ce « libertaire » dénoncé comme « économiste ultralibéral » et d'« extrême droite », est partisan de coupes claires dans les impôts et paraît comme l’anti-Juan Peron par excellence.

Milei, qui se déclare provie, veut également remettre en cause l’avortement, légalisé en Argentine voici près de quatre ans, en soumettant la loi à un plébiscite. Il a déclaré : « Je suis contre l’avortement, parce que celui-ci est contraire au droit à la vie. » Il a promis d’abroger « immédiatement » la loi qui l’autorise si une majorité le décide par référendum : « Si les Argentins croient en l’assassinat d’un être humain sans défense dans le ventre de sa mère, on verra bien. »

Rt.com raconte comment le candidat a adopté son « ton violent habituel » pour contester que l’avortement soit un « droit acquis », au rebours des mouvements féministes qui ont « lutté pendant des décennies pour que la loi soit approuvée ». Milei avait dit : « Ce sont des personnes au cerveau lavé par une politique assassine. Comment peut-on qualifier de droit acquis le fait de tuer un être humain ? Quand on bâtit sur un principe moral incorrect, le résultat est immonde. »

Russia Today et l'Avortement en Argentine

Il est important de noter que Russia Today (RT) favorise l’avortement légal en Argentine. Milei est dénoncé comme provie et anti-socialiste dans un deuxième article daté du même jour, RT mobilise de « jeunes étoiles de la musique argentine sur le risque que représente Milei ». Militant pour la santé et l’éducation gratuites, « Sans les soins gratuits, je ne serais pas là », raconte un rappeur.

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Voilà qui devrait donner à réfléchir à ceux qui sont formatés par une propagande insistante de la part de Moscou qui voudrait faire croire aux communautés provie et pro-famille en Occident que la Russie de Poutine travaille à la défense des valeurs traditionnelles. En vérité, la couleur des options mises en avant par les médias russes internationaux varie de langue à langue et de pays à pays. Pour le Kremlin, il n’y a pas de vérité : il y a les actions qui servent la cause. En Argentine, donc, la Russie continue de soutenir l’avortement par la voix de RT, comme ce média n’a d’ailleurs cessé de le faire.

Féminisme Socialiste et l'Avortement

Cette page traite des courants féministes qui s'inscrivent dans la perspective socialiste - quelles que soient les dénominations que l'on peut retrouver : féminisme socialiste, féminisme marxiste, féminisme lutte de classe… En 1830 sous la Restauration, un féminisme militant se développe chez les saint-simoniens et les fouriéristes. Les féministes participent à l'abondante littérature de l'époque, favorisée par la levée de la censure sur la presse.

Flora Tristan (1803-1844) fut une des premières socialistes à tenter de mener de front la lutte ouvrière avec la lutte des femmes. Elle fit un tour de France des filatures et imprimeries et s'investit dans l'organisation des ouvriers et ouvrières. « L’homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme.

Engels fut également marqué par la pièce Une maison de poupée du norvégien Henrik Ibsen, qui montrait l'attitude infantilisante d'un mari envers sa femme, qui à la fin de l’œuvre claque la porte. Certains intellectuels de l'époque parlait utilisaient le terme ibsenisme pour parler de la question des femmes.

Lors de la conférence de Bâle de l'Internationale ouvrière de 1912, Clara Zetkin prononça un discours enflammé pour la Paix et la nécessité des femmes socialistes de lu… Des mobilisations #NiUnaMenos contre les violences faites aux femmes et pour le droit à l'avortement en Argentine, au mouvement #MeToo aux Etats-Unis, en passant par les grèves des femmes contre les inégalités salariales en Islande et en France, pour le droit à l'avortement en Pologne, ou encore les manifestations massives contre la justice patriarcale dans l'Etat espagnol et contre Bolsonaro au Brésil sous le slogan #Elenao, nous vivons aujourd'hui une indéniable résurgence du mouvement des femmes. Cette nouvelle vague émerge dans un contexte international convulsif, marqué par une polarisation sociale et politique dans de nombreux pays. Les femmes anticipent-elles l'ouverture d'un nouveau cycle de radicalisation et de lutte des classes ?

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Polarisation et Débat Public

La question de l'avortement en Argentine est un exemple de la polarisation croissante du débat public. Les messages affichent une teneur de plus en plus nettement négative à partir de l'automne 2018, prélude à la crise des Gilets jaunes. Surtout chez les internautes abonnés aux comptes des médias et des personnalités classés aux extrêmes du spectre politique. Et surtout chez les abonnés les plus jeunes. Apparaît ainsi une polarisation de l'espace des émotions, qui coïncide avec le clivage politique observé lors de la dernière élection présidentielle.

Le féminisme ne m'a pas seulement appris à nommer la violence. Il m'a aussi permis de voir comment elle se fait douce, systémique, presque imperceptible… jusqu'à devenir un régime. Sans exhibition ni morale, loin des postures hystériques, le féminisme que je défends possède les outils et les ressources pour éviter un désastre démocratique. Il peut servir de cadre critique pour penser les dérives de notre époque. Désamorcer un backlash masculiniste qui préfigure toujours une régression brutale des droits des minorités. Refuser la logique de la polarisation binaire qui est en train de détruire le débat public et la démocratie. Réinvestir le lien, l'attention, l'écoute, comme gestes politiques contre la dissolution du commun. Repolitiser l'empathie comme rigueur éthique et comme autre manière de regarder la société. Remettre nos élites face à la question de la décence. Gouverner non pas à l'identique. Mais autrement. Ce livre est une manière de dire : nous avons encore une fenêtre. Et elle se referme vite.

tags: #ivg #en #argentine #russia #today

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