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Le Rôle Crucial de la Puéricultrice en Chirurgie Pédiatrique : Accompagnement Émotionnel et Compétences Psychosociales

Introduction

Le métier de puéricultrice, souvent associé aux soins des nourrissons et des jeunes enfants, prend une dimension particulière dans le contexte de la chirurgie pédiatrique. Au-delà des compétences techniques, l'infirmière puéricultrice joue un rôle essentiel dans l'accompagnement émotionnel des enfants et de leurs familles, confrontés à des situations souvent angoissantes et complexes. Cet article explore les différentes facettes de ce rôle, en s'appuyant sur des exemples concrets et des réflexions issues de la pratique.

Description de la situation

L'activité d'une infirmière puéricultrice est axée sur deux points essentiels : les soins offerts de la naissance à l'adolescence et l'éducation dans les divers établissements de santé accueillant des enfants de moins de 6 ans ainsi qu'au sein des services de protection et de promotion de la santé de l'enfant et de la famille. L'intérêt de ce sujet se trouve dans l'aspect pluridisciplinaire qu'embrasse l'activité de puériculture, notamment dans la promotion et la restauration de la santé de l'enfant (aspect sanitaire), la promotion de l'autonomie et de la socialisation de l'enfant (aspect social et culturel), et la réalisation de tâches de gestion administrative et/ou financière au sein des institutions.

Cadre de références

La néonatologie

La néonatologie est une branche de la pédiatrie axée sur les soins du nouveau-né, qu'il soit normal ou pathologique. La raison d’être de la néonatologie va de pair avec l’histoire de l’intérêt porté sur les bébés prématurés. Pour la France, cet intérêt commence à l’époque de la guerre franco-russe et 1870. En 1923, une pouponnière destinée aux bébés prématurés est ouverte à Chicago. Vers les années cinquante, l’administration d’antibiotiques contre des infections ototoxiques est permise. En 1984, les scientifiques reconnaissent l’idée que les bébés puissent également ressentir la douleur malgré que ceux-ci ne soient pas totalement conscient de leur état. La néonatologie a connu une grande évolution au fil des années et aujourd’hui, grâce aux évolutions techniques, scientifiques et médicales, les soins offerts aux nouveau-nés se sont élargis.

Soins relationnels et compétences psychosociales de l’infirmière puéricultrice

La relation est une forme de coopération qui se crée à la suite de plusieurs interactions et définie le lien entre deux ou plusieurs personnes au fil du temps et peut couvrir plusieurs dimensions : allant d’une dimension émotionnelle vers une dimension cognitive par exemple. Dans une situation de relation, les personnes concernées attendent une réaction des uns et des autres. En outre, la relation décrit donc un processus en tenant compte du dynamique social et temporel entre les personnes concernées. Les relations de soins fait donc référence aux lien tissés dans un contexte de soin, comme les échanges avec le patient ou sa famille. Les relations de soins ne relèvent pas du hasard, avec les soins techniques, elles sont l’expression, l’objectivation de la démarche clinique mise en œuvre dans la prise en charge de la personne soignée. Ces échanges sont sources d’informations et permettent aux soignants de répondre aux attentes des patients et de leurs proches que ces échanges soit réalisée de façon formelles ou informelles et peut se manifester de diverses façons : à travers une relation de civilité, d’empathie ou d’aide.

Selon le ministère de la santé et de la prévention, il est attendu de l’infirmière puéricultrice d’aimer le contact avec les patients et plus spécialement avec les enfants, de maîtriser les connaissances sur le développement de l’enfant et de sa santé, de savoir faire preuve d’écoute auprès des parents, de disposer de bonnes qualités relationnelles et de faire preuve de patience et d’énergie. Les compétences psychosociales sont définies comme la capacité d’une personne à faire face aux exigences et aux défis de la vie quotidienne, les compétences psychosociales peuvent être de nature sociale, émotionnelle ou cognitive. Les compétences psychosociales de l’infirmière puéricultrice font référence à sa capacité à garder un état de bien-être psychique et à le manifester dans son comportement et ses gestes de façon positive dans ses interactions sociales. D’une manière générale, l’on entend par puéricultrice, une professionnelle de la petite enfance chargée de prendre soin des nourrissons ou des bébés de 0 à 3 ans malades ou en bonne santé et est principalement chargée de fournir des conseils aux parents sur les soins à apporter à leur enfant telles que les questions d’éveil, d’alimentation, d’hygiène et du bien-être par exemple.

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Définition des missions de la puéricultrice en milieu hospitalier et accompagnement des parents

Il est primordial de maintenir une relation avec les parents lors des soins des enfants afin de mettre en place une relation de partenariat et de transparence avec les parents afin de pouvoir mieux les soutenir dans la prise en charge de leurs enfants particulièrement dans le cas celui-ci est en fin de vie. Cet accompagnement peut se manifester sous plusieurs formes : un accompagnement technique par exemple ou encore un accompagnement émotionnel. Selon Camille Chevallier et al. le rôle des infirmières puéricultrices dans le soutien à la parentalité peut se faire sous différentes approches :

  1. l’approche contraignante : le professionnel a une posture de surveillance, évaluation, dénonciation, mettant éventuellement en place une sanction pour le parent qui est considéré comme défaillant dans sa capacité à agir ;
  2. l’approche compensatoire : Le professionnel adopte une posture de soins, de formation et d’éducation, de transmission de savoirs ;
  3. l’approche qualifiante : les professionnels ont une position de soutien et d’assistance et confortent les adultes dans leurs compétences, responsabilités et savoir-faire ;
  4. l’approche participative Le professionnel se considère ici en réelle position égalitaire, il ne sait pas mieux que le parent, il sait « autre chose ».

Les tâches d’une puéricultrice, dans ce contexte, peuvent inclure : Offrir un soutien émotionnel et spirituel aux patients et à leur famille ; Aider les familles à comprendre les choix de soins disponibles et à prendre des décisions informées ; Veiller à ce que les souhaits des patients et de leur famille soient respectés et pris en compte dans les soins prodigués ; Offrir un soutien aux familles après le décès du patient en les aidant à faire face à leur deuil.

Définition des besoins des parents en réanimation néonatale et les différentes cultures présentes à l’hôpital

Il est important de noter que les besoins des parents peuvent varier considérablement et que les professionnels de la santé, tels que les puéricultrices, devraient être sensibles à ces besoins et les aborder de manière respectueuse et empathique. Selon Bajwa N et al. les besoins des parents dans une situation de mort d’un bébé en réanimation néonatale peuvent être complexes et variés. Johnson C et al. souligne dans une étude en 2018 l’importance de prendre en compte les besoins spécifiques des parents, car ceux-ci peuvent varier en fonction de la culture, des antécédents et des expériences personnelles. A la suite d’un travail de synthèse, voici un résumé en quelques points des besoins des parents dans une situation de mort d’un bébé en réanimation :

  • Soutien émotionnel : Les parents peuvent être dévastés par la perte de leur bébé et auront besoin de soutien pour faire face au deuil, comme le besoin de temps avec l’enfant après son décès.
  • Soutien pour le deuil : Sur le long terme, les parents peuvent avoir besoins de conseils sur les options de soins et les groupes de soutien.
  • Information et clarification : Les parents peuvent avoir des questions sur les circonstances entourant la mort de leur bébé et auront besoin d’informations claires et précises.
  • Assistance dans la prise de décisions : Les parents peuvent être confrontés à des décisions difficiles quant à l’enterrement ou à la crémation de leur bébé.

Douglas A. Matsunaga et al en 2019 parle l’importance de reconnaître et de comprendre ces différences culturelles par les professionnels de santé, car elles peuvent affecter les pratiques de soins et les préférences des patients et de leurs familles. Les professionnels peuvent travailler avec les patients et leurs familles pour fournir des soins respectueux de leur culture et de leurs croyances, afin de les aider à faire face à la maladie et à la mort de manière significative (Aasim Padela et al. 2011).

La dimension émotionnelle du rôle de la puéricultrice

L'impact émotionnel des soins pédiatriques

Travailler auprès d'enfants malades ou blessés est une expérience émotionnellement intense. La puéricultrice est constamment confrontée à la souffrance, à l'anxiété et à la peur, tant chez les enfants que chez leurs parents. Elle doit faire preuve d'empathie, de patience et de compréhension pour les aider à traverser ces moments difficiles.

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La gestion des émotions de la puéricultrice

Il est essentiel que la puéricultrice soit capable de gérer ses propres émotions pour pouvoir accompagner au mieux les enfants et leurs familles. Cela implique de développer une bonne connaissance de soi, de reconnaître ses limites et de mettre en place des stratégies de gestion du stress. La supervision, le soutien par les pairs et la formation continue sont des outils précieux pour aider les puéricultrices à faire face à la charge émotionnelle de leur travail.

L'importance de la communication

La communication est un élément clé de la relation entre la puéricultrice, l'enfant et sa famille. Elle doit être adaptée à l'âge et au niveau de compréhension de l'enfant, ainsi qu'aux besoins et aux attentes des parents. La puéricultrice doit être capable d'expliquer clairement les procédures médicales, de répondre aux questions et d'apaiser les inquiétudes. Elle doit également être attentive aux signaux non verbaux et aux expressions émotionnelles de l'enfant et de ses parents.

Exemples concrets de situations rencontrées

L'annonce d'un diagnostic grave

L'annonce d'un diagnostic grave est un moment particulièrement délicat. La puéricultrice doit être présente pour soutenir les parents, répondre à leurs questions et les aider à comprendre les implications du diagnostic. Elle peut également les orienter vers des ressources et des professionnels spécialisés.

La préparation à une intervention chirurgicale

La préparation à une intervention chirurgicale peut être une source d'anxiété importante pour l'enfant et ses parents. La puéricultrice peut les aider à se préparer en leur expliquant le déroulement de l'intervention, en répondant à leurs questions et en les rassurant. Elle peut également utiliser des outils ludiques, tels que des jeux ou des dessins, pour aider l'enfant à mieux comprendre ce qui va se passer.

La gestion de la douleur

La gestion de la douleur est un aspect essentiel des soins post-opératoires. La puéricultrice doit être capable d'évaluer la douleur de l'enfant et de mettre en place des stratégies pour la soulager. Elle peut utiliser des médicaments, mais aussi des techniques non pharmacologiques, telles que la relaxation, la distraction ou le toucher thérapeutique.

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L'accompagnement en fin de vie

L'accompagnement en fin de vie est une situation particulièrement difficile, tant pour l'enfant que pour sa famille. La puéricultrice doit être présente pour les soutenir, les écouter et les aider à faire face à la perte. Elle peut également les aider à organiser les obsèques et à faire leur deuil.

Exemple d'une situation de départ

Lors d'un stage au sein du service de réanimation néonatale de l’hôpital Port Royal à Paris 14, un homme est découvert prostré par terre dans une position fœtale. Après avoir compris qu’il s’agit d’un parent d’un bébé hospitalisé dans le service, et qui doit être en conditions désespérées, vu l’état de son père, la puéricultrice en stage ne sait pas quoi faire, et décide de lui demander s’il veut s’éloigner du couloir et aller se poser un peu dans les fauteuils devant l’ascenseur. Une fois au poste de soins, une puéricultrice le prend en charge et ils rentrent ensemble dans la chambre d’Oscar, remplie par les machines d’hypothermie contrôlée. Les collègues expliquent discrètement que les parents d’Oscar étaient venus le jour précédent pour un rendez-vous de contrôle du rythme du bébé, qui était à 38SA+5. Une fois posé le monitoring fœtal, le battement cardiaque du bébé était à entre 65 et 85 bpm, on ne sait pas depuis combien de temps. L’enfant est né 20 minutes après par césarienne code rouge, en état de mort apparente. Un protocole d’hypothermie a été mis en place et le bébé n’est pas stable. Les parents ne sont nullement prêts à voir mourir leur enfant, et ont besoin de temps pour intégrer et accepter la décision. La Puéricultrice sort de la chambre d’Oscar pour laisser le père seul avec son fils et on peut voir qu’elle a pleuré.

Cette situation soulève des questionnements personnels : Comment se manifeste la relation entre parents-soignants ? Où commence et s’arrête la distance professionnelle ? Comment gérer les aspects émotionnels et relationnels en réanimation néonatale ? Comment gérer les émotions de la Puéricultrice dans l’accompagnement des parents d’un bébé en soins palliatifs ? Avons-nous le droit de pleurer avec le parent ? Y-a-t-il des bonnes et mauvaises réactions ? des bonnes ou mauvaises explications ? Comment développer ses compétences psychosociales (notamment la gestion des émotions) spécifiquement en soins palliatifs ?

Sur la base de la situation de départ et des questionnements ci-dessus, la problématique suivante se pose : Dans quelle mesure la puéricultrice peut-elle développer ses compétences psychosociales pour accompagner les parents en service de réanimation néonatale ?

Le développement des compétences psychosociales

La formation initiale et continue

La formation initiale des puéricultrices doit inclure une part importante d'enseignement sur la psychologie de l'enfant, la communication, la gestion du stress et l'éthique. La formation continue est également essentielle pour permettre aux puéricultrices de se tenir informées des dernières avancées et de développer de nouvelles compétences.

La supervision et le soutien par les pairs

La supervision et le soutien par les pairs sont des outils précieux pour aider les puéricultrices à faire face à la charge émotionnelle de leur travail. La supervision permet aux puéricultrices de bénéficier d'un regard extérieur sur leur pratique et de recevoir des conseils et un soutien personnalisé. Le soutien par les pairs permet aux puéricultrices de partager leurs expériences, de s'entraider et de se sentir moins isolées.

La reconnaissance et la valorisation du rôle de la puéricultrice

Il est essentiel que le rôle de la puéricultrice soit reconnu et valorisé par l'ensemble de l'équipe soignante et par la direction de l'établissement. Cela passe par une meilleure reconnaissance de la charge émotionnelle du travail, une meilleure rémunération et des possibilités de développement professionnel.

Méthodologie

Pour recueillir les informations sur le terrain afin de confirmer, d’infirmer ou de nuancer les hypothèses de recherche, une méthode qualitative par le biais d’entretien semi-directif partagé au niveau de 8 puéricultrices peut être envisagée.

Objectif principal de l’enquête

L’objectif principal de l’enquête est de comprendre comment la puéricultrice peut développer ses compétences psychosociales pour accompagner les parents en service de réanimation néonatale.

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