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Les Premières Naissances Issues de l'ICSI et de la FIV : Une Révolution Médicale et Éthique

L'histoire des premières naissances issues de l'injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) et de la fécondation in vitro (FIV) est un récit fascinant de progrès scientifiques, d'espoirs brisés et de triomphes, ainsi que de profonds questionnements éthiques. Ces techniques de procréation médicalement assistée (PMA) ont révolutionné la manière dont nous comprenons et traitons l'infertilité, offrant une lueur d'espoir à des millions de couples à travers le monde.

Les Prémices de la Procréation Assistée

L'idée de manipuler la procréation n'est pas nouvelle. Dès la fin du XVIIIe siècle, un chirurgien anglais, John Hunter, réalisa la première assistance médicale à la procréation en pratiquant l'insémination artificielle. Il préleva le sperme d'un patient incapable d'éjaculer normalement et l'introduisit dans le vagin de sa femme, résultant en une naissance neuf mois plus tard. Bien que discrète en raison de considérations morales, cette première a marqué un tournant : l'acte sexuel n'était plus l'unique voie vers la parentalité.

En France, il fallut attendre les années 1970 pour que l'insémination artificielle se répande, notamment grâce à l'ouverture des centres d'étude et de conservation du sperme humain (Cecos). Cependant, c'est la naissance du premier "bébé-éprouvette" en Angleterre en 1978 qui marqua le véritable début de l'ère de la procréation assistée.

Les Premières Tentatives et les Controverses

Avant le succès retentissant de la FIV, des pionniers comme Gregory Pincus explorèrent les possibilités de la fécondation in vitro. Cependant, Pincus était en avance sur son temps, et ses expériences furent vivement critiquées. L'écrivain Aldous Huxley venait de publier son roman dystopique "Le Meilleur des Mondes", qui dépeignait un avenir sombre où les bébés étaient conçus en éprouvette, privés d'humanité et d'esprit. Le Times Magazine dépeignit alors Pincus comme un "Docteur Frankenstein" transformant la science-fiction en réalité. Ces réactions négatives soulignent les préoccupations éthiques et sociétales suscitées par la manipulation de la vie humaine.

La Naissance de Louise Brown et la Révolution de la FIV

L'amélioration des connaissances biologiques et des techniques médicales permit en 1978 la première naissance viable d'un enfant conçu par FIV. Il s’agit de Louise Brown, née en Grande‐Bretagne, «fruit» du travail de Robert Edwards et du gynécologue Patrick Steptoe. Cette naissance fut un événement historique qui fit la une des journaux du monde entier. Louise Brown, premier bébé-éprouvette, est devenue un symbole d'espoir pour les couples infertiles.

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L'Arrivée de la FIV en France : Amandine, le Premier Bébé-Éprouvette Français

En France, la première naissance issue de la FIV eut lieu le 24 février 1982, avec la naissance d'Amandine à l'hôpital de Clamart. L’accouchement eut lieu dans le plus grand secret : « Un véritable scénario policier avait donc été monté afin de tromper les paparazzi et autres présences gênantes ou indiscrètes. Cette naissance fut le fruit du travail acharné d'une équipe médicale, et elle marqua un tournant dans l'histoire de la médecine reproductive en France.

Y-avait-t-il une compétition en France pour être la première équipe à réaliser une F.I.V. Oui, il y avait une compétition amicale, mais une compétition quand même. Il y avait une autre équipe à Sèvres dirigée par Jean Cohen. À un moment où on faisait des fécondations en cycle naturel, de manière très sporadique, pas comme aujourd’hui, cette équipe avait un problème. Ils n’arrivaient pas à avoir de fécondation. Nous on avait des fécondations, mais pas de grossesses. Donc on a décidé de faire un partenariat, on recevait les ovocytes et dons de sperme de l’équipe de Sèvres, on faisait la fécondation en laboratoire ici et j’allais faire le transfert avec Jean Cohen. La patiente est enceinte, mais elle avorte, du coup cela a créé un lien entre les deux équipes.

Les Défis et les Controverses Éthiques

L’état d’esprit était plutôt mitigé, parce qu’il y avait beaucoup de gens qui étaient opposés. Pas beaucoup de gens savaient que l’on travaillait dessus, mais il y avait déjà eu la naissance de Louise Brown en Angleterre, donc il y avait déjà des réactions et beaucoup de gens trouvaient que c’était une vraie transgression que d’avoir un embryon in vitro sous les yeux, de pouvoir le voir, le toucher, le manipuler, des choses qui étaient impossibles jusqu’à présent. Même des gens très connus dans le milieu scientifique y étaient opposés disant qu’il fallait plus travailler sur l’animal etc. D’ailleurs les essais sur animaux sont venus près de 10 ans plus tard, par exemple chez le singe, ce n’est pas si facile que ça la fécondation in vitro, parce qu’il y a incontestablement des inconnues liées aux espèces, et chez le singe notamment ça fonctionne très mal. Chez la lapine, c’était en 1960, chez la vache ça a été après, très vite.C’était extrêmement enthousiasmant, parce qu’il y avait ce sentiment qu’il y avait là une possibilité qui allait résoudre beaucoup de problèmes sur lesquels on passait des heures et des heures en chirurgie, où on voyait bien que les couples étaient détruits. C’était un espoir. Evidemment dès que ça s’est réalisé, même la première fois, ça a été un “boost” important tant sur le plan scientifique qu’humain. J’étais allé voir Bob Edwards, avant même la naissance de Louise Brown, donc quand il y a eu cette grossesse cela m’a beaucoup stimulé. Je suis allé en stage en Australie, où ils travaillaient aussi sur la question, dans les années 1980-81 et il y avait énormément de points scientifiques qui étaient passionnants et puis de points sociologiques, humains, culturels et éthiques aussi. Pour nous, cela va marquer la naissance de l’éthique, non seulement le président Mitterrand va créer le Comité National d’Éthique mais c’est la première fois que de façon aussi organisée, il va y avoir la nécessité d’avoir une réflexion éthique, peut-être dans le domaine des greffes aussi, mais c’est à peu près à la même période, et ensuite on va passer de l’éthique au droit.

L'Évolution des Techniques de Procréation Assistée

Depuis les premières FIV, les techniques de procréation assistée ont considérablement évolué. Les premières FIV se font sans stimulation hormonale: un seul ovocyte est prélevé,et les chances de succès restent infimes. En 1992, une nouvelle étape est franchie en Belgique avec la première injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI). Cette technique consiste à injecter directement un spermatozoïde dans un ovocyte. Elle est pratiquée lorsque les spermatozoïdes sont incapables de féconder l’ovocyte spontanément ou lorsqu’ils sont trop peu nombreux dans le sperme pour permettre une insémination artificielle ou une fécondation in vitro classique.

Si des couples ne parviennent pas à avoir d’enfant naturellement, différentes techniques peuvent leur venir en aide. Objectif : favoriser la rencontre des gamètes pour former un embryon viable. Cette rencontre peut se faire dans le corps de la femme : il s’agit de l’insémination artificielle (IA), qui consiste à injecter du sperme dans le vagin ou dans la cavité utérine de la future mère. Si cette technique échoue ou si le couple présente une anomalie empêchant la rencontre entre les spermatozoïdes et l’ovocyte, la fécondation in vitro est alors préconisée. La rencontre des gamètes se fait en dehors du corps de la femme, au laboratoire (FIV classique). Si les spermatozoïdes sont trop peu nombreux pour faire une IA ou une FIV classique, ou s’ils sont incapables de pénétrer tout seuls dans l’ovocyte, la technique d’ICSI*, qui consiste à injecter directement un spermatozoïde dans un ovocyte, est recommandée.

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En principe, plusieurs embryons sont obtenus au laboratoire, dont un ou deux sont transférés dans l’utérus de la femme, les autres étant congelés pour un transfert ultérieur si le couple le souhaite. * Ovocyte : cellule sexuelle féminine ou gamète femelle qui n’est pas encore arrivé à maturité ; lorsque l’ovocyte atteint son dernier stade de maturation, on parle d’ovule.

L'AMP : Une Solution pour l'Infertilité et la Prévention des Maladies

L’assistance médicale à la procréation (AMP) s’adresse avant tout aux couples qui souffrent d’un problème d’infertilité, voire de stérilité*. Soit les gamètes sont en nombre insuffisant ou n’ont pas les caractéristiques nécessaires à la fécondation ; soit il existe un obstacle au niveau des voies génitales masculines ou féminines empêchant la rencontre naturelle des gamètes. L’AMP peut aussi être envisagée en cas d’infertilité inexpliquée. Quand les gamètes utilisés sont ceux des futurs parents, on parle d’AMP intraconjugale. Si les spermatozoïdes ou les ovocytes sont absents ou non fonctionnels, ou en cas d’échec de l’AMP intraconjugale, on peut utiliser les gamètes d’un donneur ou d’une donneuse.

L’AMP peut aussi être utilisée quand la procréation naturelle risque de transmettre au partenaire et/ou à l’enfant une maladie d’une particulière gravité, qu’elle soit infectieuse** ou héréditaire. En effet, des tests de dépistage peuvent être réalisés sur les embryons fécondés in vitro afin de détecter la présence éventuelle d’anomalies chromosomiques ou de mutations génétiques (diagnostic préimplantatoire). Dès lors, seuls les embryons dépourvus de ces mutations sont transférés dans l’utérus de la future mère.

Les Taux de Succès et les Risques de la FIV

Les taux de succès de la fécondation in vitro s’améliorent régulièrement : 25% de grossesses et 20% d’accouchements par tentative en France en 2008. Cependant, les contraintes et les risques de ces techniques sont relativement importants. De nombreux embryons se développent anormalement dès les premiers jours ; pour les autres, moins de 20% donnent naissance à un enfant quand ils sont transférés dans l’utérus. Pour améliorer les chances de grossesse, les médecins transfèrent souvent plus d’un embryon dans l’utérus de la future mère (74% des cas en 2008 en France), ce qui est à l’origine de grossesses multiples (20% en 2008). Pour augmenter l’efficacité des techniques d’assistance médicale à la procréation, il faudrait non seulement mieux sélectionner les gamètes utilisés, mais surtout mieux identifier les embryons les plus aptes à s’implanter et à donner naissance à un enfant vivant. Pour cela, des recherches doivent être menées sur l’embryon.

La PMA en France : Évolution et Enjeux Actuels

L’essor de la FIV en France fut. C’est le Groupe d’étude de la fécondation in vitro en France), qui centralise les informations provenant des divers centres, et. « Histoire de la fécondation in vitro » J. En raison de problèmes de stérilité, 150 à 180 couples ont recours chaque année à la fécondation in vitro (Fiv). Certains couples voient leurs tentatives couronnées de succès. dans un ovocyte. Ils sont mariés ou vivent maritalement depuis plusieurs années. famille. parviennent pas à concevoir des enfants. psychologique pour le reste de leur vie. aux couples qui vivent le drame de l'infertilité.

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En France, en 2019, 3,7% des enfants ont été conçus par PMA (procréation médicalement assistée), incluant 2,9% par FIV et 0,8% par insémination artificielle. Autrement dit, en moyenne, parmi un groupe de 27 enfants nés en 2020, l’un de ces enfants a été conçu par PMA.

Aujourd’hui, seuls les couples hétérosexuels ont accès à l’assistance médicale à la procréation (ou procréation médicale assistée, PMA) en France. Le PMA est remboursée jusqu’au 43e anniversaire de la femme. Pour les femmes seules et les couples de femmes homosexuelles, la PMA n’est pas autorisée en France. La PMA pour toutes les femmes est une promesse de campagne du président Macron. Le Comité consultatif national d’éthique s’est prononcé pour en juin dernier. Initialement, une proposition de loi sur la PMA pour toutes devait être déposée par le député LREM Guillaume Chiche. Mais le député de la majorité y a finalement renoncé, le gouvernement ayant décidé d’inclure le sujet de la PMA dans un projet de loi sur la bioéthique qui sera présenté d’ici la fin de l’année.

La GPA reste interdite en FranceLa GPA ou gestation pour autrui, à savoir le recours aux mères porteuses, est interdite en France. Selon un sondage BVA réalisé en mars dernier, 55% des Français sont favorables à la GPA. Mais le président de la République s’est toujours prononcé pour le maintien de son interdiction. En 2010, le Comité consultatif national d'éthique s'était lui aussi prononcé pour un statut quo en matière de GPA. Ce mardi, la direction de La République en marche s'est déclarée favorable à la reconnaissance de la filiation des enfants nés de GPA à l'étranger.

L'Impact de la FIV sur les Naissances Multiples

Le phénomène de naissances multiples (jumeaux, triplés…) associé aux FIV n’est plus autant d’actualité. En effet, sur 100 accouchements résultant d’une FIV, il naissait 130 enfants dans les années 1990 en France, quand aujourd’hui il en naît 107.

La Reconnaissance de Robert Edwards et l'Héritage de la FIV

« Une surprise bien satisfaisante que le prix Nobel de médecine 2010 remis à Robert Edwards ! Enfin la reconnaissance d’un travail qui, depuis plus de trente ans, “a porté ses fruits”. Issue du balbutiement d’une de ces [Nouvelles] façons d’avoir des enfants, je témoigne de 28 ans de sciences, d’humanité et du bien-fondé de ces recherches. J’ai ici une pensée pour René Frydman, Jacques Testard et pour les nombreuses équipes investies dans ce domaine. Ainsi, nous assistons à l’hommage d’un labeur qui, dans ses débuts, controversé mais dirigé par des esprits dynamiques et convaincus, a su inscrire dans les moeurs ces [Nouvelles] façons d’avoir des enfants. La procréation poursuit son chemin, thème en perpétuel devenir pour le XXIe siècle. Cette exposition retrace les premiers pas, parle des acquis mais aussi des différents points soulevés actuellement par les équipes de recherche médicales et soignantes, les futurs parents, la société tout entière… Elle amène le visiteur alerte à des réflexions personnelles, autant en sens pratique ou éthique que du point de vue scientifique ou sociologique.

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