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La Placentophagie : Raisons, Pratiques et Controverses

Ces dernières années, la consommation du placenta après l'accouchement, connue sous le nom de placentophagie, a suscité un intérêt croissant, notamment grâce à la médiatisation par certaines personnalités. Cette pratique, qui consiste à ingérer le placenta cru, cuit ou encapsulé, soulève des questions quant à ses bénéfices réels et aux risques potentiels pour la santé.

Qu'est-ce que la Placentophagie ?

La placentophagie est la pratique consistant à consommer le placenta après l'accouchement. Le placenta, organe temporaire essentiel au développement fœtal, assure la transmission des nutriments et de l'oxygène de la mère au fœtus via le cordon ombilical. Après l'accouchement, ce dernier est expulsé. Certaines femmes choisissent alors de le consommer, motivées par des croyances en ses vertus nutritives et thérapeutiques.

Raisons Invoquées pour la Consommation du Placenta

Les adeptes de la placentophagie avancent plusieurs arguments en faveur de cette pratique :

  • Vertus nutritives et énergétiques : Le placenta est réputé riche en hormones, vitamines (notamment le fer) et minéraux, ce qui lui conférerait des propriétés revitalisantes.
  • Facilitation des suites de couches : La consommation du placenta est censée réduire la douleur, diminuer la fatigue, prévenir la dépression post-partum et stimuler l'allaitement. L'abondance en hormones du placenta conférerait le pouvoir de lutter contre la dépression post-partum, en stabilisant les niveaux sanguins et hormonaux.

Jeanne Goujon, qui a mangé son placenta après son cinquième accouchement, témoigne avoir suivi une intuition profonde et avoir ressenti des bienfaits. Elle souligne la richesse du placenta en fer, protéines, minéraux, vitamines et ocytocine, et évoque son rôle potentiel dans l'augmentation de la production de lait, la réduction du risque de dépression post-natale, l'amélioration du lien mère-enfant et la stabilisation du niveau sanguin. Elle ajoute qu'un simple petit bout de placenta ingurgité contracte immédiatement l’utérus et fait cesser les saignements.

Préparations et Modes de Consommation

Les modes de consommation du placenta sont variés :

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  • Cru ou cuit : Certaines femmes consomment le placenta cru ou cuit, parfois intégré dans des recettes de cuisine.
  • Déshydraté et encapsulé : Le placenta peut être déshydraté, réduit en poudre et encapsulé dans des gélules. Cette méthode est populaire car elle permet une consommation plus discrète et moins rebutante.
  • Autres préparations : Il existe également des préparations de placenta en smoothie, en teinture ou encore sous forme homéopathique.

Des sociétés proposent même de transformer le placenta en gélules contre rémunération. Moyennant des sommes allant de 250 à 270 dollars, le placenta peut être encapsulé par une infirmière ou une sage-femme. La préparation consiste à nettoyer, presser, cuire à la vapeur, couper en tranches, déshydrater, moudre et encapsuler le placenta.

Controverses et Risques Potentiels

Malgré les témoignages et les arguments avancés, la placentophagie suscite de nombreuses controverses et inquiétudes :

  • Absence de preuves scientifiques : Aucune étude scientifique n'a à ce jour démontré les bienfaits de la consommation de placenta sur la santé humaine. Les études existantes sont souvent menées sur des animaux et leurs résultats ne sont pas nécessairement transposables à l'homme.
  • Risques sanitaires : Le placenta agit comme un filtre pendant la grossesse, retenant potentiellement des substances nocives telles que des métaux lourds (mercure, plomb) ou des bactéries. La consommation de placenta mal conservé ou mal préparé peut entraîner des infections ou l'ingestion de toxines.
  • Recommandations médicales : Les autorités sanitaires, comme le CDC (Centre pour le contrôle et la prévention des maladies américain), mettent en garde contre les risques liés à la placentophagie, notamment en raison du processus d'encapsulation qui peut favoriser la prolifération de bactéries.

En France, le placenta est considéré comme un déchet opératoire et sa récupération par la patiente est interdite, sauf dans le cadre d'un usage scientifique ou thérapeutique strictement encadré.

Statut Légal en France

En France, la loi encadre strictement la collecte et l'utilisation des produits du corps humain, y compris le placenta. L'article R.1335-1 du Code de santé publique stipule que le placenta est considéré comme un déchet d'activités de soins à risques infectieux (DASRI) et doit suivre la procédure d'incinération prévue à cet effet.

La collecte du placenta n'est autorisée que dans un but scientifique ou thérapeutique, conformément à la loi de bioéthique. Tout prélèvement de cellules du placenta doit répondre à des conditions précises et nécessiter le consentement écrit de la mère.

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Témoignages et Expériences Personnelles

Malgré les mises en garde et l'absence de preuves scientifiques, certaines femmes témoignent d'expériences positives liées à la consommation de leur placenta. Jeanne Goujon, par exemple, décrit son expérience comme transcendante et symbolique, et affirme avoir suivi son instinct en consommant son placenta.

Ces témoignages, bien que subjectifs, contribuent à alimenter le débat et à maintenir l'intérêt pour la placentophagie.

Placentophagie : Mode ou Tradition Ancestrale ?

La placentophagie n'est pas un phénomène nouveau. L'ingestion de placenta est observée depuis plusieurs siècles chez l'Homme, et peut être assimilée à l'endo-anthropophagie dans un contexte rituel.

Dans le passé, le placenta était utilisé comme une ressource thérapeutique pour favoriser l'accouchement, la montée de lait ou guérir une anémie. Certains composants du placenta, comme l'ocytocine, le fer et la vitamine K, sont reconnus pour leurs effets bénéfiques.

Cependant, la placentophagie telle qu'on la connaît aujourd'hui a émergé dans les années 1970 aux États-Unis, avant de se populariser grâce à des célébrités.

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