La contraception est un sujet central de la santé reproductive, permettant aux individus et aux couples de planifier leur famille et d'éviter les grossesses non désirées. Il existe une variété de méthodes contraceptives, allant des options naturelles aux interventions médicales plus complexes. Cet article explore en détail les différentes approches pour empêcher la fécondation, en mettant en lumière leur fonctionnement, leur efficacité, leurs avantages et leurs inconvénients.
Introduction
La prévention de la grossesse passe par diverses méthodes, chacune ayant ses spécificités. On distingue principalement deux catégories : les méthodes naturelles, qui n'impliquent aucun dispositif médical ou hormonal, et les méthodes artificielles, qui utilisent des barrières physiques, des hormones ou des dispositifs intra-utérins pour empêcher la fécondation. Le choix d'une méthode contraceptive dépend de plusieurs facteurs, notamment la santé individuelle, le mode de vie, la fréquence des rapports sexuels, la volonté d'avoir des enfants à l'avenir et la préférence personnelle.
Les Méthodes de Contraception Artificielles
Les méthodes de contraception artificielles visent à empêcher les spermatozoïdes de féconder l'ovule par le biais de différentes approches.
Les Méthodes Barrières
Ces méthodes empêchent physiquement les spermatozoïdes d'atteindre l'ovule.
- Préservatifs masculins et féminins : Ils créent une barrière physique, empêchant le contact entre le sperme et le vagin. Seuls les préservatifs (y compris les préservatifs féminins) protègent contre les infections sexuellement transmissibles.
- Diaphragme et cape cervicale : Ces dispositifs en silicone souple sont insérés dans le vagin pour bloquer l'accès à l'utérus. Ils sont souvent utilisés avec des spermicides pour une efficacité accrue.
Les Méthodes Hormonales
Ces méthodes utilisent des hormones pour interférer avec le cycle reproducteur féminin.
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- Pilule contraceptive : Elle contient des hormones (œstrogènes et progestatifs) qui empêchent l'ovulation, modifient la glaire cervicale pour empêcher les spermatozoïdes de franchir le col de l'utérus et modifient l'endomètre pour empêcher l'implantation d'un éventuel œuf. Il existe deux sortes de pilules : la pilule œstro-progestative et la micropilule.
- Patch contraceptif : Il délivre en continu des hormones œstro-progestatives à travers la peau. Il est efficace une semaine et doit être changé un jour fixe de la semaine, trois semaines par cycle.
- Anneau vaginal : C'est un cercle en plastique transparent et flexible qui se place facilement dans le vagin et diffuse des médicaments à travers la muqueuse vaginale. Il est placé une fois par mois et retiré trois semaines après.
- Implant contraceptif : C'est un dispositif métallique, de forme et de taille similaire à celles d'une allumette, qui se place sous la peau dans le bras et diffuse en continu une faible dose d'un progestatif de synthèse, pour 3 ans maximum.
- Progestatifs injectables : Il s'agit de l'injection intramusculaire d'un progestatif de synthèse par un médecin tous les 3 mois.
Les Dispositifs Intra-Utérins (DIU)
- DIU au cuivre : Il est inséré dans l'utérus par un professionnel de santé et empêche la fécondation en créant un environnement hostile aux spermatozoïdes.
- DIU hormonal (SIU) : Il libère une petite quantité de progestérone dans l'utérus, ce qui empêche la fécondation et rend la muqueuse utérine impropre à l'implantation.
La Contraception Définitive
Ces méthodes sont irréversibles et impliquent une intervention chirurgicale.
- Ligature des trompes : Elle consiste en l'électrocoagulation et/ou la coupe des deux trompes de Fallope afin d'empêcher le passage de l'ovule par les trompes et d'éviter la rencontre avec les spermatozoïdes.
- Vasectomie : Elle consiste à couper les conduits déférents qui permettent aux spermatozoïdes de sortir des testicules.
Les Méthodes de Contraception Naturelles
Les contraceptions naturelles n’utilisent aucun moyen médical agissant sur le cycle menstruel ou sur l’appareil reproductif. Elles sont généralement moins efficaces à l’usage que les méthodes médicalisées. Ces méthodes peuvent être utilisées par des personnes pour qui la survenue d'une grossesse serait acceptable. Elles sont pour la plupart dérivées de techniques visant à identifier les phases fertiles du cycle dans le but de maximiser les chances de concevoir un enfant. Elles demandent un long temps d’apprentissage et sont contraignantes pour les deux partenaires. La plupart nécessitent d’avoir des cycles réguliers et ne sont donc pas adaptées aux adolescentes ou aux femmes en périménopause.
De nombreuses femmes rejettent les méthodes hormonales et ont recours à des méthodes de contraception dites « naturelles » dont l’efficacité est souvent moins élevée que celle des méthodes médicalisées. En effet, la plupart des méthodes ont des risques d'échec plus élevés que les méthodes médicalisées notamment en raison de nombreux facteurs (stress, fatigue, troubles du sommeil) qui peuvent décaler la période d’ovulation.
L'abstinence Périodique (ou "Méthode Ogino-Knaus" ou "Méthode du Calendrier")
Il s’agit de l’une des méthodes naturelles les moins efficaces, car elle ne tient pas compte de la physiologie du cycle féminin. L'abstinence périodique est une méthode reposant sur le comptage des jours du cycle dans le but de repérer la période fertile (pendant laquelle un risque de fécondation existe). Cette méthode repose sur l'hypothèse fausse que l'ovulation a toujours lieu au même moment. Elle suppose aussi que la période fertile du cycle démarre 4 jours avant l'ovulation alors qu'en réalité, les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu'à 5 jours dans le tractus génital féminin (1).
Comment ça marche ?
Avant de pouvoir utiliser la méthode de l'abstinence périodique, il est nécessaire de respecter une période d'observation de 12 cycles menstruels sans contraception hormonale. Pendant cette période, il est possible d'utiliser une méthode barrière (préservatif interne ou externe, diaphragme, cape cervicale…) pour minimiser le risque de grossesse. A la fin de la période d'observation, il est possible de calculer les jours fertiles lors de chaque cycle (avec un risque d'erreur élevé). Le début de la période fertile est calculé en soustrayant 18 jours au nombre de jours du cycle le plus long. La fin de la période fertile est calculé en soustrayant 11 jours au cycle le plus court.
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Avantages :
- Ne nécessite ni médicament ni traitement médical
- Aucun effet secondaire
- Gratuit
Inconvénients :
- Absence de rapports vaginaux sans protection durant la majeure partie du cycle
- Nécessite d'observer 12 cycles minimum sans contraception hormonale avant de démarrer
- Taux d'échec élevé
La Méthode des Jours Fixes
La méthode des jours fixes est une méthode reposant sur le comptage des jours du cycle dans le but de repérer la période fertile.
Comment ça marche ?
Avant de pouvoir utiliser la méthodes des jours fixes, il est nécessaire de suivre une formation et de respecter une période d'observation de 12 cycles menstruels sans contraception hormonale. Pendant ces périodes, il est possible d'utiliser une méthode barrière (préservatif interne ou externe, diaphragme, cape cervicale…) pour minimiser le risque de grossesse. A la fin de la phase d'observation, seules les personnes ayant des cycles d'une durée de 26 à 32 jours peuvent utiliser la méthode. Les rapports vaginaux doivent ensuite être évités du 8 au 19ème jour du cycle.
Avantages :
- Ne nécessite ni médicament ni traitement ni dispositif médical
- Aucun effet secondaire
- Gratuit
Inconvénients :
- Absence de rapports vaginaux durant la majeure partie du cycle
- Nécessite d'observer 12 cycles minimum sans contraception hormonale avant de démarrer
- Ne convient qu'aux personnes ayant des cycles réguliers de 26 à 32 jours
- Aucune formation n'est reconnue par l'Etat
La Méthode des Deux Jours
La méthode des deux jours est une méthode basée sur l'observation de la glaire cervicale. Elle ne demande pas de reconnaître l'aspect de la glaire mais uniquement d'en vérifier la présence.
Comment ça marche ?
Avant de pouvoir utiliser la méthode des deux jours, il peut être nécessaire de suivre une courte formation. La méthode consiste à vérifier la présence ou l'absence de glaire cervicale matin et soir sur les sous-vêtements ou le papier hygiénique, dès la fin des règles. Les rapports vaginaux sont possibles uniquement s'il n'y a pas eu de glaire la veille et le jour J. Il faut éviter les rapports vaginaux les autres jours. Il peut être difficile de différencier la glaire des pertes blanches (ou leucorrhées) ou du sperme.
Avantages :
- Ne nécessite ni médicament ni traitement ni dispositif médical
- Simple d'utilisation
- Aucun effet secondaire
- Gratuit (hors coût de la formation)
Inconvénients :
- Absence de rapports vaginaux durant la moitié du cycle
- Non adapté aux personnes produisant peu de glaire et à celles ayant des pertes blanches tout au long du cycle
- Non adapté dans de nombreuses situations : IST, vaginites, mycose vaginale…
La Méthode d'Observation de la Glaire Cervicale
La méthode d'observation de la glaire cervicale repose sur l'observation quotidienne de la glaire cervicale. Il s’agit de l’une des méthodes naturelles les moins efficaces.
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Comment ça marche ?
Avant de pouvoir utiliser la méthode d'observation de la glaire cervicale, il est nécessaire de suivre une formation et de respecter une période d'observation sans contraception hormonale pendant 1 mois. Pendant cette période, il est possible d'utiliser une méthode barrière (préservatif interne ou externe, diaphragme, cape cervicale…) pour minimiser le risque de grossesse. Après ce 1er mois d'observation, les personnes repèrent leur période fertile en analysant quotidiennement, par le toucher du col et/ou l'observation, la consistance de la glaire cervicale. Lors des périodes d’ovulation, la glaire cervicale augmente en quantité et devient plus fluide et filante afin de laisser passer les spermatozoïdes. Les rapports sexuels doivent être évités dès l'apparition de la glaire après les règles et quelques jours après l’observation de la glaire filante.
Avantages :
- Ne nécessite ni médicament ni traitement ni dispositif médical
- Aucun effet secondaire
Inconvénients :
- Absence de rapports vaginaux durant la moitié du cycle en moyenne
- La glaire cervicale peut être confondue avec le sperme en cas de rapport sexuel récent
- Non adapté aux personnes produisant très peu ou beaucoup de glaire
- Non adapté aux personnes ayant des cycles menstruels irréguliers
- Non adapté dans de nombreuses situations : IST, vaginites, mycose vaginale…
- Aucune formation reconnue par l'Etat
La Méthode Symptothermique
La méthode symptothermique repose sur la surveillance quotidienne de la glaire cervicale, de la température basale et la palpation du col de l'utérus. Son efficacité a été démontrée dans le cadre d’une utilisation après une formation à la méthode.
Comment ça marche ?
Avant de pouvoir utiliser la méthode symptothermique, il est nécessaire de suivre une formation et de respecter une période d'observation de 12 cycles menstruels sans contraception hormonale. Pendant cette période, il est possible d'utiliser une méthode barrière (préservatif interne ou externe, diaphragme, cape cervicale…) pour minimiser le risque de grossesse.
Pour utiliser cette méthode, il est nécessaire, chaque jour :
- de mesurer et noter sa température basale au réveil, à heure fixe ;
- d'observer la présence et la consistance de la glaire cervicale ;
- de vérifier la position du col de l'utérus.
Le relevé de ces observations permet ensuite de calculer les jours pendant lesquels un risque de grossesse existe. Les rapports vaginaux doivent être évités pendant les jours fertiles.
Avantages :
- Aucun effet secondaire
- Convient aux femmes pour qui la contraception hormonale est contre-indiquée
Inconvénients :
- Méthode contraignante à suivre
- Nécessite d'observer 12 cycles minimum sans contraception hormonale avant de démarrer
- Non adapté dans de nombreuses situations : IST, vaginites, mycose vaginale…
- Aucune formation reconnue par l'Etat
La Méthode MAMA ou Méthode de l'Allaitement Exclusif et de l'Aménorrhée
La méthode MAMA repose sur l'effet contraceptif de la prolactine sécrétée pendant l'allaitement. Pour être efficace, la méthode MAMA doit répondre à des conditions strictes.
Comment ça marche ?
Pour les jeunes mères dont le nourrisson est âgé de moins de six mois, la méthode MAMA (méthode de l'allaitement maternel et de l'aménorrhée) peut être utilisée. En effet l’allaitement a un effet contraceptif grâce à la sécrétion de prolactine, empêchant l’ovulation, lors de la succion par le bébé. Il est nécessaire cependant de remplir trois conditions pour utiliser cette méthode : être dans les six premiers mois qui suivent la naissance ; être en aménorrhée (absence de saignements dix jours après les saignements présents après l’accouchement ; effectuer un allaitement complet ou quasi-complet (pas plus de quatre à six heures d’intervalle entre deux tétées, même la nuit).
Avantages :
- Ne nécessite ni médicament ni dispositif médical
- Gratuit
Inconvénients :
- Non adapté aux femmes qui ne peuvent pas allaiter
- Efficacité limitée à 6 mois maximum
La Méthode du Retrait ou Méthode du Coït Interrompu
La méthode du retrait consiste à éviter le contact entre le sperme et le vagin de la femme lors d'un rapport vaginal.
Comment ça marche ?
Lors d'un rapport vaginal, le pénis est retiré du vagin avant l'éjaculation. Il ne doit pas y avoir de contact entre la vulve et le sperme.
Avantages :
- Ne nécessite ni médicament ni dispositif médical
- Aucun effet secondaire
- Gratuit
Inconvénients :
- Nécessite de maîtriser son éjaculation
- Interrompt la relation sexuelle
- Risque de grossesse augmenté en cas de pénétration post-éjaculation
Contraception d'Urgence
La contraception d’urgence réduit le risque de grossesse non désirée après un rapport sexuel non ou mal protégé (absence de contraception, oubli de pilule, rupture de préservatif…). En cas de besoin répété, une contraception régulière ou à longue durée d’action sera plus adaptée.
Il existe deux types de contraception d’urgence :
- la contraception d'urgence hormonale (sous forme d’un comprimé), accessible sans ordonnance en pharmacie, est à prendre en une fois le plus tôt possible après le rapport sexuel à risque.
- le dispositif intra-utérin au cuivre, sur prescription médicale (médecin, sage-femme).
L’efficacité de la contraception d’urgence est maximale si elle est prise dans les quelques heures qui suivent le rapport. Il en existe deux types : le "lévonorgestrel", efficace pendant 3 jours et l’« ulipristal » efficace pendant 5 jours après le rapport sexuel non ou mal protégé.
Que Faire en Cas de Rapport à Risque ?
Suite à un rapport sexuel non protégé, cela vous expose à un risque de grossesse non désirée et à un risque d'infection sexuellement transmissible. Vous pouvez vous tourner vers un médecin, une sage-femme ou un gynécologue afin de faire un dépistage des infections sexuellement transmissibles. Concernant le risque de grossesse non désirée, il faut utiliser un moyen de contraception d'urgence s'il n'y avait pas de moyens de contraception ou un moyen de contraception mal utilisé, comme un préservatif qui craque ou autre.
Si vous avez eu un rapport qui vous expose à un risque de contamination par une IST, parlez-en rapidement à un professionnel de santé ou prenez rendez-vous rapidement dans un Centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) ou un centre de santé sexuelle.
Comment Savoir si l'on est Enceinte ?
Les signes d’une grossesse (retard de règles, nausées matinales, seins douloureux…) peuvent alerter. Parfois, ces signes peuvent être discrets ou avoir une autre cause, c’est pourquoi il est important de faire un test de grossesse urinaire (disponible en pharmacie ou en grande surface) si vous avez eu un rapport non protégé. L’idéal est de le réaliser le matin, après le réveil. Un test urinaire positif doit ensuite être confirmé par un examen médical et/ou un test sanguin. Pour cela, il faut se rendre chez un professionnel de santé (médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme).
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