N’oublions pas que les enfants montrent leur caractère dès leur plus jeune âge. Il est essentiel de connaître le tempérament de votre enfant, car cela peut vous fournir des informations précieuses sur la meilleure façon, par exemple, d’éduquer votre enfant. Tous les parents souhaitent voir leurs enfants heureux et épanouis. Mais comment s'assurer que nos enfants nagent dans le bonheur et comment favoriser concrètement leur bien-être au quotidien ? Cet article explore les caractéristiques des enfants heureux, les facteurs qui influencent leur bonheur, et offre des pistes pour les parents souhaitant les accompagner sur le chemin de l'épanouissement.
Le tempérament : une base de la personnalité
Presque dès les premiers mois, nous pouvons savoir comment notre petit deviendra à l’avenir. Quelle que soit son évolution, il y aura certains aspects qui ne changeront pas ou qui changeront très peu. Selon la science, il existe trois tempéraments spécifiques :
Les enfants faciles : Ils représentent 40% des bébés. Leur éducation est simple, ils ne sont pas habitués aux problèmes de tempérament et acquièrent facilement des habitudes saines. Ces enfants s’adaptent très bien aux changements et apprennent à obéir aux ordres dès leur plus jeune âge. Ils sourient facilement, tant aux personnes qu’ils connaissent qu’aux étrangers.
Les enfants difficiles : Ils représentent 10% des nouveau-nés. Les parents doivent s'armer de patience car ce sont des enfants difficiles à gérer. Ils sont facilement irritables et n’acquièrent pas facilement des habitudes saines. Il est nécessaire de recourir à des limites fermes, à la didactique et à l’amour afin d’atténuer leur comportement. Ils ont tendance à se sentir insécurisés et mal aimés, ce qui les rend méfiants.
Les enfants apathiques : Ils représentent 15% des nouveau-nés et se distinguent par leur tranquillité. Il n’est pas facile de les voir protester et ils s’adaptent parfaitement au changement. Ils montrent une certaine indifférence aux stimuli extérieurs. Leur indifférence à ce qui les entoure n’indique pas forcément qu’ils aiment ça, mais plutôt un indicateur de conformisme.
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Il est important de noter que ces trois personnalités ne sont pas absolues. Un enfant peut présenter des caractéristiques de plusieurs tempéraments dans des proportions différentes. Par exemple, 35% des enfants ont une personnalité mixte. Bien qu’un enfant soit généralement calme, dans certaines situations, il peut réagir de manière difficile ou être apathique. Il n’existe pas de modèle statique à 100 %, mais il est possible d’identifier un modèle prédominant chez tous les enfants.
Les neuf caractéristiques du tempérament
Des chercheurs ont établi neuf caractéristiques pour décrire les traits de tempérament :
Le niveau d’activité : Il s'agit de l'activité motrice et de la durée des périodes d’activité par rapport aux périodes d’inactivité. Alors que certains enfants ne peuvent pas rester assis tranquillement une minute, d’autres jouent calmement pendant des heures avec leurs jouets. Il est possible d’aider un enfant très actif en lui donnant beaucoup d’occasions de bouger, surtout juste avant un événement où il aura à rester calme.
La régularité et la rythmicité : Il s'agit du niveau de régularité des fonctions biologiques d’un enfant, telles que l’appétit, l’alternance veille/sommeil et les fonctions intestinales. Certains enfants s’endorment et ont faim toujours aux mêmes heures, tandis que d’autres sont beaucoup moins réguliers. Pour cette raison, il ne faut pas s’inquiéter si un enfant va à la selle une fois aux trois jours et qu’un autre y va deux fois par jour. Cela dépend de son rythme biologique.
L’approche, le recul et les premières réactions : Il s'agit de la prudence ou de l’intérêt dont fait preuve un enfant face à de nouvelles expériences alimentaires, sociales et vestimentaires ou à de nouveaux lieux. Certains tout-petits sont des fonceurs qui réagissent avec enthousiasme à la nouveauté, tandis que d’autres reculent devant ce qui sort de l’ordinaire. C’est ce qui explique pourquoi certains enfants vont aller à leur premier cours de natation ou de karaté avec enthousiasme et regarderont à peine leurs parents alors que d’autres vont préférer se coller sur papa ou maman. Les enfants qui ont peur de la nouveauté ont besoin d’être rassurés et encouragés à aller de l’avant.
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L’adaptabilité : Ce trait de tempérament concerne les réactions à long terme d’un enfant face à la nouveauté et son aisance au moment où celle-ci survient. Un tout-petit qui s’adapte facilement se sent plus vite à l’aise lors d’une situation nouvelle qu’un enfant qui s’adapte plus lentement. Une façon d’aider un enfant à mieux s’adapter, c’est de l’amener à vivre graduellement le changement.
Le seuil sensoriel et la sensibilité sensorielle : Les enfants ne réagissent pas de la même façon aux différences de saveur, de texture et de température. Certains sont fortement stimulés par le bruit, le toucher, les lumières brillantes, la texture des vêtements et la sensation de ceux-ci sur leur peau. Leur apprendre à tolérer la sensation en augmentant graduellement l’exposition leur permet aussi de davantage comprendre et de maîtriser leurs réactions.
L’intensité de réaction : Il s'agit du niveau d’énergie manifesté par un enfant lorsqu’il réagit à quelque chose de positif ou de négatif. Certains tout-petits ont des émotions intenses, qui s’interprètent facilement, tandis que d’autres s’expriment de façon beaucoup moins claire ou moins forte. Avec un enfant qui fait des colères, il est essentiel de garder son calme et de discuter avec lui après la crise pour l’aider à mettre des mots sur ses émotions. Se fâcher après lui risque plutôt d’encourager ce comportement difficile.
La qualité de l’humeur : Elle fait référence à la fréquence à laquelle un enfant exprime de la joie ou du plaisir, par opposition à des émotions négatives comme la tristesse ou la colère.
La distractibilité : Elle mesure la facilité avec laquelle un enfant peut être distrait par des stimuli externes lorsqu'il est engagé dans une activité.
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La persistance et l'attention : Elles décrivent la capacité d'un enfant à maintenir son attention sur une tâche, même face à des distractions ou des difficultés.
Les signes d'un enfant heureux
Identifier les signes de bonheur chez un enfant peut parfois être délicat, car ils peuvent être confondus avec des traits de rébellion. Voici quelques indicateurs clés :
L'expression de soi : Un enfant heureux se sent suffisamment en sécurité pour s'exprimer librement, sans crainte d'être jugé.
La curiosité : Il est curieux de découvrir de nouvelles choses et de les confronter à son propre avis.
L'intrépidité : Il tente de connaître ses limites tout en acquérant de l’expérience.
L'implication : Il est implacable face à sa volonté d'aller au bout de ses expériences.
La créativité : Il a envie de créer et de développer ses idées.
La capacité à enfreindre les règles : Il refuse d’être mis dans une boîte et adore trouver de nouvelles façons de faire les choses.
Les facteurs qui influencent le bonheur de l'enfant
Plusieurs facteurs contribuent au bonheur et à l'épanouissement de l'enfant :
La qualité des relations familiales : Les enfants qui grandissent dans des environnements conflictuels ont tendance à moins bien réussir que ceux dont les parents et la famille proche s'entendent bien. Après un divorce, lorsque le parent qui n'a pas la garde des enfants a de fréquents contacts avec eux et qu'il y a peu de conflits, les enfants s'en sortent mieux.
L'écoute et la réactivité des parents : Les parents à l'écoute de leur enfant répondent à ses signaux rapidement et de manière appropriée, et lui offrent une base sécuritaire pour explorer le monde.
La gestion du stress parental : Le stress des parents, notamment lorsqu'ils sont stressés de devoir jongler entre vie professionnelle et familiale, peut affecter les enfants. La contagion émotionnelle (le phénomène qui fait que certaines personnes "attrapent" les sentiments des autres comme un rhume) l'explique facilement.
L'état d'esprit des parents : Un esprit fixe présumera que le caractère, l'intelligence et les capacités créatives sont des choses statiques qui nous sont données et que nous ne pouvons pas changer, et que le succès est l'affirmation de cette intelligence inhérente. Le cœur de cette distinction est la manière dont nous présumons que notre volonté affectera nos capacités, et cela a un effet très puissant sur les enfants.
Les habitudes familiales : Manger avec ses enfants, limiter le temps passé devant les écrans, lire des histoires, passer du temps en famille, sont autant d'habitudes qui favorisent le bien-être de l'enfant.
L'encouragement de la sociabilité : La sociabilité fait partie intégrante du développement et du bien-être de l'enfant, renforçant par la même occasion l'envie d'aller à l'école. Il est primordial d'apprendre à l'enfant qu'il est maître de ses amitiés. En lui faisant comprendre que c'est un choix, il gagne confiance en lui.
L'apprentissage de la gratitude et de la reconnaissance : Les enfants qui développent une attitude de reconnaissance et de gratitude pour les choses qu'ils possèdent, considèrent ce qui est habituel comme un cadeau. Instaurez des rituels simples comme remercier avant les repas ou partager trois choses positives de la journée avant le coucher.
L'éducation au positivisme : Les enfants éduqués dans une interprétation positive du monde sont des enfants plus sûrs d'eux, qui ont confiance en eux. Encouragez votre enfant à voir le verre à moitié plein en reformulant positivement les situations difficiles.
L'évitement des étiquettes : La meilleure façon de développer le bonheur pendant l'enfance est de traiter les enfants sans les cataloguer. Il ne faut pas commettre l'erreur de leur coller une étiquette, comme si être méchant était quelque chose de propre à l'enfant et qu'il soit incapable de changer.
L'autonomie : Les enfants sont plus heureux s'ils atteignent leurs objectifs par eux-mêmes. L'autonomie dans la réussite renforce considérablement l'estime de soi et la confiance en ses capacités.
La gestion des émotions : Il est essentiel d'éduquer l'enfant à développer ses compétences émotionnelles, c'est-à-dire d'apprendre à contrôler et réguler ses émotions pour résoudre pacifiquement les problèmes. Aidez votre enfant à mettre des mots sur ses émotions et enseignez-lui des techniques de régulation comme la respiration profonde ou compter jusqu'à dix.
Les pièges à éviter
Idéaliser l'enfance : Il est important de ne pas idéaliser notre expérience d’enfant, de ne pas en voir que le bon. L’environnement parfait n’existe pas. Les parents parfaits n’existent pas. La mère parfaite n’existe pas.
Nier la souffrance de l'enfant : Plaquer un masque souriant sur le visage d’un enfant triste ou en colère c’est être violent avec lui. Il est important d’accueillir sa souffrance pour permettre la libération.
Cacher les secrets de famille : Les modifications épigénétiques restent en mémoire à long terme grâce à des marqueurs stables. On ne sait pas encore tout à fait comment mais les choses se savent de générations en générations et il est imprudent de les cacher.
Surprotéger l'enfant : Parfois, les parents ont tendance à « sauver » leurs enfants de toute contrariété, mais cela limite leur autonomie et leur capacité à éprouver des sentiments.
Surconsommation et matérialisme : Nos enfants sont élevés dans un "consumérisme compulsif", qui ne les rend évidemment pas plus heureux. Il est important d'éduquer les enfants afin qu'ils donnent aux choses leur juste valeur et qu'ils apprennent à distinguer les valeurs qui comptent vraiment dans la vie.
La pédagogie Montessori : une approche bienveillante
La célèbre pédagogue, Maria Montessori, a mis au point une méthode basée sur la possibilité pour l’enfant d’évoluer à son propre rythme, en partant du principe que chacun est unique. Cette pédagogie apporte avant tout une vision de l’enfant, une réflexion sur sa place dans la société, dans la famille et dans le monde.
Voici quelques recommandations inspirées de la pédagogie Montessori pour une éducation bienveillante :
Les enfants apprennent de ce qui les entoure : Soyez exemplaires.
Si les parents complimentent régulièrement leur enfant : Il apprendra à valoriser les autres. Soyez bienveillants.
Si votre enfant grandit en se sentant sûr de lui : Il pourra apprendre à faire confiance aux autres. Croyez en lui.
N'oubliez jamais de ne pas dire du mal de votre enfant.
Écoutez toujours votre enfant et répondez-lui à chaque fois qu’il vous posera une question ou qu’il fera un commentaire : Soyez dans l’écoute active.
Lorsque vous vous adressez à votre enfant, offrez-lui le meilleur de vous : Prenez soin de vous.
L'importance de la confirmation affective
Aucun être humain ne peut grandir sans confirmation affective, c’est-à-dire le fait de sentir que nous représentons du bon pour l’autre. La façon la plus puissante dont on puisse parvenir à éduquer une personne qui agit de manière qui nous déplaît (qui heurte mes besoins) est de manifester de la compréhension pour ce qu’ils ont fait. Etre en empathie avec les bonnes raisons et les besoins démontre à l’autre qu’on ne le juge pas d’une manière qui implique qu’il a tort : nous comprenons ce qui est vivant en lui quand il fait ce qu’il fait.
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