Henri Julien Félix Rousseau, plus connu sous le nom d'Henri Rousseau ou le Douanier Rousseau, est un artiste peintre français né à Laval en Mayenne le 21 mai 1844 et mort à Paris le 2 septembre 1910. Son œuvre, d'abord moquée, est aujourd'hui reconnue comme une source d'inspiration majeure pour de nombreux artistes modernes. Cet article explore son enfance, sa vie familiale et les éléments qui ont contribué à l'éclosion de son talent unique.
Une Famille et une Jeunesse Marquées par les Voyages
La vie d'Henri Rousseau est intimement liée à celle de sa famille, notamment à son père, Léon Rousseau Pacha. Ce dernier, polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées, fut engagé par Ferdinand de Lesseps pour travailler sur le Canal de Suez. Cette opportunité entraîna la famille Rousseau en Égypte, où Henri passa une partie de son enfance.
Henri Rousseau a grandi, a travaillé et a disparu sous le signe de la lumière. Sa première demeure, vaste et confortable, se trouvait donc au Caire. C'était celle de son père Léon Rousseau Pacha, né en 1840, polytechnicien, ingénieur des Ponts et Chaussées, engagé neuf ans plus tôt par Ferdinand de Lesseps pour creuser un tronçon du Canal de Suez. Brillant organisateur, personnalité affirmée, agnostique, soucieux du renom de la France, il est homme de devoir et fonctionnaire loyal.
La maison et les domestiques sont menés par la compagne de Léon Rousseau, Marie-Angéle Dona, trente ans, d'origine italienne. Henri est l'aîné. Dés qu'il est en âge de se jucher sur une selle on lui fait cadeau d'un âne blanc puis d'un poney avec lequel il se promène dans les rues tortueuses et grouillantes du Caire, souvenir qu'il évoquera plus tard avec enthousiasme. S'y mêlent les odeurs du souk, les rumeurs de la ville, les images des felouques sur le Nil ou de la lumière du soir sur les ruines. Il navigue aussi, par la force des choses mais avec un vif intérêt, entre Alexandrie et les ports de la Méditerranée occidentale.
En 1881 - il a six ans - une insurrection pousse Marle-Angéle à se mettre à l'abri en France avec ses trois premiers enfants durant quelques mois. Henri découvre sa patrie, à Marseille. En 1883, c'est une épidémie de choléra qui les oblige à prendre à nouveau la mer mais cette fois vers Gènes. Inspiré par ces aventures, le gamin dessine sur ses carnets des navires, des soldats et des batailles. Enfin en 1884, Henri - qui a neuf ans - et toute sa famille quittent définitivement l'Egypte. Les Rousseau commencent par s'installer à Cannes puis choisissent Versailles où ils s'établissent en 1885.
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Cette période passée en Égypte influença sans doute son imagination et sa sensibilité artistique. Il garda de cette époque des souvenirs qu'il évoquera plus tard avec enthousiasme : les odeurs du souk, les rumeurs de la ville, les images des felouques sur le Nil, la lumière du soir sur les ruines, des navires, des soldats et des batailles.
De retour en France, Henri entra à l'école Saint-Jean à Versailles en 1885. Henri est travailleur. Aux cours ordinaires, il ajoute des leçons particulières d'allemand, de piano, de gymnastique, d'équitation et d'escrime. Le petit cairote, qui a déjà pas mal bourlingué, se pose : il apprend la discipline, la réflexion, la composition. Il passe le baccalauréat de mathématique élémentaire avec mention assez bien et, répondant aux vécus de son père, entre en mathématique supérieure au lycée Hoche, en 1893. En réalité Henri rêve de tout autre chose, Depuis des années, à la maison comme au collège, il parsème de croquis les marges de ses cahiers et de ses manuels. Ses camarades et ses professeurs n'ont pas manqué de s'en apercevoir. Il a le trait précis, assuré et volontiers incisif. Il serait un bon dessinateur humoristique voire un caricaturiste.
Durant l'été 1894 l'un des prêtres de Saint-Jean l'emmène en Bretagne d'où le jeune homme rapporte un album bourré de croquis : des portraits cocasses, des scènes de marché, des paysages. Il a même brossé une huile de 30 x 40 cm : une plage. Ce n'est pas la première : l'année précédente, il s'était essayé sur un « Paysage de rochers ».
Rousseau Pacha, son père, va prendre l'avis de l'artiste qu'il connaît le mieux, Jean-Léon Gérôme, renommé comme peintre d'histoire et orientaliste. Il l'a reçu jadis, en Egypte, et l'a escorté au Mont Sinaï. Le maître a soixante-dix ans et mène son atelier d'une main de fer. Rousseau lui montre les dessins et les deux toiles de son fils. Accepté. En octobre 1894 Henri rentre chez Gérôme d'abord pour préparer le concours d'entrée aux Beaux-Arts puis, l'année suivante, comme élève de l'école. Après la férule des eudistes le voilà sous l'autorité d'un maître vieillissant, parangon de l'académisme, intransigeant sur l'apprentissage des techniques et maniaque sur l'exactitude des détails d'une toile.
Autour d'Henri ne règne guère la fantaisie. Dans la vaste demeure que Rousseau Pacha a fait bâtir à Versailles les enfants se préparent à des destins ultra classiques. Parmi les soeurs d'Henri, Louise va épouser un officier, Marguerite un médecin versaillais, Marie le futur général Petit. Chez les frères, Georges guigne Saint-Cyr et Léon une école de commerce.
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Entre 1894 et 1900 Henri, qui réside toujours chez ses parents, fait sagement son service militaire et brillamment ses cinq ans d'apprentissage aux Beaux-Arts. Il y obtient une demi-douzaine de médailles, de mentions et de prix. En 1899, il présente au Salon des artistes français une toile édifiante : Christ guérissant les aveugles. Mention honorable. En 1900, il décroche le « Premier second grand prix de Rome » avec une couvre moralisatrice qui est acquise 1200 francs par l'État : Spartiate montrant à ses fils un ilote ivre pour les écarter de l'ivrognerie. Cette même année il expose au Salon encore un toile pieuse : La Prière. L'oeuvre, représentant des capucins récitant le Pater, est achetée 1500 francs par l'État pour le musée d'Amiens. Elle lui vaut à la fois une médaille et une bourse de voyage de 4000 francs. Le sage, le conformiste, le très chrétien Henri Rousseau n'est pas seulement conforté par ces honneurs, il est aussi gratifié par les sommes qui les accompagnent.
En cette année 1900, Paris accueille l'Exposition Universelle. L'Impressionnisme a déjà un quart de siècle. Certains de ses maîtres comme Manet et Sisley ont disparu, les autres vieillissent. Renoir et Monet sont sexagénaires, Pissaro septuagénaire. On passe au néo-impressionnisme ou pointillisme avec Seurat (décédé depuis neuf ans) et Signac. Henri, lui, profite de sa bourse pour faire une sorte de voyage initiatique. En compagnie d'un camarade d'atelier le voilà parti pour la Flandre où il visite Ypres, Bruges, Gand, Anvers. De là il passe en Hollande : Dordrecht, Amsterdam, le Zuiderzee, La Haye. Retour par Bruxelles, Louvain, Malines et Bruges, à nouveau. Il passe des heures dans les musées à contempler les chefs-d'uvre des grands ancêtres. Dans ses lettres il parle avec émotion de Memling, Van Eyck, Rubens, Frans Hals, Ruysdael, jan Steen, Rembrandt. Mais aussi il flâne et il travaille (une douzaine d'études et de portraits). Trois mois durant lesquels son guide invisible n'est autre qu'Eugéne Fromentin qui, vingt-cinq ans plus tôt, avait accompli ce périple et l'avait relaté dans Les Maîtres d'autrefois. Ce peintre-écrivain, qu'il n'a pas connu mais qu'il a lu à fond et dont il connaît les toiles, restera son vrai maître jusqu'à la fin.
C'est en se remémorant Un été dans le Sahara et Une année dans le Sahel qu'Henri continue son voyage, en janvier 1901. Il descend la vallée du Rhône qu'il redécouvre par la vitre du train, passe à Marseille et, dédaignant l'Italie où il aurait maintes raisons artistiques et familiales de se rendre, s'embarque pour la Tunisie. À l'abreuvoir (1926) Gouache et fusain sur papier, 47 x 61.5 cm. Il est tellement séduit qu'il y reste cinq mois, parcourant le pays en tout sens, en train, en patache, à cheval et à dos de mulet, bravant la chaleur, le sirocco et la poussière. Ebloui par les souks, les patios, les oliveraies, les jeunes bédouines, les bergers et les hommes à cheval dans les grands espaces il brosse des huiles rapides sur de petits panneaux de bois dont il tirera plus tard, à Paris, une demi-douzaine de toiles. Infatigable, Rousseau passe en Algérie où, malgré une chaleur d'enfer, il visite Bone, Philippeville, Constantine, Sétif, Alger et Oran. De ce port un bateau le conduit à Carthagéne, en Espagne, où durant un mois encore il traverse Murcie, Grenade, Séville, Cordoue, Madrid, Tolède, Avila et Burgos. Mais son rêve s'est évanoui au passage de la frontière tunisienne.
Vie Familiale et Mariages
La vie sentimentale d'Henri Rousseau fut marquée par deux mariages. En 1869, il épousa Clémence Boitard, avec qui il eut sept enfants, dont un seul survécut jusqu'à l'âge adulte. Après le décès de Clémence en 1888, Rousseau se remaria en 1902 avec Alice Ravanne.
Peu de mois après, le 22 avril 1902, Henri Rousseau épouse Alice Ravanne, d'une année plus âgée que lui fille d'un honorable juriste qui partage sa vie entre Versailles et Cannes. Il emmène la jeune femme en voyage de noce en Italie non sans passer par le Béarn et Aigues-Mortes. Puis il l'installe à Versailles.
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Le nombre exact d'enfants qu'eut Henri Rousseau reste flou, les sources biographiques étant contradictoires ou incomplètes sur ce point précis de sa vie privée. Certaines sources évoquent plusieurs enfants, d'autres se limitent à mentionner une fille. Cette imprécision témoigne de la discrétion entourant sa vie familiale, un aspect souvent négligé par les biographies axées sur son œuvre artistique.
L'éducation qu'il a pu dispenser à ses enfants demeure également un mystère. On ignore le niveau d'instruction qu'il leur a fourni, son implication dans leur quotidien, et les valeurs qu'il leur a transmises. L'absence d'informations précises sur ce sujet ne permet pas de spéculer sur une éventuelle influence paternelle sur le développement de ses enfants, ni de tirer des conclusions sur leur éventuel impact sur sa propre vie artistique. L'opacité entourant la famille de Rousseau contraste avec la richesse et l'originalité de sa production picturale.
La Vie à Versailles et l'Éclosion Artistique
De 1902 à 1913, Henri Rousseau vit ce qu'on pourrait appeler sa période versaillaise. Il a prudemment loué un atelier dans la Villa des Arts, une pittoresque cité aujourd'hui inscrite à l'inventaire des monuments historiques - qui abrite une trentaine de peintres et de sculpteurs, entre l'avenue de Clichy et le cimetière de Montmartre. Rousseau y vient tous les jours par le train. Il ramène de ses balades - c'est un marcheur de fond - des esquisses souvent assorties d'annotation puis, au calme, il compose des toiles (335 environ selon son catalogue). Il réalise aussi nombre d'illustrations (plus de 250 pour cette période), prépare les décorations murales qu'on lui commande (une vingtaine notamment pour des hôtels particuliers et pour l'hôtel Chatham, prés de l'Opéra). Comme gagne-pain il restaure des toiles de maîtres (220 environ).
Durant cette période prés des deux-tiers des huiles et dessins rehaussés sont inspirés par des personnages, des scènes, des animaux ou des paysages « français ». Vers 1910 cette production devient dominante. Certains critiques le placent au premier rang des successeurs de Constant Troyon (1810-1865). En 1911, le galeriste Georges Petit, qui, trois ans plus tôt, a passé contrat avec le locataire de la Villa des Arts, organise une exposition. Celui-ci commence à profiter d'une certaine notoriété. Ses compositions, régulièrement exposées au Salon des artistes français, sont remarquées. Certains musées (Buenos-Aires, Nantes, Dinan, Saint-Quentin, Luxembourg, Cambrai) en font l'acquisition. Une clientèle d'aristocrates et de grands bourgeois fortunés se constitue. D'abord modestes les gains de l'artiste augmentent régulièrement et « décollent » carrément à partir de 1908. Dans sa correspondance Rousseau n'a jamais fait état de préoccupations financières. Lui-même et son épouse ont relu en 1902 une dot confortable.
Plusieurs parenthèses toutefois durant cette période versaillaise et passablement conventionnelle. Dés 1905, Henri fait une escapade d'un mois dans les Aurés, en Algérie. L'année suivante le voilà à Venise, puis à nouveau, brièvement, en excursion à Tlemcen. En 1908, pendant que sa femme et ses cinq premiers enfants prennent l'air en Normandie, il chevauche durant six semaines dans le Constantinois. En mai 1911, il s'accorde dix jours à Tunis et l'année d'après un de ses collègues l'entraîne en Camargue qu'il découvre avec émerveillement. Henri Rousseau reste un peintre voyageur.
Août 1914 : mobilisation générale. Rousseau part dans la territoriale mais, en raison de ses quarante ans et de ses sept enfants, il est rendu à la vie civile dès février 1915. La famille est passablement bousculée. la mobilisation elle se réfugie pour cinq mois en Bretagne. Durant l'hiver 1916 Alice et quatre enfants sont au Bassin d'Arcachon. Tous passent l'hiver 1917 à Cannes et celui de 1918 à Embrun (Hautes-Alpes). La vérité c'est que Marie-Thérése, l'aînée des enfants, est malade : tuberculose ont diagnostiqué les médecins. L'air sec de la Provence lui convient mieux que les brouillards versaillais. Voilà la raison principale du déménagement d'Henri Rousseau à Aix-en-Provence, en septembre 1919. Il a acheté à la sortie sud de la ville, prés du champ de manoeuvres (à deux pas de la route Cézanne) une maison de dix-neuf pièces entourée d'un jardin. Elle est baptisée le Mas. Le peintre l'a surélevée d'un atelier. Il est désormais à une heure de tram du port de Marseille, à proximité de la Camargue et à quelques quarts d'heure de vélo des villages provençaux. La santé de sa fille aînée mais aussi l'attrait du Midi l'ont incité à prendre cette grave décision qui le coupe de ses amis et du marché parisien. En réalité Henri s'est mis à détester Versailles qu'il accuse d'être un tombeau.
Après que son camarade le peintre Doigneau lui a servi de mentor en Camargue en 1912, il y est revenu seul en 1913 et en 1914. Par des lettres quotidiennes à son épouse (Henri a toujours en un correspondant-confident : d'abord son père puis sa femme) il a relaté ses découvertes avec enthousiasme. Commence alors pour Henri Rousseau la période provençale, celle de la maturité, de l'accomplissement et de la réussite. Physiquement Rousseau est un homme mince, en excellente santé, solide, rustique, capable de marcher, de pédaler ou de rester en selle de très longues heures. Son visage est aquilin et austère. Il est toujours prêt à partir pour une promenade, une excursion ou un périple au long cours. Ses proches le décrivent comme franc (souvent à l'excès), ordonné, précis mais nerveux. Il est modeste plutôt timide, pudique, peu liant et volontiers taciturne en public.
Comme il l'était sur les bancs du collège, Rousseau est un gros travailleur. Le catalogue de ses oeuvres compte 1850 items dont 913 huiles (53%), 336 dessins rehaussés (20%) et 346 tout-petits. Ces miniatures, confection dominée en atelier, ne dépassent pas 20 x 16 cm. Elles commencent à être à la mode au cours de la Grande Guerre et leur succès ne se démentira pas jusqu'en 1933. Mais derrière ces couvres mises sur le marché on trouve nombre d'études que l'artiste donne à ses hôtes, à ses amis, ainsi qu'à oeuvres charitables. S'y ajoutent une foule de croquis, d'esquisses sur papier et d'études sur panneaux de bois dont une partie restera dans son atelier après son décès. Lecteur assidu, annotant ses livres, adorant la musique classique, sifflotant les airs du répertoire italien, il est aussi, depuis longtemps, un excellent dessinateur. C'est un catholique fervent et même dévot qui jeune les jours prescrits et s'implique dans les oeuvres charitables. Mais il est encore plus fidèle à ses options politiques. Alors que son père était plutôt voltairien, lui est un inconditionnel de Charles Maurras et donc un militant de l'action française. En peinture il admire le talent de Maurice Denis, de Gauguin et de Cézanne bien qu'il les juge «incomplets ». Mais son style à lui reste imperturbablement classique.
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C'est à partir de cette période qu'il développa son style naïf caractéristique, explorant des thèmes variés tels que les paysages de jungle, les portraits et les scènes de genre.
L'Art Naïf et l'Inspiration Exotique
Henri Rousseau est célèbre pour ses paysages exotiques, notamment ses jungles luxuriantes. Bien qu'il n'ait jamais quitté la France, il puisait son inspiration dans les livres de botanique, les visites au Jardin des Plantes et au Jardin d'Acclimatation de Paris.
Ses jungles inextricables font coexister marronniers, cactus, sansevières, lotus ou bananiers, sans aucun souci de cohérence, de vraisemblance ou de proportion. Il en résulte des tableaux denses, foisonnants, mêlant toutes les nuances de vert et une infinité de couleurs lumineuses.
L'Exposition Universelle de 1889 à Paris, a pu amplifier cette influence. Il a pu y observer des plantes exotiques et des ambiances lointaines, nourrissant son imaginaire et enrichissant sa palette picturale. Ses représentations de jungles, peuplées d'animaux sauvages et de personnages mystérieux, sont loin d'être des copies fidèles de la réalité; elles sont plutôt le fruit d'une interprétation personnelle, d'une vision poétique et onirique du monde exotique. Il s'inspire de ses lectures, transposant dans ses toiles un univers luxuriant et féerique, une jungle rêvée plutôt qu'observée.
Ses voyages imaginaires se reflétaient dans ses œuvres, lui permettant de créer un univers unique et personnel.
Les Thèmes Récurrents dans l'Œuvre de Rousseau
L'œuvre d'Henri Rousseau se caractérise par une exploration thématique riche et variée. De ses paysages de jungle luxuriants à ses portraits et scènes de genre, en passant par ses représentations de cavaliers arabes, son art témoigne d'une imagination foisonnante et d'une vision singulière du monde. Son style naïf et sa palette colorée contribuent à la force expressive de ses toiles.
Ses portraits, souvent réalisés à partir de modèles vivants ou de photographies, se caractérisent par une approche frontale et une simplification des traits. Les visages, dépourvus de détails anatomiques précis, expriment une intensité particulière, une présence forte et mystérieuse. Les couleurs, choisies avec soin, contribuent à l'atmosphère singulière de ces portraits, soulignant l'individualité de chaque sujet.
De même, ses scènes de genre, représentant des moments de la vie quotidienne, se distinguent par une composition originale et une observation attentive des détails. Ces scènes, peuplées de personnages aux attitudes parfois énigmatiques, sont traitées avec une simplicité apparente qui ne masque pourtant pas une grande subtilité. L'artiste, à travers ces représentations, nous offre un aperçu de son environnement proche, de ses observations du monde qui l'entoure. La palette chromatique, souvent riche et contrastée, contribue à l'ambiance particulière de ces œuvres, en créant une tension entre réalité et onirisme.
Parallèlement à ses célèbres jungles, Henri Rousseau a également peint plusieurs tableaux représentant des cavaliers arabes et des scènes orientales. Ces œuvres, moins nombreuses que ses paysages exotiques, n'en témoignent pas moins de son talent et de son imagination. Inspiré par des gravures, des illustrations et des récits de voyage, il a su créer des compositions originales, où les cavaliers, montés sur leurs chevaux, évoluent dans des paysages désertiques ou des architectures exotiques. Les couleurs, souvent chaudes et vibrantes, contribuent à l'atmosphère particulière de ces scènes, mettant en valeur le mouvement et la grandeur des personnages. L'artiste, par son traitement naïf des formes et des perspectives, confère à ces représentations une dimension onirique et poétique.
Reconnaissance Tardive et Héritage
Malgré les moqueries initiales, Henri Rousseau finit par être reconnu par les artistes d'avant-garde comme un précurseur. Son style unique et sa vision singulière ont influencé des mouvements tels que le surréalisme et l'art naïf.
Salué par des artistes comme Jarry, Apollinaire ou Picasso, Henri Rousseau acquiert reconnaissance et une certaine notoriété. Il est embauché comme professeur de dessin et de peinture par l’Association philotechnique. Outre qu’elle constitue une ascension sociale indéniable et une reconnaissance explicite de son talent d’artiste peintre, cette nouvelle position lui assure un moyen de subsistance alors qu’il a cessé de travailler pour l’Octroi en 1893 afin de se consacrer à son art.
Aujourd’hui, Rousseau est considéré comme un immense peintre. Son influence sur les mouvements d’avant-garde, notamment le surréalisme, est indéniable. Il est considéré comme le père fondateur de l’art naïf, son héritage perdurant dans l’art moderne et contemporain.
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