Vous venez de récupérer les résultats de votre bilan sanguin, mais vous n'y comprenez pas grand-chose ? Mieux déchiffrer ce que dit votre prise de sang permet de pouvoir poser les bonnes questions à votre médecin. Quelques pistes sont disponibles sur le site de l'Assurance maladie. Notez que si vous ne vous situez pas dans les "valeurs de référence" présentes entre parenthèses sur le papier, pas de panique : être légèrement en dehors ne signifie pas nécessairement qu’il existe une maladie. Décryptage. Le sang est une véritable mine d’informations sur l’état de santé. Seulement, entre l’hémogramme, la vitesse de sédimentation et les autres paramètres, il y a de quoi s’y perdre ! D’autant que les normes peuvent varier entre les laboratoires. "Ce sont des moyennes, explique le Dr Isabelle Bernard, médecin-biologiste.
Analyse des éléments clés d'une prise de sang
Bilan Hépatique
Il contribue notamment à identifier d’éventuelles pathologies du foie. On dose en général plusieurs éléments :
Enzymes hépatiques
Les enzymes hépatiques sont des substances intervenant dans diverses réactions chimiques de l’organisme telles que la digestion. On en distingue plusieurs types :
- Alanine aminotransférase (ALAT), ou transaminase glutamo-pyruvique sérique (TGP) dont le taux augmente en cas d’hépatite. En général, le taux de référence se situe entre 5 et 50 UI/l.
- Aspartate aminotransférase (ASAT), ou transaminase glutamo-oxaloacétique (TGO) dont le taux s'élève en cas d'affection musculaire ou cardiaque. En général, le taux de référence se situe entre 5 et 50 UI/l.
- Gamma-glutamyl transférase (GGT), en quantité excessive, peut correspondre à la présence d’une maladie du foie, du cœur, des reins… La valeur de référence de gamma GT est, chez l’homme, inférieure à 45 UI/l (unités internationales par litre) et, chez la femme, inférieure à 35 UI/l.
- Phosphatase alcaline (PAL) est en partie évacuée du corps via la bile. Sa quantité dans le sang devient plus importante en cas d'obstruction des voies biliaires, complication de la lithiase vésiculaire.
- Bilirubine est un pigment jaune produit par la dégradation de l’hémoglobine des globules rouges. Le foie assure normalement son élimination. En cas de dysfonctionnement hépatique, la bilirubine s’accumule dans le sang et provoque une jaunisse.
- Albumine est la protéine la plus abondante dans le sang.
Bilan Lipidique
C’est l’évaluation de la concentration de glucose (principale source d’énergie de l’organisme) dans le sang. Il vise à mesurer les quantités des deux principaux types de lipides (graisses) dans le sang :
- Cholestérol: Il est principalement fabriqué par le foie, et aussi apporté par l’alimentation. Son dosage concerne trois éléments distincts. Le taux de cholestérol total peut être élevé, mais est habituellement inférieur à 2 g/l.
- Le LDL-cholestérol (ou "mauvais cholestérol") est transporté dans le sang vers les cellules. Il peut se déposer sur la paroi des artères si son taux est trop élevé, ce qui augmente le risque cardiovasculaire. Chez un individu de moins de 50 ans sans facteur de risque, sa valeur se situe habituellement en dessous de 1,6 g/l.
- Le HDL-cholestérol collecte le "mauvais cholestérol" en excès dans le sang, pour l’amener jusqu’au foie qui assure son élimination. Ce "bon cholestérol" exerce donc un effet protecteur sur l’organisme, a fortiori si sa quantité est élevée. Il se situe habituellement entre 0,4 à 0,5 g/l chez l’homme et entre 0,5 g et 0,6 g/l chez la femme.
- Les triglycérides sont apportés par l’alimentation. Ils sont stockés dans des cellules dites "adipeuses", pour servir de réserve d’énergie à l’organisme. Ce sont les autres graisses qui circulent dans le sang. Leur dosage permet une évaluation du risque cardio-vasculaire. C’est principalement le signe d’un risque cardio-vasculaire. Mais ce taux est important en cas de surconsommation de sucre, de tabac ou d’alcool. Il s’observe aussi chez les personnes obèses et diabétiques.
Hémogramme : Analyse des Cellules Sanguines
Globules Rouges (Hématies)
Ils servent à transporter l’oxygène des poumons vers les tissus. On évalue leur nombre, par exemple pour détecter une polyglobulie (taux d’hématies trop élevé). On étudie aussi plusieurs autres caractéristiques des globules rouges. Les globules rouges ou "hématies" ou "érythrocytes" désignent des cellules sans noyau qui circulent dans le sang. Elles servent à transporter l'oxygène jusqu'aux cellules et rejettent le gaz carbonique. Indispensables, les globules rouges permettent de vivre. Chaque globule rouge contient de l'hémoglobine, protéine riche en fer. L'hémoglobine est une protéine qui permet de transporter l'oxygène des poumons vers les différents organes du corps et à éliminer le gaz carbonique des organes vers les poumons. L'hémoglobine apporte la couleur rouge du sang. Le nombre total des globules rouges s'établit environ entre 3,5 millions à 6 millions par mm3 de sang. Chez les bébés le nombre de globules rouges est d'environ 5,8 millions/mm3 et une hémoglobine comprise environ entre 13 à 16 g/dl. Le nombre de globules rouges chez les femmes est compris 4 et 5,4 millions/mm3 avec une hémoglobine de l'ordre de 14 g/100 dl. Le taux de globules rouges se mesure lors d'une prise de sang. Une fois la prise de sang réalisée, le résultat doit être interprété. "Il faut demander une interprétation des résultats à son biologiste médical ou son médecin, ne pas s'affoler. Si les chiffres sont supérieurs à la norme, une polyglobulie peut être évoquée. Certains facteurs peuvent agir sur le nombre de globules rouges. "Des causes "endogènes", votre moelle osseuse diminue la production ou des causes exogènes, il vous manque des composants pour les fabriquer (fer, vitamine B12 ou des folates par exemple)", explique François Blanchecotte. Consultation remboursable sous certaines conditions.
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- Volume globulaire moyen (VGM) est un indicateur de la taille des globules rouges. Le VGM est une donnée très utile en cas d'anémie ou de consommation chronique d'alcool. Le dosage du VGM fait partie du dosage sanguin de la numération formule sanguine, appelée NFS. Le VGM se mesure au moyen d'une prise de sang veineux au pli du coude généralement. Il peut être directement mesuré par les automates de numération, ou calculé en divisant l'hématocrite par le nombre de globules rouges. Le VGM est augmenté quand les globules rouges sont plus gros que la normale (macrocytose), comme par exemple lors des anémies causées par un déficit en vitamine B12 ou B9 (on parle "d'anémie macrocytaire"), ou bien en cas d'alcoolisme chronique. Quand le VGM diminue, les globules rouges sont plus petits que la normale (microcytose). C'est le cas principalement dans les anémies dites "microcytaires" causées par une carence en fer ou une thalassémie. Une consommation excessive et prolongée d'alcool entraîne une augmentation du Volume Globulaire Moyen (supérieur à 98 femtolitres). "Une anomalie du VGM ne peut pas être interprétée sans l'ensemble des données de la prise de sang et de l'examen clinique.
- Hématocrite est le pourcentage du volume sanguin occupé par les hématies. Il diminue en cas d’anémie, et augmente par exemple lors d’un épisode de déshydratation. L’hématocrite est le volume occupé par les hématies dans un volume donné du sang total. La valeur normale dans le sang pour l’homme est de 40 à 52 %.
- Taux de réticulocytes correspond au nombre de jeunes globules rouges nouvellement produits par la moelle osseuse. Il donne donc des indications sur le fonctionnement de cette dernière.
- Taux d’hémoglobine dans le sang est normalement de 13 grammes par décilitre (g/dl) chez l’homme, et 12 chez la femme. À partir du deuxième trimestre de grossesse, il tombe à 10,5 g/dl. L’hémoglobine est une protéine, dont la principale fonction est le transport du dioxygène dans l’organisme. Le taux normal de l'hémoglobine chez l'homme est compris entre 13 et 18 g/dl et chez la femme, compris entre 11,5 à 15,0 g/dl. Les résultats de cet examen sanguin permettent d'orienter le diagnostic, ils doivent être confrontés à l'examen clinique qui aura été réalisé par votre médecin traitant. C'est avec l'ensemble des résultats biologiques et autres explorations que votre médecin pourra vous donner les traitements nécessaires.
- Concentration corpusculaire (ou globulaire) moyenne en hémoglobine (CCMH ou CGMH) est la quantité d’hémoglobine contenue dans 100 millilitres de globules rouges.
- Teneur corpusculaire (ou globulaire) moyenne en hémoglobine (TCMH ou TGMH) est la quantité moyenne d’hémoglobine contenue dans un globule rouge.
- Indice d’anisocytose permet de mettre en évidence les différences de taille des différents globules rouges.
Plaquettes
Elles participent à la coagulation du sang, et à la formation de caillots en cas d’hémorragie (écoulement sanguin). Leur taux anormal peut avoir de multiples causes :
- Une valeur basse révèle par exemple une infection ou un problème de coagulation (avec un risque de saignement prolongé, d’épistaxis ou d’apparition de bleus).Un tel taux peut orienter vers une pathologie maligne, témoigner de la gravité d’une maladie habituellement bénigne ou engager le pronostic vital.
- Une valeur élevée signale un risque d’obstruction d’un vaisseau sanguin (thrombose). Lorsque le taux est trop élevé, les risques de thrombose sont réels.
Habituellement, le nombre de plaquettes se situe entre 150 000 et 450 000 le mm3, chez l’adulte comme chez l’enfant.
Globules Blancs (Leucocytes)
Ils ont en charge la défense du corps contre les micro-organismes (virus, bactéries, champignons). Les leucocytes (globules blancs) sont des cellules du système immunitaire. Ils sont formés dans la moelle osseuse et sont présents dans le sang, la lymphe, les organes lymphoïdes et certains tissus. Une diminution de leucocytes peut évoquer certaines infections virales ou parasitaires, ainsi que l’anémie et certains cancers. Couplée à une diminution de globules rouges, elle apparaît en général dans le cas de maladies affectant la moelle osseuse (myélofibrose, anémie aplasique) ou du Syndrome d’Immunodéficience acquise (SIDA).
- Polynucléaires (Granulocytes) : Les polynucléaires (appelés désormais granulocytes) sont des globules blancs qualifiés de « non spécifiques » car ils ne sont pas dirigés vers un seul antigène.
- Polynucléaires neutrophiles sont des phagocytes, c’est-à-dire qu’ils sont capables d’avaler et de digérer les corps étrangers à l’organisme.
- Polynucléaires éosinophiles font partie des globules blancs. Lorsque notre corps est infecté par un micro-organisme, notamment un parasite, leur nombre augmente. Les éosinophiles agissent aussi dans le cadre d’une réaction allergique. Pour autant, un taux d’éosinophiles trop élevé peut être dangereux pour notre organisme. Comment connaitre son taux ? Quand s’inquiéter ? Quels sont les symptômes en cas d’éosinophiles trop élevés ? Pour protéger notre corps des micro-organismes pathogènes, les agents de notre système immunitaire circulent dans notre sang. Ce sont les globules blancs. Ils se divisent en lymphocytes, en monocytes et en polynucléaires (aussi appelés granulocytes). Les éosinophiles sont produits par la moelle osseuse, au même titre que les autres polynucléaires. Lorsqu’ils sont formés, 99% d’entre eux se dirigent dans nos tissus, notamment au niveau pulmonaire ou gastro-intestinal. Les polynucléaires éosinophiles jouent un rôle important dans les infections parasitaires, la réaction allergique et l’inflammation. Ils ont la capacité de détecter l’endroit d’un parasite ayant intégré notre organisme afin de l’attaquer. Le taux d’éosinophile est calculé dans le cadre d’un examen sanguin appelé Numération Formule Sanguine ou hémogramme. Il s’effectue en laboratoire. Parmi les globules blancs circulant dans le sang, les éosinophiles ne représentent qu’1 à 4%. Des médecins généralistes sont disponibles pour vous prescrire un bilan sanguin depuis chez vous 7j / 7. Dans le cas d’une infection liée à un parasite notamment, l’organisme va produire plus d’éosinophiles afin d’éliminer la menace. Cette réaction est normale et n’engendre aucune conséquence. De même, dans le cadre d’une réaction allergique, on constate une hausse d’éosinophiles. Lorsque le taux d’éosinophiles dépasse les 1 500 / mm3 pendant plus de 6 mois, on parle de syndrome hyperéosinophilique. Il y a un risque d’atteinte des tissus sains de l’organisme. Si l’hyperéosinophilie persiste plus de 6 mois, cela peut endommager certains organes. Des médecins généralistes sont disponibles en vidéo 7j / 7 pour analyser vos résultats de prise de sang. L’éosinophilie légère n’engendre aucun symptôme. Elle passe généralement inaperçue jusqu’à la vérification des résultats de l’examen sanguin. En cas d’éosinophilie détectée, le médecin effectue des analyses complémentaires afin de diagnostiquer la cause. En cas d’infection soupçonnée, le médecin peut prescrire un traitement antibiotique.Si leur nombre augmente, cela est souvent dû à une maladie parasitaire (gale, helminthiases, …).
- Polynucléaires basophiles sont les globules blancs les plus rares.
- Monocytes sont des globules blancs qui évoluent en macrophages ou cellules dendritiques.
Fonction Rénale
Servant à évaluer le fonctionnement des reins, il prend en compte plusieurs éléments :
- Créatinine sanguine provient de la dégradation de la créatine (substance présente surtout dans les muscles, utilisée pour produire de l’énergie). Inutile à l’organisme, elle est éliminée par les reins, pour éviter son stockage dans le sang. Un taux élevé de créatinine signale donc un dysfonctionnement rénal. Sachez toutefois que la quantité normale de créatinine produite dépend de la masse musculaire. Pour cette raison, les concentrations sont plus élevées chez l’homme - entre 80 et 110 μmol/l (micromole par litre) - que chez la femme - entre 60 et 95 μmol/l - et l'enfant. C’est une protéine qui provient de la dégradation d’un constituant des muscles. Sa concentration est élevée dans le sang quand la capacité d’élimination du rein diminue ou qu’elle est faible.
- Débit de filtration glomérulaire (DFG), habituellement supérieure à 90 ml/mn (millilitre par minute), correspond à la capacité de filtration des reins en 24 heures. Il prend en compte 2 éléments :
Inflammation
- Vitesse de sédimentation (VS) correspond à la quantité de sang coagulé dans un tube au bout d’une ou deux heures. Cette valeur permet de diagnostiquer une éventuelle inflammation aiguë ou chronique, quelle que soit son origine (infection, cancer, maladie auto-immune, etc.) Son taux normal - entre moins de 15 et moins de 25 - varie selon le sexe et l’âge, durant la grossesse et avec la prise de certains médicaments. C’est le temps nécessaire aux éléments sanguins (globules blancs, globules rouges et plaquettes) pour se séparer du plasma et se déposer au fond d’un tube à essai posé verticalement. Elle est exprimée en hauteur de cellules sédimentées mesurée au bout d’une et de deux heures. Le temps augmente physiologiquement pendant la grossesse et avec l’âge. Il est donc un peu plus important chez les personnes âgées. Il diminue dans le cas de prise d’anti-inflammatoire. La vitesse de sédimentation n'appartient pas véritablement à l'hémogramme. Elle est souvent prescrite avec la NFS car il faut ajouter, dans l'hémogramme, les plaquettes, cellules servant à la coagulation.
- Protéine C-réactive (CRP) est fabriquée par le foie. Son taux dans le sang augmente vite en cas d’infection ou d’inflammation.
Métabolisme du Fer
Cette protéine assure le stockage du fer dans le sang.
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Fonction Thyroïdienne
Il est réalisé pour rechercher des troubles de la thyroïde. On dose la thyréostimuline hypophysaire (ou TSH), qui stimule la sécrétion des hormones. La TSH est une hormone produite par l’hypophyse. Elle agit sur la thyroïde en stimulant la sécrétion des hormones thyroïdiennes.
Autres Analyses Possibles
- Glycémie : C’est le dosage sanguin du sucre. En dessous de 0,60 g/L, c’est l’hypoglycémie. Si le taux de sucre dépasse 1,25 g/l de sang, c’est l’hyperglycémie, qui peut indiquer un diabète. On effectue alors un autre contrôle à jeun et un dosage de l'"hémoglobine A1C". Celui-ci rend compte de l’équilibre de la glycémie sur les trois derniers mois.
- Acide Urique : C’est le taux d’acide urique, produit de dégradation des protéines. C’est la marque d’une prédisposition familiale ou d’une alimentation trop riche en viandes et en abats.
- Formule Sanguine : Cette analyse est généralement associée à une "formule sanguine" qui évalue les différents types de globules blancs.
- Hormone Chorionique Gonadotrope (HCG) : L’HCG est une hormone sécrétée par le placenta dès la nidation de l’embryon dans l’utérus. Si elle est présente dans le sang, c’est que la patiente est enceinte. Une valeur anormalement élevée par rapport à la date supposée de la procréation peut indiquer que la patiente attend des jumeaux (deux, voire trois).
- Antigène Prostatique Spécifique (PSA) : C’est une protéine produite par la prostate.
Le contexte du Diabète Gestationnel
Bien que l'information fournie ne détaille pas spécifiquement le diabète gestationnel, il est important de noter que le suivi de la glycémie est crucial pendant la grossesse. Le diabète gestationnel est une forme de diabète qui se développe pendant la grossesse chez les femmes qui n'avaient pas de diabète auparavant. Un dépistage et une gestion appropriés sont essentiels pour la santé de la mère et de l'enfant.
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