La grossesse est une période unique et pleine de rebondissements, mais comme toute aventure, elle apporte son lot de moments difficiles à vivre. Des épisodes de stress peuvent survenir, et il est crucial de comprendre les causes, les conséquences et les moyens de gérer cette anxiété. Être enceinte ne signifie pas toujours être épanouie et sereine, et il est normal de ressentir du stress.
Causes de l'anxiété pendant la grossesse
Différents facteurs peuvent provoquer un stress chez la femme enceinte. L'anxiété est le fait de ressentir une sensation de stress de façon constante et diffuse. Si vous êtes de nature anxieuse, un suivi psychologique dès le début de votre grossesse est recommandé.
- Changements hormonaux : Le premier trimestre de grossesse est souvent riche en émotions, dû à l'augmentation du taux de progestérone pour assurer le bon développement de l’embryon.
- Changement de vie : L’annonce d’une grossesse signifie un important changement de vie, ce qui peut faire peur et générer du stress chez de nombreuses femmes.
- Facteurs externes : Certains emplois sont parfois source de stress.
- Prédisposition : Si vous êtes de nature anxieuse, vous êtes plus susceptible de ressentir de l'anxiété pendant la grossesse.
Symptômes de l'anxiété
Quelle que soit la forme de l’anxiété, ses manifestations sont souvent similaires. Aux symptômes psychologiques (angoisse, peur, nervosité, difficultés à se concentrer, irritabilité, distraction) s’ajoutent des symptômes physiques parfois éprouvants : palpitations cardiaques, tension musculaire, sensation d’étouffement, sueurs, bouffées de chaleur ou de froid, sensation de boule dans la gorge ou dans l’estomac, insomnies, etc.
Dans certains cas, l’anxiété ne provoque pas ce type de symptômes mais entraîne la mise en place d’une action répétitive destinée à la soulager de manière temporaire. Ce sont les troubles obsessionnels compulsifs (TOC).
Courants lors de la grossesse, les changements d’humeur, la fatigue, les troubles du sommeil peuvent aussi être symptomatiques d’une dépression, lorsqu’ils sont plus intenses et durent plus longtemps que la moyenne. Peuvent s’ajouter à ces symptômes une tristesse constante, de l’irritabilité, de l’anxiété, une perte d’intérêt pour ses activités habituelles, un sentiment de désespoir, de culpabilité, un manque d’appétit, une incapacité à bien dormir, des pensées macabres.
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Conséquences de l'anxiété pendant la grossesse
La détresse maternelle psychologique représente un problème de santé publique majeur. La dépression toucherait environ 18% des femmes enceintes, et l’anxiété concernerait de 14 à 54% des femmes enceintes.
- Pour la mère : Ces troubles de la santé mentale peuvent notamment augmenter le risque d’avortement spontané, de pré-éclampsie ou d’accouchement prématuré.
- Pour l’enfant : Le stress maternel impacte aussi le développement du système neuronal du fœtus. Certaines recherches étudient le lien entre le stress de la grossesse et l’autisme chez l’enfant. Chez l’enfant, nous savons aujourd’hui que le stress et la dépression chez la mère peuvent être à l’origine de troubles de l’apprentissage ou du comportement. Une étude publiée en 2017 dans la revue Scientific Reports démontre le lien entre stress et fausse couche.
Traitements de l'anxiété pendant la grossesse
Le risque propre lié au médicament, le terme de la grossesse en cours et le désir ou non d'allaiter sont à prendre en compte dans le choix du traitement. Les thérapeutiques non médicamenteuses seront préférées.
Approches non médicamenteuses
- Soutien social : Il est important de pouvoir compter sur vos proches. En cas d’épisode de stress, faites part de votre état émotionnel à une personne de votre entourage.
- Téléconsultation : Si vous ressentez un pic de stress que vous n’arrivez pas à calmer, voire de l’angoisse, vous pouvez téléconsulter dès maintenant un médecin ou un psychologue. Libérez vous de votre stress, parlez-en à un psychologue depuis chez vous.
- Règles hygiéno-diététiques : Le respect de règles hygiénodiététiques simples (arrêt de l'alcool et du tabac, réduction de la consommation de café, pratique régulière d'un sport, relaxation) peut avoir un effet favorable sur le TAG.
- Psychothérapie : Une psychothérapie doit être proposée (au mieux une psychothérapie cognitivo-comportementale, sinon une psychothérapie de soutien). Le patient doit être prévenu qu'il s'agit d'une approche permettant d'éviter ou de réduire les rechutes à long terme, qui sont quasi-constantes dans le TAG.
- Orientation: Au comptoir, lorsque la femme enceinte apparait angoissée, dépressive ou qu’elle présente une peur nous semblant exagérée il est préférable de l’orienter vers un médecin, une sage-femme ou un psychologue.
Approches pharmacologiques
Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) : Si un inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) est nécessaire, on évitera la paroxétine en raison d'un risque possiblement accru de malformation cardiovasculaire (communication interventriculaire et interauriculaire) après exposition en début de grossesse. Les IRS pris pendant la grossesse, en particulier au 3e trimestre, exposent le nouveau-né à des manifestations neurologiques (irritabilité, hyperexcitabilité, hypertonie, tremblements, cris anormaux, difficultés de succion ou trouble du sommeil) et à un risque exceptionnel d'hypertension artérielle pulmonaire. Par ailleurs, certaines études ayant suggéré une augmentation du risque de troubles autistiques chez des enfants exposés aux IRS pendant la grossesse, il est nécessaire d'en informer les patientes (« Risque de troubles neuro-développementaux chez les enfants exposés in utero à certains antidépresseurs », Point d'information, ANSM, mai 2016).
Benzodiazépines : L'utilisation d'une benzodiazépine, de buspirone ou d'hydroxyzine est à éviter en fin de grossesse en raison d'un risque de sédation néonatale. Les benzodiazépines anxiolytiques ne doivent être prescrites qu'en cas de retentissement important des manifestations anxieuses sur le fonctionnement quotidien et la qualité de vie, selon 8 règles strictes de prescription.
- Confirmer la nécessité du traitement par benzodiazépine anxiolytique.
- Limiter la prescription à 12 semaines.
- Débuter par les doses les plus faibles adaptées à la situation clinique.
- Ne pas associer plusieurs benzodiazépines anxiolytiques ou hypnotiques.
- Informer sur les risques associés : sédation, dépendance, interaction avec l'alcool, risque de la conduite automobile.
- Proposer une prise en charge psychologique adaptée.
- Ne pas reconduire une prescription sans réévaluation régulière de sa nécessité.
- Arrêter progressivement le traitement (voir infra).
La HAS considère que la prescription de benzodiazépines anxiolytiques doit s'inscrire dans une stratégie à court terme, soit dans un contexte de crise aiguë d'angoisse (traitement ponctuel), soit en 2e intention après échec ou contre-indication des ISRS ou IRSNA dans les troubles anxieux ou les troubles de l'adaptation (synthèse d'avis de la Commission de la Transparence, septembre 2016).
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- Prégabaline: La prégabaline augmentant le risque de malformations (système nerveux, œil, système urinaire, organes génitaux, fentes oro-faciales), elle ne doit pas être utilisée au cours de la grossesse, sauf en cas de nécessité absolue et les femmes en âge de procréer doivent être informées de ces risques et utiliser une contraception (ANSM, juin 2022).
Anxiété généralisée et troubles anxieux
L’anxiété est une réaction normale qui devient une maladie lorsqu’elle survient alors qu’aucun événement ne la justifie vraiment. On parle alors de troubles anxieux, incompatibles avec la vie quotidienne. L’anxiété peut prendre plusieurs formes : anxiété généralisée, phobies, troubles paniques ou troubles obsessifs compulsifs, les TOC.
L’anxiété généralisée constitue le trouble anxieux le plus courant. Elle touche entre 5 % et 8 % de la population. Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes, surtout après 40 ans. Le trouble anxieux est une maladie psychique fréquente qui s’exprime sous diverses formes (phobie, trouble panique etc..).
Les causes d’un trouble anxieux sont difficilement déterminables. Souvent le trouble anxieux survient sans la possibilité de déterminer l’origine. Toutefois, il existe des facteurs qui favorisent l’apparition de ces troubles comme les changements hormonaux chez la femme enceinte, par exemple.
La surveillance de la femme enceinte qui souffre des troubles anxieux et paniques est très importante. Il existe un lien entre l’anxiété pendant la grossesse et les symptômes dépressives après la grossesse.
Anxiété généralisée
L’anxiété peut être diffuse, persistante, irrationnelle et concerner la plupart des situations de la vie quotidienne. On parle alors d’anxiété généralisée.
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Troubles phobiques
L’anxiété peut également se fixer sur une ou plusieurs situations très précises dont la présence va provoquer des symptômes intenses. Ce sont les troubles phobiques.
Troubles paniques
Parfois, l’anxiété se concentre de manière intense sur une période très courte, quelques minutes à peine. Sans signe annonciateur, elle surgit violemment et provoque des symptômes qui peuvent simuler une crise aiguë de maladie cardiaque, pulmonaire ou neurologique.
Troubles obsessionnels compulsifs (TOC)
Dans certains cas, l’anxiété ne provoque pas ce type de symptômes mais entraîne la mise en place d’une action répétitive destinée à la soulager de manière temporaire. Ce sont les troubles obsessionnels compulsifs (TOC).
Conseils et informations supplémentaires
- Normaliser les émotions : Être enceinte ne signifie pas devenir bouddha. Il est humain de ressentir des émotions, particulièrement lors de la grossesse. Le 1er trimestre étant propice aux sautes d’humeurs, il est normal de devenir irritable, voire de vous énerver.
- Rassurer la patiente : Il est fondamental de rassurer le patient, en dédramatisant la situation (le TAG est un trouble connu, fréquent et traitable).
- Fournir des informations claires : Des conseils et des explications doivent être fournis sur les formes de thérapies proposées et sur les traitements médicamenteux prescrits. Le patient doit être informé des avantages et des inconvénients des différents traitements : délais d'action, effets secondaires probables, réactions éventuelles de sevrage, durée, risque de rechute à l'arrêt.
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