La grossesse à 37 ans est souvent classée parmi les grossesses à risque en raison de l'âge maternel. Bien que cela puisse susciter des inquiétudes, il est important de comprendre les risques potentiels et les mesures de surveillance disponibles pour assurer une grossesse saine. Cet article explore les risques associés à une grossesse à 37 ans, le rôle de l'amniocentèse et l'importance d'un suivi médical rigoureux.
Grossesse tardive : Définition et facteurs de risque
On considère qu'une grossesse est tardive lorsque la future maman a 35 ans et plus. Les grossesses tardives, les grossesses multiples ou encore les grossesses avec une maladie chronique sont considérées à risque. Une grossesse est considérée comme très tardive à partir de 45 ans. L'Espagne se distingue comme le pays en Europe avec le plus grand nombre de bébés nés de mères de plus de 40 ans, et il est de plus en plus courant de rencontrer des femmes qui reportent la maternité.
Plusieurs facteurs peuvent influencer le déroulement d'une grossesse tardive, notamment :
- L'âge maternel: À partir de 35 ans, la fertilité diminue progressivement et le risque de complications augmente.
- Les antécédents médicaux: Il est essentiel de connaître les antécédents de la future maman pour mieux anticiper les éventuels risques.
- Le mode de vie: Une tension artérielle normale va vous aider à rester en bonne santé. Les hausses de tension sont surtout déterminées par trois facteurs : le régime alimentaire, le stress et le mode de vie. Si vous conservez un poids idéal, si vous pratiquez du sport et si vous mangez sainement (un régime riche en légumes, fruits, céréales complètes et protéines maigres, et une faible consommation de sodium) il est plus facile de maintenir des niveaux de tension artérielle normaux.
Risques associés à une grossesse à 37 ans
Une grossesse à 37 ans peut être associée à un risque accru de certaines complications, tant pour la mère que pour le bébé. Il est important de noter que ces risques ne sont pas systématiques et que de nombreuses femmes de 37 ans vivent des grossesses saines et sans complications.
Risques pour la mère
- Diabète gestationnel: C'était tout particulièrement le cas pour l'un d'eux : le diabète gestationnel, trouble de la tolérance au sucre avec augmentation de la glycémie. Les femmes enceintes âgées de plus de 40 ans sont plus à risque de développer des maladies telles que le diabète gestationnel.
- Hypertension artérielle gravidique: Les femmes enceintes âgées de plus de 40 ans sont plus à risque de développer des maladies telles que l’hypertension artérielle gravidique.
- Toxémie gravidique: La toxémie gravidique est aussi plus fréquente après l’âge de 38-40 ans.
- Fausse couche: À partir de 35 ans, la probabilité de subir une fausse couche spontanée augmente considérablement. On parle de 40 % environ par rapport à 15 % pour une femme de 20 ans.
- Grossesse extra-utérine: Au-delà de 40 ans, les risques de grossesse extra-utérine sont plus importants.
- Pré-éclampsie: Au-delà de 40 ans, les risques de pré-éclampsie sont plus importants.
- Hémorragies de la délivrance: Au-delà de 40 ans, les risques d'hémorragies de la délivrance sont plus importants.
- Césarienne: Après 40 ans, l’accouchement par césarienne est plus fréquent.
- Mortalité maternelle: Après 45 ans, le risque de mortalité maternelle est 30 fois plus élevé qu’à 20 ans.
Risques pour le bébé
- Anomalies chromosomiques: Plus la mère est âgée, plus les anomalies chromosomiques sont fréquentes. Par exemple, le risque de trisomie 21, estimé à une naissance sur 1 000 lorsque la mère a 30 ans, s’élève à une naissance sur 50 chez les mères âgées de 42 ans.
- Malformations congénitales: Au-delà de 40 ans, les risques de malformations congénitales sont plus importants.
- Prématurité: Au-delà de 40 ans, les risques de prématurité sont plus importants.
- Retard de croissance intra-utérin (RCIU): Les retards de croissance intra-utérins (RCIU) sont aussi plus fréquents après l’âge de 38-40 ans.
- Faible poids à la naissance: Les bébés nés de mères plus âgées ont tendance à avoir un poids inférieur à la naissance.
Amniocentèse : Dépistage de la trisomie 21 et autres anomalies
Le dépistage de la trisomie 21 est systématique chez les femmes de plus de 35 ans. À partir de 35 ans, pour diagnostiquer d’éventuels troubles chromosomiques, il est conseillé aux femmes qui ont des enfants au-delà de cet âge de réaliser une amniocentèse. La future mère pourra recourir à une amniocentèse afin de déterminer si le fœtus est porteur d’une anomalie chromosomique.
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L'amniocentèse est un examen prénatal invasif qui consiste à prélever un échantillon de liquide amniotique pour analyser les chromosomes du fœtus. Cet examen permet de dépister la trisomie 21 et d'autres anomalies chromosomiques. Habituellement, l'amniocentèse est programmée entre 3 et 3,5 mois de grossesse (soit 15 à 17 semaines d'aménorrhée). Toutefois, on peut la réaliser jusqu'à la fin de la grossesse si nécessaire.
Indications de l'amniocentèse
L'amniocentèse est généralement proposée aux femmes enceintes dans les cas suivants :
- Âge maternel avancé (35 ans et plus).
- Antécédents familiaux d'anomalies chromosomiques.
- Résultats anormaux du dépistage combiné du premier trimestre (échographie et marqueurs sériques).
- Préoccupation parentale concernant le risque d'anomalies chromosomiques.
Risques de l'amniocentèse
Bien que l'amniocentèse soit un examen relativement sûr, elle comporte un faible risque de complications, notamment :
- Fausse couche (risque d'environ 1 sur 100). Toutefois, l’amniocentèse expose à une fausse couche dans un cas sur 100.
- Infection utérine.
- Fuite de liquide amniotique.
- Blessure du fœtus (rare).
Amniocentèse tardive
Une étude rétrospective a été realisée de janvier 1998 à décembre 2006, portant sur 182patientes enceintes d’une grossesse unique ayant eu une amniocentèse du troisième trimestre pour caryotype fœtal et ayant refusé une biopsie de trophoblaste ou une amniocentèse au deuxième trimestre.
Les indications étaient les suivants : risque intégré (âge maternel, mesure de la clarté nucale sur l’échographie du premier trimestre, marqueurs biologiques du deuxième trimestre) supérieur à 1/250 (n=68), âge maternel supérieur à 38ans isolé (n=51), marqueurs biologiques du deuxième trimestre supérieurs à 1/250 isolés (n=34), antécédents d’anomalies chromosomiques personnel ou familial (n=21) ou désir maternel (n=8). Toutes les patientes ont bénéficié de l’analyse par immunofluorescence in situ (Fish). La présence d’une malformation fœtale et/ou d’un retard de croissance dépistés à l’échographie ou enfin d’une séroconversion virale ou parasitaire en cours de grossesse indiquant la réalisation d’un caryotype constituaient un critère de non-inclusion dans l’étude.
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L’âge moyen des patientes ainsi que l’âge gestationnel lors de l’amniocentèse étaient respectivement de 39ans (extrêmes : 23-48) et 32 semaines d’aménorrhées (SA) plus quatre jours (29SA plus cinq jours à 37SA plus six jours). Le délai moyen entre l’amniocentèse et le résultat définitif du caryotype d’une part et l’accouchement d’autre part étaient respectivement de 15jours (7-42) et 47jours (8-69). Aucune anomalie chromosomique n’a été retrouvée sur les caryotypes analysés et aucune interruption médicale de grossesse n’a été réalisée. Neuf patientes sur les 182 (5 %) ont eu un travail spontané, suivi d’un accouchement avant 37SA et six (3,3 %) parmi ces neuf avaient rompu, préalablement, la poche des eaux. Sur les 182patientes, quatre (2 %) ont accouché avant le résultat définitif (culture) du caryotype mais toutes avaient une réalisation d’un examen direct du caryotype par Fish avec un résultat normal connu avant l’accouchement.
Au total, 3,3 % des patientes ont eu une rupture de la poche des eaux avant 37SA, et 5 % des patientes ont accouché avant 37SA. Cette technique permet de s’assurer de l’absence d’anomalie chromosomique chez des patientes n’acceptant pas les risques de perte fœtale liées à une amniocentèse au deuxième trimestre. Elle ne doit cependant être appliquée qu’à des situations particulières et dans des pays où la législation autorise une interruption médicale de grossesse tardive.
Décision éclairée
La décision de subir une amniocentèse est personnelle et doit être prise en concertation avec votre médecin. Il est important de peser les avantages et les risques de l'examen avant de prendre une décision.
Surveillance médicale renforcée
Étant donné que le taux de fausse couche est plus haut à partir de 40 ans, une échographie précoce est systématiquement effectuée pour contrôler le bon déroulement du début de grossesse. Les risques de complications en fin de grossesse et autour de la naissance sont également plus fréquents : vous pourrez avoir une échographie en plus à la fin de votre grossesse, proche du terme, afin de contrôler la taille de bébé, mais aussi la quantité de liquide amniotique. En cas de grossesse tardive, il est recommandé d’être suivie dans un centre spécialisé pour les grossesses pathologiques, même quand tout se passe bien. Il est donc essentiel que la surveillance de la future maman est essentielle dès les premiers mois de grossesse.
Un suivi médical rigoureux est essentiel tout au long de la grossesse. Des spécialistes interviennent généralement en binôme avec le gynécologue chargé du suivi (diabétologue, infectiologue…). Le suivi médical intervient par des séances très rapprochées. Elles peuvent être réalisées au domicile de la future maman, si elle est fatiguée ou alitée. Cette dernière est arrêtée généralement plusieurs semaines avant le début de son congé maternité.
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Ce suivi comprend généralement :
- Des rendez-vous médicaux rapprochés: Vous aurez des rendez-vous médicaux rapprochés avec la réalisation d'échographies notamment.
- Des échographies régulières: Il peut y avoir plus d'échographies couplées à un doppler (mesure du flux sanguin dans les vaisseaux).
- Le dépistage du diabète gestationnel: Un test de glycémie vous sera prescrit au 2e trimestre, examen prescrit dans le cadre de grossesses avant 40 ans.
- La surveillance de la tension artérielle: Le dépistage du diabète et de l’hypertension artérielle est indispensable.
- Des examens sanguins réguliers: Dans ces derniers cas, la grossesse sera ponctuée d'examens plus approfondis.
- Un suivi personnalisé: Bien sûr, si vous avez d’autres soucis de santé, comme une maladie chronique par exemple, des examens supplémentaires vous seront prescrits pour contrôler que tout va bien.
Conseils pour une grossesse saine à 37 ans
En plus d'un suivi médical rigoureux, il est important d'adopter un mode de vie sain pour favoriser une grossesse saine à 37 ans. Voici quelques conseils :
- Adopter une alimentation équilibrée: Comme pour toute grossesse, il faut également surveiller son poids, éviter les aliments salés et savoir se ménager (arrêt précoce de l’activité professionnelle si besoin est).
- Pratiquer une activité physique régulière: L’activité physique pendant la grossesse regorge de bienfaits dont la liste ne cesse de s’allonger à mesure des études réalisées sur le sujet : Diminution de la prise de poids ; Diminution des douleurs musculo-ligamentaires du dos et du pelvis ; Amélioration de l'humeur et de l'estime de soi durant la grossesse mais également dans ses suites ; Diminution du stress et de l'anxiété pendant et après la grossesse ; Diminution des dits « petits maux » de la grossesse : nausées, crampes nocturnes au niveau des jambes, gonflements des jambes, constipation ; Amélioration des troubles du sommeil liés à la grossesse ; Diminution du risque de diabète gestationnel. L’activité physique améliore le bien être physique et psychique de la femme enceinte. Les vertus traversent même la barrière placentaire en favorisant la croissance foetale et en facilitant le travail lors de l’accouchement.
- Prendre des compléments vitaminés: Les compléments vitaminés, comme l’acide folique, aident à prévenir les malformations au niveau du fœtus, et d’autres compléments comme le fer, l’iode et la choline sont des substances qui permettent d’améliorer votre bien-être et votre santé. Dès lors que vous espérez tomber enceinte, vous pouvez prendre 400 microgrammes d’acide folique par jour. Ce traitement sera poursuivi jusqu’à 12 semaines de grossesse. Il permet de réduire le risque de certains problèmes de développement du fœtus lors des premières semaines.
- Éviter l'alcool et le tabac: Nous indiquons à nos patientes qu’elles ne peuvent pas consommer d’alcool durant la stimulation ovarienne, car l’alcool et le tabac sont deux substances à éviter si vous vous préparez à être enceinte.
- Gérer le stress: Les hausses de tension sont surtout déterminées par trois facteurs : le régime alimentaire, le stress et le mode de vie.
- Se reposer suffisamment: Comme pour toute grossesse, il faut également surveiller son poids, éviter les aliments salés et savoir se ménager (arrêt précoce de l’activité professionnelle si besoin est).
Grossesse après 35 ans : Fertilité et PMA
Chez la femme la tendance générale reste une fertilité spontanée qui diminue dès 30 ans et nettement après 37 ans, en raison d’une diminution du nombre et de la qualité des ovocytes.
Le risque de ne pas tomber enceinte spontanément augmente donc avec l'âge de la façon suivante :
- 4 % à 20 ans,
- 14 % à 35 ans,
- 35 % à 40 ans,
- 80 % après 45 ans.
Si vous essayez de concevoir depuis un à deux ans sans succès, une consultation médicale devient nécessaire. Cette consultation peut avoir lieu plus tôt, souvent après 6 mois d'essais infructueux, si la femme a plus de 35 ans ou s'il existe une maladie de l'appareil génital connue ou suspectée chez l’un des partenaires.
Chez Eugin, nous sommes spécialistes en PMA. Nous mettons tous types de traitements à votre disposition, y compris des traitements pour lesquels votre âge n’est pas un facteur déterminant, car on dispose des ovules d’une donneuse qui a passé de nombreux tests médicaux et génétiques.
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