L'apparition d'une boule sous l'aisselle est une source d'inquiétude fréquente. Nos aisselles sont des "carrefours" où se croisent des artères, des veines, des nerfs, des vaisseaux lymphatiques, mais où se trouvent également des ganglions et des muscles. Bien que souvent bénigne, il est essentiel de comprendre les causes possibles, les symptômes associés et le moment opportun pour consulter un médecin. Cet article vous offre un aperçu complet des ganglions axillaires, de leur rôle dans l'organisme aux situations nécessitant une attention médicale.
Anatomie et rôle des ganglions axillaires
Situés dans le creux axillaire, les ganglions axillaires font partie intégrante du système lymphatique. Ces petits organes, mesurant environ 5 mm en temps normal, sont remplis de lymphocytes, des globules blancs essentiels à la défense de l'organisme contre les agressions extérieures telles que les bactéries, les virus et les champignons. Ils agissent comme des filtres pour la lymphe, un liquide transparent qui circule dans le corps et contient des globules blancs chargés de combattre les infections. Sous chaque aisselle se trouvent entre 20 et 40 ganglions lymphatiques. Ces ganglions axillaires sont connectés à ceux du cou, de la poitrine et des bras.
Causes d'un ganglion axillaire gonflé ou douloureux
Un ganglion axillaire gonflé est la plupart du temps bénin et résulte d'un mécanisme de défense de l'organisme. Il apparaît suite à une infection : les lymphocytes se multiplient et créent une réaction inflammatoire locale pour tuer le microbe. Un ganglion axillaire douloureux est donc le signe d'une inflammation, qu'elle qu'en soit la cause. Les ganglions sont naturellement présents dans notre corps. Ils gonflent et deviennent douloureux quand un microbe, un virus ou une bactérie se sont introduits dans l'organisme. En l'occurrence, un ganglion axillaire douloureux peut témoigner d'une simple inflammation locale, après un rasage par exemple. Les causes d'un ganglion axillaire gonflé peuvent être diverses :
- Infections bénignes: La cause la plus fréquente est une infection virale ou bactérienne, comme une grippe, un rhume, une angine, une mononucléose infectieuse ou une infection cutanée locale (coupure infectée, furoncle). Lors d'une infection comme la grippe, le corps fabrique de nombreuses cellules protectrices appelées cellules immunitaires. Ces cellules sont alors stockées dans les ganglions du corps qui gonflent et qui peuvent devenir douloureux : on parle alors d'inflammation. Ainsi, la présence de ganglions au niveau du cou, quand il y a une infection du type angine par exemple, est tout à fait normal. Il s'agit d'une réaction de défense de l'organisme. Les ganglions peuvent rester gonflés quelques semaines après la disparition des signes de la maladie.
- Réactions allergiques: Une réaction allergique à un déodorant, un parfum ou un savon peut provoquer une inflammation des ganglions axillaires. Une allergie au déodorant peut provoquer une réaction aux aisselles. Le fait de changer de déodorant peut déclencher une réaction et développer des ganglions. Le simple retour à son produit habituel résoudra le problème en quelques jours.
- Épilation: L'épilation, qu'elle soit au rasoir, à la cire ou avec d'autres méthodes, peut créer de minuscules traumatismes cutanés, entraînant une réaction du système lymphatique et un gonflement des ganglions voisins. L’épilation n’est pas un geste anodin. Que ce soit au rasoir, à la cire ou avec d’autres méthodes, ces techniques créent de minuscules traumatismes cutanés (apparition de kystes ou ganglions). Notre système lymphatique réagit alors pour protéger la zone, provoquant parfois un gonflement des ganglions voisins.
- Stress et fatigue: Le stress et la fatigue peuvent affaiblir le système immunitaire et entraîner une légère inflammation des ganglions. Un ganglion sous l’aisselle peut se former à cause de la fatigue et du stress. C’est une réaction du corps pour se défendre. Quand nous sommes épuisés ou anxieux, notre système immunitaire fonctionne différemment, ce qui peut entraîner une légère inflammation des ganglions. D’ailleurs, c’est pour cette raison que beaucoup remarquent des ganglions pendant les périodes d’examens ou de forte pression professionnelle.
- Maladies auto-immunes: Dans certains cas, un ganglion sous l'aisselle peut être le signe de maladies auto-immunes comme le lupus, touchant principalement la peau et les articulations. En effet, des ganglions lymphatiques enflés sont parfois observés à la suite d'une poussée de lupus.
- Tumeurs: Plus rarement, un ganglion gonflé peut être le signe d'une tumeur bénigne (kyste) ou maligne (cancer). Les tumeurs au niveau mammaire peuvent provoquer la formation de ganglions axillaires. Cependant, ces tumeurs sont parfois bénignes, il faut donc consulter son médecin dans le but de réaliser un examen clinique.
Comment reconnaître un ganglion anormal ?
Un ganglion normal est généralement petit (moins de 1 cm), souple et mobile sous la peau. Il peut être difficile à sentir s’il n’est pas enflammé. En revanche, un ganglion réactif ou anormal présente certaines caractéristiques :
- Taille: Généralement supérieure à 1 cm. Un ganglion dépassant 1,5 cm requiert généralement une évaluation médicale
- Consistance: Il peut devenir plus ferme
- Sensibilité: Il est souvent douloureux au toucher (il peut provoquer comme une douleur musculaire sous le bras)
- Mobilité: Il reste mobile sous la peau dans la plupart des cas bénins
- Persistance: S’il ne diminue pas après 2-3 semaines, consultez
- Caractéristiques physiques : Un ganglion dur, fixé aux tissus environnants ou indolores est plus préoccupant qu’un ganglion douloureux et mobile
Pour réaliser un auto-examen, placez votre main droite derrière votre tête et utilisez la main gauche pour palper doucement l’aisselle droite (et vice-versa). Utilisez la pulpe de vos doigts pour sentir toute grosseur inhabituelle. N’hésitez pas à le faire régulièrement, cela vous aidera à mieux connaître votre corps et à remarquer plus facilement tout changement.
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Ganglion ou kyste ?
La boule que vous ressentez au niveau de l’aisselle peut aussi correspondre tout simplement à un kyste. Le kyste est une boule pleine de liquide. Pour un kyste à l’aisselle, une chirurgie ou une simple ponction est possible. Une consultation chez le Médecin traitant suivie d’une échographie sera nécessaire pour en découvrir l’origine et prendre les bonnes décisions.
Quand s'inquiéter et consulter ?
Si la plupart des ganglions axillaires sont inoffensifs, certains signes doivent vous alerter :
- Un ganglion qui ne diminue pas après 2 à 3 semaines. Si vous constatez que vos ganglions ne dégonflent pas sous 3 ou 4 semaines, faites-vous examiner par un médecin.
- Un ganglion de taille importante (supérieure à 1,5 cm).
- Un ganglion dur, fixe et indolore. Contrairement aux idées reçues, un ganglion douloureux est souvent moins inquiétant qu’un ganglion indolore. La douleur suggère généralement une réaction inflammatoire normale, tandis que l’absence de douleur peut parfois signaler un processus plus insidieux.
- L'apparition d'autres symptômes tels qu'une fièvre, une perte de poids inexpliquée, des sueurs nocturnes ou une fatigue intense.
- Des antécédents familiaux de cancers, notamment du sein ou des lymphomes.
- L’exposition à certaines substances toxiques ou radiations.
Chez la femme, un gonflement / une douleur au niveau des ganglions axillaires doit faire l'objet d'un rendez-vous médical rapide, chez le médecin généraliste ou chez le gynécologue : il s'agit en effet de l'un des symptômes (parmi d'autres) du cancer du sein, avec la modification de la forme du sein, l'apparition d'un gonflement soudain ou encore une asymétrie au niveau des deux seins.
Examens et diagnostic
Face à un ganglion axillaire suspect, le médecin procédera à un examen clinique complet, en palpant le ganglion et en recherchant d'autres anomalies. Il pourra également vous interroger sur vos antécédents médicaux, vos symptômes et vos habitudes de vie.
Pour affiner le diagnostic, des examens complémentaires peuvent être prescrits :
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- Analyses sanguines: Une numération formule sanguine peut révéler une infection (augmentation des globules blancs) ou une anomalie sanguine. Les marqueurs inflammatoires comme la CRP sont souvent demandés.
- Échographie: C’est généralement le premier examen d’imagerie réalisé. Il permet de visualiser la structure interne du ganglion et d’autres organes voisins.
- Scanner ou IRM: Pour des investigations plus poussées, notamment pour rechercher d’autres ganglions profonds ou examiner les organes environnants.
- Mammographie: Pour faire un bilan si plusieurs ganglions sont palpés et en cas de doute du corps médical.
- Biopsie: La biopsie reste l’examen de référence en cas de doute persistant. Elle consiste à prélever un petit fragment du ganglion, voire le ganglion entier, pour l’analyser au microscope.
Traitements
Le traitement d'un ganglion axillaire dépend de sa cause.
- Infections: Des antibiotiques seront prescrits en cas d’infection bactérienne, tandis que pour les infections virales, c’est souvent le repos qui reste le meilleur allié.
- Inflammation: L’application de compresses chaudes (20 minutes plusieurs fois par jour) peut soulager la douleur et favoriser la circulation lymphatique. Le froid peut également être utile au début, surtout si l’inflammation est importante.
- Cancers: Pour un cancer du sein avec atteinte ganglionnaire, le traitement associe généralement chirurgie, radiothérapie et traitements médicamenteux (chimiothérapie, hormonothérapie ou thérapies ciblées). Pour les lymphomes, la chimiothérapie reste le traitement de référence, parfois complétée par de l’immunothérapie ou une greffe de moelle osseuse dans les cas les plus complexes.
Prévention
Bien qu’on ne puisse pas toujours prévenir l’apparition de ganglions, certaines précautions peuvent limiter les risques :
- Maintenez une bonne hygiène des aisselles, sans pour autant utiliser des produits trop agressifs.
- Optez pour des déodorants sans aluminium ni parfum si vous avez une peau sensible.
- Après une épilation, désinfectez délicatement la zone pour prévenir les infections.
- Renforcer votre système immunitaire reste aussi une excellente stratégie préventive : Alimentation équilibrée, Activité physique régulière, Sommeil suffisant et gestion du stress sont vos meilleurs alliés.
Cancer du sein et ganglions axillaires
Le cancer du sein est probablement la préoccupation la plus connue en lien avec les ganglions axillaires. Dans certains cas, les cellules cancéreuses mammaires migrent d’abord vers ces ganglions. Parfois, un ganglion enflé peut même être le premier signe détectable d’un cancer du sein encore invisible à la mammographie. Le ganglion sentinelle (ganglion le plus proche de l’organe touché) est très souvent retiré en cas de chirurgie du sein pour biopsie. La patiente peut également bénéficier d’un curage ganglionnaire.
Certains changements affectant les seins peuvent laisser penser qu’ils annoncent un cancer du sein. Ce n’est pas toujours vrai mais, dans certains cas, mieux vaut consulter. Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme, et plus il est détecté tôt, meilleures sont les chances de guérison. Le dépistage, notamment par mammographie, joue un rôle clé, mais certains signes visibles au quotidien peuvent aussi alerter.
- « Les douleurs aux seins sont fréquentes et rarement associées à un cancer du sein, rassure le Dr Marc Espié, oncologue spécialiste du cancer du sein à l’hôpital Saint-Louis (AP-HP, Paris). Celles survenant habituellement avant les règles, par exemple, ne doivent pas inquiéter. Des douleurs aiguës à un sein peuvent être dues à un kyste qui, après une échographie ou une mammographie, se révélera le plus souvent bénin. Autre cause possible : une mastite, à savoir une inflammation du sein. Celui-ci devient rouge et douloureux.
- Hors ce cas, l’apparition d’une boule persistante dans un sein ou d’un ganglion sous l’aisselle doit immédiatement pousser à consulter. Dans l’immense majorité des cas, en particulier avant 50 ans, cette boule n’est pas cancéreuse.
- « Si une femme a sur un mamelon une lésion avec un aspect d’eczéma, surtout d’un seul côté, il faut consulter rapidement, insiste le Dr Espié. Cela peut être l’expression de la maladie de Paget du mamelon, une forme rare de cancer du sein ».
- « La déviation du mamelon est plus inquiétante, souligne le spécialiste. C’est le signe que quelque chose se trame en dessous ».
- « Un sein qui, brutalement, devient dissymétrique ou change de volume doit toujours alerter, en particulier après 50 ans », avertit le Dr Espié. Le cancer du sein lobulaire peut même provoquer une rétraction de l’ensemble du sein. Il naît dans les cellules des lobules lactifères de la glande mammaire.
- Fossettes, rides… Un changement d’aspect de la peau, surtout sur un seul sein, doit amener à consulter. « Cela traduit des fixations de tumeurs à la peau ou au niveau des muscles », précise le Dr Espié.
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