La vie de Dalida, immense star de la chanson française, fut une mosaïque de succès éclatants et de drames intimes. Parmi les figures qui ont traversé son existence, François Naudy occupe une place particulière : celle du dernier compagnon, témoin des derniers moments d'une femme brisée par les épreuves. Avant de mettre fin à ses jours le 3 mai 1987, Dalida partageait sa vie avec ce médecin. Cet article se propose d'explorer la relation entre Dalida et François Naudy, en s'appuyant sur les témoignages et les événements qui ont marqué cette période sombre de la vie de la chanteuse.
Une rencontre tardive, un espoir fragile
Les chemins de Dalida et François Naudy se croisent en 1985. Dalida, déjà marquée par des histoires d'amour tumultueuses et des deuils douloureux, rencontre un homme qui, selon les dires, avait du mal à s'engager. Après des études de philosophie, il s'est tourné vers la médecine pour devenir un Maître en la matière. Le docteur François Naudy exerce en cabinet de médecine interne à Paris depuis 1981. Il a pratiqué à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris de 1959 à 2009, au CHU de Bicêtre et Jean Verdier, avec l'expérience de chef de service à l'hôpital d'Issoudun.
"La goutte d'eau qui a fait déborder le vase"
La relation entre Dalida et François Naudy est souvent présentée comme un facteur ayant contribué au geste fatal de la chanteuse. Selon Orlando, le frère de Dalida, cette relation a été "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase". Il nuance cependant ses propos en soulignant que le Docteur François Naudy était "quelqu'un de bien", mais qu'il n'a pas été présent au moment où il fallait qu'il le soit.
François Naudy, de son côté, se dit convaincu que tout allait bien entre eux. Il s'interroge même sur l'existence d'une autre personne dans la vie de Dalida : "Je pense qu'il y a, derrière sa disparition tragique, autre chose dont on ne parle pas, mais qui ne me concerne absolument pas, peut-être un autre homme…". La disparition de Dalida a été "un très grand choc" pour son compagnon de l'époque. Surtout que de l'aveu même de ce dernier, ils s'entendaient très bien tous les deux.
La nuit tragique du 3 mai 1987
Le 2 mai 1987, Dalida fait croire à son entourage qu'elle a une soirée chargée. En réalité, elle annule ses engagements et attend un coup de téléphone de François Naudy. Ce coup de téléphone ne viendra jamais. Dans la nuit du 2 au 3 mai, Dalida avale un tube de barbituriques avec un verre de whisky. Elle laisse deux lettres, une à son frère Orlando, l'autre à son compagnon.
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Avant de nous quitter, Iolanda Gigliotti alias Dalida, avait laissé un mot qui marquera à jamais ceux qui l’ont aimée. "La vie m’est insupportable, pardonnez-moi". C’est avec ces mots qu’elle a mis fin à une existence semée d’embûches. Ébranlée par les déboires sentimentaux et les deuils, la chanteuse se retrouvait plus fragile que jamais.
Une vie marquée par les drames
La vie de Dalida fut ponctuée de drames qui ont profondément marqué son existence. En effet, Lucien Morisse, l’homme avec qui Dalida s’est mariée en 1961 s’est ôté la vie en 1970 en se tirant une balle dans le crâne. Elle s’est aussi engagée avec Luigi Tenco, un musicien, mais celui-ci a également choisi de se tirer une balle dans la tête en 1967. C’est Dalida elle-même qui découvre le corps inerte de son premier amour.
Parmi les drames qui ont pavé la vie de Dalida. Il y a le fait qu’elle est devenue stérile. Cela faisait suite à une histoire d’amour qu’elle a eue avec un jeune homme de 16 ans.
Les funérailles et l'hommage
Les funérailles de Dalida ont lieu à l'église de la Madeleine à Paris. Un grand nombre de personnalités, telles que Charles Aznavour, Brigitte Bardot, Alain Delon ou encore François Mitterrand, lui rendent publiquement hommage. Star mythique de son vivant, Dalida est restée gravée dans les mémoires comme une femme accomplie dans la musique mais frustrée dans sa vie privée.
François Naudy après Dalida
Médecin pendant 50 ans, François Naudy, 87 ans, n’a jamais cessé de questionner la vie. Il aurait pu être mathématicien de génie ou architecte d’opéra. Il a choisi de soigner. Non seulement les organes, mais les énigmes humaines. À 87 ans, François Naudy a exercé la médecine comme on s’avance dans une forêt : avec curiosité, humilité et un infini respect pour ce qui échappe. Il est entré à l’Assistance publique en 1959. Il n’en est sorti qu’en 2009. Officiellement. Car pendant sept ans encore, à la faveur d’un tour de passe-passe administratif, il est resté. Par nécessité, par fidélité. "Mes patients avaient des rendez-vous sur un an. Je ne pouvais pas partir comme ça". Il a soigné, écouté, accompagné. Aux côtés de Simone Veil pour défendre la dignité des femmes, dans leurs corps et dans leurs choix, ou aux côtés des malades du Sida, il marque la vie de beaucoup. "Cette époque m’a profondément marqué, s’émeut le retraité. Je me souviens d’une femme de 27 ans, morte dans mes bras. Elle avait trois maladies en même temps et je n’avais rien à lui proposer, à part lui tenir la main. Je n’avais jamais vu ça. Avec lui, tout déborde. Des livres, des conférences, une passion pour la médecine chinoise, le tir à l’arc, la philosophie orientale… Il n’a jamais choisi entre science et foi, entre rationnel et mystique. Il explore. Il relie. Il interroge. Et quand il ne comprend pas, il avance quand même. François Naudy n’a jamais eu de plan de carrière. Il a suivi l’élan. Cela l’a mené au chevet de femmes isolées dans les montagnes marocaines, dans les archives du Vatican, aux côtés de religieuses mourantes qui "chantaient leur fin comme une naissance". Cela l’a mené à fonder une famille de six enfants, de trois femmes différentes, unis comme s’ils étaient nés d’un même amour. "C’est peut-être ça que j’ai réussi", glisse-t-il avec pudeur. Il ne se glorifie pas. Il doute. Il cherche encore. Il écrit. Un nouveau manuscrit est presque prêt : La cible retrouvée. Ce n’est que depuis l’année dernière que le médecin de profession a arrêté toutes activités médicales. Et depuis 12 ans, il écrit des livres, non pas sur sa vie, mais sur "des messages à donner". Sa "religion, dit-il, c’est la vie". Et sa foi s’incarne dans chaque page de ses ouvrages, qu’ils soient médicaux, philosophiques ou poétiques. Son prochain ouvrage ne signe pas la fin d’une série. "J’écris parce qu’il reste tant à dire.
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