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Foie Gras et Diabète Gestationnel : Évaluation des Risques et Implications

La relation entre le foie gras (stéatose hépatique non alcoolique ou NAFLD) et le diabète gestationnel (DG) est un domaine de recherche de plus en plus pertinent en raison de la prévalence croissante de ces deux conditions. Cet article vise à explorer les risques associés à la NAFLD et au DG, en s'appuyant sur des études récentes et des avis d'experts. Il met en lumière l'importance du dépistage précoce, de la gestion des facteurs de risque et des interventions possibles pour atténuer les complications potentielles.

Introduction à la Stéatose Hépatique Non Alcoolique (NAFLD)

La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD), communément appelée "maladie du foie gras", se caractérise par une accumulation excessive de graisse dans le foie, non liée à une consommation excessive d'alcool. La NAFLD est souvent asymptomatique, ce qui rend son diagnostic difficile. Elle touche une part importante de la population mondiale. La prévalence de la NAFLD est d'environ 18,2 % en France. Elle peut évoluer vers une forme plus grave appelée stéatohépatite non alcoolique (NASH), caractérisée par une inflammation du foie, augmentant ainsi le risque de cirrhose, de cancer du foie et de complications cardiovasculaires.

Diabète Gestationnel (DG) : Un État Diabétogène Pendant la Grossesse

Le diabète gestationnel (DG) est une forme de diabète qui se développe pendant la grossesse. Il est caractérisé par une hyperglycémie, c'est-à-dire un taux de glucose élevé dans le sang. La grossesse normale constitue un état diabétogène en raison de la sécrétion d'hormones placentaires antagonistes à l'insuline. Le DG est associé à des risques accrus de complications maternelles et fœtales, notamment la prééclampsie, la macrosomie fœtale et les complications néonatales. Le dépistage du DG est généralement effectué entre 24 et 28 semaines d'aménorrhée par une hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO).

Liens entre le Poids de Naissance et le "Foie Gras"

Des études ont montré une association entre le poids de naissance et le risque de développer un "foie gras" plus tard dans la vie. Une étude portant sur 55 000 volontaires de la cohorte Constances a révélé que les participants ayant un poids de naissance inférieur à 2,5 kg ou supérieur à 4 kg avaient un risque plus élevé de développer une NAFLD. Cette association persiste même après ajustement pour d'autres facteurs de risque tels que l'âge, le sexe, l'alimentation et le niveau d'activité physique.

Chez les personnes ayant un faible poids de naissance, l'association avec la NAFLD peut être liée à une répartition et un fonctionnement différents des graisses, ainsi qu'à une sensibilité réduite à l'insuline. En revanche, chez les personnes ayant un poids de naissance élevé, l'association est fortement liée à l'obésité.

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Microbiote Intestinal et Diabète Gestationnel

Des recherches récentes ont mis en évidence le rôle du microbiote intestinal dans le développement du diabète gestationnel. Une étude israélienne publiée dans la revue Gut a révélé que le DG est associé à des modifications significatives de la composition du microbiote intestinal dès le premier trimestre de la grossesse. Ces modifications incluent une diminution des taux d'acides gras à chaîne courte (AGCC) ramifiés, tels que l'isovalérate et l'isobutyrate, ainsi qu'une augmentation des taux de cytokines pro-inflammatoires.

Les résultats de cette étude suggèrent que le DG pourrait être associé à une inflammation induite par le microbiote. La dysbiose, ou déséquilibre du microbiote intestinal, pourrait jouer un rôle dans le développement du DG. Cependant, il reste à déterminer si la dysbiose est une cause ou une conséquence du DG.

Risques et Complications Associés à la NAFLD Pendant la Grossesse

La présence d'une NAFLD chez les femmes enceintes est associée à un risque accru de complications pendant la grossesse. Une étude a révélé que les femmes enceintes atteintes de NAFLD avaient trois fois plus de chances de développer une éclampsie ou un syndrome HELLP, des complications graves nécessitant un accouchement rapide. Elles sont également plus susceptibles de souffrir d'hémorragies post-partum, qui sont une cause majeure de mortalité maternelle. De plus, le risque de décès maternel est accru, et l'enfant a plus de chances de naître prématurément.

Le professeur Lawrence Serfaty estime qu'environ 10 % des femmes enceintes en France sont atteintes de NAFLD. Le professeur Rodolphe Anty suggère même que la maladie du foie gras pourrait être transmissible de la mère à l'enfant en raison de leur mode de vie partagé.

Dépistage et Diagnostic des Hépatopathies Gravidiques

La grossesse est un état physiologique qui modifie les paramètres hépatiques. Cependant, la survenue d'anomalies des tests hépatiques pendant la grossesse peut être liée à une hépatopathie qu'il faut savoir diagnostiquer, car certaines d'entre elles peuvent mettre en jeu le pronostic maternel et/ou fœtal. On distingue trois groupes d’hépatopathie durant la grossesse : les hépatopathies gravidiques liées à la grossesse de manière spécifique, les hépatopathies aiguës intercurrentes et les hépatopathies chroniques révélées par la grossesse ou découvertes de façon fortuite. Les hépatopathies gravidiques comportent : l’hyperemesis gravidarum, la grossesse intra-hépatique, la stéatose hépatique aiguë gravidique, la prééclampsie et le HELLP Syndrom, la cholestase intra-hépatique gravidique.

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Les tests hépatiques peu ou pas modifiés au cours de la grossesse et leur modification doit donc être considérée comme pathologique : transaminases, TP, acides biliaires totaux mesurés à jeun. En échographie, au cours de la grossesse, les voies biliaires intra et extra-hépatiques ne sont pas modifiées. La vidange vésiculaire ralentit, le volume vésiculaire augmente dès le premier trimestre. Le bilan biologique sera orienté selon le terme de la grossesse et les hypothèses étiologiques. Une échographie doppler abdominale doit être réalisée pour éliminer un obstacle biliaire plus fréquent en cas de grossesse, une thrombose portale ou un syndrome de Budd Chiari et rechercher des signes d’hépatopathie chronique ou de complications de certaines hépatopathies liées à la grossesse.

Importance de l'Alimentation et de l'Activité Physique

Il n'existe actuellement aucun traitement spécifique pour guérir la NAFLD ou la NASH. La promotion d'un mode de vie sain est cruciale. Cela comprend l'adoption d'une alimentation méditerranéenne, riche en fruits et légumes de saison, pauvre en viande rouge et en aliments ultra-transformés, ainsi qu'une augmentation de l'activité physique régulière dès le plus jeune âge.

Pour prévenir les complications pendant la grossesse, en particulier l'éclampsie, l'aspirine pourrait être une solution. L'allaitement pourrait également protéger les enfants nés de mères ayant un excès de poids avant la grossesse contre la stéatose.

Diabète et Maladie du "Foie Gras" Non Alcoolique

Les personnes diabétiques de type 2 (ayant généralement un syndrome métabolique) ont un risque élevé de développer des maladies métaboliques du foie (stéatose hépatique non alcoolique, stéatohépatite non alcoolique). Etant une maladie silencieuse, l'enjeu est de pouvoir la dépister de façon précoce pour la prévenir ou retarder son évolution.

La maladie du foie gras est définie par la présence de gras dans le foie, la stéatose hépatique,ce que les anglo-saxons appellent la NAFLD (nonalcoholic fatty liver disease). La maladie du foie gras atteint environ 25% de la population générale. La difficulté en fait, comme pour toutes les maladies du foie, c’est qu’elle n’entraîne aucun symptôme. La forme avancée et active de la maladie s’appelle la NASH (non alcoolic steatohapatitis) et concerne environ 10 % des patients ayant une stéatose. Les patients concernés sont à risque d’évoluer vers des complications et notamment le développement d’une cirrhose, voire d’un cancer du foie. Le challenge c’est de repérer les patients à risque.

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Les diabétiques de type 2 ont souvent des facteurs du syndrome métabolique et donc cumulent les facteurs de risques. La stéatose, c’est la manifestation hépatique du syndrome métabolique dont le dénominateur commun est l’insulino-résistance. Celle-ci entraîne l’accumulation d’acides gras dans le foie et donc la stéatose. Quand on a un diabète de type de 2, on est plus à risque d’avoir une NAFLD, quand on a une NAFLD on est plus à risque de développer un diabète. C’est une relation dans les deux sens. On estime que plus de 50% des personnes diabétiques de type 2 ont une NAFLD.

La maladie est plus sévère chez les personnes diabétiques. Et il y a aussi clairement un lien avec l’équilibre du diabète c’est-à-dire si votre diabète est mal équilibré avec une hémoglobine glyquée élevée, là aussi vous êtes plus à risque d’avoir une NAFLD, probablement une NAFLD plus sévère. Cela justifie vraiment une recherche systématique grâce à l’échographie. Et lorsqu’il y a une stéatose, je pense qu’il faut aller plus loin pour évaluer la sévérité de la fibrose grâce à l’utilisation de méthodes non invasives.

Les seules mesures qui ont fait la preuve de leur efficacité sont ce qu’on appelle les mesures hygiéno-diététiques, en particulier, la réduction pondérale en adoptant un régime approprié et une activité physique régulière. Ainsi, il a été montré dans plusieurs études, qu’à partir d’une réduction de 10 % du poids initial et au-delà, la stéatose disparait complétement avec une résolution de la NASH dans 90 % des cas et une amélioration de la fibrose, d’un stade au moins dans environ 30 à 40 % des cas.

Le contrôle des facteurs de risque est également important : c’est-à-dire équilibrer le diabète, contrôler le poids et traiter bien sûr l’hypertension artérielle et les dyslipidémies. Je précise que la principale cause de mortalité chez ces patients, ce sont les complications cardiovasculaires, comme pour les personnes diabétiques : donc infarctus du myocarde et AVC…

Conseils aux Patients Diabétiques

Il est conseillé aux patients diabétiques d'en parler à leur médecin généraliste, car cette maladie est souvent mal connue. Il est important de sensibiliser les personnes diabétiques et le grand public. Si vous avez des facteurs de risque, surpoids (la moitié de la population), obésité (17%), il ne faut pas hésiter à aller voir son médecin traitant. La première étape consiste à effectuer un bilan hépatique, c'est-à-dire un dosage des transaminases et des gamma GT, ainsi qu'une échographie hépatique. Ensuite, s'il y a une stéatose à l'échographie, il faut évaluer la sévérité de la maladie avec le FIB-4. Les patients à risque (ceux ayant un FIB-4 > 1,3) devraient être orientés vers un spécialiste pour des examens plus approfondis. Les autres patients (ceux ayant un FIB-4< 1,3) qui n'ont pas besoin d'un hépatologue, devraient continuer à suivre les mesures hygiéno-diététiques et à bien contrôler leur diabète.

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