L'infertilité est un problème courant qui touche de nombreux couples. On considère qu'un couple est infertile lorsqu'une grossesse ne survient pas après 12 à 24 mois de rapports sexuels réguliers, complets et sans contraception. Un couple sur sept consulte pour un problème d'infertilité et un sur dix-huit a recours à un traitement pour y remédier. Chez l'homme, plusieurs causes peuvent être à l'origine d'une infertilité, notamment l'asthénospermie, l'azoospermie, l'oligospermie ou encore une dysfonction sexuelle. L'asthénospermie, ou asthénozoospermie, est une anomalie spermatique qui se traduit par une mobilité insuffisante des spermatozoïdes. On parle d'asthénospermie lorsque plus de 65% des spermatozoïdes sont immobiles. Cet article examine en détail l'asthénospermie, ses causes, son diagnostic et les options de traitement, en particulier la fécondation in vitro (FIV).
Comprendre l'asthénospermie
Une asthénospermie désigne une anomalie de mobilité des spermatozoïdes d’un individu à l’origine d’une éventuelle difficulté à concevoir un enfant. Pour féconder un ovule, les spermatozoïdes doivent traverser l'appareil reproducteur féminin. Or, les spermatozoïdes immobiles ne peuvent pas le faire. Ils ne se déplacent pas, ou pas assez bien. Habituellement, on classe les spermatozoïdes en quatre groupes : les rapides (a), les lents (b), les mobiles sur place (c) et les immobiles (d). On considère qu’une personne est atteinte d’asthénospermie lorsque son pourcentage de spermatozoïdes mobiles (issus des groupes a et b) est inférieur à 32%. En cas de réduction de la capacité des spermatozoïdes à se déplacer, la migration du vagin vers les trompes, site de la fécondation, est moindre, réduisant la probabilité de rencontre avec l’ovule. Cette altération constitue par conséquent une des causes d’infertilité masculine.
L’asthénospermie est totalement asymptomatique, autrement dit elle n’entraîne aucun symptôme. Elle est le plus souvent découverte à l’occasion de difficultés à procréer.
Diagnostic de l'asthénospermie
La faible mobilité des spermatozoïdes est évaluée grâce à un spermogramme. Ainsi, plusieurs paramètres sont évalués dont la mobilité des spermatozoïdes, autrement dit le nombre de spermatozoïdes capables de progresser du vagin jusqu’aux trompes utérines où à lieu la fécondation avec l’ovocyte. Ce paramètre est apprécié grâce à l’analyse, dans une goutte de sperme au microscope, du pourcentage de spermatozoïdes capables de traverser rapidement le champ du microscope en ligne droite. On considère que la mobilité est faible lorsque plus de 65 % des spermatozoïdes sont immobiles. Lors de ce test réalisé au microscope, deux paramètres sont pris en compte : la quantité de spermatozoïdes mobiles et la qualité de leur déplacement. Le spermogramme distingue les spermatozoïdes qui avancent (les spermatozoïdes mobiles progressifs), de ceux qui bougent mais n’avancent pas (mobiles non progressifs) et de ceux qui restent immobiles.
Les normes de mobilité sont les suivantes :
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- La mobilité a + b doit être supérieure ou égale à 40% après 1 heure, et à 30% après 4 heures.
- La mobilité a doit être supérieure ou égale à 25%.
- La mobilité ne doit pas baisser de manière significative après 4 heures.
Causes de l'asthénospermie
Les causes d’asthénospermie sont très nombreuses. Elle peut être en lien avec une anomalie structurale des spermatozoïdes ou avec une infection. Elle s’associe le plus souvent à une diminution de la concentration de spermatozoïdes dans l’éjaculat (oligozoospermie) et/ou un nombre excessif de spermatozoïdes de formes anormales (tératozzospermie). Les causes d’asthénospermie peuvent être génétiques, hormonales, infectieuses ou liées aux modes de vie (tabac, polluant environnementaux). Une dilatation des veines des testicules (varicocèle) est parfois pointée du doigt. Enfin, la fièvre ou encore la consommation de certains médicaments, peuvent également, de façon temporaire, réduire le degré de mobilité des spermatozoïdes.
L'ADN du spermatozoïde peut s'abîmer en raison d'une maturation incorrecte. Le processus de maturation des spermatozoïdes comporte l’empaquetage de la chromatine nucléaire et l’acquisition de la mobilité spermatique.
Impact de l'immobilité des spermatozoïdes sur la fertilité
Sans mobilité, les spermatozoïdes ne peuvent pas effectuer le trajet nécessaire pour féconder l'ovule. Concevoir naturellement sera difficile, car les spermatozoïdes ne peuvent pas atteindre l'ovule.
Solutions et traitements
Actuellement, il existe peu de traitement pour l’asthénospermie. La prise en charge d’une asthénospermie dépend directement du degré de mobilité des spermatozoïdes et de la présence ou non d’autres anomalies spermatiques associées. La prise en charge repose, par ailleurs, principalement sur le traitement de sa cause lorsqu’elle est connue et traitable. Certains traitements (comme dans le cas d’une infection du sperme), l’utilisation de vitamines à visée antioxydante et l’arrêt de facteurs toxiques comme le tabac et l’alcool permettent souvent une amélioration des paramètres du sperme.
Dans le cadre d’un projet de grossesse, une assistance médicale à procréation (PMA) peut être proposée au couple.
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La fécondation in vitro (FIV)
La FIV est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) qui permet de répondre au désir d’enfant des couples hétérosexuels infertiles, des couples de femmes et des femmes seules. La fécondation in vitro consiste à prélever des ovocytes sur l’ovaire de la femme et de les mettre en contact avec des spermatozoïdes dans un laboratoire de biologie de la reproduction. Les embryons obtenus sont replacés dans l’utérus de la femme deux jours plus tard.
Les chances de succès de la F.I.V. ne sont que de 20 à 25% par tentative. Plusieurs facteurs peuvent impacter le succès de la FIV, notamment :
- Les anomalies chromosomiques : 25 à 30% des ovocytes sont proteurs d’anomalies chromosomiques. Environ 10% des spermatozoïdes sont porteurs d’anomalies chromosomiques. Ce ne sont pas nécessairement les spermatozoïdes de forme atypique qui portent ces abérrations et il n’est pas certain que ces spermatozoïdes porteurs d’anomalies soient moins fécondants.
- La maturité des ovocytes : une ponction contient un lot hétérogène d’ovocytes : certains sont parfaitement matures, d’autres le sont incomplètement, d’autres enfin sont totalement immatures.
- Le pouvoir fécondant du sperme : il exprime le pourcentage de spermatozoïdes fécondants.
La FIV avec ICSI (Injection Intracytoplasmique de spermatozoïdes)
La FIV-ICSI (fécondation in vitro avec micro-injection) est une des technique de PMA les plus fréquemment réalisées. Dès qu’il y a des problèmes notables de sperme, une FIV dite ICSI est préférée à la FIV classique. Quand il s'agit d'une stérilité d’origine masculine dans les couples hétérosexuels, une fécondation in vitro (FIV) avec micro-injection est généralement préférée à une FIV classique. Ce processus est appelé une FIV ICSI. Elle est particulièrement indiquée dans l’infertilité masculine et donc pour palier à l’asthénospermie en introduisant les spermatozoïdes manuellement au sein de l’ovocyte. En effet, seuls quelques spermatozoïdes mobiles suffisent au bon déroulement de l’intervention. Cette dernière offre les plus grandes chances de succès.
La technique de l’ICSI est une révolution dans le traitement de l’infertilité masculine. L’atout principal de cette méthode est qu’elle peut être appliquée en cas de spermogramme très altéré, lorsqu’il y a peu de spermatozoïdes mobiles, ou dans des situations encore plus extrêmes, en l’absence totale de spermatozoïdes. Dans ce cas, l’urologue les prélève directement dans le testicule, en faisant une biopsie testiculaire. Les spermatozoïdes sont ensuite congelés par paillettes. Cette intervention ne nécessite pas d’hospitalisation.
Dans le cas d’une FIV classique, chaque ovocyte est mis en culture passive avec 20 000 à 30 000 spermatozoïdes. La micro-injection ovocytaire ne nécessite, elle, que quelques milliers de spermatozoïdes, beaucoup moins que pour la FIV. La micro-injection ovocytaire ne nécessite, elle, que quelques milliers de spermatozoïdes, beaucoup moins que pour la FIV. Cette technique consiste à "injecter directement un spermatozoïde dans l’ovocyte. Le processus de la micro-injection est réalisé par un biologiste, sous contrôle d’un microscope. Le spermatozoïde, grossi 200 à 400 fois, est aspiré dans une pipette, puis micro-injecté à l’intérieur de l’ovule, lui-même maintenu par une micro-aspiration. La micro-injection est renouvelée pour chaque ovocyte mature fécondable.
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Le taux de réussite de l’ICSI est équivalent à celui de la FIV, autour de 25-30 %.
La FIV IMSI (Intra-cytoplasmic magnified sperm injection)
Moins connue et encore peu développée, l’IMSI (Intra-cytoplasmic magnified sperm injection) est une technique de sélection des spermatozoïdes à très fort grossissement (x 5000). Les chercheurs, dirigés par le professeur Bartov, ont réalisé un agrandissement dix fois plus grand que dans une ICSI classique. Logiquement, les médecins ont déduit que la présence de ces anomalies pouvait réduire les chances de fécondation, et donc de grossesse. L’IMSI reste une technique complexe qui demande beaucoup de formations et des soins particuliers.
Lorsqu’une FIV IMSI est envisagée, un test pré imsi peut être demandé. Il vise à évaluer les spermatozoides aavec le même microscope que celui qui servira lors de la FIV.
Risques associés aux techniques de FIV et ICSI
Régulièrement, des études pointent des problèmes de santé chez les bébés nés après FIV ou ICSI. Une enquête australienne avait par exemple observé que les enfants conçus par assistance médicale à la procréation (AMP) avaient un léger sur-risque de malformations à la naissance. Pour autant, il semble probable que la technique de l’ICSI ait une part de responsabilité dans l’augmentation de ces malformations, qui varient de 5,8 % dans la population de grossesses spontanées à 8,3 % pour les grossesses après micro-injection ovocytaire.
Il est en effet difficile de séparer l’augmentation des risques connus (anomalies, malformations chromosomiques ou morphologiques) du traitement lui-même (FIV, ICSI) et de la population qu’on traite. Est-ce que certains couples n’ont pas un risque plus élevé d’anomalies, même en cas de grossesse spontanée ? Comment mesurer l’incidence exacte de la technique ?
Autres approches
Parfois, les hommes dont les spermatozoïdes sont immobiles peuvent bénéficier d'un changement de mode de vie et d'une meilleure alimentation. La L-arginine peut améliorer la circulation sanguine, essentielle au bon fonctionnement des spermatozoïdes. Ces nutriments sont souvent présents dans les compléments alimentaires conçus pour favoriser la fertilité masculine et peuvent donner aux spermatozoïdes une chance de se reproduire.
Il est conseillé de consulter un spécialiste de la fertilité si l'on vous a diagnostiqué des spermatozoïdes non mobiles.
Importance d'un deuxième avis
L’infertilité masculine est très difficilement vécue par le couple. Pour endurer ce parcours du combattant qu’est la procréation assistée, il faut s’armer de beaucoup de patience et d’écoute. L’homme comme la femme doivent savoir exactement à quoi s’attendre avant de s’engager dans une fécondation in vitro. Dans ce contexte, un deuxième avis est évidemment conseillé. En apportant un supplément d’informations, de précisions, d’explications, le spécialiste permet au couple de mieux se préparer à l’épreuve qui l’attend. Mieux armés, l’homme et la femme pourront participer pleinement à la stratégie thérapeutique qui leur permettra de traiter leur infertilité.
Voici quelques questions fréquemment posées :
- Quelle est l’origine de ma maladie ?
- Mon asthénospermie est-elle temporaire ou définitive ?
- Peut-on résoudre le problème sans passer par la PMA ?
- Quelles solutions existent dans mon cas ?
- En quoi consiste la fécondation in vitro ? Et la FIV par ICSI ?
- Combien de temps dure une tentative ?
- Faut-il envisager une assistance psychologique ?
- Combien de tentatives faudra-t-il faire avant d’espérer avoir un bébé ?
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