La reproduction des calopsittes est un processus fascinant et accessible, même pour les éleveurs débutants. Cet article vous guidera à travers les étapes clés de la fécondation après le cochage, en abordant le comportement de la calopsitte, la préparation à la reproduction, le suivi de la ponte et de l'incubation, ainsi que les problèmes potentiels et leurs solutions.
Le Comportement de la Calopsitte Avant et Pendant l'Accouplement
Avant de se lancer dans la reproduction, il est essentiel de comprendre le comportement des calopsittes en période de reproduction.
Signes de maturité sexuelle et formation du couple
Une fois en couple, les perruches ondulées atteignent le meilleur de leur forme. Le mâle se pavane devant la femelle, en hochant la tête et en bombant ses plumes, ses pupilles sont souvent dilatées jusqu'à ne plus se voir. Cette chorégraphie s'accompagne généralement d'un chant joyeux et mélodieux. La femelle l'observe et l'écoute sans en perdre une miette, mais ne se joint pas au spectacle. Le mâle s'efforce à courtiser sa prétendante, touchant son bec avec le sien pour la stimuler. La femelle finit par relever sa queue vers le haut et à lever un peu son aile pour faire comprendre au mal qu'il a réussi à la conquérir.
Le "cochage" et la fécondation
Le mâle « coche » ensuite la femelle pendant le coït où les cloaques (le conduit multifonction qui sert à expulser sperme, fientes et œufs chez la plupart des oiseaux) s'accouplent. La femelle commence à pondre 5 à 7 jours après avoir été « cochée » par le mâle.
Facteurs affectant l'accouplement
S'ils ne passent pas à l'action, c'est peut-être parce que les oiseaux sont trop jeunes, ou trop vieux. Parfois, un oiseau choisira le célibat, sans doute à cause une absence d'hormones.
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Préparation à la Reproduction des Calopsittes
La réussite de la reproduction dépend d'une préparation minutieuse, incluant l'environnement, l'alimentation et le choix du nid.
Cage ou volière
Pour un couple et si vous êtes en intérieur, vous aurez besoin d’une cage spacieuse et pratique. Disant qu’il n’y a pas de dimensions standards, plus c’est grand mieux c’est.
Alimentation
L’alimentation en captivité des perruches calopsittes est à base de graines principalement et d’apport alimentaire comme l’os de seiche…Cependant avant et pendant la reproduction, il en faut plus. Pendant cette période les oiseaux dépensent beaucoup d’énergie surtout pour la femelle qui doit constituer les œufs et de pouvoir les expulsés. Ensuite, le couple doit fournir d’autres efforts pendant la couvaison afin de maintenir les œufs au chaud… Par conséquent, des apports en vitamine et en minéraux sont essentiels.
Les graines germées représentent un excellent apport en vitamines. Pour en faire, je prends un mélange de graines VERSELE-LAGA pour germination. Je trempe le mélange dans l’eau pendant 48h en changeant l’eau 2 à 3 foisAprès je le place dans un germoir où une assiette et je le rince au moins 1 fois par jour. Puis dès que les germes sortent, je le serre aux oiseaux 3x par semaine.Ps: Mais avant de les servir, prenez l’habitude de les sentir car il arrive qu’elles tournent avec la chaleur.De plus, on peut donner de la pâtée aux œufs qui est riche en protéine afin de favoriser l’incubation et le nourrissage des oisillons…
Le nid
Il est très important d’adapter la taille du nid à l’espèce que vous avez. Pour la perruche calopsitte, le nid classique mesure 20l20 L30H cm. Personnellement, je garde la même hauteur et j’augmente les dimensions de sa base de tel sorte d’avoir 25 cm en largeur et 25 cm en profondeur.Mon but est d’avoir plus d’espace à l’intérieur pour toute la famille.
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Comportement de nidification
Les perruches ne se formalisent pas en ce qui concerne la ponte des œufs. La femelle inspecte le nichoir ou, à défaut, elle grattera dans les coins de la cage ou de la volière pour trouver un espace approprié. Une femelle aux hormones reproducteurs qui la travaillent aura sans doute tendance à chercher des opportunités de faire son nid au-delà de la cage, si elle est autorisée aux séances de vol libre. L'espace derrière les livres d'une étagère, ou le recoin poussiéreux derrière la chaîne HI-FI sont les genres d'endroits qui l'attireront. Ce comportement s'accompagne parfois d'une agressivité accrue. Vous pouvez, si vous le souhaitez, détourner son attention de ces pulsions à vouloir faire un nid en la confinant quelques jours dans la cage. Après l'accouplement, la perruche femelle ira s'installer dans le nichoir, l'arrangeant quelque peu, et n'en sortant que pour manger et se nourrir du bloc minéral et de l'os de seiche. Le mâle commencera alors à lui livrer ses graines régurgitées, dès qu'elle s'installe dans le nid.
La Ponte et l'Incubation
Après l'accouplement et la préparation du nid, la femelle entre dans la phase de ponte et d'incubation.
La ponte
La femelle passera jusqu'à 10 jours dans le nichoir avant de pondre un œuf. La perruche peut pondre entre quatre et huit œufs, à un rythme d'un œuf tous les deux jours. Au fur et à mesure que les œufs se développent, son abdomen sera visiblement plus gonflé, tout comme son cloaque. Ses fientes peuvent être plus larges qu'à l'habitude, avec une teinte légèrement différente due aux protéines et minéraux si importants qu'elle absorbe en grandes quantités.
L'incubation
Chaque œuf nécessite 18 jours d'incubation (même si c'est en général un peu plus long), après quoi ils éclosent. Parfois, il faut attendre son deuxième œuf pondu pour qu'elle se mette à couver à temps plein. A savoir : les couples de perruches se relaient pour couver. Le mâle couve plutôt pendant la journée et la femelle prend le relais du soir au matin. Parfois, les deux partenaires couvent ensemble, illustrant une véritable vie de couple !
Suivi de l'incubation
Une fiche de nichoir avec le détail des dates est bien pratique, on note le plus possible de choses afin d'avoir une mémoire quand dans 75 ans tu voudras expliquer à quelqu'un d'autre. (en trois saisons on oublie beaucoup des couples précédents).
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Mirer les œufs
Non, il ne s'agit pas de mirage ! C'est une méthode pratique pour voir si un œuf survivra ou non, à utiliser seulement si vous avez des jeunes perruchons ou si l'œuf a été un peu bousculé par la mère dans le nid. Pour mirer un œuf, vous devrez le passer devant une source de lumière vive. Vous pouvez même effectuer cette observation sans avoir à déplacer les œufs du nichoir (lorsque la femelle est absente), tant que vous réussissez à bien voir l'œuf de cette manière. Autrement, revêtez des gants et tenez l'œuf entre votre pouce et le doigt. La lampe torche exposera l'intérieur de l'œuf. Si vous voyez des veines rouges à travers, c'est signe que l'œuf est en bonne santé. S'il est bien développé, vous parviendrez à distinguer les contours de l'oiseau à l'intérieur. Nous savons qu’après 6 jours d’incubation, il est possible de voir si l’œuf est fécondé ou non en le mirant vers la lumière. Si l’œuf est transparent, il n’a pas été fécondé. Dans l’autre cas, nous pouvons être tranquilles.
Problèmes Potentiels et Solutions
Malgré une préparation adéquate, des problèmes peuvent survenir pendant la reproduction.
Œufs clairs
Par temps froid surtout on rencontre beaucoup d’œufs clairs dans les nids. Dans ces conditions en effet le mâle produit trop peu de spermatozoïdes ou des spermatozoïdes anormaux. L’une et l’autre tare du mâle peut être à la base de la non fécondation. Puisque l’œuf est fécondé dans le jaune, la fécondation devient impossible quand le blanc de l’œuf a commencé à se former autour du jaune. La femelle ne pourra pas pondre de bons œufs si on lui adjoint le mâle au moment où la formation de l’œuf a atteint un stade avancé. Ceci arrive quand la femelle a trop tôt l’envie de couver et quand les œufs ont déjà quitté le conduit avant le contact avec le mâle. Ceci arrive quand la femelle a accumulé trop de matières grasses pendant la saison d’hiver. Il existe un moyen de remédier à cet obstacle qui, chaque année, se produit dans mon propre élevage. Dans ce cas, voici comment je fais : Je laisse couver les femelles pendant une huitaine de jours, puis j’enlève les œufs et je lui donne les jeunes d’un autre nid. Une femelle qui couve depuis huit jours accepte généralement ces jeunes et en les nourrissant, elle perd toute la graisse superflue. Si on lui donne une autre femelle il est très possible que les œufs ne soient pas fécondés. Aux amateurs qui appliquent cet te méthode, je conseille d’être particulièrement sur leurs gardes, de suivre attentivement les accouplements et de tenir compte du fait qu’un seul rapport sexuel suffit pour féconder toute la ponte. Voilà les causes principales de la production des œufs non ou mal fécondés.
Mortalité embryonnaire
Pour cela, chaque œuf ne donne pas encore de jeune. Il arrive, en effet, que le germe meure au cours de son développement. Ceci peut de nouveau provenir de diverses causes. L’une d’entre elles est à trop grande sécheresse, c’est-à-dire le manque presque total d’humidité de l’air. Par temps sec, il est à conseiller de placer un bassin d’eau dans la chambre d’élevage, l’évaporation de cette eau rendra l’air plus humide. On peut aussi asperger les œufs d’eau tiède. Les jeunes meurent dans la coquille lors d’un trop long refroidissement des œufs. Ceci se produit quand la couveuse effrayée par un orage ou une action trop brutale quitte son nid. Le refroidissement des œufs est beaucoup plus dangereux au début de l’incubation qu’à la fin. Il faut donc veiller à ce que les cages et les accessoires soient toujours bien propres et peints à une couleur insecticide. Pour favoriser le développement normal des embryons, il est indispensable que l’air de la chambre soit riche en oxygène. Ils n’ont pas la force nécessaire et ne parviennent pas à briser la coquille. Parfois la couveuse les aide mais ce n’est pas toujours le cas. Nous pouvons les aider en tenant pendant quelques secondes l’œuf dans de l’eau tiède pour ramollir la coquille. Il y a des amateurs qui du bout de l’ongle enlèvent prudemment des morceaux de la coquille pour faciliter le travail des jeunes. J’ai déjà usé des deux procédés et dans certains cas, ils sont efficaces.
Rejet des œufs
Une femelle qui éjecte un œuf de son nid le fait intentionnellement. Elle jettera les œufs ainsi lorsqu'elle les considère comme des intrus dans le nid. Il s'agit parfois simplement de son instinct qui sent que quelque chose ne va pas : un œuf non fécondé ou abîmé, par exemple. Cela peut arriver aussi si l'œuf a été manipulé et que la femelle ne lui reconnaît plus son odeur. Portez toujours des gants lorsque vous touchez les œufs pour éviter le problème. Une cage trop stressante la forcera à réagir. Parfois, une autre femelle peut déloger les œufs.
Autres problèmes
Un œuf qui n'a pas éclos après 23 jours ne risque pas de produire un poussin. Tout œuf pondu après le sixième risque d'être écrasé par ses frères plus âgés et plus gros, ce qui pourrait endommager le corps du plus jeune, ou même l'empêcher de recevoir de la nourriture. Remarque : une perruche femelle solitaire peut de temps à autre pondre un œuf non fécondé. C'est un signe qu'elle a eu une poussée d'hormones reproducteurs en l'absence d'un mâle, mais c'est tout à fait normal. La femelle n'en sera pas affectée et n'essaiera pas de couver l'œuf.
Après l'Éclosion
Une fois les œufs éclos, les parents calopsittes s'occupent généralement bien de leurs petits.
Soins parentaux
Les perruches ondulées sont généralement de très bons parents et vous n'aurez pas besoin d'intervenir pour les aider à élever leurs petits. Les femelles couveront les œufs d'un autre oiseau sans problème, si c'est nécessaire. Malgré leur tempérament très territorial dans leur nichoir, les femelles sont bien incapables de compter ou même de reconnaître chaque œuf individuellement.
Apprivoisement des oisillons
Cette espèce est facilement apprivoisable. Bien-sur avec l’élevage à la main (EAM), ce qui n’est pas donné à tout le monde. Mais aussi avec la manipulation au nid (MAN), plus simple à pratiquer et qui donne de bons résultats.
Perte des oisillons
Sachez que dans la nature les oiseaux sont vulnérables et ils sont confrontés à de nombreux prédateurs. Pour préserver leur maintient en état sauvage, ils font plusieurs œufs à chaque ponte. Car tous ne vont pas survive pour atteindre l’âge adulte. En captivité, les chances de survie sont élevées, mais le risque de perdre un ou plusieurs oisillons est fort possible (couver nombreuse et les parent n’arrivent pas à tous les nourrir correctement; écart important entre chaque éclosion…). Ces pertes ne sont pas faciles à vivre. Il faudra donc se préparer d’avance mentalement et de se dire que c’est la loi de la nature…
Que faire si les parents sont inaptes ?
Si vous vous retrouvez avec des œufs à couver, sans avoir de femelle à disposition pour remplir cette tâche, vous pouvez essayer de les mener à éclosion vous-même. Votre meilleure option est d'acheter un incubateur artificiel (couveuse) ; sauf si vous parvenez à maintenir une température constante de 36.8°C et une humidité à 65 % autour des œufs.
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