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Clément XV : Une figure énigmatique entre papauté et paternité dans l'histoire

L'histoire de la papauté est riche en figures marquantes, certaines auréolées de gloire, d'autres enveloppées de mystère. Parmi ces dernières, le nom de Clément XV émerge, suscitant curiosité et interrogations. Cet article se propose d'explorer les différentes facettes de cette figure énigmatique, en s'appuyant sur des sources historiques et des analyses littéraires.

Un contexte de crise et de remise en question

Pour comprendre l'émergence de figures telles que Clément XV, il est essentiel de se pencher sur le contexte historique et les crises existentielles qui ont pu les façonner. L'œuvre de Victor Hugo, notamment, offre un éclairage précieux sur les tourments intérieurs et les remises en question identitaires qui peuvent marquer une époque.

Trente ans après le drame de Villequier, la mort de François-Victor le 26 décembre 1873 provoqua chez Hugo un nouvel et terrible effondrement intérieur. Il n'a maintenant plus de fils, plus d'enfant même, pourrait-on dire : car sa fille Adèle, sans être morte, n'est cependant plus au monde. De là ce sentiment d'un anéantissement, dont les carnets intimes gardent la trace : la mort de François-Victor apparaît à Hugo comme "une fracture et une fracture suprême même" ; il n'est désormais plus bon qu'"à mourir". En effet, sa paternité n'a plus de sens, puisqu'elle s'exerce sur des enfants morts ; et d'autre part, l'achèvement de Quatrevingt-Treize, quelques mois plus tôt, a mis un terme au roman familial que Hugo en tant que fils vivait depuis plus de quarante ans à l'égard de son père vieux soldat, sa mère vendéenne. Orphelin de ses enfants, orphelin de ses parents, qui donc est Victor Hugo au début de l'année 1874? Un homme dont l'identité est profondément remise en cause. Et aussi bien la crise qui l'affecte est autant d'ordre existentiel que poétique.

Clément XV : Pape de Clémery et figure de la 'Pataphysique

Clément XV est mentionné dans le contexte de la 'Pataphysique, une philosophie et un mouvement artistique d'avant-garde fondé par Alfred Jarry. Les Organographes, publications du Collège de 'Pataphysique, ont consacré un numéro au "pape Marcel" et aux "épiphanies" recueillies auprès de Clément XV, "le pape de Clémery, décédé en vulg. 1974".

Cette mention situe Clément XV dans un univers intellectuel et artistique particulier, où l'absurde, l'humour et la dérision sont des outils d'exploration de la réalité. La 'Pataphysique se définit comme la "science des solutions imaginaires" et s'intéresse aux exceptions, aux anomalies et aux singularités. Dans ce contexte, la figure de Clément XV pourrait être interprétée comme une incarnation de l'anti-pape, du pape imaginaire ou du pape de l'absurde.

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L'exploration de l'identité et de la paternité dans l'œuvre de Victor Hugo

La crise existentielle traversée par Victor Hugo après la mort de son fils François-Victor se traduit par une remise en question de son identité et de son rôle de père. Cette crise se manifeste dans plusieurs poèmes écrits en janvier 1874, tels que Le Lapidé, Je travaille et Pensées de nuit.

Dans Le Lapidé, Hugo semble se projeter dans la figure du mage lapidé, comme Jean-Jacques à Moûtiers, comme lui-même à Bruxelles en 1871. Cependant, le poème ne se limite pas à une simple illustration de la "fonction du poète". L'emploi du pronom de la première personne est réservé à Dieu, tandis que le poète parle de lui-même à la troisième personne, traduisant sa modestie d'homme.

Une semaine plus tard, dans le poème Je travaille, Hugo réaffirme ses prérogatives de Poète et semble avoir oublié les limitations à la parole poétique que Dieu lui avait fixées dans le poème précédent. La crise est passée, dépassée : à preuve l'emploi insistant dans ce poème du préfixe re-. Il n'empêche cependant que le travail poétique tel que Hugo le décrit dans ce texte tient lieu d'exutoire à la douleur morale. Il y a quelque chose qui ressemble fort à un refuge dans le travail (un travail frénétique) permettant d'oublier la souffrance.

Le travail artistique est une torture, un châtiment même comme inviterait à la penser la référence à Ixion. Et il est pour le moins curieux que dans cette affirmation d'identité poétique le Moi s'identifie à un être subissant une punition dont l'application (tourner indéfiniment) est absurde.

Dès lors, la pratique poétique de Hugo en ce début d'année 1874 ne serait-elle qu'un dérivatif ? Il n'est pas interdit de le supposer. Il se pourrait alors que Hugo ait en janvier 1874 les traits d'un nouvel Oedipe. Et la femme est le sphinx de l'homme. Et moi-même, ai-je été jusqu'au fond ? Le sphinx, l'énigme : mais où est Oedipe ? Il est sans doute dans l'abîme que le Moi est à lui-même. Mais cet Oedipe a peu de ressemblance avec le fils de Laïos : l'hydre qui le met à la torture en mordant son âme se comporte à son égard comme le vautour dévorant le foie de Prométhée.

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La situation incertaine et instable du Moi hugolien trouve quelques temps plus tard une nouvelle illustration dans l'admirable plaquette Mes Fils. Le Moi est présent nommément au début du texte (dans le titre) et à la fin (dans la dernière phrase), mais seulement sous la forme d'un pronom possessif et il semble que Hugo a pris le parti délibéré de parler constamment de lui, de ses fils et de sa relation à eux en son nom propre, sans jamais pour autant dire une seule fois Je. Une autobiographie à la troisième personne par l'intermédiaire de deux personnages, voilà comment on pourrait qualifier Mes Fils.

Car l'objet de Mes Fils, ce n'est pas de raconter la vie de Charles et François-Victor Hugo ; l'enjeu de cette plaquette, c'est bien davantage de célébrer la relation de filiation de ses fils à leur père par une approche de la relation de paternité qu'un père entretient à ses fils. Et de fait, le texte s'ouvre sur un père, anonyme, et se ferme sur la mort à venir de ce même père, la vie et la mort des fils étant inscrites entre la jeunesse du père et sa vieillesse.

Surtout, la paternité qui fait l'objet de Mes Fils est une paternité vide, s'exerçant sur des enfants morts. C'est dire autrement que Mes fils est un aboutissement da la crise poétique dont les premiers signes se sont manifestés en janvier 1874.

Victor, sed victus : La quête d'une nouvelle identité poétique

Dans le poème du 28 juin 1874, Victor, sed victus, Hugo explore la question de l'identité poétique, plus exactement du Moi lyrique. Or, ce Moi, s'il est celui que l'on connaît depuis "Ce siècle avait deux ans…" est aussi tout à fait autre.

A ce lieu on remarquera que le titre primitif du poème était Jeanne : comme quoi l'identité que se reconnaît le Moi a une origine qui lui est fondamentalement étrangère : c'est l'Autre, en l'occurrence la petite-fille, qui donne au Moi son identité, sa nouvelle identité. Le dompteur est dompté et le vainqueur vaincu ; mais à la différence de l'Hercule de Pensées de nuit, ce n'est pas par une Omphale, mais par Jeanne.

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Il y a cependant un risque politique et idéologique dans cette poétique : le Moi, en revendiquant son identité de grand-père, pourrait laisser le champ libre à tous ceux que, belluaire jadis, il avait combattus et vaincus. Ainsi envisagera-t-on la masse des poèmes écrits durant l'été de 1874. Ces poèmes, Aux rois, Les Mangeurs, Un voleur à un roi, Aux prêtres, Les Bonzes, se caractérisent par un anti-royalisme et un anti-cléricalisme extrêmement virulents.

Les poèmes Aux rois, Les Mangeurs, Un voleur à un roi tournent tous les trois autour de cette opposition du Roi et du Moi, constitutive du lyrisme hugolien depuis Cromwell. Il est très révélateur que dans Aux rois Hugo reprenne par antiphrase "Le siècle avait deux ans…".

En 1874 le ton se durcit et la poésie se fait militante, si l'on peut dire. Il y a là une raideur idéologique, une résistance politique. A preuve le poème Un voleur à un roi, où se retrouvent les mêmes mots et les mêmes thèmes. En 1830 la poète célébrait le "lait pur" que sa mère lui avait prodigué maintenant le roi marmot se contente de "téter sa mère"! Pourquoi un changement si brutal, si ce n'est parce qu'en 1874 le Moi du voleur vaut mieux que celui du roi, comme cela répété tout au long du poème.

Dans cette perspective la poétique du Moi autre, du Moi infime que l'apprenti grand-père s'efforce de mettre en place trouve une légitimité politique.

Hugo peut même se payer le luxe, dans un texte du 23 août 1874, A un poète, de conseiller à un confrère de fuir les cimes. Sous-entendez : j'y suis et cela est assez. Du moins peut-on inférer ce sens du poème du 26 août 1874 qui sans équivoque s'intitule Le poète prend la parole : autrement dit, i1 y a poète et poète, selon que l'article est défini ou ne l'est pas.

Vérité et folie : La comète et le prophète

C'est, à partir de ces deux présentatifs en effet, qu'a été fabriqué, si l'on ose dire, tout au début de septembre (c'est à dire fort peu de temps après Le poète prend la parole) le diptyque La Comète et "La vérité, lumière effrayée…". Ce dont il s'agit dans ses deux poèmes, c'est de la vérité, c'est de l'énonciation de la vérité, c'est du triple rapport qui s'établit entre l'homme qui énonce la vérité, la vérité elle-même et les autres.

Les instances du discours sont clairement posées ; d'une part, le locuteur prophète, d'autre part le contenu de son énonciation. Et tout le poème va consister à ruiner simultanément ces deux instances. Ainsi Halley sera tourné en ridicule et considéré comme un fou ; du même coup ses ennemis lui…

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