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Fausse Couche : Définition, Causes, Symptômes et Prise en Charge

La fausse couche, un événement traumatisant et malheureusement fréquent, est définie comme la perte du fœtus avant la 20e semaine de grossesse, survenant le plus souvent au cours du premier trimestre. Cet article vise à démystifier la fausse couche, en abordant ses causes, ses symptômes, les différents types, ainsi que les options de prise en charge physique et psychologique disponibles.

Définition et Types de Fausse Couche

Une fausse couche, aussi connue sous le nom d'avortement spontané, est une interruption spontanée de grossesse qui survient au cours des cinq premiers mois. Au-delà de cette période, on parle de mort fœtale in utero. Elle est définie comme la perte du fœtus avant la 20e semaine de grossesse (ou la 22e semaine d’aménorrhée). Environ 10 à 15 % des grossesses se terminent par une fausse couche. Ces chiffres soulignent l'importance de comprendre ce phénomène et de briser le silence qui l'entoure.

On distingue plusieurs types de fausses couches :

  • Fausse couche précoce : Elle survient durant le premier trimestre, souvent avant la 10e semaine de grossesse. Parfois, la femme n'a même pas encore conscience de son état. On parle de fausse couche précoce lorsque le test de grossesse a été positif, puis négatif, sans qu’aucun embryon n’est pu être identifié sur l’échographie.
  • Fausse couche tardive : Elle se produit au cours du deuxième trimestre, généralement entre le 4e et le 5e mois. Les fausses couches tardives se traduisent essentiellement par des contractions utérines et parfois de légers saignements vaginaux avant l’expulsion les amenant à consulter leur médecin.
  • Fausse couche isolée : Il s'agit d'une fausse couche unique, suivie de grossesses normales. Environ 15 % des grossesses sont concernées par les fausses couches isolées. Dans le cas d’une fausse couche isolée, la cause n’est généralement pas recherchée.
  • Fausse couche à répétition (ou récurrente) : Elle est définie par au moins deux ou trois interruptions spontanées consécutives avant 14 semaines d’aménorrhée. Nous observons des fausses couches dans environ 25% de l’ensemble des grossesses débutantes, elles seront dites répétées dans 5% des cas. On parle de fausse couche répétées à partir de 2 fausses couches consécutives avant 40 ans. Les fausses couches récurrentes ne représentent qu’à hauteur de 1,9 %. Les fausses couches répétées quant à elles nécessitent un suivi médical afin d’en déterminer précisément la ou les causes.

Causes des Fausses Couches

Les fausses couches sont le plus souvent dues soit à des anomalies génétiques de l’embryon, soit à des problèmes de santé de la mère. Malgré l’avancée de la recherche, 50% des fausses couches répétées restent aujourd’hui inexpliquées.

Anomalies Embryonnaires

Dans environ 60 % des cas, et en particulier pendant le premier trimestre de la grossesse, les fausses couches sont dues à des anomalies de l’embryon qui empêchent son développement normal. Il peut s’agir d’anomalies au niveau des chromosomes (qui se sont mal répartis avant ou après la fécondation) ou d’anomalies du développement embryonnaire (par exemple, au niveau du cœur ou du système nerveux). Les anomalies génétiques pourraient provoquer jusqu’à 50% des fausses couches. Néanmoins plus une femme fait des fausses couches moins la cause d’une erreur génétique survenue par malchance est à retenir.

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Parfois, les membranes embryonnaires et le placenta se développent en l'absence d'un embryon. C'est ce que l'on appelle un « œuf clair ». Il est diagnostiqué par échographie ou peut provoquer des symptômes de fausse couche. Dans certains cas, il se résorbe spontanément en entraînant quelques saignements vaginaux discrets.

Facteurs Maternels

Certaines maladies maternelles augmentent le risque de fausse couche. une infection, par exemple la toxoplasmose, la rubéole, la listériose, l’infection par les salmonelles ou le cytomégalovirus, etc. Des anomalies endocriniennes sont également responsables de la perte prématurée du fœtus. Des anomalies hormonales (problème de thyroïde, insuffisance ovarienne ou syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) chez la mère, par exemple). Les anomalies génétiques pourraient provoquer jusqu’à 50% des fausses couches.

L’immunologie est une approche étudiée par le Dr Nathalie Lédée et ses équipes depuis de nombreuses années. Ce profil, réalisé grâce au test PCT/EP2013/065355 conçu et breveté par MatriceLab, permet de mieux comprendre les fausses couches inexpliquées et de proposer des traitements pour favoriser le bon déroulement de la grossesse suivante. En dosant des biomarqueurs précis grâce à un test RT-PCR réalisé à partir d’une biopsie d’endomètre réalisée en consultation, on cherche le mécanisme de la fausse couche (des mécanismes de nutrition de l’embryon insuffisant ? Le test diagnostic permettant de dresser ce profil immunitaire de l’endomètre est très prometteur pour comprendre la cause de 75% des fausses couches jusque-là inexpliquées.

Autres Facteurs de Risque

L’impact de l’environnement de la femme enceinte est également à prendre en compte : l’alimentation, le stress, l’âge, et l’exposition à certaines substances. Les causes peuvent être spermatiques (problème au niveau du sperme chez le père) ; environnementales (tabagisme, exposition à des toxines, alcool…) ; traumatiques (choc brutal, chute violente…). Contrairement à ce que croient de nombreuses personnes, l'activité et les efforts physiques, le travail ou les relations sexuelles n'ont aucun effet sur le risque de fausse couche.

Le risque d’avortement spontané augmente avec l’âge de la mère. On estime que ce risque est de 9 % à 20 ans, de 20 % à 35 ans, de 40 % à 40 ans et de 80 % au-delà de 45 ans. Selon l’Assurance Maladie, le risque est évalué à 12 % à l’âge de 25 ans, et 50 % à 42 ans. Par ailleurs, l’existence de 2 fausses couches successives semblerait augmenter le risque d’en refaire une troisième.

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Symptômes et Diagnostic

Les deux symptômes les plus fréquents associés à une fausse couche sont : des saignements vaginaux, légers ou abondants ; des douleurs abdominales ou pelviennes, des crampes. Le principal signe d’une grossesse arrêtée naturellement est un saignement vaginal, qui peut être accompagné de crampes et de douleurs dans le bas de l’abdomen.

Quand les saignements sont modérés, il est conseillé de consulter son médecin dans la journée. S’ils sont abondants, il faut se rendre rapidement aux urgences. Ils peuvent s’accompagner de : contractions ; douleurs lombaires ; symptômes de choc (fièvre, faiblesse, vertiges, étourdissements, confusion, rythme cardiaque accéléré, nausées et/ou vomissements). Si les saignements vaginaux sont abondants et que la femme enceinte présente des signes de choc comme une faiblesse, des vertiges ou étourdissements, une confusion, des nausées ou vomissements, une variation de la température corporelle ou du rythme cardiaque, la consultation est urgente, on est devant une fausse couche hémorragique nécessitant des soins urgents.

Lors de votre consultation avec le professionnel de santé, celui-ci procèdera à un examen clinique et à une échographie de la zone abdomino-pelvienne pour détecter un éventuel problème. L’échographie pourra préciser le diagnostic, à savoir s’il s’agit bien d’une fausse couche ou d’une grossesse extra-utérine. C’est après avoir réalisé une échographie de contrôle que le diagnostic de fausse couche pourra être établi. Cet examen permet de diagnostiquer une interruption de grossesse.

Prise en Charge et Traitements

Il est important de consulter votre médecin, sage-femme ou gynécologue référent dès l’apparition des symptômes. Si, en plus de saignements et douleurs, vous avez de la fièvre, des nausées, des vomissements, des malaises ou des étourdissements, consultez en urgence. Il pourrait s’agir d’une fausse couche hémorragique. Des saignements importants, même en l’absence d’autres symptômes, doivent également être pris en charge en urgence.

Selon les résultats de l'échographie, trois traitements thérapeutiques sont envisagés :

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  • L’expulsion naturelle et spontanée du sac embryonnaire : Si l’expulsion du fœtus et du placenta n’est pas totale, le médecin peut vous proposer d’attendre que les choses se fassent de façon naturelle. Votre gynécologue vous suggérera d’attendre l’expulsion complète du fœtus, ou d’avoir recours à des médicaments ou à de la chirurgie si vous ne souhaitez pas attendre l’expulsion naturelle complète. Cela peut en effet prendre jusqu’à 15 jours. La fausse couche est considérée comme terminée lorsqu’il n’y a plus de douleurs ni de saignements. Si vous avez opté pour une expulsion naturelle, mais que vous ressentez toujours des symptômes après deux semaines, un traitement adapté sera mis en place.
  • Le traitement médical : Le traitement médical est, dans la plupart des cas, administré par voie orale ou vaginale. Il est majoritairement proposé en ambulatoire (retour à domicile). Il favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col. Efficace en quelques heures, il provoque l’expulsion du sac embryonnaire. Ce processus dure quelques heures et est peut-être accompagné de douleurs et de saignements. Dans le cas du médicament, le misoprostol est administré soit par voie orale soit par voie vaginale. Il provoque des contractions musculaires et l’ouverture du col de l’utérus afin de permettre l’expulsion du placenta et des tissus embryonnaires. Traitement médical à base de misoprostol à prendre par voie orale, qui a pour effet de créer des contractions utérines et l’ouverture du col de l’utérus. Ce médicament offre une solution rapide en quelques heures, mais peut provoquer des effets indésirables comme des nausées, de la fièvre et des saignements vaginaux.
  • Le traitement chirurgical : Enfin, une intervention chirurgicale peut vous être proposée sous anesthésie générale ou locale, au cours de laquelle la grossesse est évacuée par le col de l’utérus (aspiration). Le traitement chirurgical est une aspiration endo-utérine. Il est proposé lorsque les saignements sont abondants, que la mère souffre de troubles de la coagulation, et en cas d’échec ou de refus du traitement médicamenteux. Chirurgie par aspiration endo-utérine : ce type de chirurgie effectuée sous anesthésie générale ou péridurale repose sur l’insertion d’un tube fin dans la cavité de l’utérus qui va venir aspirer les tissus embryonnaires. La procédure ne dure que quelques minutes, mais on vous gardera en observation quelques heures à l’hôpital.

Lorsque l’expulsion n’est pas totale ou que la patiente ne souhaite pas attendre que la fausse couche se termine naturellement, un traitement peut être prescrit.

Pendant les deux semaines qui suivent une fausse couche, il est conseillé de ne pas avoir de rapports sexuels et de ne pas utiliser de tampons hygiéniques. Après une fausse couche, il est conseillé d’éviter l’utilisation de tampons hygiéniques et d’avoir des rapports pendant au minimum 2 semaines afin de limiter le risque d’infection.

Soutien Psychologique et Perspectives d'Avenir

Si la fausse couche peut occasionner une souffrance psychique du fait de l’arrêt brutal, imprévu d’une grossesse désirée, elle ne met que rarement en cause votre pronostic vital. Malgré son nom, la fausse couche peut avoir de vraies conséquences psychologiques. C’est pourquoi il ne faut ni la minimiser ni la taire. L’impact et les conséquences des fausses couches sont encore trop souvent sous estimées. Tout aussi futur papa qu’elle était future maman, l’homme peut ressentir de manière extrêmement brutale la perte de cet enfant. Les hommes sont parfois désemparés face à la douleur de leur compagne.

La fausse couche peut être une expérience traumatisante, tant sur le plan physique que sur le plan émotionnel. Elle peut entraîner une dépression et un stress post-traumatique. Il est donc important de bénéficier d’une prise en charge adaptée pour surmonter cette épreuve difficile. Les femmes qui vivent une fausse couche sont susceptibles de ressentir un sentiment de perte, de chagrin ou de culpabilité. Il peut être difficile de l'évoquer, et certaines se sentent parfois seules ou illégitimes. Alors si vous êtes concernée, parlez-en ! Et n’oubliez pas : ce n’est pas de votre faute : une fausse couche est un phénomène qui n’a rien d’exceptionnel et cela ne signifie pas que vous ne mènerez aucune grossesse à terme.

Pour aider une proche, amie, compagne, fille…, mais aussi le co-parent, après une fausse couche, c’est important de montrer qu’on ne minimise pas sa/leur douleur, que sa/leur peine est réelle et qu’elle /il est en droit de ressentir de la tristesse, de pleurer, de se sentir en deuil. Certaines femmes peuvent avoir besoin de s’inventer un rite pour pouvoir faire le deuil de « ce quelqu’un qui n’a pas existé ». La décision d’en parler ou pas aux enfants appartient à chaque couple. Mais si votre enfant était au courant de la grossesse, annoncez-lui la fausse couche, si possible en compagnie de votre partenaire. Communiquer sur ses émotions, pensées et ressentis est également très important pour arriver à passer cette étape douloureuse et à retrouver un état d’esprit plus positif. Il ne faut pas non plus hésiter à se faire aider par un psychologue ou un psychothérapeute après une fausse couche, qui aura un avis neutre et saura vous conseiller de façon adéquate. Si vous ne trouvez pas de rdv disponible, pensez à la téléconsultation. Si c’est votre cas, rapprochez-vous de votre psychologue, médecin/ ou d’un autre professionnel de santé qui pourra vous aider. Les professionnels de santé ainsi que vos proches sont là pour vous accompagner.

Médicalement, rien ne s’oppose à entreprendre une grossesse après une fausse couche. En général, on conseille d’attendre entre 2 et 3 mois pour laisser au corps le temps de se remettre et, psychologiquement, d’être prêt à accueillir un nouveau bébé. Au niveau physiologique, les essais peuvent reprendre dès le retour des règles, généralement après un mois. Une fois la tristesse apaisée, il faut se rappeler que les fausses couches sont très rarement récidivantes et garder confiance pour les prochains essais.

A noter qu’il n’est pas possible de prévenir les fausses couches dues à une anomalie génétique du fœtus, en revanche certains comportements peuvent être modifiés pour limiter les autres causes d’interruption de grossesse.

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