Vivre une fausse couche est une épreuve à la fois physique et émotionnelle. Chaque femme réagit différemment et a besoin de plus ou moins de temps pour faire face à la perte d'un enfant attendu. Bien qu'il n'y ait pas de règles strictes pour surmonter une fausse couche, il est utile de se concentrer sur certains aspects, tels que le bien-être du corps et de l'esprit. Cet article vise à explorer la relation entre les efforts physiques et les fausses couches, en s'appuyant sur des recherches scientifiques et des recommandations d'experts.
Comprendre la fausse couche
Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une fausse couche est définie comme l'expulsion ou l'extraction d'un fœtus (ou embryon) pesant moins de 500 grammes, ce qui correspond à environ 22 semaines de gestation. Elle se produit généralement en raison de complications naturelles dans le développement de la grossesse, souvent avant que la femme ne sache qu'elle est enceinte.
Statistiques clés sur les fausses couches
- Le risque mondial de fausse couche est d'environ 15%.
- Ce risque varie en fonction de l'âge de la mère : 11% entre 20 et 29 ans, et jusqu'à 65% pour les femmes de plus de 45 ans.
- Chaque antécédent de fausse couche augmente la probabilité d'une nouvelle fausse couche de 10%.
- 95% des fausses couches se produisent au cours du premier trimestre de la grossesse. Environ 50% de ces fausses couches sont dues à des anomalies chromosomiques du fœtus, et les 50% restants sont liés à des malformations utérines, des dysfonctionnements immunitaires ou des maladies maternelles.
Activité physique et grossesse : démêler le vrai du faux
Il est important de dissiper certaines idées reçues concernant l'activité physique et la grossesse. De nombreuses femmes qui subissent une fausse couche ont tendance à s'en vouloir, pensant que leurs actions ont pu contribuer à la perte. Il est essentiel de rappeler que le stress, l'exercice physique ou le fait de soulever des objets lourds ne peuvent pas provoquer une fausse couche. Il n'est pas non plus possible de provoquer une fausse couche en prenant l'avion.
Ce qu'il faut faire pendant la grossesse
La seule chose à faire lorsque vous attendez un enfant est de prendre soin de vous le mieux possible :
- Adoptez un régime alimentaire nutritif et varié.
- Faites de l'exercice, en adaptant l'intensité à votre condition physique.
- Reposez-vous lorsque vous êtes fatiguée.
- Évitez de fumer, de boire de l'alcool ou de consommer de la drogue.
- La prise d'un supplément d'acide folique peut avoir un effet protecteur, car l'acide folique réduit le risque d'anomalies chez l'embryon.
- Faites preuve de prudence avec les médicaments et consultez votre sage-femme ou votre médecin si vous devez en prendre.
Pour le reste, vous ne pouvez qu'essayer de faire confiance à votre corps et croire qu'il fera ce qu'il doit faire.
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Les bienfaits de l'activité physique pendant la grossesse
L'activité physique est essentielle au maintien de la santé, y compris durant la grossesse. Si votre médecin ou votre sage-femme vous donne le feu vert, allez-y! Si vous étiez déjà active physiquement avant la grossesse, il est fort probable que vous puissiez continuer votre programme d'exercices. Si vous êtes plutôt inactive, il est recommandé d'augmenter petit à petit votre niveau d'activité physique jusqu'à atteindre 150 minutes d'activité physique d'intensité moyenne par semaine. Il est possible qu'à certains moments vous ne soyez pas capable de suivre les recommandations en matière d'activité physique durant la grossesse, en raison d'une grande fatigue ou d'inconforts causés par la grossesse. L'exercice physique est bon pour vous et votre bébé, dans la mesure où vous respectez vos limites.
Avantages de l'activité physique pendant la grossesse
- Réduction des risques de naissance prématurée : Le sport de manière régulière aide les réponses inflammatoires et immunitaires du corps, qui sont des facteurs cruciaux pour prévenir les naissances prématurées.
- Gestion de la prise de poids : La prise de poids est normale pour les femmes enceintes et varie entre 12 et 16 kg selon l’IMC. L'activité physique aide à rester dans cette fourchette et facilite la perte de poids après l'accouchement.
- Soulagement des lombalgies et sciatiques : Elle permet de prévenir les blocages en maintenant la souplesse et l’élasticité musculaire.
- Prévention des incontinences : Les exercices physiques renforcent les muscles du plancher pelvien, aidant à soutenir la vessie et à améliorer le contrôle urinaire qui augmente de pression avec le poids de bébé dans le ventre de la maman.
- Lutte contre la dépression : D'abord, elle stimule la libération d'endorphines, souvent appelées hormones du bonheur, qui améliorent l'humeur naturellement. Ensuite, le sport aide à réduire le stress et l'anxiété, deux facteurs qui contribuent à la dépression. Enfin, maintenir une routine d'exercice peut améliorer l'estime de soi et le sentiment de contrôle, ce qui est particulièrement important pendant la grossesse, une période souvent marquée par de nombreux changements physiques et émotionnels.
- Prévention de l'hypertension gestationnelle : en améliorant la circulation sanguine et en réduisant les niveaux de stress, qui sont deux facteurs clés liés à l'augmentation de la pression artérielle.
- Prévention du diabète gestationnel : en améliorant la sensibilité à l'insuline, ce qui aide le corps à mieux gérer les niveaux de glucose dans le sang. En faisant régulièrement de l'exercice, les femmes enceintes peuvent réduire la menace de développer cette condition en favorisant un meilleur métabolisme du glucose.
- Réduction du risque de pré-éclampsie.
Activités physiques recommandées pendant la grossesse
On privilégiera des sports confortables :
- Natation
- Marche
- Marche nordique
- Vélo statique
- Danse adaptée
- Renforcement musculaire au poids du corps ou avec des charges légères
- Yoga et Pilate pré-partum
Précautions et contre-indications
Bien que l'activité physique soit généralement bénéfique pendant la grossesse, il est important de prendre certaines précautions et de connaître les contre-indications.
Signes d'alerte nécessitant une consultation médicale
Soyez attentif à ce qui suit :
- Si vous avez de la fièvre.
- Si les saignements ou les pertes brunâtres commencent à sentir mauvais ou augmentent de volume.
- Si vous avez des douleurs dans la partie inférieure de l'abdomen.
Ces symptômes peuvent être le signe d'une infection de l'utérus et nécessitent une consultation médicale en urgence. Les infections sont traitées à l'aide d'antibiotiques.
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Choses à éviter après une fausse couche
Tant que vous saignez, votre utérus est toujours en phase de guérison et le risque d'infection est accru. Par conséquent, il est conseillé d'éviter :
- De prendre des bains dans des baignoires, de se baigner dans des lacs, dans la mer ou dans des piscines.
- D'utiliser des tampons.
- D'avoir des relations sexuelles sans préservatif.
Contre-indications relatives à l'activité physique pendant la grossesse
Les contre-indications relatives à la pratique d'une activité physique représentent des cas où la pratique n'est pas interdite mais doit être ajustée voire stoppée en fonction des différents cas :
- Grossesse gémellaire à partir de la 28e semaine.
- Maladies cardio-vasculaires, respiratoires légères ou modérées.
- Anémie.
- Antécédent de naissance prématurée ou de fausse couche.
- Troubles de l'alimentation.
Contre-indications absolues à l'activité physique pendant la grossesse
La présence d'au moins une de ces situations ne permet pas la pratique d'une activité physique :
- Pathologie thyroïdienne non contrôlée : car elle peut entraîner des fluctuations importantes des hormones thyroïdiennes. Ces fluctuations peuvent affecter le métabolisme énergétique, le rythme cardiaque, et la tolérance durant l’effort, augmentant ainsi les risques pour la santé de la mère et du fœtus.
- Diabète de type 1 non contrôlé : La gestion sécuritaire du diabète exige une stabilité glycémique, particulièrement difficile à maintenir durant l'effort physique chez les diabétiques non contrôlés.
- Placenta praevia : cette condition implique que le placenta est anormalement bas dans l'utérus, couvrant partiellement ou totalement le col de l'utérus.
- Hypertension non contrôlée : Chez les femmes enceintes, une hypertension non maîtrisée peut déjà poser des conséquences importantes de complications telles que la prééclampsie, les accidents vasculaires cérébraux, ou d'autres problèmes cardiovasculaires sévères.
- Travail prématuré : l'exercice peut stimuler des contractions ou augmenter l'activité utérine, ce qui pourrait aggraver ou précipiter le travail prématuré.
- Saignements vaginaux inexpliqués : cela peut être le signe d'une complication grave telle qu'une fausse couche, un décollement placentaire, ou un placenta praevia. L'exercice peut augmenter le risque de saignement et aggraver des conditions sous-jacentes potentiellement dangereuses pour la mère et le bébé.
- Rupture membranaire : ou appelé « la rupture des eaux » est une urgence médicale.
- Autres maladies cardio-vasculaire, respiratoire, systémique graves.
Recommandations générales
- Il est conseillé d’avoir un minimum de 150 minutes d’activité physique par semaine. Dans l’idéal, une activité quotidienne est ce qu’il y a de mieux. Au minimum, il est recommandé d’en faire 3 fois par semaine.
- Toutes les femmes sans contre-indications doivent rester actives tout au long de la grossesse.
Activité physique et risque de fausse couche : ce que disent les études
Les études montrent une baisse des chiffres des fausses couches grâce à l'activité physique régulière. Il est donc nettement bénéfique de faire du sport durant la grossesse, même durant le premier trimestre où la pratique à haute intensité peut être prolongée.
Certains auteurs ont étudié l’incidence des fausses couches, avec ou sans aberrations chromosomiques, et ont montré que les femmes qui pratiquaient une activité physique pendant la grossesse présentaient un risque nettement moindre de fausse couche sans anomalies chromosomiques.
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Une méta-analyse a été menée au Danemark pour examiner les relations entre exercice physique et fausse couche chez plus de 92 000 femmes, entre 1996 et 2002. Cette étude révèle que le risque est significativement plus important chez les femmes qui pratiquent plus de sept heures de sport par semaine dans les 18 premières semaines de gestation, a fortiori s’il s’agit de sports avec un haut niveau d’impact (jogging, sports collectifs).
Impact de l'activité physique sur la circulation sanguine utérine et placentaire
Les effets de l’activité physique sur la redistribution du débit sanguin, et notamment de la circulation utérine et placentaire, sont discutés. Au cours de l’exercice physique, la redistribution sanguine utérine et placentaire, vers les muscles squelettiques, ne pourrait-elle pas être à l’origine de souffrance fœtale ?
Webb a démontré que la réponse habituelle à l’activité physique chez le fœtus était une augmentation de 10 battements par minute de la fréquence cardiaque pendant l’exercice. Le retour à la fréquence cardiaque fœtale de base se faisant en 10 à 20 minutes après la fin de l’exercice.
La circulation fœto-maternelle et la circulation fœtale ont été étudiées par Doppler à l’occasion d’activité de pédalage sur bicyclette ergométrique. Les résultats ont été comparés chez des femmes enceintes de fœtus normaux et chez des femmes enceintes avec retard de croissance intra-utérin. L’exercice physique n’altère pas les résultats des Dopplers utérins et ombilicaux des mères avec fœtus normaux ou hypotrophiques, mais entraîne une augmentation des résistances aortiques chez les fœtus hypotrophiques.
Activité physique et poids de naissance
Peu d’études permettent d’évaluer réellement l’impact de l’activité physique sur le poids de naissance de l’enfant. Même s’il existe une relation significative et inverse entre le poids de naissance et l’intensité de l’activité physique, la réduction du poids de naissance est généralement expliquée par une diminution de la masse grasse chez le nourrisson à la naissance. Aucune étude ne permet d’affirmer que l’activité physique raisonnée et raisonnable puisse être seule responsable d’une hypotrophie ou d’un petit poids de naissance.
Bouger en douceur après une fausse couche
Après la perte d'un bébé, chaque personne entame un processus de guérison différent selon les situations. Mais la première chose à faire est de prendre du temps pour soi. Lorsque vous vous sentirez prête à bouger à nouveau, le sport agira de manière positive sur votre humeur et vous permettra d'évacuer le chagrin et le stress.
Conseils pour reprendre l'activité physique après une fausse couche
- Prendre le temps d'accepter le traumatisme : Accordez-vous quelques semaines pour vous reposer et accepter l'épreuve que vous traversez. « Le corps guérit beaucoup plus vite que l'esprit et le cœur ».
- Consultez votre médecin : Demandez conseil à un médecin si vous souhaitez pratiquer des entraînements à plus fort impact. Sa réponse dépendra sûrement de la durée de votre grossesse, des circonstances de la perte de votre bébé et de l'état de vos saignements.
- Allez-y doucement : Lorsque vous reprenez le sport, commencez doucement en pratiquant des activités à faible impact comme la marche (en continu pendant cinq ou dix minutes) ou le yoga doux.
- Respirez, tout simplement : Essayez la respiration ventrale. Cette technique relaxante vous aide à travailler votre ceinture abdominale et renforce la connexion entre le muscle transverse de l'abdomen et le plancher pelvien.
- Pensez aux bienfaits émotionnels : Rappelez-vous que « le sport est un moyen de commencer à guérir sur le plan émotionnel ».
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