La fausse couche, un événement courant pour certains, un véritable cataclysme pour d’autres, est un événement tout sauf anodin. Une grossesse sur quatre se solderait par une fausse couche lors des 22 premières semaines. Parfois des saignements sonnent le glas, parfois c’est lors d’une échographie que le constat tombe, il n’y a plus de rythme cardiaque. Parfois, la fausse couche intervient lors des toutes premières semaines, ce qui génère des réactions flottantes de l’entourage du couple. Enfin, la fausse couche peut intervenir tardivement, créant ainsi une stupeur et une incompréhension. Cet article vise à explorer les causes psychologiques de la fausse couche et l’impact émotionnel profond qu’elle peut engendrer.
Prévalence et définition de la fausse couche
Chaque année, près de 200 000 Françaises y sont confrontées. On parle de fausse couche lorsque la grossesse s’interrompt spontanément et involontairement durant les trois premiers mois et jusqu’à 22 semaines au plus tard. La majorité des fausses couches ont lieu précocement durant la grossesse (avant la 14e semaine d’aménorrhée) et souvent avant même que la patiente n’ait appris qu’elle était enceinte. Les professionnels de santé datent généralement une grossesse en fonction des semaines dites d’aménorrhée (SA), méthode de calcul qui se base sur les semaines durant lesquelles les règles sont absentes. Le premier jour pris en compte correspond donc au dernier jour des règles. Cela permet un calcul plus précis, en particulier lorsque le cycle est irrégulier. Quant au calcul en semaines de grossesse, il commence au moment de l’ovulation.
Selon le CNGOF, une fausse couche se définit par l’expulsion spontanée d’un embryon ou d’un fœtus avant la 22e semaine d’aménorrhée (qui constitue le seuil de viabilité en France). Une fausse couche est dite « précoce » lorsqu’elle survient avant la 14e semaine, et tardive si elle se produit entre la 14e et la 22e semaine d’aménorrhée. La prévalence des formes précoces est élevée, touchant 12 à 24 % des grossesses.
Facteurs physiques contribuant à la fausse couche
Plusieurs facteurs peuvent intervenir et expliquer une fausse couche.
- L’âge : à partir de 35 ans, la fertilité féminine diminue (à partir de 45 ans pour les hommes). La division cellulaire, première étape de la formation du fœtus, ne s’est pas passée correctement, ce qui donne lieu à un embryon non viable.
- Une malformation ou une anomalie utérine : s’il s’agit du premier cas, cette malformation risque d’entraîner plusieurs fausses couches successives. L’endométriose est une maladie inflammatoire qui se définit par la présence de fragments d’endomètre en-dehors de la cavité utérine. Dès la deuxième fausse couche successive, il est recommandé d’aller consulter un gynécologue spécialisé en médecine de la reproduction.
- Ne pas fumer, ne pas prendre de drogue, consommer de l’alcool avec modération : cela paraît évident, mais ces conseils sont essentiels pour réduire les risques. Ils sont à associer à une alimentation équilibrée qui permettra d’éviter les carences. S’il y en a malgré tout, par exemple vous suivez un régime comprenant des exclusions alimentaires, il se peut que vous ayez besoin d’être supplémentée en vitamines.
Une consultation médicale peut être programmée en couple dès lors que vous avez un projet de bébé. Elle permet de s’assurer que votre enfant peut être conçu et se développer dans les meilleures conditions sanitaires possibles. Lors de ce rendez-vous, le gynécologue pose un grand nombre de questions aux deux membres du couple : antécédents familiaux et médicaux, hygiène de vie, régularité du cycle menstruel, santé sexuelle… Rien n’est laissé au hasard par le professionnel de santé qui procède ensuite à un examen clinique classique, avant de prescrire un bilan sanguin complet.
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Impact psychologique de la fausse couche
Cet événement est toujours éprouvant pour les femmes qui le subissent. La parole se libère actuellement au sujet de la fausse couche et permet de souligner à quel point il est important pour les patientes concernées de communiquer sur cet événement subi. En moyenne, une femme sur deux est confrontée à une fausse couche dans sa vie, selon les chiffres du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).
Si fréquents soient ces avortements spontanés, leurs répercussions psychiques sont encore mal appréhendées. Après une étude pilote publiée en 2016, J. Farren et coll. viennent de rapporter dans l'American Journal of Obstetrics and Gynecology les résultats d'une étude de cohorte, multicentrique et prospective. Au total, 737 patientes ayant fait un avortement spontané précoce (537 fausses couches et 116 grossesses ectopiques) et 171 femmes ayant conduit leur grossesse à son terme (groupe témoin) ont participé à l'enquête. Au fil du temps, les trois types de symptômes ont persisté tout en diminuant chez les patientes ayant eu une perte fœtale précoce. Ainsi, à trois mois, 21 % (86/418) avaient un PTSD, 23 % (96/426) une anxiété modérée à sévère et 8 % (32/426) une dépression modérée à sévère. Quant aux différences entre les conséquences d'une fausse couche et d'une grossesse ectopique, elles ont été plus difficiles à mettre en évidence.
Cette étude confirme donc la fréquence élevée des troubles psychiques survenant après un avortement spontané, qu'il s'agisse d'anxiété, de symptômes dépressifs et, tout particulièrement, de stress post-traumatique. Pour les auteurs, ce constat doit conduire à envisager systématiquement la survenue possible de troubles psychiques après une fausse couche. Leur repérage permettrait alors de mettre en place un traitement adapté. La fréquence particulière du PTSD est aussi à souligner, en raison de ses multiples conséquences : impact sur la qualité de vie, les relations sociales, la capacité au travail, le risque suicidaire, les grossesses ultérieures. En outre, ce syndrome nécessite une approche thérapeutique très spécifique.
La fausse couche : un tabou persistant, une souffrance invisible
Souvent reléguée au silence, la fausse couche touche pourtant une femme sur quatre en France. Selon une récente étude menée par Qare et Ipsos, 9 femmes sur 10 souhaitent un meilleur soutien médical et psychologique. Cet événement, qui touche 200 000 femmes par an en France, a des répercussions aussi bien physiques que psychologiques, affectant non seulement la santé mentale mais aussi la vie de couple, la sexualité, et le désir d’enfant. Près de 9 femmes sur 10 ayant vécu une fausse couche rapportent des répercussions significatives sur leur santé mentale. En plus des impacts émotionnels, 55 % des femmes affirment que cela a affecté leur relation de couple, tandis que 40 % ressentent un impact au travail. Malgré l’ampleur des répercussions, 91 % des femmes concernées n’ont bénéficié d’aucun accompagnement psychologique. Cette absence de soutien aggrave la douleur, laissant de nombreuses personnes démunies.
De premières actions ont été mises en place en ce sens. La possibilité de bénéficier d’un arrêt de travail sans délai de carence a été instaurée.
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En 2022, en France, une grossesse sur 4 s’interrompt dans les 22 premières semaines d’aménorrhée. Il s’agit donc d’un événement relativement fréquent et par conséquent parfois banalisé ou minimisé alors que l’impact psychologique est réel. Chaque femme, chaque couple va traverser cet événement de façon singulière mais jamais anodine. Quel que soit le stade de la grossesse, il s’agit bien souvent pour la femme et pour le couple d’une expérience difficile à vivre, parfois même traumatisante. La fausse couche représente la perte d’un futur bébé et de tous les projets dont il est porteur.
Le collectif Fausse couche, vrai vécu formé par 6 femmes engagées insiste sur l’importance de ne plus utiliser l’expression « Faire une fausse couche » : « Parce que rien n’est faux et que tout est vrai. Parce que nous ne faisons pas les fausses couches mais les subissons » précisent-elles. Survenant le plus souvent au cours du premier trimestre, l’interruption spontanée de grossesse est bien souvent cachée car la grossesse n’est pas encore annoncée à l’entourage. Le silence du premier trimestre que s’imposent parfois certains couples peut les priver du soutien des proches lors de l’arrêt naturel de la grossesse et participe à rendre cet événement tabou.
Réactions émotionnelles et deuil
L’attitude de l’entourage mais aussi des équipes soignantes est très importante car les mots utilisés peuvent heurter et ajouter de la violence à la violence que représente déjà cette perte. Il s’agit comme toujours d’une expérience singulière. Son vécu et son impact psychologique peuvent donc varier en fonction de l’histoire et du contexte de chaque femme. Certaines vont ressentir une profonde tristesse, un sentiment d’injustice, de colère, de culpabilité ou encore de honte. Certaines vont se sentir disqualifiées dans leur maternité. Cette grossesse qui s’interrompt brutalement peut être un réel choc émotionnel. Même en cas d’arrêt précoce de la grossesse, il s’agit bien pour certaines femmes de la perte d’un bébé et non d’un embryon. Pour d’autres, le vécu émotionnel va être moins intense sans pour autant que l’arrêt de la grossesse soit perçu comme un événement anodin. Certaines femmes peuvent le mettre à distance, le relativiser ou le minimiser, notamment en cas d’arrêt précoce de la grossesse.
Après l’épreuve de l’évacuation de la grossesse, de façon naturelle, médicamenteuse ou chirurgicale, vient le moment de penser à une nouvelle grossesse. Certains couples ressentiront le besoin d’entamer très vite une nouvelle grossesse tandis que d’autres auront envie de se laisser plus de temps. Quoi qu’il en soit, la grossesse suivante sera bien souvent teintée d’inquiétude, particulièrement les premiers mois. La légèreté et l’insouciance auront laissé place à l’angoisse de vivre à nouveau la douleur d’une grossesse qui n’aboutit pas, d’un bébé qui n’advient pas.
L'importance de l'accompagnement psychologique
Linda demande une consultation, car elle ne parvient pas à être enceinte naturellement. Elle et son mari vont entamer un parcours en PMA et ressentent le besoin d’être accompagnés psychologiquement. Lors de ces séances, le couple va interroger son désir d’enfant, bien différent chez la femme que chez l’homme. Le lien au corps, le lien à sa propre mère, à son propre père. L’interrogation du masculin et du féminin chez chacun. C’est un long travail afin que le couple soit au clair quant à la nourriture affective avec laquelle il s’alimente. Malgré cette préparation psychologique au parcours en PMA, la déception est importante lorsque la première FIV ne prend pas. Comme Linda n’a pas interrompu les séances en cabinet, nous pouvons observer ses ressentis, résistances et avancer peu à peu vers une acceptation de ce « coup dans l’eau », ce contact difficile avec la réalité. L’idéal du moi, ce reste de toute puissance infantile, est réactivé chez les femmes dans leur désir d’enfant. Il s’agit donc de travailler sur le réel, qui peut être cruel. La seconde FIV est positive. L’effervescence est à son comble pour le couple et son entourage, bien que des réserves sont émises par le corps médical sur le premier trimestre en cas de FIV. Des saignements vont rapidement avoir lieu et une profonde tristesse envahit Linda et son mari. Cette fausse couche est rapide après la FIV, moins de deux mois. C’est néanmoins deux mois investis sur son corps et le futur bébé, le présent et ce qui devait advenir.
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C’est un couple qui a déjà deux enfants qui viennent en consultation. Nathalie vient de subir une fausse couche à 4 mois et demi de grossesse. C’est la stupeur et l’incompréhension alors qu’ils sont déjà parents de deux enfants, en pleine santé qui plus est. Ils ne comprennent pas, cherchent où ils ont pu commettre une erreur… Ils vont jusqu’à remettre en cause le désir de l’autre dans ce troisième enfant. Y en a-t-il un des deux qui cache à l’autre son non-désir, une réticence ? Ils ont beaucoup de disputes depuis, comme si la colère pouvait masquer leur tristesse. Ils ont besoin de trouver un responsable et demandent dès lors de l’aide, tant cet événement est en train d’ébranler fortement les bases familiales. Lui a pensé quitter sa femme qui est devenue « invivable », mais il pense à ses deux enfants. Finalement, un troisième n’est pas nécessaire, il y a les deux premiers, ils vont bien. Peut-être qu’ils peuvent continuer ainsi. Elle vit une anxiété dépressive, elle qui a déjà donné la vie, comment n’a-t-elle pas pu « sauver » cet enfant dans son corps ? C’est comme une trahison du corps. Elle se vit comme morcelée par moment.
Il y a dans un cas comme dans l’autre, un contact avec une réalité dure et cruelle, une sidération et une douleur qui cherchent à se poser, comme si elles cherchaient un responsable. Le coupable c’est malheureusement bien souvent d’abord soi-même, la femme principalement. Se trouver dans l’incapacité de porter la vie jusqu’à la naissance est ressenti comme une faillite de son identité de femme. Remettre en cause son identité est comme une perte de sens, de repères connus, d’égarement intense. Il n’est pas rare de voir poindre l’ombre de la dépression chez certaines femmes. Il n’est pas rare non plus, souvent, de voir réactivées des blessures narcissiques du passé.
Chez l’homme, la douleur est différente bien qu’importante pour certains. En effet, c’est dans son rôle, plus que dans son identité (nous ne sommes pas ici dans une stérilité masculine), qu’il va vivre une remise en cause éprouvante, pouvant lui faire ressentir son impuissance à soutenir, aider sa femme dans ce qu’elle vit dans son corps. Cette impuissance peut devenir si grande que, elle aussi, cherche à se poser quelque part. Douleur et impuissance ne font généralement pas bon ménage. Après un temps de réconfort, de soutien, de l’entourage qui était peut-être dans la confidence, le quotidien va se rappeler à eux (le travail, les autres enfants s’il y en a…) et il faudrait se remettre en avant. Ici aussi, le décalage peut exister, l’homme ayant cette tendance à aller de l’avant. Mais il y a un véritable travail de deuil à effectuer et nous ne sommes pas égaux devant le deuil. Notre histoire personnelle et unique entre dans ce travail. Il ne s’agit pas d’un événement à « digérer » comme on aimerait le croire, mais un contact avec un soi ou des parties de soi que l’on ne connaissait pas, qu’on ne voulait pas voir ou ne plus revoir. C’est ramasser les morceaux de soi pour pouvoir avancer et le fracas n’est pas un standard.
C’est l’apparition des maladresses verbales et je m’abstiendrais ici de les nommer. Elles ne sont que trop entendues. C’est souvent l’entourage qui les verbalise, étant sous-entendu que la douleur du couple ou de l’un des deux est trop embarrassante, trop longue, anormale. Cette douleur va alors trouver un chemin vers l’extérieur, vers l’autre, vers un responsable. Parfois, la douleur reste interne, à peine visible extérieurement, avec une incapacité pour l’entourage de voir et d’agir. En cabinet, nous proposons un contenant à cette douleur, un endroit où l’exprimer à défaut de pouvoir la poser, ou alors on la pose un instant, on réapprend à être sans elle, même quelques minutes, à se retrouver, pas tout à fait comme avant, mais avec un sentiment de se reconnaître ou de retrouver un être cher, soi-même. Il me semble utile d’accueillir la femme et aussi le couple. Il s’agit de panser la blessure de n’avoir pas pu, pas su amener la vie. Il s’agit de panser l’impensable.
Pour la femme, le deuil peut prendre plus de temps. Il s’agit de l’accompagner vers l’acceptation de n’avoir pas pu amener « cette » vie à se concrétiser et non « la » vie. À avancer avec elle dans l’acceptation de la réalité médicale, souvent froide et ne tenant pas compte, ou pas assez, de l’investissement qui était déjà en place bien avant la grossesse. En psychanalyse, nous savons que le désir d’enfant est antérieur à la grossesse, fantasmé depuis longtemps dans la psyché de la femme. Certaines femmes vivent le premier trimestre de manière uniquement corporelle et peuvent ne pas ressentir l’investissement affectif de manière consciente. Une fausse couche n’aurait pas le même impact ou le même risque de décompensation dépressive que pour d’autres, plus investies.
L’homme va vivre ce deuil dans son vécu émotionnel, il n’a pas vécu la dimension physique et son deuil peut se noyer dans l’action. Il va naturellement aller de l’avant, comme cité plus haut. Les mouvements physiques n’existent pas en lui, la grossesse de sa femme est encore abstraite et l’homme ne fantasme pas l’enfant à venir comme sa femme peut le faire. Cela viendra avec les changements physiques de sa femme, des travaux à faire pour la chambre de bébé, du déplacement d’attention qu’il va subir au fur et à mesure de la grossesse. Toutefois, il existe des hommes qui sont très investis dès le début de la grossesse, voire même avant leur compagne, le désir d’enfant venant d’eux, ayant déjà une forte représentation de l’enfant à venir. En cas de fausse couche, leur douleur est rarement prise en compte et ils peuvent ressentir une forme d’injustice, l’enfant pouvant être encore dans l’inconscient collectif une affaire de femmes et leur rôle cantonné comme soutien à la femme. Ces hommes peuvent ressentir une forte animosité contre leur femme et ainsi mettre en péril l’avenir du couple.
Le travail sur le couple consistera essentiellement à prendre en compte l’imaginaire de l’un et l’autre sur l’enfant attendu, sa capacité à mener à bien ce projet de vie, reconnaître chez l’autre sa dimension émotionnelle afin de réduire au plus le décalage existant entre eux pour pouvoir se relever et renforcer leur couple. Il consistera à entendre les projections douloureuses que l’on peut se faire pour ensuite les laisser se dissoudre, se regarder à nouveau, se reconnaître. Accepter également d’avoir un rythme différent dans le travail du deuil, les hommes ayant tendance à vouloir rapidement retrouver leur compagne.
Prise en charge et perspectives d'avenir
Une grossesse qui s’interrompt ce n’est pas rien. Sa fréquence ne devrait pas minimiser son impact mais devrait au contraire permettre de libérer la parole à ce sujet. L’arrêt de la grossesse peut être très difficile à vivre voire traumatisante et les femmes devraient pouvoir se sentir totalement légitimes à ressentir et exprimer la douleur de cette perte, quel que soit le stade de leur grossesse.
Même aujourd’hui, outre le suivi médical, il n’y a que très peu de suivis psychologiques en cas d’interruption spontanée de grossesse. Peu de femmes et de couples ont entendu cette proposition, ont reçu des recommandations de professionnels, d’associations ou des pistes de réflexion quant à l’impact psychologique et des aides possibles pourtant nombreuses et existantes.
Ce texte prévoit la mise en place d’un « parcours interruption spontanée de grossesse », associant médecins, sages-femmes et psychologues, hospitaliers et libéraux, afin d’améliorer le suivi médical et psychologique des personnes confrontées à une fausse couche, à partir du 1er septembre 2024. Ladite prise en charge consiste notamment en un accès facilité à un suivi psychologique, pouvant se faire via le programme Mon Soutien Psy (dans ce cas, sages-femmes et médecins peuvent prescrire des séances).
Parallèlement à cette évolution législative, les recherches sur les difficultés d’adaptation à la suite de la fausse couche doivent se poursuivre. Les résultats montrent que les personnes ayant vécu une fausse couche présentent le même niveau de difficultés psychologiques que celles ayant vécu un autre évènement de vie stressant. Parmi les facteurs étudiés lors de cette étude, nous nous sommes aussi intéressés aux compétences psychologiques, telles que les capacités de régulation émotionnelle. Nous avons observé que des compétences psychologiques plus faibles étaient associées à un plus haut niveau de trouble de l’adaptation. Concrètement, il s’agirait de proposer des consultations ou des ateliers en groupes au cours desquels les couples seraient informés sur les émotions (colère, tristesse, stress) qu’ils peuvent ressentir suite à cet évènement. Lors de l’évaluation psychologique, questionner le patient sur la façon dont la fausse couche vient s’inscrire dans son parcours et son projet de vie peut également permettre de dégager d’autres thématiques de travail. Qui plus est, envisager la fausse couche comme un trouble de l’adaptation permet aussi de proposer des thérapies structurées sur les souvenirs douloureux de l’évènement, telles que la thérapie narrative. L’exposition répétée à ce script narratif, en séance, dans un lieu sécurisé, est l’une des bases de la thérapie cognitivo-comportementale et permet de « digérer » émotionnellement les évènements difficiles.
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