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Psychologie infantile et esprits criminels : Comprendre les origines de la violence chez les jeunes

Tant qu’il y aura des enfants qui enfreindront les lois, les hommes chercheront toujours à en comprendre les raisons. Les explications généralement fournies varient beaucoup selon le point de vue politique, la conception que l’on se fait de l’enfance, et subissent l’influence des théories nouvelles sur la criminalité et les recherches dans les domaines de la médecine, de la psychologie, de la sociologie et de la criminologie. De surcroît, les peurs dominantes de toute société se reflètent dans l’attitude que celle-ci adopte face à la criminalité, aux enfants, et surtout face aux enfants criminels.

L'évolution historique de la perception de la criminalité infantile

Paul Griffiths, historien spécialiste de l’Angleterre moderne, critique sévèrement les chercheurs qui présentent la délinquance juvénile comme un phénomène contemporain dont l’origine remonterait au xixe siècle. Ses recherches sur les notions de jeunesse et d’autorité dans l’Angleterre du xvie siècle ont mis en lumière l’existence d’actes délictueux de la part des jeunes et l’inquiétude qu’ils engendraient chez les adultes. Cependant les lois définissant la norme et la criminalité n’ont cessé d’évoluer dans le temps et l’espace, de même que les concepts d’enfance et de bienséance, ou les actes mêmes des enfants, les interprétations des adultes et les réponses apportées par ces derniers au problème de la criminalité juvénile. Il ne faut pas croire aveuglément ceux qui prétendent que certains types de comportement sont sans précédent et appellent des réponses nouvelles. De même, il ne faut pas se fier à l’approche fondamentaliste et a-historique qui affirme que les enfants n’ont jamais cessé de faire des écarts de conduite et d’enfreindre la loi, et qu’il n’y a donc, de ce point de vue, pas d’évolution.

La France au XIXe siècle : Peurs sociales et démographiques

En France, au début du xixe siècle, la Révolution achevée récemment, ses conséquences (vingt-cinq ans de guerres civile et internationale) ont fait surgir des peurs et des angoisses sociales très profondes chez les élites. Beaucoup de responsables pensaient que la révolte populaire et les activités criminelles étaient un seul et même phénomène, alimentant l’idée que certaines « classes dangereuses » de la société constituaient une menace réelle pour l’ordre social. À la fin du xixe siècle, l’angoisse et les idées liées à la situation globale de la France n’étaient plus d’actualité, pour deux raisons dont les observateurs français estimaient qu’elles étaient liées entre elles : la baisse démographique, établie par les recensements, et le déclin de la France sur le plan international, que prouva la défaite rapide et spectaculaire de la France face à la Prusse en 1870-1871.

L'évolution de l'approche de l'État face à la délinquance juvénile

Au xxe siècle, l’approche de l’État français par rapport aux enfants qui enfreignaient la loi fut fortement conditionnée par une la mise en œuvre d’une politique démographique qui influença les décisions à tous les niveaux. L’opinion publique et la politique de l’État français s’orientèrent, sur la question de la délinquance juvénile, dans une direction diamétralement opposée à celles des États-Unis au xxe siècle. On passa en effet d’une approche répressive, basée à la fin du xixe siècle sur la peur de l’enfance délinquante, à une approche protectrice, thérapeutique, prônant la réintégration, fondée quant à elle sur l’idée que l’enfant délinquant était avant tout victime des circonstances. Il ne faut pas confondre le passage d’un système répressif à un système thérapeutique avec le triomphe du progressisme humanitaire sur un instinct primitif de revanche. Le système judiciaire pour les mineurs, constitué de lois et de procédures s’appliquant à une classe d’âge bien spécifique, ainsi que de tribunaux et institutions réservés aux mineurs, n’apparut qu’à la fin du xixe et au début du xxe siècle.

Le Code Napoléon et le traitement des mineurs délinquants

Le point de départ de toute discussion sur le système judiciaire français reste, pour la période contemporaine, le Code Napoléon. Lorsqu’elles furent rédigées, les dispositions relatives aux mineurs prévues par le Code pénal de 1810 devaient répondre à plusieurs questions. Pourquoi les jeunes commettent-ils des crimes et délits ? Jusqu’à quel point leur âge doit-il être pris en considération ? L’État doit-il répondre à ces actes par la force répressive ou bien opter pour la réadaptation ? L’article 66 du Code pénal fixait l’âge de la majorité pénale à 16 ans (la majorité civile était alors fixée à 21 ans). Il distinguait non seulement les enfants des adultes, mais il établissait également à l’intérieur même du groupe que constituaient les enfants une distinction supplémentaire fondée sur la notion de discernement. Si le juge décidait qu’un mineur avait agi sans discernement, il était alors renvoyé chez ses parents ou emmené dans une maison de correction pour une période donnée définie par le juge, à ceci près qu’il ne pouvait pas y rester au-delà de ses vingt et un ans. L’article 69 stipulait que si le mineur avait agi avec discernement il ou elle pouvait écoper d’une condamnation correctionnelle - une peine sanctionnant les petites infractions -, laquelle ne pouvait dépasser la moitié de celle d’un adulte pour le même délit.

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Autorité paternelle et vagabondage

Parce que Napoléon voulait absolument renforcer l’autorité du père dans la famille, le Code civil de 1803 reconnaissait au père le droit à la « correction » paternelle. Un père pouvait ainsi, sans aucune justification, demander au juge l’emprisonnement de son enfant pour une durée d’un mois si celui ci avait moins de seize ans, et jusqu’à six mois pour les enfants de plus de seize ans. Les mineurs étaient également concernés par le vagabondage, une infraction sanctionnée par le Code pénal de 1810. Les articles 270 et 271 définissaient les vagabonds comme « ceux qui n’ont ni domicile fixe, ni moyens de subsistance, et qui n’exercent habituellement ni métier, ni profession ».

Les théories sur la criminalité infantile : Catholicisme vs. Lumières

Le Code Napoléon traitait les agissements délictueux des enfants de façon minimale et autoritaire. Tout au long du xixe siècle, de plus en plus de personnes manifestèrent leur mécontentement par rapport aux articles 66 et 69. Les intellectuels de l’époque étaient déchirés par des tendances contradictoires. D’un côté, en dépit de la révolution de 1789, le catholicisme demeurait toujours la religion de la majorité des Français, et les doctrines chrétiennes voyaient dans le crime l’expression d’un péché originel et du penchant universel de l’homme pour le mal. Au siècle des Lumières, des intellectuels développèrent une vision alternative de la criminalité. Après la Révolution de 1789, un grand nombre de leurs idées influencèrent la rédaction du Code pénal. Le texte de référence sur l’enfance est l’Émile de Jean-Jacques Rousseau, élaboré d’après les idées de John Locke, qui comparait l’esprit à une feuille blanche.

L'émergence de nouvelles visions au début du XIXe siècle

S’ajoutant à ces visions diamétralement opposées - celle du catholicisme et celle des intellectuels des Lumières - par rapport au crime et à la manière de le combattre, on vit émerger, au début du xixe siècle, d’autres visions contrastées. Dans la France du début du xixe siècle, les gens ne se reconnaissaient plus dans une morale universelle qui avait été bouleversée jusque dans ses fondements par la Révolution et les vingt-cinq années de guerre qui suivirent. Les insurrections de 1848 renforcèrent les craintes qu’inspiraient les changements économiques et sociaux de l’époque, tels que la modernisation, l’urbanisation et la montée du capitalisme.

Enfants tueurs : comprendre les raisons psychologiques

Peut-être avez-vous entendu parler de ces enfants qui ont commis un ou plusieurs meurtres et vous vous demandez comment cela peut arriver d’un point de vue psychologique. Dans la plupart des cas, ces tueurs grandissent et deviennent des adultes responsables, ce qui peut rendre leurs crimes encore plus troublants. Cependant, certains enfants sont tellement endommagés par leur passé que leur capacité d’empathie est annihilée. Les motifs les plus courants sont la vengeance, la colère et la peur. Dans beaucoup de cas, les enfants qui ont tué, ont vécu des drames familiaux et des maltraitances répétées. D’autres mineurs se sont retrouvés impliqués dans des gangs ou ont été incités à commettre des actes graves à cause de mauvaises fréquentations. Et dans le pire des cas, nous nous retrouvons face à des jeunes ne ressentant rien : ni empathie, ni culpabilité. Ils ont tué pour le frisson et l’excitation.

Exemples de crimes commis par de jeunes adolescents

Certains crimes commis par de jeunes adolescents, ont choqué les populations du monde entier :

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  • Brenda Ann Spencer, 16 ans : par la fenêtre de chez elle, elle blesse avec un fusil 8 enfants qui attendent l’ouverture du portail de l’école, tue le directeur de l’établissement ainsi que le gardien, et blesse un policier. « Je n’aime pas les lundis. Au moins, ça a animé ma journée. »
  • Eric Smith, 13 ans : enlève un petit garçon de 4 ans, le frappe avec une pierre, l’étrangle puis le viole. « J’étais tout le temps harcelé à l’école à cause de mes lunettes et de mes cheveux roux. Mon père et mes deux sœurs passaient eux aussi leur temps à me malmener. J’ai passé ma colère sur Derrick ».
  • Jasmine Richardson, 12 ans : a tué son petit frère de 8 ans, son père et sa mère. Elle était en binôme avec son ami de 23 ans. Les parents de la fillette ne voulaient pas qu’elle fréquente ce garçon, bien plus âgé qu’elle. Ils ont décidé d’éliminer la famille.
  • Amarjeet Sada, 7 ans : le plus jeune tueur en série au monde. Il a d’abord tué sa cousine âgée de 8 mois, sa propre soeur de 6 ans puis sa voisine de 6 mois.

Les enfants soldats : auteurs de massacres

Outre les femmes, les premières victimes sont aussi les enfants, souvent en très bas âges. D’abord spectateurs de viols et de crimes brutaux sur les membres de la famille, puis de personnes environnantes, ils sont également les cibles de ces mêmes atrocités. Puis, traumatisés, il n’est pas rare qu’ils soient emmenés contre leur gré pour combattre auprès des assaillants. Durant la guerre au Rwanda, des jugements ont été prononcés contre des mineurs entre 14 et 18 ans, sans pour autant qu’ils soient jugés comme des adultes.

Les séquelles psychologiques

Il est impossible de comprendre toutes les variabilités psychologiques que peut ressentir un enfant, ou même un adulte, qui tue quelqu’un. Cela dépend de nombreux paramètres, notamment si le crime en question a été prémédité ou non. Durant « l’avant », il peut y avoir une phase de préparation pendant laquelle l’enfant ou l’adolescent part à la recherche d’informations. Lors du « pendant », durant lequel de nombreux ressentis peuvent surgir. Et lorsque survient « l’après », l’enfant ou l’ado peut être traversé par de nombreux sentiments et des émotions diverses. Cela dépendra de sa personnalité, de son éducation et de son vécu. Il peut finalement y avoir des remords, de la culpabilité et de la honte face au crime commis. Mais il se peut aussi que l’auteur des faits n’éprouve rien de négatif. Juste un bel accomplissement. De la satisfaction et de la sérénité.

Que deviennent les enfants tueurs ?

Selon la gravité des actes, ils sont emprisonnés pour plusieurs années. Pour ceux dont les crimes ont été relayés dans les médias, un changement d’identité s’effectue après leur libération :

  • Robert Thompson et Jon Venables : des enfants de 10 ans ont enlevé, torturé et tué le petit James Bulger, 2 ans. Les deux garçons ont été condamnés à 8 ans de prison. Peu après leur majorité, ils ont été placés en liberté conditionnelle.
  • Mary Bell : 10 ans, a tué deux petits garçons de 3 et 4 ans, dont l’un avec la complicité d’une de ses amies. Condamnée à 12 ans de prison, elle est ressortie libre à l’âge de 23 ans.
  • Alyssa Bustamant : 15 ans, a tué de sang-froid la petite Elisabeth Olten, 9 ans. Elle a été condamnée à la perpétuité avec la possibilité de demander une conditionnelle après 30 ans d’emprisonnement

Le système pénitentiaire français pour mineurs

En France, toujours en fonction de la gravité des actes, les mineurs peuvent purger leur peine dans différents établissements :

  1. Les quartiers pour mineurs dans les maisons d’arrêt.
  2. Les EPM (Établissements Pénitentiaires pour Mineurs).
  3. Les centres éducatifs fermés.

L'importance des expertises psychiatriques et psychologiques

En France, la justice a commandé l’année dernière 122 914 expertises psychiatriques et psychologiques, dont celle mentionnée plus haut (+ 46 % par rapport à 2018, volume total incluant les justices civile et pénale). De sorte que psychologues et psychiatres appelés à la barre tentent de saisir les ressorts psychologiques qui ont mené à la commission de faits, en remontant notamment aux racines de celui ou de celle qui se trouve sur le banc des accusés. Ces expertises garantissent le principe d’individualisation de la peine. Elles permettent au magistrat d’adapter la sanction qu’il va prononcer à la personnalité de l’accusé pour qu’il la comprenne.

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La structuration de la personnalité et les traumatismes de l'enfance

Les expertises judiciaires des auteurs les plus sévèrement punis montrent très souvent des parcours chaotiques et des traumatismes au début de leur vie. L’enfance de tout individu est déterminante dans la structuration de la personnalité, que celui-ci devienne ou non criminel. La personnalité est une maison qui a besoin de fondations. Ces dernières se créent dès les premiers mois de la vie du bébé et sont liées aux premières interactions avec les autres êtres humains, dont les parents, en tête de liste. Des parents en bonne santé vont chercher à interpréter les signes donnés par l’enfant. C’est ce mécanisme qui crée l’empathie. Au contraire, une mère qui a été maltraitée, ne va pas pouvoir rassurer son enfant. Et ce processus va à son tour laisser des traces profondes sur le psychisme de l’enfant.

De victime à auteur : une résurgence du trauma ?

De nombreux auteurs de violences ont été des victimes durant leur enfance. Les traumatismes remontent parfois à plus loin encore. Soit il y a des carences, soit il y a du trop, de l’excès, soit encore il y a de véritables traumatismes, y compris des traumatismes transgénérationnels. Le parallèle entre les faits criminels et les éléments biographiques de leurs auteurs est parfois saisissant : c’est comme si l’adulte rejouait, dans le crime, une part de son enfance. Des études ont montré que les conduites maltraitantes durant l’enfance augmentent de 29 % le risque d’avoir affaire à la justice criminelle.

Le rôle du "contrôle social informel"

Le contrôle social informel s’exerce à la maison ou auprès de ses pairs, à l’école, et plus tard au travail. Il repose sur un cadre sain dans lequel l’individu va pouvoir s’épanouir dans son rapport à la société. Sans ce contrôle social de la part des parents, les enfants ne bénéficieraient pas de ces repères indispensables pour ajuster leur comportement aux attentes de leurs semblables. Et la propension à commettre, plus tard, un crime serait alors plus élevée. L’exemplarité parentale est fondamentale. Une part importante de criminels avaient vécu dans leur enfance un schéma parental problématique, avec une forclusion du père, c’est-à-dire son absence, et une relation fusionnelle à la mère.

L'étude du Docteur Kenji Abe sur l'enfance des tueurs en série

Le Docteur Kenji ABE, de l’Université Toin de Yokohama, a mené une étude sur l’enfance des tueurs en série. Bien qu’il y ait eu des progrès significatifs dans la connaissance et la compréhension du meurtre en série, ses causes et ses facteurs restent inconnus. En particulier, l’effet des influences environnementales n’est pas clair. Certains chercheurs soulignent l’impossibilité de prédire les meurtres en série à partir d’une compréhension des événements de la petite enfance, d’autres signalent l’importance des événements traumatiques sur le développement des futurs tueurs en série.

Le "modèle de contrôle des traumatismes" de Hickey

Dans son « modèle de contrôle des traumatismes », Hickey (1997) émet une hypothèse sur la manière dont l’esprit du tueur en série se développe. Il affirme que le sujet subit un ou plusieurs événements déstabilisants « durant les premières années de sa vie ». Cette expérience « oubliée » avec le temps va par la suite créer une scission dans la personnalité du sujet. Cependant, la douleur de cet événement traumatique finira par revenir à la surface.

Le "syndrome d'identité fracturée" de Holmes, Tewksbury et Holmes

Holmes, Tewksbury et Holmes (1999) tentent de préciser davantage ce processus de développement dans leur « syndrome d’identité fracturée ». Ils postulent qu’un incident traumatique, « qui se produit souvent durant l’adolescence » (p. 267), cause une petite fissure dans la personnalité, et les incidents suivants font exploser cette fissure en une véritable fracture de la personnalité.

Les facteurs environnementaux traumatiques

En ce qui concerne les facteurs environnementaux traumatiques du tueur en série, Hickey (1997) mentionne « la vie familiale instable, la mort des parents, le divorce, les châtiments corporels, les sévices sexuels et autres événements négatifs », en soulignant le rejet comme étant le plus commun. Une autre question concerne les facteurs environnementaux sur lesquels le temps a le plus d’impact. Certains tueurs en série commencent à montrer leur anomalie à un très jeune âge.

Les problèmes familiaux : mères enclines à la colère, mères ayant une idée fixe, mères dominant complètement leurs fils

Levin et Madfis (2009) soulignent que les problèmes familiaux ne sont pas directement perceptibles par des mesures traditionnelles.

  • Le premier groupe était celui des mères enclines à la colère.
  • Le deuxième groupe est celui des mères ayant une certaine idée fixe.
  • Dans le troisième groupe, les mères ont établi une domination complète sur leurs fils.

Violence physique ou mentale par le père, hostilité des deux parents, négligence émotionnelle constante

Certains sujets ont été victimes de violence physique ou mentale directe par leur père. Il existe des cas où le père et la mère étaient tous les deux hostiles envers le sujet. D’autres devaient vivre dans des environnements familiaux où le père faisait régner la terreur. Un grand nombre de sujets ont souffert d’une négligence émotionnelle constante dans leurs familles dysfonctionnelles avec des abus occasionnels à un stade précoce.

Les traumatismes supplémentaires : opération chirurgicale, fièvre, méningite, mort d'un grand-père, orphelinat, adoption

Ensuite, ils ont été soumis à des traumatismes supplémentaires, qui ont été extrêmement intenses, choquants et critiques pour le développement de leurs actes meurtriers une fois adules : Jeffrey Dahmer a subi une opération chirurgicale (une hernie) à 4 ans ; Dennis Nilsen a fait face à la mort subite de son grand-père bien-aimé à 6 ans ; William Bonin, après avoir été gravement négligé par sa mère, a été envoyé à un orphelinat entre six et neuf ans, puis en détention juvénile à 10 ans. Certains sujets ont été adoptés à un âge précoce, puis confrontés à d’autres traumatismes dans leur nouveau foyer d’adoption. Certains sujets ont même été privés des soins de base au cours de leur première année de vie, ce qui a perturbé leur développement normal.

Les environnements infantiles des tueurs en série : abusifs plutôt que négligés

Les environnements infantiles des tueurs en série examinés dans cette étude ont été considérés comme divisés en deux grands groupes : le groupe sous agression directe et le groupe en état de vulnérabilité plus agression indirecte, qui est souvent cachée, inconsciente, accidentelle ou parfois involontaire. Qu’elle soit directe ou indirecte, la force agressive a été anormalement dirigée sur les sujets de ces sept types. Les environnements infantiles des tueurs en série ont donc été classés comme étant abusifs plutôt que négligés. Il n’y a eu aucun cas où la négligence seule ait causé des meurtres en série. Ils étaient toujours accompagnés d’abus occasionnels ou postérieurs.

Prévention de la délinquance : repérer les enfants en souffrance dès la maternelle ?

Une des propositions du rapport Bockel sur la prévention de la délinquance suscite d’autant plus débat que quasiment aucun des commentateurs, journalistes ou spécialistes n’a lu le rapport ! De fait on prête au secrétaire d’Etat à la justice de vouloir repérer dès la maternelle les enfants appelés à être délinquants parce que violents dans leur prime enfance. Il faut reconnaitre qu’il est difficile d’entendre que dès 2 ou 3 ans on doit pouvoir repérer, détecter dit-on, les enfants appelés à être demain délinquants, sinon criminels.

L'importance de l'aide sociale et de l'accompagnement

Ces derniers jours, j’ai entendu le ministre parler d‘enfant en souffrance dès leur plus jeune âge donc les comportement d’autodestruction (anorexie, comportements dangereux pour eux, enfants se roulant par terre) ou d’agression verbale ou physique (enfant voulant couper les cheveux de ses petits camarades, par exemple) qui appellent à une aide et un accompagnement social voire médical. On peut penser que ces parents, à condition d’être lucides, peuvent aller voir d’eux-mêmes les services sociaux. Dans les classes aisées le psychologue ou le psychanalyste ne sont pas loin. Dans les milieux populaires, on ne sait pas faire et on se méfie des services sociaux qui ont la réputation de retirer les enfants.

Implanter du social dans les carrefours de la santé et de l'école

Nous le disions dans la circulaire sur l’enfance maltraitée de 1983 : quasiment tous les enfants de France fréquentent deux grands carrefours. Celui de la santé à travers les médecins privés et l’hôpital public et celui l’école. C’est dans ces carrefours qu’il faut implanter du social comme on a su implanter des services de proximité dans le métro. Cyniquement, le jeune enfant identifié en souffrance à l’école doit être un prétexte d’avancer une aide à la famille et aux parents souvent déboussolés. Il ne s’agit pas de multiplier les travailleurs sociaux, mais »simplement » par convention d’articuler les compétences de l’Etat (service social scolaire et service de santé scolaire) et celles des conseils généraux (PMI, Aide sociale et Aide sociale à l’enfance). C’est bien d’abord de protection de l’enfance qu’il s’agit. Plus ce dispositif sera performant, plus au final ceux auront été concernés ne seront pas demain en conflit avec la loi. En aidant un, dix, cent enfants à ne pas basculer dans la délinquance, et en remplissant d’abord sa mission d’aide sociale à l‘enfance la prévention spécialisée fait baisser la tension sociale dans le quartier.

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