Introduction
L'histoire de la tauromachie est riche et complexe, souvent associée à des figures emblématiques et des élevages prestigieux. Cependant, il est essentiel de se pencher sur des aspects moins connus mais tout aussi importants de cet univers, notamment le rôle de certaines races équines ancestrales. Parmi celles-ci, le Sorraïa, un cheval ibérique primitif, mérite une attention particulière. Cet article explore l'histoire fascinante du Sorraïa, ses caractéristiques uniques et son lien potentiel avec les origines de la tauromachie.
La Redécouverte du Sorraïa
Dans la vallée portugaise de l'Alentejo, là où les cours d'eau "Sor" et "Raïa" se rencontrent pour former un affluent du Tage, une race de chevaux primitifs a prospéré en semi-liberté jusqu'au début du XIXe siècle. Paradoxalement, cette population équine est restée largement ignorée jusqu'en 1920. C'est à cette date qu'un agronome et éleveur de chevaux lusitaniens, le Dr. Ruy d'Andrade, remarqua ce groupe d'animaux lors d'une partie de chasse à cheval près de Coruche.
Intrigué par la couleur primitive de leur robe - isabelle clair, souris, et souvent zébrée - il entreprit, dès 1937, de reconstituer et de fixer les caractères de la race par consanguinité. Il acquit sept juments et des étalons auprès d'éleveurs locaux pour constituer le noyau initial. Bien que les animaux d'origine ne fussent pas de race pure, après quinze ans, un groupe homogène avait été constitué.
Les Origines Enigmatiques du Sorraïa
Les origines exactes du Sorraïa demeurent un sujet de débat. Ruy d'Andrade le considérait comme le type pur de l'ancien cheval ibérique, doté d'un profil subconvexe. Arsenio Cordeiro, responsable du Stud-Book du Lusitanien, suggère que le Sorraïa pourrait être le survivant d'un équidé sauvage appelé "Zebra" au Moyen-Âge, ou une forme retournée à l'état sauvage du Lusitanien.
Quelle que soit son origine exacte, le Sorraïa n'a pas été influencé par des croisements avec des races orientales ou nordiques, ce qui en fait un représentant fidèle du cheval ibérique ancestral.
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Caractéristiques Physiques et Robe "Sauvage"
Malgré sa taille modeste (1,43 m à 1,45 m en moyenne), le Sorraïa est un véritable cheval miniature. Sa tête est longue et étroite, avec un profil subconvexe et des ganaches peu marquées. Son encolure est courte et attachée bas, sa poitrine est haute, son dos est droit, et sa croupe est courte et inclinée.
La robe du Sorraïa est sa caractéristique la plus distinctive. Elle est de type "sauvage", isabelle ou souris, avec des crins plus sombres en profondeur. Les zébrures, les raies de mulet et les bandes cruciales sont fréquentes, particulièrement chez les individus de couleur isabelle. Ces zébrures peuvent apparaître sur les membres, l'encolure et le dos. Ruy d'Andrade a même observé jusqu'à seize zébrures s'étendant jusqu'aux reins.
La consanguinité pratiquée depuis plus de 70 ans n'a pas entraîné de tares ou de dégénérescences chez le Sorraïa.
Le Sorraïa: Un Cheval Polyvalent et Attachant
Le Sorraïa est réputé pour sa docilité, sa patience, son courage, sa finesse, sa vivacité et sa légèreté. Il possède un caractère, des allures relevées et des aptitudes similaires à celles des chevaux ibériques.
Il excelle dans diverses disciplines, notamment la randonnée et le travail du bétail. Les "campinos" l'utilisent pour conduire les troupeaux de taureaux. Sa conformation lui permet de porter des charges lourdes, ce qui en fait un auxiliaire précieux pour le bât et les travaux agricoles.
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Les Sorraïas ont conservé des qualités précieuses telles que la vigueur, la légèreté et le courage. Ils sont rapides, résistants, rustiques, sobres et patients. Leur entretien économique en fait une monture de randonnée idéale.
Le Sorraïa et la Tauromachie
Bien que le Sorraïa ne soit pas aussi directement associé à la tauromachie que le cheval de race Lusitanienne, son rôle potentiel dans l'histoire de la tauromachie ne doit pas être négligé. En tant que descendant direct du cheval ibérique ancestral, il a pu être utilisé dans les premières formes de tauromachie, où l'agilité et le courage étaient primordiaux.
Les "campinos" qui utilisent le Sorraïa pour conduire les troupeaux de taureaux perpétuent une tradition équestre liée à la gestion du bétail brave, un élément essentiel de la tauromachie.
Un Avenir Incertain pour une Race en Danger
De nos jours, le nombre de Sorraïas est extrêmement faible, avec seulement une centaine d'individus répartis en trois petits groupes. La famille Andrade abrite le troupeau le plus important dans le Haut Alentejo. D'autres groupes se trouvent à la "Quinta da Boa Vista" et au "Serviço Nacional Coudelico". Quelques Sorraïas sont également présents au Haras d'Alter et près de Coruche.
La préservation de cette race est cruciale pour maintenir la diversité génétique équine et pour sauvegarder un témoin vivant de l'histoire du cheval ibérique.
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Les Élevages Taurins: Un Aperçu
Bien que cet article se concentre sur le Sorraïa, il est important de mentionner les élevages de taureaux de combat, qui sont au cœur de la tauromachie moderne. Parmi les élevages notables, on trouve :
- Garcigrande (Salamanque): Créé en 1984, d'origine Juan Pedro Domecq y Díez.
- Garcia Jimenez (Salamanque): Créé en 1987, d'origine Juan Pedro Domecq.
- Victoriano del Rio (Madrid): Créé en 1951, d'origine Juan Pedro Domecq y Diez.
- Fermin Bohorquez (Cadix): Créé en 1946, d'origine Murube et Urquijo.
- Victorino Martin (Caceres): Créé en 1912, d'origine Albasserada.
- Talavante (Badajoz): Créé en 2010, d'origine Nunez del Cuvillo.
Ces élevages fournissent les taureaux qui sont lidiés dans les arènes, et leur sélection rigoureuse contribue à la qualité et à la tradition de la tauromachie.
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