L'interruption volontaire de grossesse (IVG), bien qu'encadrée par la loi, n'est pas sans risques et peut entraîner des conséquences médicales et psychologiques significatives. Cet article explore les différentes facettes de ces erreurs médicales, leurs conséquences pour les femmes et les responsabilités des différents acteurs impliqués.
Difficulté d'accès à une information objective
L'étude des conséquences d'un avortement est inséparable de la loi de 2001, aggravée par la loi de 2017 sur le "délit d'entrave". Cette loi introduit une difficulté artificielle dans la recherche d'informations objectives et non biaisées. Un médecin, par exemple, est susceptible d'être inquiété s'il indique les aides possibles pour pouvoir garder le bébé, alors qu'il lui est loisible d'avertir la femme des conséquences médicales fâcheuses possibles d'un avortement. De sorte que la France se distingue par une information officielle uniquement en faveur de l'élimination, accentuée par les multiples pressions sur les divers acteurs.
Risques et complications médicales
Théoriquement, l'IVG médicamenteuse est pratiquée jusqu'à 7 semaines d'aménorrhée, souvent jusqu'à 9 semaines dans la majorité des cas. Les conséquences indésirables concernent une femme sur cinq, soit environ 48 000 femmes par an. Parmi celles-ci, une femme sur six (40 000) présente une hémorragie, dont une sur cent nécessite une hospitalisation, le risque augmentant pour les très jeunes mères. Une sur 15 (16 000) présente un avortement incomplet et doit subir un curetage, et plus d'une sur cent (2 400) contracte une infection sévère.
D'autres cas, plus rares mais sérieux, incluent des lésions entraînant des difficultés d'ordre sexuel ou de stérilité, des maladies thrombo-emboliques, des AVC, des cancers, voire le décès. À plus long terme, on observe un risque important d'accouchement prématuré lors des grossesses suivantes et une augmentation sensible du nombre de malformations chez les enfants à naître.
Les effets les plus fréquents pour la mère sont liés à la perturbation hormonale et à l'acte chirurgical pour les plus graves. Les lésions de l'utérus, en particulier du col, ne sont pas rares et peuvent entraîner la stérilité ou des maladies chroniques (endométrite, placenta prævia, grossesse extra-utérine…).
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Erreurs de diagnostic et leurs conséquences
La plus grande prudence est de mise, car le risque d'erreur est réel. On trouve régulièrement le témoignage de parents ayant refusé l'avortement suite à un diagnostic prénatal défavorable, et accouchant en définitive d'un enfant parfaitement sain. Il est crucial de comprendre les sigles utilisés pour les tests biologiques : VP (vrai positif), FN (faux négatif), VN (vrai négatif), FP (faux positif). La valeur significative est la VPP (Valeur Prédictive Positive), qui mesure le risque d'être malade avec un test positif.
Conséquences psychologiques et sociales
Après un avortement, de nombreuses femmes vivent des moments difficiles. Elles peuvent se sentir lâches, coupables, et avoir un sentiment de dégoût d'elles-mêmes. Certaines se sentent détruites et abattues. Les conséquences négatives d'un avortement n'excluent en rien un soulagement initial, de disparition d'une situation non voulue. À chaque anniversaire de l'enfant qui n'est pas né, la mère peut ressentir une profonde tristesse.
Le couple est souvent affecté, avec des ruptures fréquentes, la perte de libido, voire des troubles plus sérieux. Une autre étude met en évidence la perte de repères dans l'éducation : les parents ayant eu recours à un avortement ne possèdent plus les capacités de hiérarchie et de nuance des situations, surréagissant souvent à des faits anodins et restant passifs devant des circonstances graves.
Le taux de mortalité lors des deux années qui suivent un avortement est multiplié par 3,5 par rapport à la moyenne des femmes, tandis que le taux de suicide est particulièrement élevé. Les comportements à risque augmentent significativement : alcool, drogue, tabac, vagabondage sexuel. Des difficultés relationnelles sont le lot d'un quart des femmes concernées.
Dans les réactions les plus communes après un avortement, 80 % des femmes éprouvent de la culpabilité et autant regrettent leur choix ou se sentent perdues. Presque les deux tiers éprouvent de la colère et davantage souffrent de troubles dépressifs. Il est important de noter que le post-abortion syndrome est présent dans des pays de cultures diverses, réfutant l'argument selon lequel le sentiment de culpabilité est uniquement provoqué par la culture judéo-chrétienne.
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Responsabilités médicales et légales
Les médecins échographistes peuvent, dans les comptes rendus d'examen, affirmer des constatations erronées constituant ainsi une faute médicale au sens de l'article L. 114-5 du Code de l'action sociale et des familles. Cet article dispose que "lorsque la responsabilité d'un professionnel ou d'un établissement de santé est engagée vis-à-vis des parents d'un enfant né avec un handicap non décelé pendant la grossesse à la suite d'une faute caractérisée, les parents peuvent demander une indemnité au titre de leur seul préjudice".
La Cour de cassation a statué pour la première fois sur la notion de faute caractérisée dans sa décision du 16 janvier 2013, ouvrant droit à l'indemnisation du préjudice des parents. La notion d'intensité renvoie à un critère de gravité, tandis que la notion d'évidence doit manifester le caractère patent d'une faute.
L'article L. 1111-2 du Code de la santé publique stipule que "Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus."
Exemples d'erreurs médicales et leurs conséquences
Plusieurs affaires mettent en lumière les erreurs médicales possibles lors d'une IVG et leurs conséquences désastreuses :
- Erreur de médicament : Une femme enceinte de quatre mois se voit administrer un médicament abortif par erreur, entraînant la perte de son enfant et une longue dépression.
- Erreur de patiente : Une femme d'origine asiatique subit un avortement par erreur suite à une confusion avec une autre patiente, entraînant une fausse couche.
- Infection non diagnostiquée : Une jeune femme subit une IVG et développe une infection grave non diagnostiquée à temps, conduisant à l'amputation de ses quatre membres.
Ces exemples soulignent l'importance de la vigilance, du respect des protocoles et de la communication entre les équipes médicales pour éviter de telles erreurs.
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Responsabilité individuelle et collective
La femme qui avorte est responsable : en dernier ressort c'est sa propre décision. Les médecins et personnels soignants sont concernés : ont-ils cherché à savoir le véritable désir de la femme en chemin, lui ont-ils exposé les conséquences, les solutions alternatives, les aides ? Mais en dehors d'organismes qui en ont fait une opération lucrative, ont-ils eu eux-mêmes réellement le choix ? Le législateur endosse donc une responsabilité supérieure, surtout celui qui conçoit le texte de loi et le conduit dans le processus législatif, mais également le fonctionnaire qui rédige le décret : en termes de salut leur position est critique car ils sont redevables de toutes les conséquences pour toutes les personnes concernées par leur action.
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