L'arrivée d'un enfant est souvent perçue comme un moment de joie intense, mais pour certains parents, cette période peut se transformer en un véritable parcours du combattant. L'histoire d'Erin Foster illustre parfaitement les défis inattendus et épuisants que peuvent engendrer les problèmes de santé infantile, notamment le reflux interne, et la recherche incessante de solutions pour apaiser un bébé inconsolable.
Les Premiers Jours : Un Bonheur Éphémère
Au départ, Erin pensait que le plus dur était passé. Cependant, dès le troisième jour après la naissance, sa fille a commencé à hurler, jour et nuit, sans que rien ne semble pouvoir la calmer. Ce fut le début d'une longue et pénible épreuve.
La Spirale des Coliques : Tentatives et Désespoir
Une fois rentrées à la maison, les hurlements ont persisté. Erin a tout essayé pour soulager ce qu'elle pensait être des coliques. Elle allaitait sa fille, consommait des tisanes au fenouil et évitait les aliments susceptibles de provoquer des coliques. Elle pratiquait les massages appris à la maternité, utilisait des bouillottes, une écharpe de portage, de l'eau de chaux, recourait à l'homéopathie, bref, tout ce qui était censé apaiser sa fille. Mais rien n'y faisait. Elle ne pouvait jamais poser son bébé.
En quête d'aide, Erin a consulté une conseillère en allaitement et le pédiatre, espérant trouver un moyen de calmer ces coliques. Chaque semaine, elle se rendait à l'ONE (Office de la Naissance et de l'Enfance) avec sa fille hurlante. Au bout d'un mois, après une énième nuit blanche passée à faire des tours en voiture avec son mari pour tenter de calmer les hurlements de leur fille, Erin a craqué.
La Découverte du Reflux Interne : Une Lueur d'Espoir
Désespérée, Erin a continué ses recherches sur internet, espérant trouver une solution miracle. Elle a alors identifié des symptômes qui correspondaient à ceux de sa fille : bébé qui régurgite constamment, pleure beaucoup, se réveille en hurlant jour et nuit, dort peu, ne peut être posé, s'étrangle, fait des bulles, fait des fausses routes, a le hoquet régulièrement et n'accepte que les bras. Une lueur d'espoir est apparue : sa fille souffrait peut-être d'un reflux interne.
Lire aussi: L'incroyable transformation d'Erin Murphy (Tabatha)
Elle a pris rendez-vous avec le pédiatre et lui a exposé son diagnostic. Compte tenu des symptômes et de l'état de fatigue d'Erin, le pédiatre a confirmé le reflux interne. Soulagée, Erin est rentrée chez elle avec sa fille et a commencé le traitement.
Traitements et Thérapies : Une Patience Mise à l'Épreuve
Erin a patienté, puis a changé de traitement (un autre IPP). Elle a également emmené sa fille chez un ostéopathe. À chaque tentative, elle reprenait espoir, pensant que les choses allaient finir par s'améliorer. Cependant, elle perdait des forces et pleurait beaucoup. La privation de sommeil était une véritable torture. Mais elle continuait, déterminée à tenir le coup pour sa fille.
Parallèlement, grâce à ses lectures, Erin a commencé un régime sans protéines de lait de vache. Une dizaine de jours plus tard, toujours aucune amélioration. Elle perdait du poids et pleurait chaque jour sur son canapé, incapable de manger, de dormir ou même d'aller aux toilettes tranquillement. On lui a conseillé de passer au lait artificiel pour se soulager, mais elle a refusé, car l'allaitement la sauvait, tout en la rendant indispensable. Dès qu'elle n'était pas au sein, sa fille hurlait.
Son mari prenait le relais le soir pour qu'elle puisse se doucher et manger un peu. Erin n'avait plus de vie et perdait pied. Elle a essayé l'écharpe de portage pour se libérer les bras et pouvoir manger quand elle était seule. Elle en était alors à plus de trois semaines de régime strict. Sa fille avait deux mois.
Soutien et Routine : Une Journée Rythmée par les Hurlements
Ce qui a sauvé Erin, c'est le soutien de son mari, qui lui préparait à manger et lui donnait parfois à manger à la fourchette pendant qu'elle allaitait sa fille. Sa mère venait régulièrement l'aider, s'occupant de l'appartement, des lessives et du nettoyage.
Lire aussi: L'ascension de Jodie Foster
Alors, Erin a continué, jour après jour. Elle connaissait parfaitement le déroulement de la journée. Elle savait qu'une fois réveillée, sa fille resterait calme quelques minutes, les seules de la journée. Dès qu'elle ouvrait les yeux, Erin courait aux toilettes, puis changeait sa fille et la posait dans son transat surélevé pour préparer son médicament, qu'elle lui donnait aussitôt. Elle n'avait que quelques minutes avant les prochains hurlements.
Pour que le médicament fasse effet, elle devait empêcher sa fille de boire pendant les 30 minutes suivant la prise. Elle la prenait dans ses bras, marchait, marchait encore, souvent en pleurant, regardant l'heure chaque minute. Au bout de 30 minutes, elle s'asseyait dans son canapé et mettait sa fille au sein, faisant ainsi cesser ses hurlements. Erin se demandait ce qu'elle avait fait pour mériter ça, pourquoi elle, pourquoi sa fille, comment s'en sortir. Ses proches étaient démunis.
Le soir, elle se couchait vers 19h, avec sa fille dans les bras, en position semi-assise dans son lit. Lorsqu'elle s'endormait, Erin cherchait une position plus confortable pour tenter de dormir elle aussi. Mais le moindre mouvement, le moindre bruit la réveillait. Elle dormait 30 minutes, parfois 1 heure. Erin a tenu ce rythme pendant plusieurs semaines.
L'Hôpital : Entre Espoir et Démoralisation
Désespérée, Erin s'est rendue aux urgences avec sa fille, espérant obtenir de l'aide. Elle ne pesait plus que 38 kilos et n'avait pas dormi plus de 2 heures d'affilée depuis la naissance de sa fille. Devant les crises douloureuses de sa fille, elle a été prise au sérieux.
La pH-métrie a confirmé le reflux, mais paradoxalement, les médecins ont décidé de diminuer la dose d'IPP, car le reflux n'était pas suffisamment important pour provoquer de telles crises d'hurlements. Ils ont continué à chercher : gastroscopie, échographies, IRM sous anesthésie générale. Tout y est passé, mais rien n'a été trouvé. Erin était démoralisée.
Lire aussi: Jodie Foster : ses débuts
Cependant, à l'hôpital, les crises semblaient s'espacer un peu. Au lieu d'avoir 3 minutes de calme après une mise au sein, il y en avait 10, puis 15, puis 20. Erin a eu droit à ses premiers sourires et aux premiers "areuh" de sa fille. Sa fille grandissait et s'éveillait.
L'Amélioration Progressive : Une Nouvelle Vie
Durant les semaines suivantes, les crises ont continué à s'espacer, bien qu'elles soient toujours présentes. Malgré tout, Erin revivait un peu. Elle a réessayé certaines choses qui avaient échoué jusqu'alors et qui, petit à petit, ont commencé à fonctionner. Sa fille a peu à peu accepté la tétine et a réussi à s'endormir en porte-bébé, bien qu'il faille continuer à marcher.
Erin a appris à connaître sa fille, à repérer les signes de fatigue qui se manifestaient de la même manière que les crises de reflux. À 4 mois, elles ont commencé la diversification alimentaire. Sa fille a accepté avec plaisir les panades. Erin était soulagée, et son reflux aussi. Elle ne s'étranglait plus et ne régurgitait plus. Erin n'a pas pris de risque et a continué son régime et l'allaitement.
Les choses étaient encore loin d'être parfaites, mais elles étaient déjà un peu plus vivables. Sa fille était hypertonique et avait toujours un petit gabarit, mais suivait sa courbe de poids. Ses problèmes de sommeil (et donc les siens) étaient toujours présents : elle ne parvenait à s'endormir qu'au sein ou en porte-bébé et se réveillait de manière anarchique chaque nuit. Erin avait parfois, mais rarement, droit à deux heures de sommeil d'affilée.
Un Bébé aux Besoins Intenses
Le RGO (Reflux Gastro-Œsophagien) de sa fille a hanté les nuits et les jours d'Erin pendant plus de 3 mois. Elle a compris que sa fille était un BABI : un bébé aux besoins intenses, qu'un rien frustre et qu'un rien fait hurler. Elle ne supportait ni la voiture, ni la poussette.
Erin est loin d'avoir récupéré de ces premiers mois. Elle n'a plus honte de le dire : elle a vécu l'enfer. Mais elle est malgré tout fière d'elle : elle est debout. Et elle garde confiance en l'avenir : sa fille va continuer à grandir et ainsi à pouvoir répondre peu à peu seule à ses besoins.
L'Ostéopathie : Une Approche Complémentaire
Dans ce contexte difficile, le traitement ostéopathique peut s'avérer être une approche complémentaire intéressante. L'ostéopathe va chercher à redonner de la mobilité au sacrum, au coccyx et aux vertèbres lombaires, qui sont le siège d'insertions ligamentaires en relation avec les organes de la reproduction. Il va également agir sur les vertèbres en relation avec l'innervation des organes de la reproduction, notamment les dorsales et les lombaires, car c'est à ce niveau que se fait la régulation hormonale.
Dans les cas de FIV (Fécondation In Vitro), des rendez-vous peuvent être fixés les mois précédant la ponction, lors de la phase médicamenteuse de stimulation ovarienne, afin de stimuler l'ovulation et de maximiser les chances d'implantation.
Il est important de toujours garder à l'esprit la composante psychosomatique, somato-émotionnelle. C'est pourquoi il est souvent bénéfique de travailler en collaboration avec des praticiens spécialisés dans cette composante.
tags: #erin #foster #parcours #pma