Introduction
Épitaphe pour Ric Hochet, le 17ème tome de la série, publié en 1973, marque une aventure particulière pour le célèbre journaliste-détective. Cet album plonge le lecteur dans une intrigue complexe où Ric Hochet, amnésique, doit déjouer une machination mortelle. L'histoire, signée A.-P. Duchâteau et Tibet, se distingue par son ambiance sombre, ses rebondissements et son ancrage dans un décor rural angoissant. L'album est un excellent représentant de la série Ric Hochet.
Un récit haletant au cœur de l'Ardèche
L'histoire débute de manière abrupte : à la clinique de Thoriac, dans le département de l'Ardèche, un accidenté de la route sort du coma, frappé d'amnésie totale. Interloqué par ce terrible passé dévoilé, l'amnésique est en proie à toutes les questions. Lors de son évasion de l'établissement hospitalier, il tombe en face du vrai Wolzak dont il a vu la photo auparavant. De fait, plus aucun doute n’est permis, l’accidenté qui n’est autre que Ric Hochet fait l’objet d’une machination fomentée par une sombre organisation dont le médecin-maire et le gendarme semblent avoir des accointances. Au début de l'histoire, on nage en plein brouillard. Le scénariste A.-P. Duchâteau a choisi, pour une fois, de commencer par le milieu. Ric Hochet est en train de fuir au volant de sa Porsche pour échapper à des coupables qu'il a déjà découvert. On ne sait pas qui ils sont, mais ils sont dangereux.
Privé de ses souvenirs, Ric se retrouve piégé dans un complot où les apparences sont trompeuses. L'intrigue est centrée sur l'amnésie de Ric Hochet, qui doit reconstituer les événements qui l'ont conduit à cette situation critique. Il est en proie à toutes les questions. Dans quelle enquête il s'était lancée, pourquoi il se retrouve dans cette chambre d'hôpital, insulté par les survivants de ces crimes ! Chirurgie esthétique, manipulation, cauchemar ?
L'album joue habilement avec les codes du polar, distillant un suspense palpable à chaque page. L'intrigue est plutôt bien ficelée, pour du polar à destination de la jeunesse au début des années 1970 entendons nous et le suspense, les poursuites dans une nature inquiétante, l'atmosphère à la Hitchcock (la maison du docteur Edwardes) prend le pas sur la découverte du coupable, que certain auront peut-être deviné assez tôt mais que d'autres, les plus jeunes, les moins habitués aux ficelles scénaristiques mettront du temps à trouver avant le climax presque final.
L'atmosphère sombre et le décor rural : des éléments clés
L'atmosphère de l'album est un élément essentiel de son attrait. Les lieux font naître des histoires. Il suffit d'un ruban d'asphalte pluvieux dans le soir. La nuit déjà tombée à cinq heures. Un château ou un village perché se détachant au loin en sa brume tenace. Une Porsche jaune, familière, s'échappe parmi ces conditions climatiques désastreuses. Poursuivie par une puissante Berline rouge, dont on voit le double cercle de phares à la sortie d'un virage de route de montagne… La pluie noyant tous les contours de la scène. La Haute-Ardèche. le Vivarais. L'hiver. La solitude. L'angoisse.
Lire aussi: Ric Hochet : une légende
Tibet et son équipe réussissent à créer une ambiance de film noir rural. Les lieux font naître des histoires. Il suffit d'un ruban d'asphalte pluvieux dans le soir. La nuit déjà tombée à cinq heures. Un château ou un village perché se détachant au loin en sa brume tenace. Une Porsche jaune, familière, s'échappe parmi ces conditions climatiques désastreuses. Poursuivie par une puissante Berline rouge, dont on voit le double cercle de phares à la sortie d'un virage de route de montagne… La pluie noyant tous les contours de la scène. La Haute-Ardèche. le Vivarais. L'hiver. La solitude. L'angoisse.
Les paysages austères et les conditions climatiques difficiles renforcent le sentiment d'isolement et de danger qui pèse sur Ric Hochet.
L'esthétique de Tibet : un atout majeur
Au niveau des dessins, Tibet est au top de sa forme et son équipe qui fait pour lui les voitures et les décors réussit encore une fois à créer une ambiance de film noir rural.
La qualité graphique des dessins de Tibet est à son plus haut niveau et apporte à cet album le grand plus qui en fait une excellente aventure. Le dessin est très classique, les couleurs se contentent d'être ce qu'elles étaient dans les publications hebdomadaires de l'époque, un simple prétexte pour rendre l'aventure plus vivante, sans réelle ambition, graphiquement ce n'est pas la grande originalité mais ça tient la route. Et une Porsche de plus à la casse !! La production ne lésine pas sur les dépenses. Je ne les ai pas comptées mais c'est quand même un sacré gâchis !
Un album marquant pour toute une génération
Sorti en 1973, à l'époque où j'étais abonné au journal Tintin, c'est une aventure qui m'avait marqué. Il est vrai que l'histoire d'amnésie, de visage bandé, c'était assez impressionnant pour mes 8 ans, et les scènes de traque et de poursuite donne du peps à cette aventure. de redécouvrir aujourd'hui cette aventure plutôt bien menée et efficace m'a procuré un véritable plaisir de lecture. Maintenant, avec le regard de 2018, il est vrai que certains points de scénario auraient mérité un peu plus de finesse, je pense en particulier à la scène de la photo qui n'arrive pas à nous mettre le doute dans l'esprit, ça aurait été un plus pour l'histoire.
Lire aussi: Épitaphe pour un Héros Moderne
Épitaphe pour Ric Hochet est plus qu'une simple bande dessinée. Ric Hochet, c’est plus que de la BD, c'est une époque (faut avoir été môme dans les années 70 ou 80 pour comprendre), c'est un mode de vie (ah … les samedis après-midi passés à arpenter les rayonnages, les bacs des médiathèques, pour y dénicher les bouquins ou les bd avec lesquels on allait repartir …) et surtout une religion : quand on est môme, on est soit Tintin, soit Spirou et donc soit Dargaud/Lombard, soit Dupuis … et moi j’étais Lombard à mort, et encore plus Ric Hochet à mort …
Un regard nostalgique sur la série Ric Hochet
Ric Hochet, faut être lucide : il faut découper la série en 2 : les 49 premiers albums et tous ceux qui suivent ou presque. Pendant 49 albums, tout est magique : le dessin, l’atmosphère, les scenarii … après tout part en sucette … mais ceci est une autre histoire …
Et ce volume "épitaphe pour ric hochet" incarne à merveille ce qu’est un bon "ric hochet" :une couverture : ça, les auteurs actuels semblent l’avoir oublié ou avoir perdu la recette magique, mais une BD, ça commence avec une couverture qui est censée te taper dans l’oeil, te donner envie, … mais qui est censée aussi être une oeuvre d’art à elle seule. Comment oublier "Tintin au Tibet", comment ne pas citer "Toutes Les Larmes De L’Enfer" (XIII), comment ne pas évoquer "SOS Météores" ou "La Marque Jaune" … et à elle seule, la série des Ric Hochet compte quelques monuments : celui-là donc, mais aussi La Maison de la Vengeance, Ric Hochet contre Sherlock, Ric Hochet contre le Bourreau, les Spectres de la Nuit, Alerte Extra Terrestres, La Mort Noire …un scénario : AP. Duchateau a été (il n’est pas mort mais malheureusement ce n’est plus ce que c’était) un grand scénariste de BD policières capable de faire une alchimie parfaite à base d’une histoire solide, de retournements de situation, de personnages charismatiques, de meurtres, de éléments fantastiques … le tout avec une crédibilité jamais prise en défaut,un dessin : Tibet a été (lui en revanche …) un grand dessinateur, capable de dessiner à la fois une série humoristique et légère (Chick Bill) et une série sérieuse et presque glaçante (Ric Hochet, donc, avant sa chute, et son évolution vers une série plus légère et mille fois plus décevante).
L'édition originale et sa valeur
Edition originale. Le Livre de SableM. Editions Dargaud, DL 4eme trimestre 1973, achevé d'imprimer en octobre 1973. Dargaud Album cartonné 1973 In-4 (22 x 29,3 cm), album cartonné, 46 pages, édition originale ; quelques petites traces au quatrième plat uniformément jauni, par ailleurs bon état général. Dargaud Album cartonné 1973 In-4 (22,3 x 29,5 cm), album cartonné, 46 pages, planches en couleur, édition originale ; quatrième plat un peu jauni, les premiers feuillets sont en partie désolidarisés du corps d'ouvrage, initiales tamponnées en page de titre, par ailleurs assez bon état général. Dargaud éditeur 1973. In-4 cartonnage éditeur de 46 pages au format 22 x 29 cm. Titre en gras au dos. Magnifique couverture & dessins de Tibet sur scénario d' André-Paul Duchâteau. 17ème album de la série. Bas du dos avec infime tassement. Microscopiques frottis aux coins. Superbe état pour cette édition originale. Vente exclusivement par correspondance. Le libraire ne reçoit, exceptionnellement que sur rendez-vous. Il est préférable de téléphoner avant tout déplacement.Forfait de port pour un livre 10 € sauf si épaisseur supérieure à 3 cm ou valeur supérieure ou égale à 100 €, dans ce cas expédition obligatoire au tarif Colissimo en vigueur. A partir de 2 livres envoi en colissimo obligatoire. Le Lombard Le lombard, 1983. In-4 relié cartonnage éditeur. . Toutes les expéditions sont faites en suivi au-dessus de 25 euros. Expédition quotidienne pour les envois simples, suivis, recommandés ou Colissimo.
Lire aussi: Habillage pluie Loola Bébé Confort : Test complet