L'obésité infantile est un problème de santé publique croissant dans les pays industrialisés. Bien que l'alimentation et l'activité physique soient des facteurs importants, il est essentiel de comprendre que l'enfant n'est pas toujours gras uniquement pour ces raisons. Cet article explore les diverses causes potentielles du surpoids chez l'enfant et propose des pistes pour aider les parents à agir de manière appropriée.
Les Causes du Retard de Croissance et du Surpoids
Il est important de distinguer le retard de croissance du surpoids, bien que les deux puissent être liés à des problèmes de santé sous-jacents.
Retard de Croissance
Parmi les causes du retard de croissance chez l’enfant, on distingue les causes dites « constitutionnelles », le plus souvent liées à des caractéristiques génétiques de l’enfant, et les causes dites « acquises », en lien avec un autre problème de santé. De plus, chez certains enfants, le retard de croissance ne semble lié à aucun de ces deux types de causes. Ces causes sont, de loin, les plus fréquentes. Elles représentent plus de 70 % des causes de retard de croissance identifiées. Pour la plupart, elles sont liées à des maladies génétiques. Dans ces maladies, le retard de croissance n’est qu’un symptôme parmi d’autres, plus spécifiques. Certaines de ces causes constitutionnelles ne sont pas forcément liées à un problème génétique.
Il est vérifié que la pratique excessive d'un sport peut retarder la croissance d'un enfant. Ce phénomène est lié à un retard de puberté, provoqué par les contraintes très lourdes de l'entraînement, et parfois par un régime destiné à contrôler le poids. Mais cette situation n'est que passagère. Même si la nature finit par reprendre ses droits, il faut toutefois prendre garde aux excès. Lorsqu’un retard de croissance avéré est observé sans qu’une cause puisse être identifiée, on parle de retard de croissance idiopathique, une forme fréquente de retard de croissance.
Causes Multiples du Surpoids
La prise de poids chez les enfants provient de causes multiples, lesquelles se croisent le plus souvent. Bien sûr une alimentation trop grasse et trop sucrée accompagnée d’un manque d’activité physique sont en partie responsables, mais d'autres facteurs viennent expliquer ce phénomène.
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- Facteurs socio-économiques : Le Ministère de la Santé a montré que parmi les enfants âgés de 6 ans, ceux issus d’un milieu social défavorisé ont 4 fois plus de risques de souffrir d’obésité qu’un enfant de classe sociale supérieure, avec une proportionnalité supérieure chez les petites filles. Les enfants qui grandissent dans une famille où la nourriture n’est pas suffisamment variée, riche en fruits et en légumes, ont tendance à grossir. Le manque de moyens, notamment en période d’inflation, explique le plus souvent cet écart.
- Facteurs psychologiques : Les études montrent que c’est à partir d’environ 8 ans que les enfants sensibles sur le plan alimentaire commencent à compenser des situations mal vécues avec la nourriture. Parents absents à certains repas, ennui, stress lié à l’école ou à une situation familiale conflictuelle, résultats scolaires que les parents réprouvent, des soucis d’entente avec leurs copains, etc., les causes d’inquiétude, même pour un enfant, sont nombreuses. Pour calmer ses angoisses ou chercher un remède à l’ennui, de nombreux enfants se tournent vers la nourriture, souvent riche.
- Facteurs liés au mode de vie : Si tous les enfants sédentaires ne grossissent pas, le fait de rester devant des écrans toute la journée au lieu de sortir pour jouer ou de pratiquer une activité physique est un facteur de surpoids.
- Facteurs médicaux : La prise de poids peut aussi être liée à des problèmes de santé, comme un dysfonctionnement hormonal, ou par un traitement médicamenteux.
- Facteurs génétiques : Elles représentent plus de 70 % des causes de retard de croissance identifiées. Pour la plupart, elles sont liées à des maladies génétiques. Dans ces maladies, le retard de croissance n’est qu’un symptôme parmi d’autres, plus spécifiques.
Comment Aider Son Enfant en Surpoids ?
Lorsqu’on est le parent d’un enfant en surpoids, les sentiments sont multiples : envie d’aider son enfant à retrouver un poids de forme, mais réticence à priver son enfant de ce qu’il aime manger. Les parents se sentent souvent démunis face au surpoids de leur enfant, sans savoir quel discours tenir, ni comment l’aider de la meilleure façon qui soit.
Communication et Écoute
Avant de tenir des propos d’alerte à votre enfant concernant son poids, laissez-le s’exprimer face à cet état de fait. Votre enfant souffre-t-il dans son corps ? Est-il réticent à aller en cours d’éducation physique ? A-t-il des objections à se rendre à la piscine ? À s’habiller plus légèrement lorsque les beaux jours reviennent ? Si votre enfant vous révèle qu’il souffre de son apparence, vos intentions sont bonnes et il est temps d’aider votre enfant concrètement au quotidien à se sentir mieux.
Les parents n’ont pas toujours conscience des mots crus et parfois durs qu’ils emploient devant l’enfant, et de comment ceux-ci peuvent l’affecter profondément et durablement. Parlez-en calmement avec votre enfant, à un moment propice et bien choisi, et proposez-lui, après l’avoir fait vous-même, de voir un spécialiste pour l’aider à évaluer son rapport à la nourriture.
Implication Parentale et Éducation Alimentaire
On estime qu’un enfant de moins de 12 ans n’est pas libre du choix de son alimentation. Il n’a pas réellement de liberté sur les aliments qu’il mange et les repas qu’il fait ou non. Cet état de fait perdure même parfois bien au-delà de 12 ans. Le parent fait les courses et choisit donc les aliments proposés à la maison.
Dans un premier temps, il est préférable que le parent voit seul le professionnel de santé. Par des questions ciblées sur la manière dont le parent perçoit le problème de poids de son enfant, le spécialiste sera plus à même d’orienter la prise en charge de l’enfant. Il est essentiel que le parent puisse poser des mots loin des oreilles de son enfant sur ses craintes pour l’avenir de son enfant s’il reste dans la voie du surpoids.
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L’adulte a un rôle primordial dans l’éducation alimentaire des enfants, il se doit de montrer l’exemple. Très tôt, prenez le temps de lui apprendre à cuisiner, de lui transmettre le plaisir de bien s’alimenter. Emmenez-le faire le marché avec vous, faites-lui choisir les légumes (cela lui donnera envie d’y goûter), initiez-le au plaisir de la cuisine.
Adopter une Alimentation Équilibrée en Famille
Lorsque l’on a plusieurs enfants, que seul un est en surpoids alors que les autres sont de corpulence normale, il est difficile pour un parent de restreindre un seul enfant et de laisser les autres manger comme bon leur semble. Notre réponse est non : la meilleure attitude à avoir est de proposer les mêmes repas à tous les enfants, en adoptant naturellement une alimentation la plus variée et la plus équilibrée possible. Les plaisirs ne sont pas interdits, mais devront être raisonnés, raisonnables et ponctuels. Montrez à tous vos enfants que tous les aliments sont bons, qu’aucun d’eux n’est interdit, mais certains, de par leurs valeurs nutritionnelles, doivent être consommés avec parcimonie. Au goûter, offrez les mêmes aliments à tous : un yaourt et un fruit font un excellent quatre heures.
- Repas réguliers et structurés : Les repas doivent être pris à horaires réguliers, assis à table et avec des convives.
- Petit-déjeuner consistant : L’idéal, pour bien commencer la journée, c’est de lui préparer un petit déjeuner consistant : des tartines de pain, des biscottes ou des céréales raisonnablement sucrées, du lait ou un yaourt, un fruit.
- Légumes et féculents : A midi et le soir, prévoir des légumes, des féculents en quantités adaptées. Mettez plus de légumes que de féculents, et plus de féculents que de viande.
- Goûter léger : Le goûter pris au cours de l’après-midi est le plus petit repas de la journée et sera constitué de 2 aliments choisis parmi : un produit laitier et/ou un fruit frais ou en compote et/ou des tartines de confiture, miel ou chocolat et de l’eau pour se désaltérer.
- Éviter le grignotage : Enfin, apprenez à votre enfant à manger uniquement pendant les repas, et pas en dehors : le grignotage est une cause fréquente de surpoids.
- Portions adaptées : De petites portions suffisent pour un enfant : inutile de trop remplir son assiette. Votre enfant ne doit pas avoir un régime spécial, à part des autres. Il est plus simple de cuisiner la même chose pour toute la famille. Donnez-lui simplement des portions adaptées à ses besoins et à son âge.
- Limiter les produits transformés : En faisant vos courses, méfiez-vous des plats tout préparés (frais ou congelés), des sodas et des jus de fruits, des gâteaux riches en matières grasses, etc… Plus les produits sont simples et naturels, plus vous limitez les apports caloriques. Les crèmes dessert et les glaces doivent être réservées aux repas plus festifs donc plus occasionnels, tout comme les bonbons et les sodas.
- Cuisiner sainement : Lorsque vous cuisinez, essayez de mettre le minimum de graisse (limitez l’huile, la crème, le beurre…) et salez raisonnablement. Vous pouvez varier en cuisinant à la vapeur ou en papillote, par exemple.
- Ne pas forcer : Il n’aime pas un légume ou un plat ? Ne le forcez pas à en avaler une assiette entière. Proposez-lui simplement de tester une bouchée.
- Boissons : Un nourrisson n’a pas besoin de jus de fruit. Inutile non plus d’ajouter des céréales infantiles sauf s’il a besoin d’être rassasié davantage (à partir de 4 mois seulement) : s’il boit bien ses biberons « nature », il n’y a aucune raison d’en rajouter.
Encourager l'Activité Physique
Il est important que votre enfant bouge : trop de temps passé devant la télévision, l’ordinateur ou sa console de jeux est néfaste. L’immobilité favorise la prise de poids. De plus, les publicités peuvent inciter votre enfant à grignoter.
- Limiter le temps d'écran : Le mieux est de décider du temps raisonnable autorisé et de l’expliquer à votre enfant pour le responsabiliser (pas plus de deux heures par jour devant un écran par exemple). Pour l’aider, évitez de laisser la télévision allumée (notamment pendant les repas), ne le laissez pas utiliser librement sa console, et n’installez pas d’ordinateur ou de télévision dans sa chambre.
- Trouver une activité plaisante : Ne le forcez pas à faire un sport s’il n’en a vraiment pas envie. Essayez de trouver une activité sportive qu’il aimerait bien découvrir.
- Activité physique régulière : En plus de l’activité en club, encouragez-le surtout à avoir une activité physique régulière, emmenez le souvent en promenade, laissez-le se dépenser dans le jardin ou au parc (1h par jour dehors). Il faut l’habituer très jeune à avoir une activité physique. Si cela représente en plus un moment passé avec vous, votre enfant sera plus enclin à s’y adonner.
- Intégrer l'activité physique au quotidien : Multipliez les occasions de se dépenser : plutôt que de prendre la voiture, optez pour la marche à pied ou le vélo. Essayez, dans tous les cas, de rester dans un registre ludique : plusieurs étages à monter ? Lorsque votre enfant invite des amis, suggérez-leur de jouer au ballon dans le jardin ou à des jeux actifs (chat perché, jaques-a-dit, le jeu du béret, la chaise musicale, partie de cache-cache, jeu de piste…). Vous bricolez, vous jardinez ? Apprenez-lui à mettre la main à la pâte… Au plaisir de se rendre utile, il aura celui de s’activer à vos côtés. L’essentiel est que toutes ces activités soient régulières.
Implication de Toute la Famille
Votre enfant ne doit pas vivre seul son changement d’habitudes. C’est un défi lancé à toute la famille. Discutez entre conjoints de la manière dont vous allez modifier vos habitudes alimentaires et vos activités physiques. De même ne fixez pas trop d’interdits : les choses doivent se faire progressivement, sous peine de décourager votre enfant ou de le pousser à grignoter en cachette.
Attention aux Régimes Restrictifs
La première règle à suivre est de ne pas interdire d’aliments et de ne pas imposer de régime strict. Surveillez simplement l’alimentation de votre enfant.
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Surveillance Médicale
Grâce à son carnet de santé, vous pouvez surveiller l’évolution des courbes de taille et de poids, et l’Indice de Masse Corporelle (IMC) de votre enfant. C’est en calculant l’IMC et en le plaçant sur la courbe de corpulence que le médecin repère le surpoids : lorsque l’IMC se situe au delà du 97ème percentile, sur la courbe de corpulence de référence pour le sexe, on parle de surpoids. Depuis sa naissance grâce aux indications portées sur son carnet de santé, votre médecin vous aide à surveiller l’évolution de sa corpulence. Si de nouvelles habitudes ne parviennent pas à faire baisser le poids de l’enfant, une consultation chez un médecin généraliste est indispensable. Plus les problèmes de poids seront identifiés précocement, plus leur prise en charge sera rapide et efficace.
Lutter Contre la Grossophobie
Le surpoids chez les enfants et les adolescents est souvent le terreau de moqueries de la part de leurs camarades et de la société. L’obésité ne peut en aucun cas justifier qu’un enfant soit pris à partie ou harcelé à l’école et souffre ce que l’on appelle la « grossophobie », autrement dit la stigmatisation des personnes en surpoids.
Régimes Sans Graisse : Indications Spécifiques
Les indications des régimes sans graisse sont particulières :
- entéropathies exsudatives liées à une anomalie du système lymphatique ;
- hypertriglycéridémies exogènes de type I ou les hyperchylomicronémies ;
- hypercholestérolémies génétiques intestinales ;
- entéropathie avec malabsorption de lipides.
Le traitement de ces pathologies est exclusivement diététique et repose sur l’exclusion des triglycérides à chaîne longue (TCL). Les triglycérides à chaîne moyenne (TCM), qui n’ont pas besoin de la lipase pancréatique ni des sels biliaires pour leur absorption intestinale, et ne circulent pas dans le réseau lymphatique, sont à privilégier.
Une évaluation diététique est ainsi nécessaire pour exclure les graisses cachées et accompagner l’enfant en fonction de son âge et de ses besoins pour adapter le régime qui doit contenir moins de 7 % de lipides pour les viandes et poissons, et moins de 1,5 % de lipides pour les produits laitiers. Les produits alimentaires spécifiques sont remboursés grâce à un protocole de soin.
Pour les nourrissons, les laits Lipistart et Monogen, riches en TCM (80 %), sont à privilégier. Pour les plus grands, il existe 3 produits pour remplacer les matières grasses classiques : l’huile de TCM de Nutricia, le Liquigen, et la poudre de TCM.
Cependant, le risque de carence lipidique, énergétique, en vitamines liposolubles et en acides gras essentiels (AGE) est réel. Des chromatographies doivent être régulièrement réalisées pour surveiller la consommation de l’enfant, et le régime pourra être modifié en fonction.
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