Loading...

L'histoire de l'enfant dans un four : Rumeurs, réalités et désinformation

Depuis les attaques du 7 octobre 2023 perpétrées par le Hamas en Israël, des récits horribles ont circulé, parmi lesquels celui d'un bébé prétendument brûlé vif dans un four. Cette allégation, initialement relayée par le président d'une ONG israélienne, s'est rapidement propagée en ligne, suscitant l'indignation et la condamnation. Cependant, un examen attentif révèle qu'elle repose sur des bases fragiles et qu'elle a été démentie par plusieurs sources.

L'émergence d'une rumeur

L'histoire du bébé brûlé dans un four a émergé fin octobre 2023 lors du sommet annuel du Republican Jewish Coalition à Las Vegas. Eli Beer, président de l'ONG de secouristes United Hatzalah, a déclaré avoir vu "les choses les plus horribles" de sa vie, incluant le corps d'un nourrisson dans un four. Ses propos ont été retransmis en direct et repris par un journaliste américain du New York Sun, Dovid Efune, qui a tweeté l'information, générant des millions de vues en quelques jours.

Amplification et indignation

Le tweet du journaliste a servi de source à de nombreux internautes et personnalités publiques, qui ont partagé leur indignation face à cet acte barbare présumé. En France, des responsables politiques comme Aurore Bergé et des intellectuels comme Raphaël Enthoven ont exprimé leur horreur, avant de retirer ou de nuancer leurs propos face à l'absence de preuves.

Démentis et contradictions

Rapidement, des journalistes israéliens ont enquêté sur l'accusation et sont parvenus à la conclusion qu'elle n'était étayée par aucun élément probant ni témoignage fiable recueilli sur le terrain. Chaim Levinson, journaliste du quotidien Haaretz, a affirmé avoir "vérifié" les faits et a déclaré que cela "ne s'est pas passé". D'autres journalistes, ayant visionné les images des massacres du Hamas diffusées par le gouvernement israélien, ont confirmé qu'aucune scène de ce type n'y figurait.

Mendy Habib, secouriste et chef d'équipe pour l'organisation ZAKA, a également déclaré n'avoir pas eu connaissance d'une telle exaction. L'armée israélienne n'a pas confirmé les éléments rapportés, et la morgue de Shura, où ont été transférés les corps, a déclaré ne pas être "au courant d'un tel événement".

Lire aussi: Nike pour enfants : que disent les clients Zalando ?

Un témoignage unique et des spéculations persistantes

L'histoire du bébé dans le four semble donc reposer sur un témoignage unique, celui d'un "volontaire" secouriste qui aurait vu un bébé portant des "marques de poêle". Cependant, ce témoignage n'a pas été corroboré par d'autres sources et a été mis en doute par des professionnels de terrain.

Malgré les démentis, la rumeur a persisté, alimentée par une déclaration du porte-parole de Tsahal, le colonel Olivier Rafowicz, qui a rapporté des propos selon lesquels un bébé aurait été "brûlé vivant, je crois, dans un four". Une vidéo d'Asher Moskowitz, présenté comme volontaire de United Hatzalah, a également circulé, dans laquelle il affirmait avoir vu le corps d'un bébé brûlé à la morgue de Shura.

Face à ces contradictions, Eli Beer a nuancé ses propos, reconnaissant que de nombreux points demeuraient inconnus et que l'on ne pouvait pas affirmer avec certitude que le bébé avait été tué intentionnellement dans le four.

Implications et conséquences

L'histoire du bébé brûlé dans un four a eu des conséquences importantes, tant sur le plan de la communication que sur le plan judiciaire.

Sur le plan de la communication, la diffusion de cette fausse information a alimenté les accusations de désinformation israélienne et a donné des arguments aux personnes cherchant à nier les massacres du 7 octobre. Comme l'a souligné un journaliste, "la diffusion d’histoires incorrectes nuirait à la propagande israélienne. Il y a tellement d’histoires et de documentation sur les horreurs qu’il n’est pas nécessaire d’y ajouter des éléments inexacts".

Lire aussi: Indications de l'amoxicilline infantile

Sur le plan judiciaire, une influenceuse française a été interpellée et poursuivie pour "apologie du terrorisme" après avoir ironisé sur l'histoire du bébé dans un four dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. La mère d'une victime des attentats du 7 octobre s'est constituée partie civile, dénonçant la "barbarie sur la barbarie" que représentent de tels propos.

Autres cas d'enfants et de fours

Il est important de noter que l'histoire du bébé dans le four n'est pas un cas isolé. D'autres incidents tragiques impliquant des enfants et des fours ont été rapportés, notamment aux États-Unis. En novembre 2016, une petite Américaine de 19 mois est décédée après avoir été placée dans un four par ses frères et sœurs, alors que ses parents étaient absents. En février 2024, une Américaine a été interpellée après que son bébé a été retrouvé mort brûlé dans son four, la mère expliquant avoir fait une "erreur" en couchant son enfant pour sa sieste.

Ces cas, bien que distincts de l'histoire du bébé dans le four en Israël, mettent en lumière la vulnérabilité des enfants et les dangers potentiels liés à l'absence de surveillance et à la négligence.

Lire aussi: Idées déco chambre enfant

tags: #enfant #dans #un #four #histoire

Articles populaires:

Share: