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Embryons qui meurent avant l'éclosion : statistiques et solutions

L'élevage de psittacidés en incubateur, bien que potentiellement fructueux, peut être confronté à des défis frustrants, notamment la mort des embryons juste avant l'éclosion. Cet article explore les causes possibles de cette mortalité embryonnaire tardive et propose des solutions basées sur l'expérience d'éleveurs et les recherches scientifiques.

Expérience d'élevage en incubateur

Un éleveur de psittacidés africains (gris du Gabon et perroquets de Meyer) a partagé son expérience en matière d'élevage en incubateur, en mettant en évidence les difficultés rencontrées et les solutions mises en œuvre. Initialement, des taux de mortalité élevés ont été observés chez les embryons, en particulier chez les perroquets de Meyer. Les poussins se développaient bien pendant 25 à 28 jours, commençaient à bêcher leur coquille, mais mouraient au bout de 24 heures sans réussir à en sortir.

Identification des causes possibles

Plusieurs facteurs ont été envisagés comme causes possibles de cette mortalité :

  • Date de ponte et mise en incubateur : Les œufs mis en couveuse moins de 4 jours après la ponte (avant J3) ou après J7 avaient peu de chances d'évoluer favorablement. Les embryons mouraient soit à J6 ou J7, soit juste avant de sortir de leur coquille.
  • Hygrométrie : Le taux d'humidité à l'intérieur de l'incubateur était difficile à contrôler avec précision, les hygromètres donnant des chiffres différents. L'éleveur pensait initialement que le problème était lié à un taux d'humidité inapproprié.
  • Retournement des œufs : La taille et le poids différents des œufs (Meyer et pyrrhuras plus petits et légers que les œufs de gris) pouvaient affecter l'efficacité du retournement. En dessinant des repères sur les coquilles des œufs, ce problème s'est confirmé.

Solutions mises en œuvre

Pour résoudre ces problèmes, l'éleveur a mis en œuvre les solutions suivantes :

  • Respect des délais de mise en incubateur : S'assurer que les œufs sont mis en couveuse entre J3 et J7 après la ponte.
  • Contrôle précis de l'hygrométrie : Acquisition d'un hygromètre de qualité (modèle dit « à cheveu ») et étalonnage de celui-ci. Maintien d'un taux d'humidité constant de 50%, après avoir constaté que des taux plus élevés (70%) entraînaient la noyade des poussins dans l'œuf.
  • Amélioration du retournement des œufs : Ajustement du système de retournement pour s'assurer qu'il est efficace pour les œufs de différentes tailles et poids.

Facteurs nutritionnels et mortalité embryonnaire

Outre les paramètres classiques de l'incubation (température, hygrométrie et ventilation), la composition nutritionnelle de l'œuf joue un rôle crucial dans le développement embryonnaire et le taux d'éclosion. Des carences nutritionnelles chez la poule reproductrice peuvent entraîner une mortalité embryonnaire accrue, notamment en fin d'incubation.

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Importance des vitamines du groupe B

Les vitamines du groupe B, souvent qualifiées de vitamines du métabolisme et de la gestion du stress, interviennent dans de nombreux mécanismes physiologiques essentiels au développement de l'embryon. Les œufs incubés artificiellement sont soumis à des conditions plus fluctuantes que ceux couvés naturellement (bruit, micro-variations de température, hygrométrie et manipulation), ce qui peut générer un stress embryonnaire accru. La phase autour du 18ᵉ jour d’incubation est particulièrement exigeante sur le plan métabolique, l’embryon devant mobiliser ses réserves énergétiques, coordonner la respiration pulmonaire et effectuer un travail musculaire important.

La vitamine B étant transmise à l’œuf par la poule, il est donc logique d’accorder une attention particulière à l’alimentation des reproductrices en période de reproduction. Un complément simple et couramment utilisé est la levure de bière, riche en vitamines du groupe B. Elle peut être intégrée aux pâtées ou distribuée sous forme de comprimés, en respectant les posologies adaptées au poids et au nombre d’animaux. Les vitamines du groupe B sont également présentes dans certains aliments naturels tels que les germes de blé, les fruits secs (noix, noisettes), les huiles végétales et certains déchets végétaux.

Études scientifiques

Les travaux scientifiques disponibles montrent que la nutrition des reproductrices, y compris l’apport en vitamines du groupe B, influence la qualité des œufs et la viabilité embryonnaire. Certaines études ont mis en évidence un lien entre des carences sévères, notamment en vitamine B₁₂, et une augmentation de la mortalité embryonnaire tardive, autour du 17ᵉ-18ᵉ jour d’incubation. De nombreux éleveurs constatent une amélioration de l’éclosabilité et de la vigueur des poussins lorsque l’alimentation des reproductrices est enrichie de manière raisonnée en vitamines du groupe B plusieurs semaines avant la mise en incubation.

Mirage des œufs : un outil de suivi du développement embryonnaire

Le mirage des œufs est une méthode qui permet, grâce à un mire-œufs dégageant une puissante lumière, de voir l’intérieur d’un œuf en incubation par transparence. Il est ainsi possible de suivre l’évolution du développement d’un embryon à l’intérieur si celui-ci est fécondé. Les professionnels l’utilisent systématiquement pour surveiller les œufs en couvaison, et de plus en plus d’éleveurs amateurs s’en servent également.

Pourquoi recourir au mirage des œufs ?

  • Suivi du développement embryonnaire : Le mirage permet de vérifier si les embryons évoluent de manière correcte, sans anomalies, comme par exemple à des fissures sur la coquille.
  • Détection des œufs non fécondés ou des embryons morts : Si, dans les deux premières semaines de l’incubation de vos œufs, vous constatez par mirage que certains d’entre eux sont traversés par une ligne rouge et épaisse, cela signifie que l’embryon est mort en cours de développement.
  • Optimisation de l'incubation : En retirant les œufs non viables, on évite la contamination de la couveuse et on optimise l'espace disponible pour les œufs viables.

Quand mirer les œufs ?

  • Incubation artificielle : Le mirage est particulièrement utile dans le cadre d’une couvaison artificielle, avant de choisir les œufs à mettre dans la couveuse automatique. Cela permet de constater des anomalies sur les œufs, ou tout simplement qu’un œuf est vide.
  • Couvaison naturelle : Si vous décidez de confier la couvaison des œufs à l’une de vos poules, leur mirage est également possible, mais il faut prendre en compte que cela est source de stress important pour la future maman. Dans ce cas, le mirage des œufs n’est pas conseillé, surtout si ce dernier est effectué régulièrement.

Comment mirer les œufs ?

  1. Matériel : Un mire-œufs est l'outil le plus efficace. Une simple lampe de poche peut être utilisée, mais elle est moins fiable. Il est possible de fabriquer un mire-œufs maison.
  2. Précautions :
    • Assurez-vous que vos mains sont propres pour éviter toute contamination des œufs.
    • Manipulez les œufs avec précaution pour éviter de les endommager.
    • Utilisez une lumière douce et uniforme pour le mirage afin de ne pas stresser les embryons.
    • Ne les bougez pas trop, car cela pourrait perturber le développement de l’embryon.
    • Évitez de mirer les œufs trop fréquemment pour ne pas perturber le processus d’incubation.
    • Assurez-vous que l’incubateur est propre et bien entretenu pour maintenir un environnement sain pour les œufs.
    • Gardez une trace de vos observations pour évaluer la santé des embryons et ajuster si nécessaire les conditions d’incubation.
  3. Procédure :
    • Placez-vous de préférence dans une pièce sombre.
    • Placez le mire-œufs au niveau du côté arrondi de l’œuf (ou chambre à air).

Interprétation des résultats

  • Œufs clairs : Ces œufs ne montrent aucun signe de développement ou de vaisseaux sanguins. Ils peuvent être infertiles ou morts.
  • Anneaux de sang : Ces œufs présentent un anneau rouge autour du jaune qui ne s’agrandit pas ou ne se développe pas en vaisseaux sanguins. Ils peuvent indiquer qu’une fécondation a eu lieu, mais que l’embryon est décédé tôt pendant le développement.
  • Œuf pourri : Ces œufs dégagent une odeur nauséabonde ou présentent un aspect sombre ou trouble. Cela peut indiquer une infection bactérienne ou fongique ayant tué l’embryon.
  • Poussins enveloppés dans une membrane : Ces poussins ont séché à l’intérieur de la coquille et sont incapables de se libérer. Cela peut être le résultat d’une humidité insuffisante pendant l’incubation ou l’éclosion.
  • Poussins mal positionnés : Ces poussins ne sont pas correctement orientés à l’intérieur de la coquille pour l’éclosion. Ils peuvent avoir la tête à l’extrémité incorrecte de l’œuf ou les pieds au-dessus de la tête. Cela peut être dû à une température d’incubation ou d’éclosion trop élevée ou trop basse.
  • Fissures capillaires : Les fissures apparaissent sous forme de veines blanches sur la coquille. Comme les fissures permettent aux bactéries de pénétrer dans l’œuf, il est conseillé de retirer les œufs fissurés de votre sélection.

Calendrier du mirage

  • Jour 1 : Rien n'est visible.
  • Jour 4 : De très petites veines peuvent être visibles, indiquant le début de la formation d'un embryon.
  • Jours 8-10 : Un premier mirage est plus raisonnable. Il est possible d'écarter les œufs clairs non fécondés. Dans les œufs en cours de développement, des vaisseaux sanguins bien visibles peuvent être observés, et peut-être même du mouvement.
  • Jours 18-19 : C'est le moment du second et dernier mirage. On peut constater que certains œufs n'ont pas évolué depuis le précédent mirage, il s’agira d’embryons morts. Le poussin bien développé aura rempli une grande partie de l’œuf, voire sa totalité. Sa tête doit être orientée vers le haut de l’œuf.

Autres facteurs influençant la mortalité embryonnaire

Outre les facteurs mentionnés ci-dessus, d'autres éléments peuvent influencer la mortalité embryonnaire :

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  • Conditions d'incubation : La température est le facteur critique le plus important. Les fluctuations de la température de la coquille peuvent entraîner des pertes en termes de performances des poulets. Une température trop élevée peut entraîner une éclosion précoce, des anomalies au niveau des organes et une mortalité embryonnaire.
  • Conditions de transport : Les mauvaises conditions de transport peuvent conduire à une mortalité importante dès la mise en place des poussins.
  • Ventilation : Le recours à un minimum de ventilation durant les premiers jours d’âge est crucial pour assurer l’approvisionnement des poussins en oxygène et éliminer l’excès de chaleur et d’humidité.
  • Alimentation précoce : La distribution aussi précoce que possible de l’aliment et des vitamines favorise le bon développement des intestins et du système immunitaire.
  • Maladies : Plusieurs maladies d’étiologie variable sont à l’origine de mortalité précoce chez les poussins, dont les infections bactériennes, virales, mycosiques et les affections métaboliques.
  • Intoxications : Les intoxications (au monoxyde de carbone, au dioxyde de carbone ou au sel) peuvent être à l'origine de mortalité.
  • Traumatismes : La rupture du sac vitellin peut conduire à une mortalité de 2 à 3 % durant les trois premiers jours de vie.

Incubation des oeufs de tortues

L'incubation artificielle des œufs de tortues nécessite une attention particulière à la température et à l'humidité. L'incubation artificielle doit suivre les variations de température du jour et de la nuit. Si la température reste constante entre le jour et la nuit, les petits nouveaux-nés ont un plastron un peu déformé et se révèlent peu résistants en grandissant. Si la température d'incubation est trop élevée, les petits qui naissent ont parfois des écailles surnuméraires sur la dossière, ou pire, naissent avec un seul œil ou complètement aveugles, ou avec un espace cloacal très réduit.

Pendant les 12 heures du jour (de 8 heures à 20 heures), la température doit être maintenue entre 29 et 33°C. Si la température diurne reste au-dessous de 32°C, on aura plutôt beaucoup de mâles, et au-dessus de 32°C, on aura plutôt beaucoup de femelles. La température charnière n'est pas la même d'une espèce à une autre.

L'incubateur doit être éloigné de toute source de chaleur externe (soleil, radiateur, etc.). Un bon emplacement est un sous-sol, une cave éclairée par un soupirail, un garage intérieur, un cellier…

L'hygrométrie ne devra jamais descendre au-dessous de 40% et ne devra jamais monter au-dessus de 70%. La valeur idéale étant entre 50 à 60%. Si l'hygrométrie est trop basse, humidifiez légèrement le substrat avec un vaporisateur de jardin.

Comptez 70 à 100 jours d'incubation. Plus l'incubation est lente plus elle est réussie. La durée de l'incubation peut aussi être liée au ratio mâles/femelles de la ponte.

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Si vous devez déplacer les œufs, commencez d'abord par dessiner une petite croix sur le sommet de la partie visible. Utilisez un crayon très gras (2B ou 4B par exemple) pour ne pas abîmer la coquille par une pointe trop dure. Et évitez les stylos et les feutres en raison des produits chimiques qui vont traverser l'épaisseur de la coquille. Ce marquage est indispensable car si à un moment ou un autre on retourne un œuf de tortue (même quelques secondes), l'embryon meurt à l'intérieur. Par ailleurs, il ne faut jamais laver un œuf de tortue, car la coquille est recouverte d'une fine sécrétion produite par la mère au moment de la ponte et qui semble faire office d'antibiotique naturel.

Au bout de quelques semaines, les œufs doivent prendre une couleur blanche. Il est déconseillé de pratiquer le mirage.

Lorsque les œufs éclosent, ne les aidez surtout pas ! Attendez que la nature se fasse. Cela peut parfois mettre plus de deux ou trois jours entre les premières fissures et la sortie complète du bébé.

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