L'article suivant vise à fournir une information détaillée sur le rythme cardiaque fœtal, les causes possibles de son accélération ou de son ralentissement, et les mesures à prendre pour assurer la sécurité de la mère et de l'enfant.
Rythme cardiaque fœtal normal
Pendant la grossesse, le rythme cardiaque fœtal est un indicateur essentiel de la santé du bébé. En terme médical, on dit qu’un rythme cardiaque fœtal de base est normal quand il se situe entre 110 et 160 battements par minute (BPM), avec des ralentissements ou des accélérations, le plus souvent brefs, entre 100 et 180 BPM. C’est ce qu’on appelle une variabilité normale. Le RCF est environ deux fois plus rapide que le cœur d’un adulte ! Mais gardez bien en tête qu’il varie d’un bébé à un autre.
Le cœur du fœtus commence ainsi à battre deux semaines après la fécondation. Mais il faut attendre deux mois de grossesse révolus pour que la formation de toutes les parties du cœur soit terminée.
Anomalie du rythme cardiaque fœtal (ARCF)
Dans 1 à 2 % des grossesses, une anomalie du rythme cardiaque (ou ARCF) est détectée chez le fœtus. C’est au cours d’un examen de contrôle, d’un monitoring effectué lors d’une complication, voire avant un accouchement, qu’une anomalie du rythme cardiaque fœtal peut être décelée. Lorsqu’un tel trouble est détecté, l’équipe médicale qui entoure la maman doit procéder à une évaluation fœtale complète pour en étudier rapidement la cause et la traiter si possible. Celle-ci inclut un examen physique, l’échographie obstétricale, l’échographie cardiaque fœtale et des prises de sang.
Bradycardie
Un rythme inférieur à 110 battements par minute pendant plus de 10 minutes est synonyme d’une bradycardie. C’est un petit cœur qui bat trop lentement. À savoir que cette anomalie du rythme peut être le signe d’une souffrance fœtale. La bradycardie qualifie un ralentissement prolongé du rythme cardiaque du futur bébé (en deçà de 120 battements par minute pendant plusieurs minutes) - normalement de 120 à 160 pulsations par minute - avec des variations permanentes. Dans le cas d’un cœur qui ralentit et montre des signes de faiblesse au monitoring, on parle rapidement de souffrance fœtale, surtout si l’anomalie ne se corrige pas rapidement. « Une bradycardie indique un futur bébé qui n’est pas au mieux de sa forme, et qu’il faut bien souvent extraire rapidement du ventre de sa maman », selon la Dr Kubat. Le risque principal d’un cœur qui s’épuise est le décès du bébé. « Il est normal que le cœur du bébé ralentisse un peu à chaque contraction utérine de la maman.
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Tachycardie
Lorsqu’un rythme de base est supérieur à 160 bpm pendant plus de 10 minutes, il s’agit d’une tachycardie. La tachycardie est une accélération du rythme cardiaque fœtal, dépassant les 160 battements par minute sur un temps prolongé. Celle-ci peut être due à une infection du bébé, de la mère et/ou à une fièvre maternelle. « On recherche alors la cause avec des prélèvements vaginaux, urinaires, et parfois sanguins. » Dans ce cas, la future mère peut être traitée directement avec des antibiotiques, qui passeront chez le fœtus via le placenta. Une tachycardie fœtale soutenue justifie une hospitalisation urgente dans une maternité de niveau 3 (le plus haut niveau de sécurité) pour une évaluation obstétricale et cardiologique. Les causes les plus fréquentes de tachycardie fœtale sont la tachycardie supraventriculaire (TSV) avec intervalle ventriculo-auriculaire court, liée à une réentrée, et le flutter atrial. La tachycardie ventriculaire est rare chez le fœtus.
Extrasystoles
Les extrasystoles sont des irrégularités du rythme cardiaque fœtal, particulièrement fréquentes en fin de grossesse. Ces extrasystoles sont habituellement bénignes et ne justifient pas de traitement, mais doivent être surveillées jusqu’à la fin de la grossesse pour dépister une éventuelle tachycardie supraventriculaire.
Causes possibles d'un rythme cardiaque fœtal anormal
Plusieurs facteurs peuvent influencer le rythme cardiaque fœtal. Parmi eux :
- Infections: Une infection chez la mère peut entraîner une tachycardie chez le fœtus.
- Fièvre maternelle: La fièvre chez la mère peut également provoquer une accélération du rythme cardiaque fœtal.
- Problèmes cardiaques: Certaines anomalies cardiaques chez le fœtus peuvent affecter son rythme cardiaque.
- Stress: Le stress maternel pourrait potentiellement influencer le rythme cardiaque du fœtus.
Conduite à tenir en cas d'anomalie
Si une anomalie du rythme cardiaque fœtal est détectée, il est essentiel de consulter un professionnel de santé rapidement. La prise en charge dépend de nombreux facteurs différents : âge gestationnel, mécanisme de l’arythmie, fréquence cardiaque, durée de la tachycardie, présence ou non d’insuffisance cardiaque congestive et d’anasarque.
La majorité des fœtus avec tachycardie sont traités in utero avec succès par l’administration transplacentaire de médicaments antiarythmiques. La digoxine est largement acceptée comme l’antiarythmique de première ligne en absence d’anasarque. Le sotalol, la flécaïnide et l’amiodarone, ou des associations, sont utilisés comme médicaments de deuxième ligne quand la digoxine échoue à réduire la tachycardie ou en cas d’anasarque qui est le principal marqueur du risque de mort fœtale in utero.
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Prévention et suivi
Le syndrome lui-même de trouble du rythme cardiaque n’est pas quelque chose qui peut être évité par de bonnes habitudes ou un traitement préventif. La fréquence des anomalies est faible - les études parlent de 1 à 2 % des grossesses - mais possible. Cependant, la pédiatre se veut rassurante : « Les anomalies du rythme cardiaque sont des événements bien pris en charge grâce aux moyens de surveillance actuels. Si un rythme cardiaque pose question, la maman et son fœtus seront suivis de près et une réévaluation régulière sera installée jusqu’à l’issue de la grossesse.
Surveillance du rythme cardiaque fœtal
L’expertise médicale judiciaire montre que la prévention d’un manque d’oxygène pendant l’accouchement nécessite une interprétation rigoureuse du rythme cardiaque fœtal puisque la spécificité de celui-ci n’est pas parfaite.
Tachycardie
Lorsque le rythme de base est supérieur à 160 bpm pendant plus de 10 minutes, il s’agit d’une tachycardie.
Décélérations périodiques
Ce sont des décélérations périodiques du rythme cardiaque fœtal. Il en est ainsi car lorsqu’il y a une diminution de l’apport en oxygène, le fœtus possède des moyens physiologiques pour ralentir le cœur afin de l’aider à s’y adapter. De fait, lorsque ces récepteurs sont bloqués par des molécules spécifiques, une asphyxie modérée ne provoque pas de ralentissement. Enfin, les données de l’expérimentation animale ont aussi montré que les récepteurs de la tension artérielle ne sont pas impliqués dans des ralentissements du rythme cardiaque fœtal [3] [4]. Les ralentissements variables sont dits modérés si leur point le plus bas est supérieur à 70 bpm et leur durée inférieure à 60 secondes.
Accélération
Une accélération est une hausse abrupte (le point maximum atteint en moins de 30 secondes) du rythme cardiaque fœtal supérieure ou égale à 15 bpm. La durée d’une accélération est entre 15 secondes et 2 minutes. Lorsque la durée est entre 2 minutes et 10 minutes, il s’agit d’une accélération prolongée.
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Variabilité
La variabilité est normalement entre 6 et 25 bpm. Une variabilité normale est un élément de bon pronostic contrairement à une variabilité réduite. En revanche, cette étude prospective a montré que l’aire totale des ralentissements pendant les deux heures avant la naissance possède la meilleure valeur prédictive pour l’acidose fœtale.
Asphyxie
En effet, l’asphyxie correspond à une altération sévère des échanges gazeux entre l’utérus et le placenta avec des conséquences energétiques néfastes outre la production d’une acidose métabolique. C’est pourquoi la composante respiratoire de l’acidose globale doit être dégagée pour arriver à la composante métabolique de celle-ci.
Anomalie isolée
Une anomalie isolée traduit souvent un tracé de niveau jaune à risque d’acidose. Par exemple, il s’agit de ralentissements tardifs non-répétés ou de ralentissements variables d’amplitude supérieure à 60 bpm mais d’une durée inférieure à 60 secondes. Un tracé de niveau orange, à risque important d’acidose, se voit souvent avec des ralentissements tardifs répétés ou des ralentissements variables de durée supérieure à 60 secondes ou sévères éventuellement associés à une réduction de la variabilité (entre 3 et 5 bpm).
Importance du suivi médical
Il est crucial de consulter un professionnel de santé dès que l’on ressent des palpitations ou toute autre irrégularité, afin d’assurer la sécurité de la mère et de l’enfant.
Les parents d’un enfant atteint d’une infirmité motrice d’origine cérébrale (paralysie cérébrale) doivent demander à l’établissement de santé en question une copie de l’entier dossier d’accouchement y compris le partogramme (diagramme d’accouchement), l’enregistrement du rythme cardiaque fœtal et les comptes rendus des interventions telles que forceps ou césarienne.
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