Loading...

Développement de l'appareil génital de l'embryon d'oiseau

L'œuf, un environnement clos, permet le développement d'un embryon et du futur poussin, fournissant tous les nutriments essentiels à sa croissance jusqu'à l'éclosion. Ce processus complexe implique la formation de l'œuf dans l'appareil reproducteur de la poule, l'embryogenèse et l'éclosion.

Formation de l'œuf dans l'appareil reproducteur de la poule

Le développement de l'œuf est un processus fascinant qui se déroule dans l'appareil reproducteur de la poule. Le plus gros jaune est ovulé dans la partie haute de l’oviducte et s’entoure des autres constituants de l’œuf. De l’ovulation du jaune à la ponte, le processus dure 23 à 24h. Une fois ovulé, le jaune le plus gros est capté par le premier segment de l’oviducte, appelé infundibulum. C’est le lieu de la fécondation et des premières divisions cellulaires de l’embryon. L’œuf transite alors dans le deuxième segment nommé magnum qui assure le dépôt des protéines du blanc, puis arrive dans le troisième segment (l’isthme) qui est responsable du dépôt des membranes coquillières (petites « peaux » blanches attachées à l’intérieur de la coquille). L’œuf passe ensuite dans l’utérus, lieu où se forme la coquille, où il reste 17 à 18h sur les 24 heures de formation de l’œuf.

La coquille de l’œuf : une céramique futuriste

La coquille est composée de cristaux de carbonate de calcium. L’arrangement de ces cristaux permet à la coquille d’œuf de poule de résister à une force d’environ 40 Newtons (soit 4 kg en pression statique). Les premiers cristaux se forment sur les membranes coquillières et croissent perpendiculairement à cette dernière. Cette croissance des cristaux se fait selon une orientation spécifique, grâce à des protéines sécrétées à des moments précis de la formation de la coquille, dans l’utérus. La structure de la coquille d’un œuf laisse apparaître des formes assimilées à des cônes étirés dont la base repose sur les membranes coquillières. Certains d’entre eux fusionnent, d’autres non, permettant ainsi la création de pores qui facilitent les échanges gazeux pour permettre à l’embryon de respirer. Même si certains mécanismes de formation des cristaux ont été élucidés, la formation naturelle d’une telle structure à basse pression et à basse température (41 °C chez la poule) cache encore des mystères que les céramistes aimeraient découvrir pour s’en inspirer (biomimétisme).

Le rôle crucial de la coquille dans le développement embryonnaire

La coquille n’est pas « juste » une barrière physique de protection. C’est également une source de minéraux et notamment de calcium qui est nécessaire à la constitution du squelette de l’embryon. Au cours de la deuxième moitié du développement de l’embryon, la face interne de la coquille est progressivement solubilisée et dégradée partiellement au niveau de la base des cônes. Ce processus entraîne la dissolution des cristaux de carbonate de calcium, à l’instar du vinaigre qui dissout le tartre. Le calcium libéré est réabsorbé et transporté jusqu’à l’embryon via les vaisseaux sanguins pour assurer la minéralisation du squelette de l’embryon. En parallèle, la dissolution du calcium de la coquille fragilise cette biocéramique, ce qui facilitera la sortie du poussin au jour de l’éclosion.

Les adaptations du poussin pour l'éclosion

Deux structures spécifiques contribuent également à la sortie du poussin. Tout d’abord, entre le 10e et le 21e jour, un muscle du cou transitoire très puissant va accompagner les mouvements de tête du poussin qui permettront de briser la coquille. Dans le même temps, une excroissance dure se dépose à l’extrémité du bec. Cette structure, appelée le diamant, sera mobilisée pour casser la coquille quand le poussin se placera en position d’émergence. Après éclosion, le diamant tombe tandis que le muscle du cou transitoire dégénère. Ces deux structures ne se retrouvent pas chez l’adulte. À partir du 17e jour, le poussin est à l’étroit dans sa coquille. IRM d’un embryon après 17 jours de développement. Le bec de l’embryon se positionne progressivement vers le haut de l’œuf. À ce stade, le blanc d’œuf n’est plus visible car a été complètement absorbé par l’embryon par voie orale. La respiration pulmonaire se met en place. La demande en oxygène du poussin est de plus en plus importante, et les échanges gazeux via les pores de la coquille ou par la respiration dans la chambre à air ne suffisent plus. La teneur en CO2 dans le sang du poussin augmente progressivement. Entre 19 et 20 jours, sous l’effet du manque d’oxygène, les muscles effectuent des contractions périodiques de plus en plus fréquentes et d’amplitude augmentée. Ces mécanismes provoquent des extensions des pattes qui propulsent le poussin vers le haut de la coquille, et des contractions du muscle transitoire du cou qui projettent la tête et le bec contre la coquille. Le diamant, de par sa forme pyramidale, vient désagréger la coquille en s’insérant entre les cônes de la coquille, travail d’autant plus facilité que la coquille est fragilisée. Les mouvements des pattes font tourner le poussin, le trou dans la coquille s’agrandit. Le poussin pousse sur ses pattes et s’étire, ce qui finit de briser la coquille.

Lire aussi: Embryon et Ovulation Tardive: Explications

Structure de l'œuf fécondé

Un œuf fécondé comprend, de l'extérieur vers l'intérieur : une coquille, blanche ou colorée par des pigments, formée de sels minéraux déposés dans la partie inférieure de l'oviducte (sa formation exige vingt heures chez la poule domestique, alors que le séjour de l'œuf dans le tractus génital dure vingt-quatre heures en tout) ; deux membranes coquillières, séparées au niveau du gros bout pour former la chambre à air ; le blanc, formé de couches concentriques d'albumen ; la membrane vitelline qui entoure le jaune. À la surface de celui-ci se trouve le germe issu de la fusion d'un spermatozoïde et d'un ovule. Le jaune est maintenu en place par deux tortillons, les chalazes. Les plus petits œufs sont ceux de quelques colibris (1 cm de long ; un tiers de gramme) et les plus gros sont, chez les oiseaux vivants, ceux de l'autruche (longueur : 15 cm ; largeur : 12 cm ; poids de 900 à 1 450 g).

Embryogenèse chez les oiseaux

L'embryogenèse a été étudiée en détail chez la poule domestique, qui constitue un matériel très pratique, et dans une moindre mesure chez le canard domestique et le faisan à collier ; mais pour l'immense majorité des espèces sauvages on ignore tous les détails de la croissance de l'embryon dans l'œuf. Cette croissance commence avant la ponte, si bien que lorsque l'œuf est déposé l'embryon en est au stade « blastoderme », c'est-à-dire qu'il a l'aspect d'un petit disque plat de cellules situé à la surface du jaune et fixé à la face interne de la membrane vitelline. À ce stade, il peut rester quelques jours sans mourir en l'absence d'incubation. S'il est couvé, la croissance continue et l'embryon passe alors par le stade « gastrula », où s'opère une division des cellules en trois couches (ectoderme, mésoderme et endoderme) : du premier dérivent le système nerveux, une partie des yeux, les appareils auditif et olfactif, l'épiderme de la peau et ses productions (plumes, griffes, écailles) ; le mésoderme forme les muscles, le cœur, les vaisseaux sanguins, le tractus génital, la plus grande partie du squelette et les tissus conjonctifs ; enfin, l'endoderme produit le revêtement interne du tube digestif, le foie, la rate et le revêtement de l'appareil respiratoire. L'embryon est protégé extérieurement par un repli des annexes embryonnaires, l'amnios (cf. embryologie), dont l'existence caractérise les vertébrés qui se développent dans le milieu aérien : les oiseaux sont des amniotes. La température d'incubation idéale est de 38,5 0C chez la poule ; quand elle est plus basse, le développement de l'embryon reste incomplet ; en revanche, au-delà de 38,5 0C, les expérimentateurs ont constaté que le nombre des anomalies et la mortalité étaient élevés.

Reproduction et ponte chez les oiseaux

La formation des couples Dans les zones tempérées, la période de reproduction se déroule au printemps. L’accouplement est précédé d’un ensemble de manifestations particulières : la parade nuptiale. Le mâle, paré d’un nouveau plumage, souvent spécial (plumage de noce), cherche à captiver la femelle par l’étalage de sa parure, des danses, des combats avec d’autres mâles et, le plus souvent, par son chant dont toutes les qualités sont développées à ce moment-là. Souvent également, le mâle fait de petits cadeaux à sa belle. Lorsque le couple est constitué, celui-ci pourra durer jusqu’à la fin de l’été, mais rarement au-delà. L'appareil reproducteur Chez la femelle l’ovaire apparaît comme une grappe constituée de cellules reproductrices qui arrivent à maturité successivement. Chez le mâle, l’organe d’accouplement, ou pénis, est absent sauf exception. Dans la majorité des cas, lors de l’accouplement, les spermatozoïdes arrivent dans le cloaque du mâle par les canaux déférents et sont émis dans le cloaque de la femelle. Ils remontent ensuite dans l’oviducte à la rencontre de l’ovule. La fécondation est donc interne. Le couple se mettra ensuite à la recherche d’un endroit caché, ou inaccessible, où la femelle pourra pondre ses œufs. La plupart des oiseaux construisent un nid sur une fourche de branche dans un arbre ou un arbuste, mais certains déposent leurs œufs dans un trou d’arbre (Mésange charbonnière), de mur d’immeuble ou sous un toit (Moineau domestique, Martinet noir). Enfin les hirondelles élaborent des coupes en boue sous un plafond ou un rebord de fenêtre.

Les œufs sont pondus à l'intervalle de vingt-quatre heures, mais parfois davantage : deux jours chez les cigognes et les grues, de quatre à cinq chez le gypaète. La ponte n'a généralement lieu qu'à un moment déterminé de la journée. Le nombre d'œufs pondus est à peu près constant chez certaines espèces : un (manchot empereur), deux (pigeons), trois (sternes), quatre (pluviers).

Incubation et éclosion

L' incubation - réchauffement de l'œuf indispensable à la croissance de l'embryon - est réalisée par le contact de la paroi abdominale de l'oiseau couveur avec la ou les coquilles. D'une façon très générale, les oiseaux couveurs (femelle, mâle, parfois les deux) ont une ou plusieurs « plaques incubatrices », zones de peau où les plumes tombent sous l'influence d'une hormone. Ainsi l'oiseau peut-il transmettre aisément sa chaleur corporelle aux œufs. Les plaques incubatrices manquent chez certains oiseaux (fous) qui couvent avec les palmures de leurs pattes. La couvaison Les œufs doivent rester la plus grande partie du temps à une température constante voisine de celle du corps de l’oiseau. L’adulte qui couve les retourne régulièrement pour répartir la chaleur à l’intérieur. La partie ventrale de son corps, qui recouvre les œufs, perd alors ses plumes pour garantir la transmission d’un maximum de chaleur. Cette période d’incubation ne débute que lorsque tous les œufs sont pondus. Sa durée varie chez les petits oiseaux entre 10 et 15 jours (13 ou 14 jours chez la Mésange charbonnière et chez les grives). La couvaison est pratiquée soit par la femelle seule, soit alternativement par le mâle et la femelle et parfois par le mâle seul. Il existe deux sortes de comportement des jeunes après l’éclosion : Les espèces nidifuges dont les petits naissent avec un duvet et peuvent quitter le nid et s’alimenter seuls dès l’éclosion comme la Caille des prés. Les espèces nidicoles dont les oisillons naissent nus et aveugles et sont dépendants de leurs parents pendant un certain temps. Les parents n’ont alors de cesse de les nourrir. Par exemple, chez la Mésange charbonnière, la durée de nourrissage est de 17 heures par jour au cours desquelles les parents apportent 30 à 50 insectes par heure à leurs petits.

Lire aussi: Causes du Retard Embryonnaire

Lire aussi: FIV : Facteurs influençant le succès des embryons congelés

tags: #développement #appareil #génital #embryon #oiseau

Articles populaires:

Share: