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Comprendre et Gérer la Douleur chez le Nourrisson : Causes, Reconnaissance et Solutions

La douleur chez le nourrisson est une réalité complexe, souvent sous-estimée en raison de la difficulté à l'évaluer et à la communiquer. Cet article vise à explorer les causes de la douleur chez le nourrisson, les méthodes pour la reconnaître et les solutions disponibles pour la soulager, en s'appuyant sur les connaissances actuelles et les recommandations des experts.

Introduction

L'expression de la douleur chez les bébés et les très jeunes enfants est rendue difficile par l’impossibilité qu’ils ont de recourir à la parole. En outre, la douleur a longtemps été sous-estimée, voire déniée chez ces patients. Pourtant, la prise en charge de la douleur chez le nourrisson est essentielle pour son bien-être et son développement. La vie de l’enfant est jalonnée d’événements douloureux et de petits traumatismes qui accompagnent son développement. Chez eux, la douleur est le plus souvent provoquée par des petits accidents, des brûlures ou, parfois, une réaction inflammatoire. L’inflammation est un mécanisme naturel de protection et de réparation de l’organisme.

La Perception de la Douleur chez le Nourrisson

Pendant longtemps, les nouveau-nés et les bébés ont été réputés peu sensibles à la douleur, du moins jusqu’à l’âge où ils pouvaient clairement l’exprimer par des attitudes ou la parole. On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien : les voies nerveuses qui transmettent la douleur se forment pendant la grossesse et sont en place dès le sixième mois de grossesse. En revanche, les mécanismes de régulation du cerveau sur la moelle épinière se développent progressivement chez le nouveau-né.

Développement de la Perception de la Douleur

À mesure qu’ils grandissent, le bébé et le jeune enfant peuvent exprimer de plus en plus précisément leurs sensations douloureuses. L’acquisition de la parole facilite la désignation et la description des douleurs, mais pas au même niveau de détail que chez l’adulte. La douleur est une sensation mais aussi une émotion. Le nourrisson et le bébé ne font rien d’autre qu’exprimer leur ressenti selon leurs possibilités : ils sont « perdus » dans ce qui leur arrive. Contrairement au nourrisson, le petit enfant à partir de 18 mois-2 ans va acquérir des mécanismes pour se rassurer, c’est-à-dire interagir (avec le début du langage) pour chercher le réconfort d’une grande personne, s’attacher à des objets d’amour, se distraire etc.

Les Causes de la Douleur chez le Nourrisson

La douleur infantile a longtemps été sous-estimée. En cause, la difficulté de communication. Généralement, la douleur infantile sont liées soit à une lésion (par exemple, après une chute) soit à une inflammation (par exemple, après un coup de soleil). Ainsi, lorsque la cause est traitée, les douleurs disparaissent. Bien qu’on ne puisse pas prévenir l’ensemble des douleurs, certaines mesures peuvent permettre d’en limiter les sources. Par exemple, les douleurs dentaires sont évitables par un bon brossage des dents et des visites régulières chez le dentiste.

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La vie de l’enfant est jalonnée d’événements douloureux et de petits traumatismes qui accompagnent son développement. Chez eux, la douleur est le plus souvent provoquée par des petits accidents, des brûlures ou, parfois, une réaction inflammatoire. L’inflammation est un mécanisme naturel de protection et de réparation de l’organisme.

Reconnaître la Douleur chez le Nourrisson : Signes et Échelles d'Évaluation

À la différence de l’enfant qui peut dire où il a mal, le bébé, lui, ne peut pas parler de sa douleur. Les parents doivent donc être très attentifs aux modifications de comportement. Les manifestations de la douleur dépendent de l’âge et des possibilités de communication. Avant le langage, c’est le corps qui va s’exprimer d’abord par des cris, la grimace, une agitation, et se débattre.

Les Signes Comportementaux

« Il est important d’observer comment celui-ci se comporte, confirme la Dre Walter-Nicolet. L’expression de son visage : vérifiez si le visage de bébé est détendu ou au contraire s’il est crispé, s’il a les paupières serrées, les sourcils froncés, la bouche ouverte. L’expression vocale ou verbale : est-ce que l’enfant pleure ? crie ? L’activité motrice : regardez si le bébé est calme ou s’il gigote. « Un enfant trop calme doit attirer l’attention, confie la Dre Walter-Nicolet. Un enfant qui va bien bouge ! La position : est-ce que votre enfant adopte une position inhabituelle ? antalgique ? Les interactions avec son environnement : votre enfant communique-t-il avec son entourage ? Peut-il être consolé ?

L'Évaluation Médicale de la Douleur

Pour mesurer la douleur d’un enfant, les équipes médicales vont utiliser une grille d’évaluation. « La grille Evendol permet d’évaluer la douleur grâce à des critères comportementaux, détaille la spécialiste. On coche dans une liste les signes qui peuvent laisser présager une douleur : si l’enfant grimace, pleure ou au contraire s’il est trop calme ; s’il adopte une position figée/prostrée ou qu’il joue normalement ; s’il se console dans les bras d’un parent, etc.

Ainsi, chez le nourrisson, la caractérisation de la douleur repose sur des échelles comportementales qui prennent en compte l’attitude corporelle, les expressions du visage, la qualité du sommeil et l’interaction de l’enfant avec son environnement. Pour les enfants un peu plus âgés, l’utilisation d’une échelle des visages est recommandée. Les visages y expriment plusieurs expressions, elles vont du plaisir à une douleur intense. Pour les enfants plus grands, en âge de parler, le médecin va proposer une échelle sur laquelle il doit déplacer un curseur entre la position « je n’ai pas mal du tout » à « j’ai très très mal ». Sur le verso de l’échelle, une réglette graduée de 0 à 100 va permettre au médecin de quantifier la douleur de l’enfant.

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L'importance de l'Observation Parentale

Le repère clé pour les parents est : « Pas comme d’habitude ». Il joue moins, cherche plus de réconfort, tient l’endroit douloureux, a des activités inhabituelles, pleurniche plus, gémit ou grogne plus, est plus calme, plus inquiet, a moins d’énergie, mange moins… Chez le petit enfant, c’est presque pareil : il peut hurler au début mais, très vite, il va trouver une position antalgique et ne pleure plus que par moments, refuse qu’on le touche, proteste. Il y a chez lui une adaptation de la position mais aussi une plainte exprimée par la parole, même au début du langage. Il faut attendre 5 à 6 ans pour que l’enfant puisse indiquer l’intensité de sa douleur et la décrire (« ça tape ou ça brûle ou ça pique… »).

Solutions et Prise en Charge de la Douleur

« Il faut traiter la cause de la douleur, confirme la Dre Walter-Nicolet. Prise de sang, pose de points de suture, vaccin : aujourd’hui, la douleur provoquée par un soin ou un examen doit être prise en charge. La douleur bien que ne représentant qu’un symptôme doit être soulagée. En effet, à long terme, elle peut entraîner des effets délétères sur l’enfant, comme des troubles du sommeil, une perte de poids, un retard de croissance, etc. Pour soulager une douleur, il faut soit soustraire la cause, soit agir sur le symptôme (indépendamment de la cause) directement. Plusieurs protocoles hospitaliers ont été mis en place afin de soulager ou prévenir la douleur, notamment lors de soins ou d’examens médicaux.

Prévention de la Douleur Induite par les Soins

La douleur induite par les soins chez un bébé - comme la vaccination - peut être prévenue. « Le bébé est incapable de comprendre que lorsqu’on le vaccine ou qu’on lui fait une prise de sang, c’est pour son bien. Il ne retient que la sensation douloureuse. Or, celle-ci peut être facilement prévenue en utilisant une crème anesthésiante, précise la Dre Walter-Nicolet. Celle-ci fonctionnant moins bien sur les nourrissons de moins de trois mois, on peut utiliser un moyen non pharmacologique comme l’allaitement maternel. Le fait de téter le sein au moins deux minutes avant l’acte diminue en effet la douleur. Par exemple, avant une vaccination, une prise de sang ou une ponction lombaire, il est recommandé de faire téter au nourrisson, de 0 à 4 mois, une solution de saccharose à 30% pendant 2 minutes.

Options Médicamenteuses

Votre enfant souffre d’une otite ? Il vient d’être opéré des amygdales ? Aujourd’hui, tout un éventail d’antalgiques permet de calmer les douleurs, de modérées à intenses. Il est donné aux bébés et aux enfants en cas de douleurs faibles à modérées. Cet antalgique est utilisé notamment en cas de douleurs inflammatoires. En ce qui concerne l’utilisation des antalgiques (Paracétamol, Ibuprofène) ils doivent être utilisés strictement sur prescription du médecin traitant généraliste ou pédiatre.

« Il est contre-indiqué chez les bébés de moins de trois mois, alerte la spécialiste. Mais peut être prescrit ensuite pour les douleurs aigües modérées à intenses. En cas de douleurs intenses (suites postopératoires, etc.), des dérivés morphiniques - tramadol - ou de la morphine peuvent également être administrés aux bébés et aux enfants. « La morphine n’est pas réservée aux situations graves.

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Méthodes Non Médicamenteuses

Outre les antalgiques, de nombreux moyens non médicamenteux permettent aujourd’hui de limiter la sensation douloureuse chez le bébé et le jeune enfant. Être bien installé - par exemple dans les bras d’un parent - rassure l’enfant et le détend. Distraire un enfant - en faisant des bulles de savon ou en jouant avec lui, par exemple - est une solution intéressante pour lutter contre la douleur. Une étude canadienne de 2013 (source 1) montre l'intérêt d'avoir recours à la musicothérapie dans les services d'urgences pédiatriques. Le massage peut participer à diminuer la douleur : dans le cas, par exemple, de coliques chez le bébé. Enfin, utilisé principalement en milieu hospitalier au cours de soins douloureux chez le bébé et l’enfant, le MEOPA (protoxyde d’azote) est un gaz anxiolytique et analgésique très efficace pour diminuer la douleur. Quant au nouveau-né, il importe pour le soulager d’associer la tétine et le bercement, et de veiller à la façon dont il est soutenu. Le MEOPA est maintenant disponible dans tous les services pédiatriques.

Impact de la Douleur Chronique et Prise en Charge Globale

La douleur est un symptôme, elle n’a pas de complication autre que la gêne physique et l’impact sur la vie quotidienne qu’elle peut provoquer. Une douleur chronique peut avoir des effets négatifs durables sur la santé de l’enfant : troubles du sommeil, perte de poids, ralentissement de la croissance, etc.

L'importance d'une Approche Multidimensionnelle

La douleur est beaucoup plus qu’un simple phénomène physiologique. Elle est aussi une communication qui est dépendante de la réceptivité du contexte social dans laquelle elle survient. Ce contexte social est constitué des professionnels de la santé, des parents, du grand public et de la communauté professionnelle en général. Les nouveau-nés malades sont parmi les membres les plus vulnérables de notre société. Ils ne disposent d’aucune capacité pour se protéger eux-mêmes, de protester sur leur expérience douloureuse ou de contester l’échec d’une prise en charge inefficace de leur douleur. Malgré cette vulnérabilité, les nouveau-nés sont souvent sujets à des gestes douloureux nécessaires à leur prise en charge médicale. Les rôles des médecins, des infirmières, et des parents sont socialement déterminés. D’un point de vue général, il est de la responsabilité des parents de protéger leurs enfants d’une douleur inutile. Bien que le traumatisme physique lié aux gestes médicaux ou que la pharmacocinétique des médicaments ne soient pas influencés par des facteurs sociaux, l’acceptation qu’il existe un problème nécessitant des investigations et une prise en charge, l’utilisation des mesures de confort, la pratique des gestes médicaux de nature douloureuse et la prescription de médicaments pour soulager la douleur sont, en partie, la conséquence d’un contexte social.

Aider à Soulager la Douleur de Votre Enfant

Il n’est pas toujours possible de faire disparaître la douleur immédiatement ou complètement mais voici quelques façons d’aider votre enfant à y faire face :

  • Prenez part aux soins : votre présence est d’une grande aide pour votre enfant. Vous connaissez les émotions et les expressions de votre enfant et êtes en mesure d’informer l’équipe soignante si vous constatez qu’il a peur ou mal.
  • Parlez-lui : quand vous parlez de la douleur, utilisez des mots qu'il peut comprendre et essayez d’être le plus clair et le plus franc possible. Tentez de décrire ce qu’il pourrait ressentir lors d’un test ou d’un examen. Ne lui promettez pas qu’il n’aura pas mal si vous savez que ce n’est pas le cas.
  • Rassurez-le : pour aider à diminuer la peur et l’anxiété de votre enfant, réconfortez-le en restant calme et confiant. Montrez-lui que vous l’aimez et soutenez-le émotionnellement. Vous pouvez le câliner, le bercer, lui faire des massages ou bien appliquer de la glace ou de la chaleur sur certaines régions de son corps pour soulager la douleur.
  • Soyez compatissant et reconnaissez sa douleur : demandez à votre enfant de décrire sa douleur et son intensité. Ne niez pas ou n’essayez pas de diminuer sa douleur.
  • Divertissez-le : faites en sorte que votre enfant soit confortable et entouré d’objets réconfortants (jouets, livres, doudou, tétine). Pour détourner son attention de la douleur, vous pouvez lui proposer des activités comme jouer, lire, écouter de la musique, respirer lentement et profondément.

Dans tous les cas, fiez-vous à votre instinct de parents et n’hésitez pas à discuter avec l’équipe de soin si votre enfant semble avoir mal pour trouver la meilleure façon de traiter sa douleur.

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