Bassirou Diomaye Faye, né le 25 mars 1980 à Ndiaganiao, est un homme d'État sénégalais qui a marqué l'histoire en devenant le plus jeune président de la République du Sénégal à l'âge de 44 ans. Son parcours, d'inspecteur des impôts à chef de l'État, est une illustration d'une ascension politique fulgurante, marquée par son engagement auprès d'Ousmane Sonko et sa promesse de changement systémique.
Jeunesse et formation
Originaire d'une modeste famille d'agriculteurs de Ndiaganiao, dans le département de M’bour (région de Thiès), Bassirou Diomaye Faye a suivi des études de droit à l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar avant d'intégrer l’École nationale d’administration du Sénégal. En dehors de ses occupations professionnelles, qui tournent autour du droit, de la fiscalité, des finances et de l’économie, Bassirou Diomaye Faye écrit des poèmes, est intéressé par l’agriculture et l’élevage. Pendant ses loisirs, surtout en période d’hivernage, il s’occupe dans les champs de son village où il produit notamment des papayes.
Débuts en politique et engagement syndical
Inspecteur des finances publiques et militant syndicaliste, il est devenu secrétaire général du syndicat des Impôts et des Domaines. Son engagement politique s'est concrétisé au sein du parti Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF) dès sa création en 2014. Tandis qu’Ousmane Sonko est le dirigeant et la figure principale du parti, Bassirou Diomaye Faye en est l’architecte, s’occupant de la doctrine et de l’organisation en interne.
L'ombre d'Ousmane Sonko
Bassirou Diomaye Faye a longtemps évolué dans l'ombre d'Ousmane Sonko, le leader charismatique du PASTEF. Il a suivi les pas de Sonko en passant le concours de l'Ena (école nationale d'administration) au Sénégal, avant de prendre la tête du syndicat que ce dernier dirigeait. Leur proximité est telle que Bassirou Diomaye Faye a même appelé l'un de ses fils "Ousmane" en l'honneur de son compagnon de route.
Ousmane Sonko l'a désigné comme son remplaçant dans la course présidentielle.
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Incarcération et élection
En avril 2023, Bassirou Diomaye Faye est inculpé et écroué pour outrage à magistrat, diffamation et actes de nature à compromettre la paix publique, selon un de ses avocats, après la diffusion d'un message critique contre la justice dans les affaires Sonko. Il a été libéré de prison dans la nuit du 14 mars en vertu d’une loi d’amnistie votée. Ironiquement, cette incarcération a contribué à renforcer sa popularité et son image d'opposant au système.
Malgré cela, sa candidature à l'élection présidentielle de 2024 a été validée, contrairement à celle d'Ousmane Sonko, frappé d'inéligibilité.
Une campagne éclair et une victoire historique
Présenté comme le « plan B » du Pastef, Bassirou Diomaye Faye a mené une campagne éclair, axée sur la promesse d'un "changement systémique". Libérés il y a dix jours de la prison où ils étaient détenus, les deux hommes ont drainé, lors d'une tournée à travers le Sénégal, des foules en liesse qui répétaient comme unique slogan "Sonko mooy Diomaye, Diomaye mooy Sonko" ("Sonko c'est Diomaye, Diomaye c'est Sonko") en langue wolof.
Le 24 mars 2024, il est élu dès le premier tour avec 54,28 % des suffrages, un résultat historique pour le Sénégal. Sa victoire est perçue comme un rejet du système en place et une aspiration profonde au changement.
Investiture et premières actions
Bassirou Diomaye Faye est investi président de la République le 2 avril 2024. Il devient à 44 ans, la plus jeune personne à occuper cette fonction. Lors de son investiture, il s'est engagé à construire un Sénégal "souverain, juste et prospère".
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Il nomme le même jour Ousmane Sonko au poste de Premier ministre. Il a défendu un Sénégal « juste et prospère » dans une « Afrique en progrès », d’un ton assuré et formel devant un parterre de chefs d’Etat africains, mais aussi de ses deux épouses, une première dans le pays. « Je garderai toujours à l’esprit les lourds sacrifices consentis afin de ne jamais vous décevoir », a déclaré le nouveau chef d’Etat, qui a eu une pensée « pour les martyrs de la démocratie sénégalaise, les amputés, les blessés et des anciens prisonniers » des trois années de crise qui ont précédé le scrutin présidentiel.
Défis et perspectives
L'arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye suscite de grandes attentes au Sénégal. Il devra répondre aux aspirations de la population en matière de justice sociale, de développement économique et de bonne gouvernance. Son projet est largement relayé par ses nombreux sympathisants sur les réseaux sociaux comme sa déclaration de patrimoine publiée le dernier jour de la campagne pour marquer sa "transparence".
Ses rivaux lui reprochent d'être à la tête "d'aventuriers" prêts à mener une politique de rupture dangereuse pour un pays réputé pour sa stabilité en Afrique de l'Ouest. Il promet aussi de renégocier les contrats pétroliers et de pêche et dit ne pas avoir peur de sortir du franc CFA, y compris en allant jusqu'à la création d'une nouvelle monnaie nationale, une mesure que son adversaire Amadou Ba a dénoncé comme un "non-sens" économique.
Son avènement annonce potentiellement une transformation significative de la gouvernance du pays.
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